Les revenus fiscaux en 2001 : Disparités entre les villes et les quartiers haut-normands

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En 2001,les Haut-Normands disposent d'un revenu annuel médian légèrement inférieur à celui des autres régions. En Haute-Normandie, la dispersion entre les hauts et les bas revenus est identique à celle de la France de province. Rouen est plus riche que le Havre ou Evreux mais moins que Bois-Guillaume ou Mont-saint-Aignan. Les écarts de revenus entre les villes de Haute-Normandie de plus de 10 000 habitants varient du simple au double. De même au sein de chaque ville, les inégalités de revenus entre quartiers sont plus ou moins prononcées.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 50 - Décembre 2005
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
EMPLOI ET CHÔMAGE
LES REVENUS FISCAUX EN 2001
La période qui s’étend de 1998 à 2003 se ca-
ractérise, au niveau national, par une crois- Disparités entre les villes
sance soutenue au cours des trois premières
années puis un net ralentissement les trois et les quartiers haut-normands suivantes. Ces fluctuations rejaillissent
directement sur les évolutions tant de l’emploi Monique Tillard
que du chômage. La courbe de l’emploi suit de
près celle de la croissance : hausse marquée
en début de période et nettement plus faible régionale. Il est de 13 320 euros pourEn 2001, les Haut-Normands
en fin de période. Les conséquences sur le Evreux, inférieur de 960 euros à la valeurdisposent d’un revenu annuel
chômage sont plus fortes et de sens opposé : régionale.
d’une nette baisse les premières années à une médian légèrement inférieur à Bois-Guillaume comprend les hauts
nette hausse les dernières années. celui des autres régions. En revenus et les bas revenus les plus
La Haute-Normandie a connu des évolutions élevés de la région, respectivementHaute-Normandie, la dispersionsemblables au cours de ces années. A des
47 380 euros et 11 500 euros. Avec
degrés divers, toutes les zones d’emploi ont entre les hauts et les bas
23 860, la commune enregistre
suivi les mêmes mouvements. Comparées à la revenus est identique à celle de également le plus fort revenu annuel
moyenne régionale, il semble cependant que
médian par unité de consommation suivila France de province.les zones qui comprennent les plus grandes
par Mont-Saint-Aignan avec 21 220villes de la région, Le Havre et Rouen, ont un Rouen est plus riche que Le
euros. L’originalité de Bois-Guillaumepeu mieux résisté à la remontée du chômage Havre ou Evreux mais moins réside aussi dans le type de revenus dé-du fait en particulier du développement des
que Bois-Guillaume ou clarés. Sur 100 euros de revenus décla-activités de services. A l’inverse, dans l’est de
rés, 60 euros seulement sont d’originel’Eure, la création d’emplois ne suffit pas à faire Mont-Saint-Aignan. Les écarts
baisser significativement le chômage, ce sec- salariale. La part des revenus des profes-de revenus entre les villes de
teur continuant à attirer une population en sions non salariées (revenus industriels,
Haute-Normandie de plus deprovenance d’Ile-de-France. commerciaux et non commerciaux ou
Un tel constat doit être enrichi par des analyses 10000 habitants varient du agricoles) est aussi la plus élevée des
plus approfondies. C’est ainsi qu’une étude (1) villes de plus de 10 000 habitants : ellesimple à plus du double. De
sur le lien emploi-formation vient d’être est de 13 %. De même, la part des autres
même, au sein de chaque ville,menée avec le Centre de ressources pour la revenus (essentiellement des revenus du
formation professionnelle (CREFOR) de les inégalités de revenus entre
Haute-Normandie en partenariat avec de nom-
quartiers sont plus ou moins
breux acteurs impliqués dans ce domaine.
LE REVENU FISCAL
Celle-ci vise à mieux cerner, pour chaque zone prononcées.
