Les revenus fiscaux - un reflet de l'urbanisation et de la mixité sociale

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Où trouve-t-on les emplois les plus qualifiés sinon dans les agglomérations ? Y trouver aussi les contribuables aux revenus les plus élevés n'est donc guère surprenant. Mais si la ville accueille les plus aisés, elle abrite aussi les plus démunis grâce à son parc social et ses emplois. Dans les bassins les plus ruraux, les revenus sont en moyenne plus faibles et plus homogènes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Lesrevenus
fiscaux: unreflet
de l’urbanisation et de la
mixité sociale
Où trouve-t-on les emplois les plus qualifiés
sinon dans les agglomérations ? Y trouver aussi
les contribuables aux revenus les plus élevés
n’est donc guère surprenant. Mais si la ville
accueille les plus aisés, elle abrite aussi les plus
démunis grâce à son parc social et ses emplois.
Dans les bassins les plus ruraux, les revenus sont
en moyenne plus faibles et plus homogènes.
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La Basse-Normandie entre villes et campagnes>>> >>>
Le bassin de
Falaise Moins élevés et moins dispersés
qu’en métropole
Près de 558 530 ménages fiscaux rési- Alpes (15 150). La Basse-Normandie
e
dent en Basse-Normandie. La moitié arrive en 19 position parmi les 22
des Bas-Normands vit dans un régions métropolitaines, suivie par
• 66 communes
ménage ayant déclaré, au titre de le Languedoc-Roussillon, le Nord-
• 25 442 habitants l’année 2001, un revenu fiscal par Pas-de-Calais et la Corse.
• 7844 emplois unité de consommation (uc) inférieur En Basse-Normandie, les hauts reve-
à 13 460 euros. Ce niveau médian est nus sont un peu moins de cinq fois• Déclin démographique
inférieur à celui de la France métro- (4,6) plus élevés que les plus bas,confirmé
politaine (14 650 euros par uc). Et l’éventail étant un peu plus serré que• Economie fortement
même en dégageant la forte influence pour la France métropolitaine (5,5). Larésidentielle sans autre
de la région parisienne, le revenu disparité des revenus déclarés pourdominante
médian de la Province (14 100 euros 2001 est en fait très différente d’une
• Autonome
par uc) reste encore supérieur. Au région à l’autre. L’éventail est particu-
• Niveau d’équipement palmarès des régions aux déclara- lièrement ouvert dans la moitié sud du
concurrentiel : bon tions les plus élevées suivent, après pays, de même que dans les régions
non concurrentiel : très bon l’Ile-de-France (17 980 euros par uc), Île-de-France et Nord-Pas-de-Calais.
santé : bon l’Alsace (16 420) et la région Rhône-
éducation : très bon
La moitié des Bas-Normands déclare moins de 13 500 euros• 82 emplois pour 100 actifs
résidents Revenus Seuil des hauts Mesure de la Seuil des bas
revenus médian revenus disparité*• Accès aux équipements et à
l’emploi : rapide euros/uc (1) euros/uc (2) euros/uc (3) Rapport (3)/(1)
France métropolitaine 5 470 14 650 29 940 5,5
Province 5 450 14 100 27 640 5,1
Basse-Normandie 5 630 13 460 25 920 4,6
* Rapport entre les seuils des hauts et bas revenus. Plus la disparité est importante, plus l’éventail des revenus est ouvert
Source : Insee - DGI - Revenus fiscaux localisés des ménages en 2001Le bassin de
10 % des personnes vivent dans un ménage qui déclare un revenu par uc supérieur à cette valeurFerté-Macé
(pour le seuil des “hauts” revenu), inférieur à cette valeur (pour le seuil des “bas” revenus).
