Revenus des habitants des ZUS : plus faibles, plus dépendants des prestations

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N° 259 - Août 2005 REVENUS - SALAIRES REVENUS DES HABITANTS DES ZUS : PLUS FAIBLES, PLUS DÉPENDANTS DES PRESTATIONS 1 000 €. Ce revenu se concentre autour de 750€Les habitants des Zus du Poitou- dans les Zus et de 1 150 € dans les communes. Charentes déclarent un revenu Les écarts constatés entre chaque Zus et sa nettement inférieur à la moyenne de commune s’étalent de 200 à près de 700€. leur commune et ils sont plus rarement Les écarts de revenu déclaré entre les plus imposables. La redistribution effectuée pauvres et les plus riches sont beaucoup plus par les prestations sociales a un effet importants dans les Zus. Ainsi, les habitants des Zus les plus aisés ont-ils un revenu 57 foislimité sur cet écart. Ainsi, plus de la plus élevé que celui des plus démunis. Cet écartmoitié des ménages allocataires des est seulement de sept dans les communes. Caf dans les Zus se situe sous le seuil de bas revenus. Les familles mono- parentales sont particulièrement touchées. es écarts de revenus entre les Zus (Zones urbaines sensibles) et les communes dansLlesquelles elles sont situées sont nets. Ainsi, en 2001, la part des ménages imposés s’échelonne de 29 à 46 % selon les Zus et de 49 à 60 % dans les communes. Les revenus fiscaux plus faibles dans les Zus Dans les communes où sont implantées les Zus, Champ : hors Aytré Source : Insee, DGI (revenus fiscaux des ménages 2001)le revenu fiscal médian mensuel par UC (Unité de consommation) varie de 1 000 à 1 300 €.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Source : Insee, DGI (revenus fiscaux des ménages 2001)
Champ : hors Aytré
es écarts de revenus entre les Zus (Zones L urbaines sensibles) et les communes dans lesquelles elles sont situées sont nets. Ainsi, en 2001, la part des ménages imposés s’échelonne de 29 à 46 % selon les Zus et de 49 à 60 % dans les communes.
Dans les communes où sont implantées les Zus, le revenu fiscal médian mensuel par UC (Unité de consommation) varie de 1 000 à 1 300. Il est toujours plus faible dans les Zus, allant de 400 à
Les revenus fiscaux plus faibles dans les Zus
REVENUSDESHABITANTSDESZUS: PLUSFAIBLES, PLUSDÉPENDANTSDESPRESTATIONS
Les écarts de revenu déclaré entre les plus pauvres et les plus riches sont beaucoup plus importants dans les Zus. Ainsi, les habitants des Zus les plus aisés ont-ils un revenu 57 fois plus élevé que celui des plus démunis. Cet écart est seulement de sept dans les communes.
1 000. Ce revenu se concentre autour de 750dans les Zus et de 1 150dans les communes. Les écarts constatés entre chaque Zus et sa commune s’étalent de 200 à près de 700.
Note de lecture: parmi les neuf communes possédant une Zus, six ont un revenu fiscal médian compris entre 1 100 et 1 200.
REVENUS -SALAIRES
Les habitants des Zus du Poitou-Charentes déclarent un revenu nettement inférieur à la moyenne de leur commune et ils sont plus rarement imposables. La redistribution effectuée par les prestations sociales a un effet limité sur cet écart. Ainsi, plus de la moitié des ménages allocataires des Caf dans les Zus se situe sous le seuil de bas revenus. Les familles mono-parentales sont particulièrement touchées.
N° 259 - Août 2005
Les 10 % de ménages les plus pauvres dans les communes déclarent entre 200 et 450 derevenu mensuel. La situation est nettement plus défavo-rable à l’intérieur des Zus où les revenus des plus pauvres oscillent entre 0 et 250.
Lorsque l’on prend en compte les pres-tations versées par les Caf (Caisses d’allocations familiales), les écarts de revenus ont tendance à se réduire. Ainsi, les allocataires des Caf les plus aisés dans les Zus ont-ils un revenu 2,6 fois supérieur à celui des plus pauvres.
En effet, les prestations relèvent les montants des revenus les plus faibles. Par ailleurs, une partie des hauts revenus ne font pas partie du champ d’observation car ils ne perçoivent pas d’allocation. Au total, la population couverte par les allocations ne représente que 60 % de la population des Zus.
Les allocations des Caf, unique ressource pour 28 % des allocataires dans les Zus
Les prestations sociales et familiales atténuent le déséquilibre des ressour-ces financières des allocataires des Caf. Cependant, leur corollaire est une forte dépendance des ménages aux prestations. Les Zus ayant les plus faibles revenus détiennent également des taux élevés de dépendance vis à vis des prestations.