Le revenu déclaré aux services fiscaux, plus simplement ap-d’emploi, la situation de l’emploi et du chô-
pelé revenu fiscal, est la somme des ressources déclaréesmage au regard des besoins des employeurs et
par les contribuables sur leur déclaration de revenus, avant
du niveau de qualification de la population n 2001, le revenu annuel médian abattement. Il comprend quatre catégories de revenus :
active. Cette relation emploi formation est bien les revenus salariaux (salaires, droits d’auteur, avanta-Edes Haut-Normands s’élève à
ges en nature, indemnités de maladie, allocations deun facteur essentiel dans l’ajustement du 14 300 euros. Ce revenu est légèrement chômage et de préretraite, revenus perçus à l’étranger) ;
marché du travail local. les revenus des professions non salariées (revenus netssupérieur à celui de la France de pro-
de déficits des indépendants, comprenant les bénéfices
vince (+ 1,2 %) mais inférieur à celui de agricoles, industriels, commerciaux et
Denis CAVAUD
non-commerciaux) ;la France métropolitaine (- 2,6 %), du fait
Chef du Service des Etudes et de la Diffusion les retraites (hors minimum vieillesse), pensions d’inva-de l’Ile-de-France. La Haute-Normandie lidité, pensions alimentaires (déduction faite des pen-
sions versées) et rentes viagères ;se place en 8e position parmi les 22 ré-(1) Cette étude peut être consultée sur les sites Internet :
les autres revenus (essentiellement des revenus du- de l’INSEE : www.insee.fr/haute-normandie rubrique gions métropolitaines. patrimoine).La région en faits et chiffres/Travail - Emploi
Le revenu fiscal est un revenu avant redistribution. Il ne peut
pas être assimilé à un revenu disponible, qui supposerait
que l’on ajoute les revenus sociaux non déclarés (minimaS O MM A IRE LE REVENU MÉDIAN VARIE DU SIMPLE sociaux tels que le RMI et le minimum vieillesse, les presta-
tions familiales, les aides au logement) et que l’on soustraitAU DOUBLE ENTRE LES VILLES
les impôts directs (impôt sur le revenu et taxe d’habitation).
REVENUS
Le revenu fiscal ne permet donc pas de tirer de conclusions
LES FISCAUX EN 2001 Il existe de grandes disparités parmi en termes de niveau de vie des ménages.
Disparités entre les villes et les quartiers Le revenu fiscal par unité de consommation (uc) présenteles villes de plus de 10 000 habitants de
haut-normands ...........................1 l’avantage de relativiser le niveau de revenu en fonction de la
Haute-Normandie. Le revenu médian par composition du ménage fiscal. Par rapport au revenu d’une
personne, il permet de prendre en compte les économiesEMPLOI - CHÔMAGE unité de consommation varie du simple à
d’échelle résultant de la vie en groupe. Le revenu expriméÉVOLUTION DE L’EMPLOI ET DU CHÔMAGE plus du double.
par uc devient un revenu par équivalent adulte, comparableDANS LES ZONES D’EMPLOI HAUT-NORMANDES
La capitale régionale, Rouen, est plus d’un lieu à un autre et entre ménages de compositions diffé-Les mouvements de la population active
rentes. Le nombre d’uc d’un ménage est évalué selon la défi-riche que les villes du Havre et d’Evreux.recomposent la carte du chômage...........4
nition utilisée par l’Insee et par Eurostat :
Le revenu médian par unité de consomma- le premier adulte du ménage compte pour 1 uc ;CONJONCTURE tion atteint 14 450 euros par an à Rouen, les autres personnes de 14 ans ou plus comptent cha-
TABLEAU DE BORD cune pour 0,5 uc ;revenu légèrement supérieur à la valeurDE LA HAUTE-NORMANDIE AU 30 SEPTEMBRE 2005 les enfants de moins de 14 ans comptent chacun pour
régionale. Celui du Havre atteint 12 660 0,3 uc.Une amélioration de l’emploi...............6
euros, inférieur de 1 600 euros à la valeur
REVENUSREVENUS FISCAUX DÉCLARÉS PAR LES MÉNAGES
est de 4,5 dans l’Eure contre 5,3 enAU TITRE DE L’ANNÉE 2001 DANS LES VILLES DE PLUS DE 10 000 HABITANTS
Seine-Maritime.Revenu fiscal par unité de consommation (uc) Structure du revenu fiscal (en % du revenu déclaré)
La ville d’Elbeuf se caractérise par
Part des
Villes Part des revenus une dispersion record du revenu de ses
de plus de 10 000 habitants Part des retraites, des prof. Part
habitants. Le rapport entre les hauts etpar ordre décroissant de Médiane 1er décile 9e décile Rapport revenus pensions non des autres
population (euros/uc) (euros/uc) (euros/uc) interdécile salariaux et rentes salariés revenus les bas revenus est de 13,2. Cette disper-
Le Havre 12 663 3 210 25 188 7,8 66,8 26,8 4,2 2,2 sion est surtout due à la valeur très faible
Rouen 14 453 3 187 30 825 9,7 67,3 22,4 6,8 3,4
Évreux 13 318 3 610 27 230 7,5 70,5 21,5 5,2 2,7 des bas revenus, à 1 710 euros, trois fois
Dieppe 11 931 3 330 24 818 7,5 60,4 29,9 6,5 3,2 moins élevée qu’en Seine-Maritime etSotteville-lès-Rouen 14 754 6 172 25 200 4,1 65,4 29,5 3,5 1,6
6,5 fois inférieure à celle deSaint-Étienne-du-Rouvray 12 009 2 870 23 130 8,1 65,9 29,3 3,2 1,7
Le Grand-Quevilly 14 175 6 864 23 358 3,4 67,0 30,1 2,0 0,8 Bois-Guillaume.