Des déclarations élevées sur les
capitales départementales• 40 communes
• 20243 habitants Les niveaux de revenus fiscaux les plus Pour ce dernier bassin l’échelle des reve-
• 8060 emplois élevés sont généralement déclarés dans nus est tirée vers le bas, le seuil des
les bassins de vie de l’espace urbain, revenus modestes s’élevant à seule-• Dynamique démographique
tandis que les plus bas appartiennent ment 5 140 euros par uc. Pour celuiincertaine
au milieu rural. Sièges de l’activité éco- d’Argentan (13 020), le niveau des décla-
• Economie "diversifiée"
nomique, les villes concentrent en effet rations est également assez faible, avec
• Autonome les emplois les plus qualifiés, et donc un logement social très présent. Enfin
• Niveau d’équipement les meilleures rémunérations. Ainsi les dans les bassins de vie des petites villes
agglomérations des capitales départe- de L ’Aigle, Coutances et Vire, il reste infé-concurrentiel : très bon
mentales, Caen (15 090 euros par uc), rieur à 13 000 euros par uc.non concur
santé : très bon Alençon (14 260) et Saint-Lô (14 100)
éducation : très bon affichent des revenus médians bien
supérieurs à la moyenne régionale. • 102 emplois pour 100 actifs
Les autres bassins de vie centrés euxrésidents
aussi sur des villes relativement peu-• accès aux équipements et à
plées présentent néanmoins des reve-l’emploi : rapide
nus quelque peu inférieurs. Il en est ainsi
pour l'agglomération de Cherbourg
(13 770 euros par uc) et les bassins de
vie de Flers (13 450) et Lisieux (13 110).
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La Basse-Normandie entre villes et campagnes
16 758 euros : c'est le revenu
médian par unité de consomma-
tion dans le bassin de Luc-sur
mer, le plus élevé dans la région.
Il n'est que de 11 048 euros
(le plus bas de la région)
dans le bassin de Brécey. >>> >>>
Le bassin de
FlersLes revenus médians les plus bas dans le bocage
Cherbourg
• 41 communes
Honfleur • 42 547 habitants
Trouville-sur-Mer
• 17 499 emplois
Bayeux
CaenSaint-Lô • Déclin démographique
Lisieux
confirmé
Coutances
• Economie fortement
résidentielle et industrielle
Granville Vire
• Autonome
Avranches L'Aigle
Flers Argentan • Niveau d’équipement
concurrentiel : très bon
non concurrentiel : bonMortagne-au-Perche
santé : bonAlençon
Les revenus fiscaux médians éducation : très bon
par bassin de vie en 2001
(en euros et par unité de consommation)
• 104 emplois pour 100 actifs13 610 - 16 760
13 130 - 13 610 résidents
12 580 - 13 130
• Accès aux équipements et à11 940 - 12 580
11 040 - 11 940 Source : Insee, DGI, recensement de la population 1999 l’emploi : rapide
Des bassins de vie ruraux à la traîne
Les bassins de vie de l’espace rural bassins de vie ruraux de Vimoutiers et
présentent un niveau de revenu moins Gacé présentent également un niveau
élevé. Il est même parfois proche de faible de leurs déclarations, inférieur à
11 000 euros par uc à la base de la 12 000 euros par uc. Sur l’ensemble Le bassin de
presqu’île du Cotentin et dans le sud de des bassins de vie bordant la frontière Gacé
la Manche. Conséquence d’une est bas-normande, du sud Pays
moindre présence des professions les d’Auge au Pays d’Ouche, les ménages
mieux qualifiées, les plus hauts reve- les plus modestes déclarent des reve-
nus sont moins élevés que dans l’es- nus parmi les plus bas de la région
pace urbain. Enfin à l’est de l’Orne, les (moins de 5 000 euros par uc). • 30 communes
• 7329 habitants
• Unité de consommation • 2613 emplois
Système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du • Déclin démographique
ménage, et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de confirmé
tailles ou de compositions différentes. Avec cette pondération, le nombre • Economie agri-alimentaire à
de personnes est ramené à un nombre d'unités de consommation (UC). tendance agricole
L'échelle actuellement la plus utilisée (dite de l'OCDE) retient la pondé-
• Autonome
ration suivante :
• Niveau d’équipement- 1 UC pour le premier adulte du ménage ;
concurrentiel : très bon- 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus ;
non concur- 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.
santé : bonPour comparer le niveau de vie des ménages, on ne peut en effet s'en
éducation : faibletenir à la consommation par personne. Les besoins d'un ménage ne s'ac-
• 97 emplois pour 100 actifscroissent pas en stricte proportion de sa taille. Lorsque plusieurs per-
résidentssonnes vivent ensemble, il n'est pas nécessaire de multiplier tous les
biens de consommation (en particulier, les biens de consommation • Accès aux équipements et à
durables) par le nombre de personnes pour garder le même niveau de vie. l’emploi : assez long
Aussi, pour comparer les niveaux de vie de ménages de taille ou de
composition différente, on utilise une mesure du revenu corrigé par
unité de consommation à l'aide d'une échelle d'équivalence.