28 % des allocataires des Caf vivant dans les Zus n’ont pour seule ressource que leurs prestations. Ce taux atteint même 46 % dans une des Zus de la région ; dans cette zone, les 10 % de ménages les plus pauvres ne déclarent d’ailleurs aucun revenu.
Plus d’allocataires sous le seuil de bas revenus dans les Zus
56 % des allocataires résidant dans les Zus vivent en dessous du seuil de bas revenus (719) contre 45 % dans les communes. Dans les Zus, les plus touchées sont des familles avec des enfants à charge ; dans les communes, ce sont d’abord des personnes seules.
La situation face à la pauvreté des allocataires qui vivent seuls est identique dans les Zus et à l’ex-
InseePoitou-Charentes - Décimal n° 259 - 2005
térieur :55 %d’entre eux vivent sous le seuil de bas revenus dans les deux cas.
Les familles ayant des enfants à charge, en particulier les familles monoparentales, sont plus défavori-sées dans les Zus. En effet, 75 % d’entre elles y vivent sous le seuil de bas revenus contre 61 % dans les communes. De même, 65 % des familles nombreuses, couples et parents isolés confondus, vivent dans les Zus sous le seuil de bas revenus contre 43 % dans les communes.
S’ajoute à cela le fait que les couples où les deux conjoints travaillent sont moins fréquents dans les Zus. La majorité des couples avec zéro ou une personne occupant un emploi vit sous le seuil de bas revenus. 81% de ces couples ont des enfants, contre 77 % dans les communes.
Les allocataires de moins 20 ans ayant un enfant sont incontestablement les plus défavorisés, neuf sur dix vivent sous le seuil de bas revenus dans les Zus comme dans les communes. Ils sont cependant peu nombreux.
Des revenus plus dispersés dans les Zus Dispersion du revenu par UC mensuelZ u sC o m m u n e s (en) la plusla plusla plusla plus b a s s ehaute ba s s ehaute 10 %** des ménages déclarent moins de0 250 200 450 25 % des ménages déclarent moins de150 550 550 800 50 % des ménages déclarent moins de400 1000 1000 1250 75 % des ménages déclarent moins de800 1450 1500 1800 90 %** des ménages déclarent moins de1 3502 0502 0502 550 Champ : hors Aytré etSource : Insee, DGI (revenus fiscaux des ménages 2001) ** hors ZUS comptant moins de 2 000 habitants au RP 99
Forte dépendance aux prestations dans les Zus Part d’allocataires* des Caf(en %)Moyenne des Zus Dépendant à 100 % des prestations28 Dépendant à 75 % des prestations ou plus34 Dépendant à 50 % des prestations ou plus44 * Âgés de moins de 65 ans, non étudiants et hors régimes spéciaux
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Moyennedes communes 22 27 35 Source : Caf 2003
Source : Caf 2003
Le RMI en tête des minima sociaux
Beaucoup de ces allocataires en situation de précarité monétaire vivent ou survivent grâce aux minima sociaux: RMI (Revenu minimum d’insertion), API (Allocation de parent isolé) ou encore AAH (Allocation adulte handicapé).
41 % des allocataires des Caf perçoivent des minima sociaux dans les Zus contre 31 % dans les périmètres communaux. Dans les deux cas, le RMI est la principale prestation. Il est attribué à un quart des allocataires dans les Zus et à 19 % dans les communes.
En raison d’une moindre présence des familles monoparentales, les com-munes affichent une part plus faible de bénéficiaires API : 3 % contre 6 % dans les Zus.
Aussi, le tiers des allocataires des communes étudiées bénéficiant du RMI et la moitié de ceux qui perçoivent
l’API vivent-ils dans les Zus alors que ces zones ne regroupent que 20 % de la population de ces communes.
Les allocations d’adulte handicapé semblent moins dépendre de la zone de résidence. En effet, leur part dans les Zus est supérieure d’un point seulement à celle observée dans les périmètres communaux. Les adultes handicapés ne se retrouvent pas plus dans les Zus qu’ailleurs dans la commune.