Vernon 13 762 4 091 30 041 7,3 67,9 22,6 6,0 3,4
En revanche, Le Grand-Quevilly est laLe Petit-Quevilly 11 959 3 579 21 785 6,1 72,3 23,3 3,3 1,1
Mont-Saint-Aignan 21 223 9 599 44 644 4,7 60,0 22,8 11,2 6,0 ville la moins inégalitaire. Le rapport entre
Fécamp 12 202 4 651 23 880 5,1 61,2 29,0 6,3 3,5 les revenus les plus élevés et les plus fai-Louviers 13 444 3 986 26 070 6,5 67,6 23,8 6,1 2,5
Elbeuf 10 961 1 715 22 579 13,2 68,8 24,8 4,4 2,0 bles est l’un des plus bas (égal à 3,4). La
Montivilliers 15 334 6 717 28 156 4,2 72,1 18,3 6,2 3,3
part des pensions et retraites est forteCanteleu 11 863 3 060 23 127 7,6 72,8 23,2 2,9 1,1
(30,1 %) à l’image de Sotteville-lès-RouenVal-de-Reuil 9 162 2 360 19 521 8,3 88,4 9,2 2,0 0,4
Barentin 13 048 4 797 23 628 4,9 75,9 19,9 3,0 1,2 ou Saint-Etienne-du-Rouvray.
Bolbec 11 667 4 530 22 555 5,0 67,2 26,5 4,3 2,0
Maromme 12 684 4 681 22 821 4,9 68,9 27,8 2,3 0,9
Bois-Guillaume 23 859 11 498 47 380 4,1 59,7 21,6 12,8 5,9
Oissel 13 344 4 310 23 834 5,5 69,0 25,5 4,2 1,3 FORTES INÉGALITÉSBernay 13 619 4 687 27 492 5,9 62,8 25,3 8,3 3,6
Gisors 13 841 5 713 25 374 4,4 67,5 23,9 5,9 2,6 DE REVENU À ROUEN
Yvetot 13 091 5 314 25 113 4,7 60,1 27,6 7,4 4,9
Déville-lès-Rouen 13 642 5 356 23 620 4,4 69,6 26,2 2,5 1,7
A Rouen, les hauts revenus sont dixHaute-Normandie 14 276 5 425 27 251 5,0 67,8 22,1 6,9 3,2
fois plus élevés que les plus bas. L’éven-Source : INSEE - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2001
Note de lecture : tail est particulièrement large, signe
Au Havre, la moitié de la population vit dans un ménage qui déclare un revenu fiscal inférieur à 12 663 euros par unité de
d’une dispersion importante des revenus.consommation (uc).
