Les revenus : une répartition inégale

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Les revenus déclarés au fisc par les foyers réunionnais sont beaucoup plus faibles que ceux des foyers en métropole. Ils sont aussi très inégalement répartis sur le territoire. Les habitants de Saint-Denis disposent d'un revenu net imposable moyen trois fois supérieur à ceux de Salazie ; ils paient quatre fois plus souvent l'impôt que ceux de Saint-Philippe.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dossierLes revenus
Une répartition inégale
es revenus déclarés au fisc par Sur le territoire réunionnais, le pourcen- Si l’on analyse le revenu net imposable
les foyers réunionnais sont beau- tage de foyers fiscaux imposés varie moyen par habitant, il s’établit àLcoup plus faibles que ceux des d’une commune à l’autre : il est quatre 4 450 < à La Réunion en 2000. Mais un
foyers de métropole. Ils sont aussi très fois plus élevé à Saint-Denis qu’à Saint- Dionysien perçoit en moyenne trois plus
inégalement répartis sur le territoire. Philippe. Et il varie certainement beau- de revenus imposables qu’un Salazien.
Les habitants de Saint-Denis disposent coup plus d’un quartier à l’autre tant les Le classement de l’ensemble des com-
d’un revenu net imposable moyen trois communes réunionnaises ont un tissu munes est très proche de l’ordonnance-
fois supérieur à ceux de Salazie ; ils socialdiversifié. ment obtenu selon le taux de foyers fis-
paient quatre fois plus souvent l’impôt cauximposés.
À Saint-Denis et à La Possession, la partque ceux de Saint-Philippe.
Cette relation entre revenu imposablede foyers imposés (respectivement 33 %
par habitant et taux de chômage s’expli-et 30 %) est la plus élevée ; ce sont éga-Seuls 22 % des foyers fiscaux sont impo-
que aisément puisque 76 % des revenuslement les communes qui ont les taux desables sur les revenus de l’an 2000 à La
retenus pour le calcul de l’impôt pourchômage les plus faibles. Dans six autresRéunion, alors qu’ils sont plus de la moi-
l’ensemble des contribuables provien-communes, 21 % à 26 % des contribua-tié en métropole. La faiblesse de ce pour-
nent de salaires, et4%de revenusbles sont redevables de l’impôt sur lecentage résulte à la fois d’un revenu
d’activité non salariée (agricoles, indus-revenu. Là encore, le chômage est infé-moyen plus modeste ici qu’en métropole
triels, commerciaux et non commer-rieur à la moyenne départementale. C’estet d’une fiscalité plus avantageuse. En
ciaux). Les 20 % restants représentent,le cas de Saint-Paul et l’Etang-Salé (com-effet la réduction de 30 % accordée aux
pour l’essentiel, les pensions et retraitesmunes qui possèdent quelques quartiersrésidents du département lors du calcul
(12 %) et les revenus du patrimoineaisés), de Sainte-Marie et Le Tamponde l’impôt tend à réduire le montant des
dontles revenusfonciers(5 %).(communes résidentielles attenantes auximpôts dûs et par conséquent le nombre
pôles d’emploi), ainsi que des Avirons etdefoyersimposables. Nelly ACTIF
laPlaine-des-Palmistes.
Les quelques 70 000 foyers redevables de
l’impôt occupent donc une place singu- A contrario sept communes ont seulement
lière. Dans le contexte socio-économique 7 à 13 % de leurs foyers fiscaux imposa-
du département, marqué par la prégnance bles. Petites communes (à l’exception de
du chômage et le nombre élevé de ména- Saint-Louis et Saint-Joseph), le plus sou-
ges relevant du RMI, l’adage selon lequel vent rurales, elles figurent parmi les com- Lexique
“qui paie des impôts dispose de revenus munes aux taux de chômage les plus éle-
enviables” est encore plus vrai. vés.
Un foyer fiscal correspond à une et une
seule déclaration de revenus. Le
département compte 325 000 foyers
fiscaux en 2000, alors que le nombre de
ménages est de l’ordre de 225 000. La
cohabitation des adultes, les couples en
union libre, les mariages, les divorces et
3les veuvages de l’année contribuent à
multiplier le nombre de foyers fiscaux.
Le revenu net imposable est calculé à
partir des revenus déclarés au fisc. Il
s’obtient par l’addition des différentes
catégories de revenus déclarés, puis la
soustraction des abattements habituels
de 10 % et de 20 % ou des frais réels, et
enfin la déduction éventuelle de
certaines charges (i.e. les pensions
alimentaires versées, les investissements
4dans les Dom-Tom,...).
Il ne permet pas de comparer les
niveaux de vie puisqu’il ne tient pas
compte des effets de redistribution
opérés par le paiement de l’impôt et les
revenus sociaux non imposables tels que
le R.M.I., les prestations familiales, et les
aides au logement.Revenu net imposable moyen d’un habitant : somme des revenus imposables de la commune (pour les foyers
erimposables et les non imposables) divisée par le nombre d’habitants estimé de la commune au 1 janvier 2000.
économie 193e trimestre 2003
DE LAREUNION

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