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La Basse-Normandie entre villes et campagnes>>> >>>
Le bassin de
Un littoral très contrastéGavray
Le littoral bas-normand vu au travers tances à celui de Pontorson, les décla-
des déclarations fiscales présente trois rations dépassent 13 000 euros par uc.
grands ensembles. Le développement du tourisme a fait
de cet espace côtier un lieu de desti-
• 13 communes
Le premier est géographiquement nation privilégié aussi bien pour les
• 5128 habitants proche des grandes agglomérations retraités que pour les actifs accompa-
• 1350 emplois bas-normandes. Ce sont des bassins gnés de leur famille. La côte Fleurie
de vie périurbains à vocation résiden- présente elle aussi des revenus• Déclin démographique
tielle, où les niveaux des revenus décla- médians relativement élevés, du bas-confirmé
rés y sont élevés. C’est le cas par sin de vie de Dives-sur-Mer (13 430
• Economie agri-alimentaire à
exemple des bassins de vie de Luc- euros par uc) à Honfleur (13 280), avectendance agricole
sur-Mer (16 760 euros par uc) et Ouis- un pic sur le bassin de vie centré sur
• Faiblement autonome
treham (16 240) autour de Caen . Dans le pôle urbain de Trouville-sur-Mer
• Niveau d’équipement ces bassins périphériques, si les (13 990). Mais ce qui caractérise ce lit-
ménages les plus aisés affichent des toral, c’est surtout son large éventail deconcurrentiel : très bon
revenus comparables à ceux des revenus, reflet d’une forte mixiténon concurrentiel : bon
santé : moyen agglomérations, les plus défavorisés y sociale. La population y mêle ménages
éducation : faible déclarent bien souvent un revenu plus à revenus élevés et personnes en situa-
élevé. tion de précarité, avec un logement• 74 emplois pour 100 actifs
social très présent. résidents
Le second ensemble littoral, plus éloi- Enfin le reste de la côte bas-normande• Accès aux équipements et à
gné des grandes agglomérations, pré- présente une certaine homogénéitél’emploi : rapide
sente également des revenus médians des déclarations fiscales. Ce sont des
assez élevés. La bande littorale du sud bassins de vie appartenant à l’espace
de la Manche répond à ce critère, par- rural. Les revenus y sont plutôt d’un
ticulièrement le bassin de vie centré niveau bas, inférieurs à 12 000 euros
sur le pôle urbain de Granville (14 530 par uc, et l’éventail des revenus y est
euros par uc). Du bassin de vie de Cou- assez serré.
Le bassin de
Granville
Faible disparité de revenus dans la majorité des bassins
Cherbourg• 13 communes
• 27 604 habitants
• 10 254 emplois
Honfleur
• Dynamique démographique Trouville-sur-Mer
assez forte et régulière
Bayeux
Caen• Economie fortement
Saint-Lô
Lisieuxrésidentielle sans autre
Coutancesdominante
• Autonome
Granville Vire• Niveau d’équipement
concurrentiel : très bon L'AigleAvranches ArgentanFlers
non concurrentiel : bon
santé : bon
éducation : très bon
Mortagne-au-Perche
• 105 emplois pour 100 actifs Alençon
résidents
* Soit le rapport entre hauts et bas revenus.
Les disparités* des revenus fiscaux• Accès aux équipements et à La disparité du bassin de vie est dite "forte"
en 2001
si supérieure à celle de Province, l’emploi : rapide Forte (supérieure à 5,1)
"assez forte" si entre la disparité régionale Assez forte (entre 4,6 et 5,1)
et celle de Province, "faible" si inférieure Faible (entre 4 et 4,6)
à la disparité régionale.Très faible (inférieure à 4)
Source : Insee, DGI, recensement de la population 1999
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