Au Havre, le seuil des bas revenus est de 3 210 euros ou 10 % de la population vit dans un ménage qui déclare moins de 3 210 euros par uc. En effet, le seuil des bas revenus est in-
A contrario, les hauts revenus sont supérieurs à 25 188 euros ou 10 % de la population appartient à un ménage déclarant plus de 25 188
euros par uc. férieur à 3 200 euros alors que celui des
La dispersion ou le rapport entre ces deux seuils est de 7,8. hauts revenus atteint 30 830 euros, soit
Pour le Havre, sur 100 euros de revenu déclaré, 66,80 euros sont d’origine salariale, 26,80 euros proviennent de retraites,
4,20 euros de revenus de professions indépendantes et 2,20 euros d’autres revenus (du patrimoine surtout). une des plus hautes valeurs observées
dans les villes de la région. Rouen pos-
sède les quartiers les plus riches depatrimoine) est forte (6 %). Les revenus et indemnités de chômage). La part des
Haute-Normandie. Les hauts revenus dé-déclarés à Mont-Saint-Aignan ont une pensions et retraites est très faible, 9,2 %
passent les 40 000 euros dans quatrestructure très proche. seulement. Val-de-Reuil présente un seuil
d’entre eux : Jouvenet Ouest rue d’Erne-A l’opposé, Val-de-Reuil est la com- des bas revenus parmi les plus faibles, in-
mont, Jouvenet est Boulingrin, Cau-mune qui détient le plus faible revenu férieur à 2 400 euros. Les hauts revenus
choise Saint-Gervais Est et Vieuxannuel médian par unité de consomma- s’élèvent à 19 520 euros, soit parmi les
Marché Palais de Justice. Le quartier detion, avec 9 160 euros. Dans cette com- plus basses valeurs observées dans la
la Gare SNCF est le plus « riche », avecmune, les revenus sont les plus modestes, région.
des hauts revenus supérieurs à 50 000notamment du fait de la présence relative-
euros. Dans ces quartiers, la part des re-ment nombreuse d’ouvriers et d’employés. UNE DISPERSION DES REVENUS PLUS OU
venus des professions non salariées etSur 100 euros de revenus déclarés, MOINS MARQUÉE DANS VILLES
du patrimoine est élevée, respectivement88 euros sont d’origine salariale (salaires
15 et 7 % du total. Les cadres sont forte-En Haute-Normandie, le seuil des
HAUTS ET BAS REVENUS ment représentés dans ces quartiers,hauts revenus est cinq fois plus élevé
Le seuil des bas revenus correspond à la limite du 1er dé- avec 15 % de la population des 15 ansque celui des bas revenus, comme pour
cile : 10 % des personnes appartiennent à un ménage qui dé-
ou plus au recensement de la populationla France de province. Le départementclare un revenu par uc inférieur à cette valeur.
Le seuil des hauts revenus correspond à la limite du 9e dé- de 1999. Les professions indépendantesde l’Eure est moins inégalitaire que la
cile : 10 % des personnes appartiennent à un ménage qui dé- et les professions intermédiaires sontSeine-Maritime. Le rapport entre les re-
clare un revenu par uc supérieur à cette valeur.
également très présentes à Rouen res-venus les plus élevés et les plus faibles
pectivement 2,7 % et 14,8 %. Les quar-
LE MÉNAGE FISCAL
tiers Vieux Marché Palais de
Un ménage est défini comme l’ensemble des occupants d’un REVENUS FISCAUX DÉCLARÉS PAR LES MÉNAGES justice et Grand Pont Généralmême logement. AU TITRE DE L’ANNÉE 2001
Dans les sources fiscales, on peut théoriquement reconsti- Leclerc concentrent respective-
Revenu fiscal par unité de consommation (uc)tuer les ménages par le regroupement des foyers fiscaux (fi- ment 6,5 % et 5,9 % d’artisans,
chier des déclarations de revenus) répertoriés dans un Médiane 1er décile 9e décile Rapport
commerçants et chefs d’entre-même logement (fichier de la taxe d’habitation). Cette re- (euros/uc) (euros/uc) (euros/uc) interdécile
constitution est toutefois imparfaite. C’est pourquoi on uti- prise. En revanche, le poidsEure 14 769 6 101 27 675 4,5
lise plutôt le terme de ménages fiscaux pour éviter la Seine-Maritime 14 051 5 137 27 043 5,3 des ouvriers est faible (10 %) àconfusion avec les ménages repérés au recensement. Haute-Normandie 14 276 5 425 27 251 5,0
Sont exclus des ménages fiscaux : l’exception des quartiers duProvince 14 103 5 446 27 637 5,1
France métropolitaine 14 650 5 469 29 943 5,5les ménages de contribuables concernés par un événe- Châtelet (23,5 %), de la Lom-
Ile-de-France 17 982 5 581 38 912 7,0ment de type mariage, décès ou séparation au cours de
bardie (21,8 %) et de Voltairel’année étudiée ;
Source : INSEE - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2001
les ménages constitués de personnes ne disposant pas Note de lecture : Grammont (19,3 %).
de leur indépendance fiscale (essentiellement des étu- En Haute-Normandie, la moitié de la population vit dans un ménage qui déclare un
Les quartiers où l’amplitudediants, inclus dans le ménage fiscal de leurs parents) ; revenu fiscal inférieur à 14 276 euros par unité de consommation (uc).