Les éléments analysés ici mettent en évidence les difficultés vécues par les habitants des Zus en termes de revenus.Ce n’est cependant qu’une des composantes des situations de précarité qu’il convient de compléter par d’autres analyses, par exemple sur les conditions de logement, de vie ou d’emploi.Maryse Guillaume Marie-José Kolpak
Minima sociaux : une concentration dans les Zus Z u s
(1) Population couvertepar les minima sociaux RMI (Revenu minimum d’insertion) API (Allocation de parent isolé) AAH (Allocation adulte handicapé) données de comparaison : Population couverte par toutes les allocations Caf* Population au recensement de 1999 (1) Comprend l’ensemble des personnes du ménage * Champ réduit : âgés de moins de 65 ans, non étudiants et hors régimes spéciaux
14 620 9 030 2 750 2 840
39 190 70 930
Communes PartZus/ Commune (%) 39 01037 23 91038 5 85047 9 25031
155 47025 383 07019 Source : Caf 2003
Les 3/4 des familles monoparentales sous le seuil de bas revenus Nombre et part des allocataires Caf à bas revenus parmi l’ensemble des allocataires Caractéristiques des ménagesZ u sC o m m u n e s allocataires* à bas revenus des CafNombre Part(%)Nombre Part(%) (1) Population couverte22 12056 61180 39 Ensemble des allocataires à bas revenus8 93056 29700 45 couples avec enfants1 89042 4420 21 couples sans enfant450 502 01049 familles monoparentales3 30075 8230 60 personnes seules3 29055 15030 55 Familles de 3 enfants ou plus1 480653 12043 Moins de 20 ans avec enfant909019086 Étrangers 1000702 09065 Couples avec 0 ou 1 personne ayant un emploi2 240515 76039 * Champ réduit : âgés de moins de 65 ans, non étudiants etSource : Caf 2003 hors régimes spéciaux (1) Comprend l’ensemble des personnes du ménage
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Définitions
Le revenu utilisé dans cet article est le revenu par unité de consommation ou revenu par équivalent adulte. Il permet les comparaisons entre zones ou entre familles de compositions différentes.
UC(Unitédeconsommation):parconvention, le nombre d’unités de consommation d’un «ménage fiscal» est évalué de la manière suivante : - lepremier adulte du ménage compte pour une unité de consommation ; - les autres personnes de 14 ans ou plus comptent chacune pour 0,5 ; - lesenfants de moins de 14 ans comptent chacun pour 0,3. Les fichiers des Caf utilisent une échelle légèrement différente : à la pondération précédente s’ajoute 0,2 UC pour une famille monoparentale.
Le revenu disponibleménage d’un comprend les revenus d’activité, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d’autres ménages et les prestations sociales (y c. les pensions de retraite et les indem-nités de chômage), nets des impôts directs. Quatre impôts directs sont généralement pris en compte : l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation et les CSG (Contribution sociale généralisée) et CRDS (Contribution à la réduction de la dette sociale). Le revenu disponible par unité de consommation représente le niveau de vie des ménages.
Pour étudier le niveau de revenu, on utilise la médiane.La médiane du revenu par unité de consommation partage les populations en deux groupes. La moitié déclare un revenu par UC inférieur à cette valeur et l’autre moitié un revenu par UC supérieur. La médiane permet donc de mesurer le niveau central des revenus par UC au sein d’une zone, sans être affectée par les quelques très hauts revenus, contrairement à la moyenne.
Pour étudier la dispersion du revenu, on utilise lerapport interdécileRapport : entre le revenu au dessus duquel se situent les 10 % de personnes déclarant les plus hauts revenus et le revenu en dessous duquel se situent les 10 % de personnes déclarant les plus bas.
Le «seuil de bas revenus», utilisé dans l’exploitation des fichiers des Caf, est la demi-médiane des revenus disponibles avant impôts. Il représente une mesure relative de la pauvreté monétaire. Il est calculé par l’Insee à partir de l’enquête «Budget de famille» réalisée tous les cinq ans, Il est actualisé annuellement à partir des données de la comptabilité nationale. En 2003, ce seuil est de 719294pour une personne seule, de 1pour une famille monoparentale avec deux jeunes enfants et de 1 726pour un couple avec trois jeunes enfants.
InseePoitou-Charentes - Décimal n° 259 - 2005
Les sources utilisées
Les revenus des ménages sont mesurés à partir de deux sources, les déclarations des revenus fiscaux et le fichier des allocataires des Caf.
Les revenus fiscaux des ménagessont établis à partir des fichiers des déclarations de revenus des personnes physiques et de la taxe d’habitation élaborés par la Direction générale des impôts. Le revenu fiscal correspond à la somme des ressources déclarées par les contribuables sur la «déclaration des revenus», avant tout abattement. C’est un revenu avant redistribution. Il ne peut pas être assimilé à la notion de revenu disponible et ne permet donc pas de parler en termes de niveau de vie. Les données relatives aux revenus fiscaux n’incluent pas la Zus d’Aytré.
