Reims : les emplois métropolitains supérieurs... en quête de métropole La plupart des villes du bassin parisien souffrent de leur proximité avec Paris

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L'Île-de-France affiche un taux de 16 % d'emplois métropolitains supérieurs (EMS) pour un taux de 5,2 % dans le reste du Bassin parisien. Entre 1990 et 1999, l'aire urbaine de Reims a comblé une partie de son retard. Marne-la-Vallée, bénéficiant de sa proximité avec Paris, concentre le plus fort taux d'EMS par rapport aux autres aires urbaines du Nord-Est.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ARTICLE 4
 par Daniel Gassman et Joëlle Béthune,
INSEE Champagne-Ardenne
LA PLUPART DES VILLES DU BASSIN
PARISIEN SOUFFRENT DE LEUR
PROXIMITÉ AVEC PARIS
La Champagne-Ardenne se situe à la frontière Nord-Est du Bassin
parisien. Organisé autour de Paris celui-ci constitue un espace
Chiffres Clés
économique cohérent au sein duquel des métropoles plus petites Aire urbaine de Reims
comme Orléans, Amiens, Le Mans ou Reims entretiennent des liens
 Taux d’emploi supérieur : 6.9%
privilégiés non seulement avec l’Ile-de-France mais aussi avec les villes  Taux de croissance : 22%
 8 185 Ems à Reims contre voisines. Cet espace possède donc des spécifi cités démographiques
15 817 à Marne-la-Vallée
et économiques qui le distinguent du reste de l’Hexagone. Dotées  117 781 emplois à Reims contr e
107 044 à Marne-la-Vallée d’une population plus jeune et plus active que la moyenne nationale,
les villes du Bassin parisien se caractérisent également par un taux
plus faible d’emplois métropolitains, exception faite d’Orléans mais
surtout de Paris. Les villes de Champagne-Ardenne ne dérogent
pas à la règle même si certaines, comme Reims, présentent un taux
supérieur à la plupart des villes de taille équivalente.
Un taux d’EMS de seulement 5% dans le Bassin parisien hors
île-de-France
Les villes du Bassin parisien souffrent de leur proximité avec Paris.
En 1999, en France, 9 emplois sur cent pouvaient être qualifi és de
métropolitains supérieurs (EMS). En île-de-France ce taux est de
16% tandis qu’il est de seulement 5,2% dans le reste du Bassin
parisien. Parmi les villes qui composent cet espace Saint-Dizier et
Vitry-le-François sont les moins bien dotées en EMS alors qu’avec 8%
d’emplois métropolitains, Orléans tire mieux son épingle du jeu. Sa
spécialisation dans les télécommunications explique sans doute, en
partie, ce résultat. Reims se classe troisième par son taux d’EMS ex-
aequo avec Tours (6,9% des emplois). Des villes de taille comparable
par le nombre d’emplois qu’elles offrent comme Le Mans, le Havre ou
Amiens affi chent un taux bien plus faible de 5,4%.
Entre 1990 et 1999, l’aire urbaine de Reims a comblé une partie
de son retard
Au cours des années 90 les emplois métropolitains ont progressé moins
vite dans le Bassin parisien que dans les autres villes de province :
+12,1% contre +17,9%. Par défi nition, les emplois métropolitains
supérieurs se concentrent dans les agglomérations les plus grandes.
La décennie 90 ne fait pas exception à la règle. Ainsi, les villes offrant
de 150 000 à 400 000 emplois ont enregistré des hausses de l’ordre Evolution du
Unité : nb et % Nombre d'aires Taux d'EMS en Taux d'EMS en nombre d'EMS entre
urbaines 1999 1990 90 et 99
82 12,7 11,4 12,1Bassin parisien
Île-de-France 4 16 14,2 11,7
Hors Île-de-France 78 5,2 4,7 14,3
Basse-Normandie 16 4,5 4 17,2
Centre 18 5,9 5,2 18,8
12 4,9 4,4 11,3 Champagne-Ardenne
17 5,3 5 8,2 Haute-Normandie
15 4,8 4,3 15,4 Picardie
Sarthe 4 4,9 4 31,3
Yonne 5 4,2 4,1 7,2
France de province 350 6,4 5,7 17,9
France métropolitaine 354 9 8,2 14,8
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
Emplois
métropolitains
dans les aires
de 20%. Dans ce contexte, le Bassin parisien fait exception à la règle. urbaines du
En effet, les villes de cette taille comme Orléans et Tours et surtout Bassin parisien
Rouen, bien dotées en emplois métropolitains, atteignent des rythmes en 1999
de croissance plus faibles (respectivement +19,2%, +18% et 5,9% en
neuf ans).