10 % de la population vit dans un ménage qui déclare moins de 5 425 euros par uc.les contribuables vivant en collectivité. des revenus est la plus grande
A contrario, 10 % appartient à un ménage déclarant plus de 27 251 euros par uc.En France métropolitaine, les ménages fiscaux retenus re-
Le rapport entre ces deux seuils, ou rapport inter déciles, donne une indication sur la sont parfois ceux où les bas re-présentent 95 % des ménages, au sens du recensement.
dispersion des revenus.
venus sont faibles. Il s’agit des
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 50 - Décembre 2005DISPERSION DU REVENU FISCALREVENU FISCAL MÉDIAN
MÉDIAN PAR UC EN 2001PAR UC EN 2001
MÉDIANE ET DISPERSION QUARTIERS DE ROUEN
Pour étudier le niveau de revenu, on utilise la médiane du re-
venu fiscal par unité de consommation (uc). On parle alors
de revenu fiscal médian par uc. Celui-ci partage les person-
nes en deux groupes : la moitié des personnes appartien-
nent à un ménage qui déclare un revenu par uc inférieur à
cette valeur et l’autre moitié un revenu par uc supérieur.
Pour mesurer la dispersion du revenu, on utilise le rapport
interdécile du revenu fiscal par unité de consommation (uc),
qui établit le rapport entre les hauts revenus et les bas
revenus.
quartiers Voltaire Grammont, Sacré
Cœur, des Sapins et des Vieux Sapins,
pour lesquels la dispersion des revenus
est supérieure à 11. Des quartiers en
grande difficulté - Châtelet, Lombardie,
0101 : Carmes- Saint Maclou 0306 : Orléans 0504 : Jouvenet est - BoulingrinGrand Mare Centre- affichent des bas re-
0102 : Vieux Marché - Palais de justice 0402 : Sacré Cœur 0701 : Vieux Sapins
venus nuls ou très proches de zéro. Ces 0104 : Vieux sud - Saint Eloi 0404 : Pasteur - Madeleine 0702 : Sapins
0105 : Grand Pont - Général Leclerc 0405 : Cauchoise - Saint Gervais ouest 0801 : Châteletpopulations ne subsistent que grâce aux
0106 : Beauvoisine 0501 :Cauchoise - Saint Gervais est 0802 : Lombardie
aides sociales : le revenu minimum d’in- 0202 : Martainville 0502 : Gare SNCF 0901 : Grand mare centre
0203 : Croix de Pierre 0503 : Jouvenet ouest - rue d’Ernemont 1001 : Voltaire - Grammontsertion (RMI), l’allocation minimum vieil-
0303 : Saint Sever est
lesse, les prestations familiales et
sociales ou les aides au logement. En
QUARTIERS DU HAVRE1999, les taux de chômage (1) dans ces
quartiers s’échelonnent de 24 à 55 %.
Les inégalités peuvent provenir aussi des
hauts revenus. C’est le cas dans les
quartiers Cauchoise Saint-Gervais
Ouest et Est, Vieux Marché Sud
Saint-Éloi, Beauvoisine, Carmes
Saint-Maclou où les bas revenus varient
entre 4 100 et 5 150 euros et les hauts
revenus, élevés, oscillent de 39 000 à
43 800 euros.
DES REVENUS TRÈS MODESTES DANS
PRÈS DE LA MOITIÉ DES QUARTIERS
DU HAVRE
Pour Le Havre, la dispersion des re-
0101 : Centre ville/Saint Michel 0302 : Côte Ouest Ormeaux/Hôpital 1001 : Eure
venus, égale à 8, est supérieure à la 0105 : Centre ville/Port de plaisance 0304 : Côte Ormeaux/Funiculaire 1201 : Bléville sous Bretonne
0106 : Centre ville/Saint Roch 0502 : Sanvic/Fort de Sainte Adresse 1301 : Mare rouge Châteaudunmoyenne régionale mais plus faible qu’à
0107 : Centre ville/Saint Joseph 0505 :Sanvic/Val soleil 1302 : Mare rouge George Sand
Rouen. Le seuil des bas revenus est de 0201 : Saint Vincent 0901 : Arcole Brindeau/Amiral Mouchez 2202 : Mont Gaillard centre
0301 : Côte Ouest Ormeaux/Gobelins 0902 : Arcole Brindeau/Humbert 2307 : Caucriauville Edouard Vaillant3 210 euros, semblable à celui de
Rouen, et celui des hauts revenus de
seulement 25 200 euros.