Les revenus déclarés par les allocataires des Caf: le fichier d’allocataires des Caf renseigne à la fois sur les revenus déclarés et sur les prestations perçues par les allocataires. Ils donnent donc une meilleure approche du revenu disponible. Celle-ci reste néanmoins incomplète puisqu’elle ne prend pas en compte la redistribution réalisée par l’impôt. Ces allocataires et leurs ayant droits représentent 61 % de la population des Zus (RP 1999) et 49 % de celle des communes. En particulier, pour les calculs sur les revenus, certaines catégories d’allocataires sont exclues (étudiants, personnes de 65 ans et plus et régimes spéciaux) car la reconstitution de leur revenu disponible avant impôt à partir des fichiers des Caf est impossible ou entachée d’une incertitude importante.
Revenus fiscaux : la région Poitou-Charentes en queue de peloton mais des Zus dans la moyenne nationale
La part des ménages imposés en 2001 dans la région est de 54 %, inférieure de six points à la moyenne métropolitaine. Elle est toutefois plus forte dans les communes appartenant à un pôle urbain. De même, la moitié des ménages fiscaux déclare en Poitou-Charentes un revenu mensuel par UC inférieur à 1 100, soit 100moins que sur l’ensemble du territoire métropolitain. de Le revenu médian est également inférieur à celui de la France de province. Seules la Corse, le Nord - Pas-de-Calais, le Languedoc-Roussillon et la Basse-Normandie ont un revenu plus faible.
Les ménages du Poitou-Charentes déclarent 50de moins que la moyenne de province Part des ménagesRevenu mensuel imposés(en %)médian par UC(en) France métropolitaine60 1200 France de province57 1150 Poitou-Charentes 541 100 e e (rang parmi les 22 régions)(19 )(18 ) Communes appartenant à un pôle urbain France métropolitaine63 1250 Poitou Charentes58 1200 Source : Insee, DGI (revenus fiscaux des ménages 2001)
La part des ménages imposés est comparable dans les Zus du Poitou-Charentes et dans l’en-semble des Zus de France métropolitaine. En revanche, les revenus médians sont plus concentrés dans la région qu’en moyenne en France métro-politaine. Les Zus à bas revenu (moins de 700) sont moins présentes en Poitou-Charentes, de même que celles à hauts revenus.
Champ : les Zus de plus de 2 000 habitants au RP 99
Source : Insee, DGI (revenus fiscaux des ménages 2001)
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LesZus(Zones urbaines sensibles) sont quatorze dans la région Poitou-Charentes, réparties dans dix communes, sur huit agglomérations de plus de 20 000 habitants. Elles représentent 20 % de la population des communes concernées. Dix Zus comptent plus de 2 000 habitants au RP 99.
LesZussont définies dans la loi comme des zones «caractérisées par la présence de grands ensembles ou de quartiers d’habitat dégradé et par un déséquilibre accentué entre l’habitat et l’emploi» (décret 93-203 du 5 février 1993). La loi er Borloo, loi n° 2003-710 du 1août 2003 d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, met en œuvre des programmes d’action dans les zus en vue de réduire les inégalités sociales et les écarts de développement entre les territoires. Un observatoire national des Zus a été créé par décret 2004-1135 du 22 octobre 2004.
Dans ce cadre, un tableau de bord des Zus a été élaboré par l’Insee Poitou-Charentes en partenariat avec la Préfecture de région. Il intégre des données des Caf, de l’ANPE, de la Direction générale des impôts, de la Direction régionale de l’Équipement et du Rectorat. Il fournit aux acteurs de la politique de la ville un ensemble homogène de données permettant de comparer chaque Zus avec sa commune d’implantation et le contrat de ville dont elle relève sur les thématiques suivantes : démographie, éducation-formation, revenus, logements, emploi-chômage, tissu économique. Les résultats présentés ici sont issus de ce travail. Ils complètent l’analyse démo-graphique et sociale publiée dans le n° 242 de décimal, «14 Zus pour 71 000 habitants».
Pour tout renseignement statistique
www.insee.fr/poitou-charentes
insee-contact@insee.fr
0 825 889 452(0,15/mn) du lundi au vendredi de 9 h à 17 h
Insee PoitouCharentes 5 rue SainteCatherine  BP 557 86020 Poitiers Cedex Tél : 05 49 30 01 01 Fax : 05 49 30 01 03 sedpoitoucharentes@insee.fr
Directrice de la publication :Sylvie MARCHAND Rédactrice en chef :Fabienne GAUDE
Dépôt légal août 2005 N° CPPAP 0908 B 06698  ISSN 02211068 Code SAGE DEC25956 Impression MEGATOP, Naintré
Prix au numéro :2,20Abonnement annuel : 20(10 numéros)
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