Les villes de plus petite taille (de 45 000 à 150 000 emplois) ont,
elles aussi, bénéfi cié de ce phénomène de concentration accrue des
emplois hautement qualifi és. Dans l’Hexagone, cette progression est,
en moyenne, de 18,3% en neuf ans. Elle est légèrement supérieure dans
le Bassin parisien (+21,9%). Les plus fortes progressions concernent
surtout les villes situées aux frontières du Bassin. Parmi elles, Bourges,
Caen et Le Mans ont connu les hausses les plus importantes (entre 35%
et 40%). Reims et Amiens ont également connu le même phénomène
mais avec moins d’ampleur (environ +20%) tandis que Chartres et Le
Havre semblent être en retrait (environ +12%). Troyes ne semble pas
avoir profi té de l’élévation du niveau de qualifi cation. L’agglomération
est même la seule, parmi les villes de taille comparable, a enregistrer
une baisse du nombre de ses EMS.
page 19Les fonctions métropolitaines supérieures dans les
métropoles françaises et dans le Bassin parisien en 1999
Popula- Nombre Nombre Taux d'EMS
Aire Urbaine
tion en d'emplois d'emplois EMS en EMS en Evolution
Unité : nb et %
1999 en 1999 en 1990 1999 1990 1999 1990 des EMS
Principales métropoles françaises 16 447 221 7 197 799 7 106 713 1 023 705 902 584 14,2 14,4 13,4
Paris 11 174 743 5 089 179 5 117 668 815 552 730 096 16,0 14,3 11,7
Lyon 1 648 216 714 469 680 594 75 935 65 004 10,6 9,6 16,8
Marseille-Aix-En-Provence 1 516 340 538 133 522 315 46 546 40 212 8,6 7,7 15,8
Lille 1 143 125 455 543 436 523 37 717 31 024 8,3 7,1 21,6
Toulouse 964 797 400 475 349 613 47 955 36 248 12,0 10,4 32,3
Métropoles françaises 8 294 880 3 247 384 3 037 845 265 351 220 323 8,2 8,7 20,4
Métropoles du Bassin parisien 1 250 501 511 500 491 599 36 245 31 892 7,1 7,4 13,6
Rouen 518 316 203 322 203 831 13 218 12 480 6,1 5,9 5,9
Tours 376 374 152 973 145 778 10 533 8 928 6,9 6,1 18,0
Orléans 355 811 155 205 141 990 12 494 10 484 8,0 7,4 19,2
Métropoles du Nord-Est 2 004 882 755 493 711 173 53 667 46 261 7,1 7,5 16,0
Strasbourg 612 104 268 543 247 015 25 470 21 709 9,5 8,8 17,3
Metz 429 588 168 038 156 320 9 794 8 108 5,8 5,2 20,8
Nancy 410 508 164 246 160 175 13 158 11 820 8,0 7,4 11,3
Grandes Villes de France 9 873 109 3 865 085 3 640 321 215 340 181 971 5,6 5,0 18,3
Reims 291 735 117 781 110 325 8 185 6 692 6,9 6,1 22,3
Amiens 270 870 102 887 97 736 5 544 4 496 5,4 4,6 23,3
Troyes 172 497 69 338 71 296 3 044 3 108 4,4 4,4 -2,1
Compiègne 108 234 45 895 41 888 2 683 2 172 5,8 5,2 23,5
Beauvais 100 733 46 013 42 469 2 129 1 748 4,6 4,1 21,8
Grandes villes du Bassin parisien 2 372 838 964 089 917 436 54 129 44 392 5,6 4,8 21,9
Caen 370 851 144 679 133 888 8 982 7 096 6,2 5,3 26,6
Le Havre 296 773 113 047 112 133 6 075 5 412 5,4 4,8 12,3
Le Mans 293 159 119 778 112 638 6 518 4 796 5,4 4,3 35,9
Chartres 130 681 54 437 50 280 2 851 2 472 5,2 4,9 15,3
Bourges 123 584 54 349 54 049 3 190 2 308 5,9 4,3 38,2
Blois 116 544 50 445 48 108 2 636 2 196 5,2 4,6 20,0
Evreux 97 177 45 440 42 626 2 292 1 896 5,0 4,4 20,9
Grandes villes du Nord-Est 2 806 790 1 027 185 978 833 49 305 42 928 4,8 4,4 14,9
Villes moyennes et petites dont : 10 437 691 4 221 179 4 061 753 171 057 154 762 4,2 3,8 10,5
Champagne-Ardenne (10 aires urbaines) 438 685 180 101 182 206 6 593 6 216 3,7 3,4 6,1
Villes petites et moyennes du Bassin parisien* 2 666 982 1 094 318 1 084 599 41 484 38 601 3,8 3,6 7,5
Villes petites et moyennes du Nord-Est* 2 356 446 920 230 900 017 34 323 32 180 3,7 3,6 6,7
* Pour cette étude, la Champagne-Ardenne et la Picardie ont été inclues à la fois dans le Bassin Parisien et dans le Nord-Est.