Les revenus médians les plus élevés, QUARTIERS D’ÉVREUX
supérieurs à 18 000 euros, sont localisés
dans les quartiers Côte Ouest Ormeaux
Gobelins, Funiculaire et Hôpital, dans
certains quartiers du centre ville
(Saint-Joseph, Saint Roch, Port de plai-
sance et Saint Michel), et à Saint Vincent
et Sanvic Fort de Sainte-Adresse.
La ville du Havre se distingue par un
grand nombre de quartiers modestes. En
effet, plus de la moitié des quartiers du
Havre ont un seuil de bas revenus infé-
rieur à celui de la région (5 420 euros).
Des quartiers en grande difficulté affi-
chent des bas revenus nuls (la Mare
Rouge Chateaudun, la Mare Rouge
0102 : Ecole de musique 0501 : Romain Rolland 0701 : Robert DesnosGeorges Sand) ou très proches de zéro
0103 : Cathédrale 0601 : Collège Russelsheim 0702 : Charles Péguy(Points cardinaux Saint-Just, Mont Gail- 0202 : Jean Rostand 0602 : Michelet 0904 : Jeanne d’Arc
0402 : Le Bohy
(1)Taux de chômage déclaratif, d’après les bulletins du re- Source : INSEE - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2001 © IGN - Insee 2005
censement de la population.
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 50 - Décembre 2005 3SOURCE ÉVOLUTION DE L’EMPLOI ET DU CHÔMAGE
L’Insee diffuse depuis 2003 de nouvelles statistiques locales DANS LES ZONES D’EMPLOI HAUT-NORMANDES
sur les revenus. Ces statistiques sont établies à partir des fi-
chiers des déclarations de revenus et de la taxe d’habitation.
Les indicateurs diffusés permettent de décrire le niveau et les Les mouvements de la population active
disparités des revenus des ménages à travers la médiane et
les déciles ainsi que la composition du revenu. recomposent la carte
Les données sont disponibles pour des découpages géogra-
phiques (quartiers, communes, regroupements de commu- du chômage
nes) comptant au moins 2 000 habitants au recensement de
1999 (ce seuil est réduit à 50 ménages pour le revenu mé-
dian). Le respect des règles de confidentialité limite la dispo- Damien BARTHÉLÉMY
nibilité des résultats à ces zones géographiques.
Dans un contexte de création 700 000. La mauvaise conjoncture de
lard Centre, Arcole Brindeau Hum- l’année 2003 a entraîné un recul ded’emplois, le chômage diminue,
bert, Arcole Brindeau Amiral 3 000 postes de travail. Au cours de laet inversement quand l’emploi
Mouchez, Caucriauville Edouard Vail- même période, le nombre de deman-stagne ou recule. Cela s’estlant et le quartier de l’Eure par deurs d’emploi a baissé de 20 000 soitvérifié sur la période récente enexemple). Ces populations ne subsis- - 19 %. Le taux de chômage régional a
Haute-Normandie et dans lestent que grâce aux aides sociales. Les évolué favorablement ; il s’est replié de
zones d’emploi de Rouen et duquartiers aux revenus faibles sont plus de 2 points passant en cinq ans de
ceux où la dispersion est la plus Havre. Mais dans les petites 12,9 % de la population active à 10,8 %
ample. La Mare Rouge Chateaudun, zones d’emploi, l’évolution du fin 2003. Le point le plus bas de 9,7 % a
la Mare Rouge George Sand font fi- chômage est parfois déconnectée été atteint en mars 2001. D’un point de
gure de cas limites avec des disper- vue régional, il apparaît que les évolu-de l’évolution de l’emploi. Les
sions de revenus très importantes, tions de l’emploi et du chômage sontvariations de la population
respectivement de 380 et 73, en rai- liées : quand l’emploi monte, le chômageactive, départs ou arrivées des
son de revenus fiscaux quasi inexis- baisse. Mais plus localement, et en parti-jeunes actifs, retraites des plus
tants. La composante « ouvriers » est culier dans les zones d’emploi, les varia-
âgés, mais aussi les migrationsimportante dans ces quartiers notam- tions du taux de chômage ne
alternantes influent sur le tauxment dans celui de l’Eure (32 %). s’expliquent pas toujours ou du moins
de chômage. Plus la zone est pas complètement par les seules varia-
« ouverte », plus ces évolutionsOUVRIERS ET EMPLOYÉS : tions de l’emploi. Sur la période
DEUX CATÉGORIES sont sensibles sur le nombre 1999-2003, quatre cas de figure diffé-
SOCIOPROFESSIONNELLES rents se présentent, selon les performan-d’actifs, qu’ils aient un emploi ou
IMPORTANTES D’EVREUX ces de chaque zone d’emploi en termequ’ils en recherchent un.