Source : Insee, recensements de la population 1990 et 1999.Les contours du
Bassin parisien
S o m m e
A r d e n n e sS e i n e - M a r i t i m e
A i s n eO i s e
V a l - d ' O i s eManche C a l v a d o s Eure
M a r n ePari s
Y v e l i n e s
S e i n e - e t - M a r n eO r n e
E s s o n n e
Eure-et-Loir A u b e
Haute-Marn e
Sarthe
L o i r e t Y o n n e
Loir-et-Che r
Indre-et-Loire
C h e r
I n d r e
page 21Fort développement de Marne-la-Vallée au cours de la dernière
décennie
La ville nouvelle de Marne-la-Vallée, proche voisine de l’agglomération
rémoise, a bénéfi cié de sa proximité avec Paris. En effet, pour un peu
plus de 107 000 emplois elle compte 7 600 emplois métropolitains
supérieurs, soit un taux d’EMS de 14,9%.La ville de Reims affi che
un taux d’EMS plus modeste (6,9% pour environ 8 200 emplois
supérieurs).
Marne-la-Vallée Entre 1990 et 1999, Marne-la-Vallée s’est considérablement
possède le plus fort développée et l’emploi y a fait un bond de 40,8% en neuf ans. Cette
taux d’EMS par rapport progression place la zone en tête des villes nouvelles d’Ile-de-France,
aux aires urbaines du elle représente 2% de l’emploi francilien en 1999. Depuis sa création
Nord Est
au début des années 70, le nombre d’emploi y a été multiplié par
quatre même si le rythme annuel de progression s’est quelque peu
ralenti à la fi n des années 90 : +6,9% par an de 1975 à 1990, puis
3,9% annuel de 1990 à 1999.
Dans la ville nouvelle, les emplois métropolitains ont progressé encore
plus vite que les autres : +57% en neuf ans contre 40,8% en moyenne.
Tous les secteurs sont concernés par cette augmentation, à l’exception
des services aux entreprises qui se sont légèrement repliés. Les
fonctions de commerce, d’art et de recherche sont les trois secteurs
qui ont le plus bénéfi cié de cette croissance. Leurs effectifs ont été Les emplois métropolitains
supérieurs à Marne-la-Vallée
selon les secteurs
Unité : nombre, % Marne-la-Vallée Aire urbaine de Reims
Taux en évolution Taux en évolution
1999 1990 1999 1990
1999 (%) 90/99 1999 (%) 90/99
EMS dont : 15 917 10 136 14,9 57 8 185 6 692 6,9 22,3
Art 1 829 496 11,5 268,8 621 340 7,6 82,6
Banque Assurance 1 327 1 048 8,3 26,6 774 628 9,5 23,2
Commerce 2 861 1 540 18 85,8 1 047 1 008 12,8 3,9
Commercial Industrie 766 720 4,8 6,4 448 468 5,5 -4,3
Gestion Industrie 844 740 5,3 14,1 614 584 7,5 5,1
Information 462 352 2,9 31,3 198 108 2,4 83,3
Informatique Industrie 858 268 5,4 220,1 61 104 0,7 -41,3
Services aux entrep. 3 345 3 524 21 -5,1 1 952 1 660 23,8 17,6
Télécommunications 810 108 5,1 650 209 160 2,6 30,6
Transports 990 576 6,2 71,9 461 536 5,6 -14
Recherche 1 825 764 11,5 138,9 1 800 1 096 22 64,2
Emplois 107 044 76 010 40,8 117 781 110 325 6,8
Source : Insee - Recensements de la population 1990-1999
Information
Commercial Industrie
Télécommunications
Gestion Industrie
Informatique Industrie
Transports
Banque Assurance
Recherche
Art
Commerce
Serv. aux entrep.
- 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0
Marne la Vallée Reims
Source: Insee Recencement de la Population 1999 exploitation complémentaire Taux en pourcentage
L’importance relative
des différentes fonctions
métropolitaines supérieurs
en 1999 à Marne-la-Vallée et
dans l’aire urbaine de Reims
page 23multipliés respectivement par 1,8, 2,4 et 3,7 fois en neuf ans. Ces
fonctions représentant d’ailleurs un part importante des EMS (environ
40% des EMS) même si les services aux entreprises conservent la
première place (21%).
Au cours de la même période, les emplois métropolitains supérieurs à
Reims ont progressé moins vivement : +22,3%. Dans l’agglomération
rémoise ce sont les emplois dans les fonctions de recherche, services
aux entreprises et art qui se sont le plus développés. La comparaison
entre les deux zones laisse apparaître quelques différences :
l’agglomération rémoise rattrape son retard dans les services aux
entreprises tandis que la ville nouvelle de Marne-la-Vallée semble
surtout développer des fonctions de commerce et d’art. Toutefois,
dans ses deux « villes », géographiquement proches l’une de l’autre,
la fonction « recherche » s’est sensiblement développée. Elle est
même parmi les trois fonctions les plus représentées à Marne-la-Vallée
comme à Reims.
Pour en savoir plus
Marne-la-Vallée, troisième pôle tertiaire d’île-de-France, Nathalie Morer, Insee Ile-de-
France à la page n°223, mai 2003.
Le Bassin parisien, espace cohérent autour d’une vaste région urbaine, Frédéric Gilli,
Insee Picardie Relais n°112 - 2003, janvier 2003
Les fonctions métropolitaines supérieures dans les villes des quatre régions de l’Ouest :
Basse-Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Pascal Oger et Irène
Houssais, Octant n°92, janvier 2003page 25

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