d’emploi et de chômage en comparaison
avec la moyenne régionale.La ville d’Evreux compte beau- u 31 décembre 1998 au 31 dé-
coup plus d’ouvriers et d’employés Dcembre 2003, l’emploi haut-nor-
que les villes de Rouen et du Havre. mand a progressé de près de 35 000
EMPLOI PLUS DYNAMIQUE ET BAISSELa part des ouvriers dans la ville unités, soit une hausse de 5,3 %. La ma-
DU CHÔMAGE PLUS IMPORTANTSd’Evreux est de 19 % de la population jeure partie de cette hausse s’est pro-
QU’EN RÉGIONde 15 ans et plus au recensement de duite en 1999 et 2000 avec un gain de
1999. Les quartiers Michelet, Collège 32 000 emplois pour ces deux années.
Entre 1999 et 2003, quatre zonesRüsselsheim, Charles Péguy, Romain En 2001 et 2002, la croissance a été plus
d’emploi, dont les deux plus importantesRolland, Robert Desnos, Le Bohy, faible avec 6 000 créations nettes. Fin
Rouen et Le Havre mais également deux2002, l’emploi haut-normand atteignaitJeanne d’Arc ont la plus forte propor-
des plus petites le Pays de Bray et Ver-pour la première fois la barre destion d’ouvriers, de 28 % à 35 %. Ainsi,
neuil-sur-Avre, ont bénéficié d’une situa-sur 100 euros de revenus déclarés, 71
CHÔMAGE ET EMPLOI tion économique plutôt favorableeuros sont d’origine salariale (salaires
EN HAUTE-NORMANDIE DE 1998 À 2003 conjuguant croissance de l’emploi etet indemnités de chômage). Le taux
baisse du chômage plus fortes qu’en720 14de chômage y est moins élevé qu’à
Emploi Haute-Normandie. Les deux principalesRouen et au Havre. A l’opposé, les Taux de chômage agglomérations ont profité d’une haussequartiers de l’Ecole de Musique, Ca- 700 13 de l’emploi plus forte dans les activitésthédrale et Jean Rostand accueillent
tertiaires qui se concentrent plus fré-plus de 10 % de cadres et de profes-
680 12 quemment en ville. De plus, elles ont unsions intellectuelles supérieures.
solde migratoire négatif surtout chez lesPour Evreux, la dispersion des re-
jeunes actifs, ce qui a provoqué une
venus est nettement moins importante 660 11
baisse du chômage marquée. Ver-
qu’à Rouen (7,5 contre 10) mais reste
neuil-sur-Avre et le Pays de Bray ont en
cependant élevée. Les quartiers de
640 10 commun d’être des zones où l’industrie
Michelet, Collège Rüsselsheim, Char-
est très présente et surtout créatrice
les Péguy, Romain Rolland, Robert
d’emploi entre 1999 et 2003, comme
620 9Desnos figurent parmi les quartiers où
pour les autres secteurs excepté l’agri-
l’amplitude des revenus, supérieure à
culture. Ces deux zones ont deux autres
10, est la plus élevée. Dans ces quar- 600 8 points communs. Tout d’abord, elles ont
1998 1999 2000 2001 2002 2003tiers, l’origine des inégalités provient
un solde migratoire des plus de trente
surtout des bas revenus, inférieurs à Source : INSEE - Unités : emploi en millier, taux en % ans positif : elles accueillent des person-Estimations d’emploi2 000 euros
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 50 - Décembre 2005

EMPLOI-CHÔMAGE

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