Tertiaire en pointe, industrie confirmée

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Au cours de la décennie 90, l'Alsace a connu une croissance de l'emploi près de trois fois supérieure à la moyenne métropolitaine. Le poids du tertiaire alsacien s'est sensiblement renforcé en neuf ans, particulièrement dans les services aux entreprises, aux particuliers et la santé-action sociale. L'emploi industriel a diminué, mais l'industrie demeure toujours bien représentée dans la région.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
17 800 intérimaires
en 1999
partir de 1997, la reprise
s'est accompagnée d'uneTertiaire en pointe, À forte poussée de l'emploi
intérimaire. Le recours à des tra-
vailleurs intérimaires permet auxindustrie confirmée
entreprises d'adapter leurs effec-
tifs à une croissance temporaire
de l'activité. L'industrie en est le
plus gros consommateur : lesAu cours de la décennie 90, L'industrie maintient
entreprises industrielles utilisentsa position dansl'Alsace a connu une crois-
plus de la moitié du volume del'emploi alsaciensance de l'emploi près
travail intérimaire.
de trois fois supérieure à Les intérimaires sont embauchésL’industrie alsacienne a plutôt
la moyenne métropolitaine. par les agences de travail tem-bien résisté à la crise des années
poraire. Ainsi, quel que soit leurLe poids du tertiaire alsa- 90. Au cours de la décennie,
lieu de travail et le secteur d'acti-l’industrie française a perdu descien s'est sensiblement
vité, ces salariés sont tous comp-
emplois. Ce mouvement a été
renforcé en neuf ans, tabilisés dans l'activité "services
moins marqué en Alsace : 8 %
particulièrement dans aux entreprises", donc dans le
d’emplois en moins dans la
tertiaire.les services aux entreprises, région, contre 12 % en moyenne
Au recensement de 1999, 17 800
aux particuliers et la santé- nationale. L’industrie automobile
intérimaires étaient inscrits dans
et l’agroalimentaire ont mêmeaction sociale. L'emploi les agences alsaciennes, ce qui
augmenté leurs effectifs. Enindustriel a diminué, mais représente 3 % des emplois
revanche, en métropole, tous les totaux de la région. C'est un peul'industrie demeure toujours
secteurs industriels ont perdu des plus qu'en métropole (2 %). Les
bien représentée dans emplois. intérimaires sont essentiellement
la région. En mars 1999, l’industrie alsa- des ouvriers, le plus souvent non
cienne emploie 168 500 personnes, qualifiés. Plus des deux tiers
n 1999, près de 688 000 intérimaires exclus. Avec 24 % d'entre eux sont des hommes.
personnes travaillent en des postes de travail dans l’indus-
eEAlsace, soit une augmen- trie, l’Alsace se classe au 2 rang secteurs ne regroupent que la
tation de 52 000 personnes des régions françaises, derrière moitié des effectifs.
depuis 1990. La croissance de la Franche-Comté, pour le poids L’industrie alsacienne est surtout
l’emploi a été plus forte qu’en de l’industrie dans l’emploi. C’est une industrie de production. Les
métropole: elle s'élève à 8%, nettement supérieur à la moyenne ouvriers qualifiés et non qualifiés
au lieu de 3%. La région doit nationale (18 %). représentent 60 % de l’emploi
ce résultat favorable à une L’industrie reste diversifiée dans industriel, pour 54 % en moyenne
croissance plus rapide des la région, sans véritable secteur nationale. Parmi eux, quatre sur
effectifs du tertiaire, mais égale- dominant. L’agroalimentaire, dix sont sans qualification, part
ment à des pertes d’emploi principal secteur employeur, ne légèrement supérieure à celle de
moindres dans l’industrie. Malgré représente que 14 % des effectifs. la métropole.
l’important développement du Avec la fabrication d’équipement En revanche, l’encadrement est
secteur tertiaire, elle conserve mécanique, l’automobile et la moins important. Les cadres
ainsi son profil industriel. chimie, les quatre plus grands représentent 8 % des emplois,
Entre 1990 et 1999, la croissance de l'emploi s'est
élevée à 8 % en Alsace, au lieu de 3 % en France
métropolitaine.
Le nombre d'emplois dans le tertiaire
a augmenté de 17 % dans la région et de 13 % en
métropole. L'emploi industriel a diminué de 8 % en
Alsace et de 12 % en métropole.
3Chiffres pour l’Alsace • revue n° 7 • février 2002ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
Forte croissance du tertiaire en 20 ans
contre 10 % en moyenne nationale.
Il y a proportionnellement moins
de cadres administratifs, mais
également moins d’ingénieurs.
De même, la part des professions
intermédiaires administratives et
commerciales s’élève à 6 % en
Alsace et 8 % pour l’ensemble de la
métropole. En effet, la majorité des
sièges d’entreprises industrielles
près de 10 000 dans l’agro- également nombreuses à occuper
sont localisés en Île-de-France. alimentaire. Dans la chimie, dans un poste d’employé administratif
ou à exercer une professionl’industrie des composants élec-
triques et électroniques et dans intermédiaire, administrative ouLes femmes
commerciale. Ainsi, la professionl’industrie des équipements élec-occupent près
“ employée administrative d’entre-triques et électroniques, la partd'un emploi
prise ” est féminine à 87 %. Endes femmes est plus élevée enindustriel sur trois
revanche, les femmes occupentAlsace que sur l'ensemble de la
moins fréquemment un emploi deFrance. Ainsi, dans l’industrie desLa proportion de femmes dans
cadre ou d’indépendant qu’enéquipements électriques et élec-l’emploi industriel est restée stable
moyenne nationale. troniques, le taux de féminisationsur la dernière décennie. Elle
atteint 38 % dans la région, com-reste inférieure à un tiers des
effectifs : le taux de féminisation paré aux 30 % en moyenne natio- Le tertiaire :
nale. De même, dans l’industrieest de 30 % aujourd’hui et se plus des deux tiers
des composants électriques etsitue au niveau de la moyenne des emplois
nationale. La place des femmes électroniques, il est de 43 % en
Alsace, au lieu de 37 % en métro-progresse légèrement dans l’agro- Même si l'Alsace reste industrielle,
alimentaire et dans la fabrication pole. En revanche, dans la fabri- le tertiaire est le principal pour-
de biens d’équipement, secteurs cation de biens de consomma- voyeur d'emplois. Dans la région,
tion, la part des femmes est plusspécifiques à la région. Au comme ailleurs, c’est le tertiaire
contraire, elle diminue dans faible dans la région. qui a été à l’origine des créations
l’industrie des biens de consom- Plus de la moitié des femmes qui d’emploi. Le poids de ce secteur
mation, comme en métropole. travaillent dans l’industrie alsa- s’est encore renforcé au cours de
En 1999, l’industrie alsacienne cienne sont ouvrières, le plus la décennie. En 1999, 461 000
emploie 49 700 femmes, dont souvent non qualifiées. Elles sont personnes travaillent dans le
tertiaire alsacien. Ainsi, les deux
tiers des emplois offerts dans laEncore un quart des emplois dans l’industrie en Alsace
région, sont concentrés dans ce
Emploi au lieu de travail par statut selon le secteur d’activité en 1999
Secteur d’activité Salariés Non salariés Ensemble Structure en %
Alsace France
Agriculture 6 129 8 921 15 050 2,2 4,2
Industrie 162 369 6 093 168 462 24,5 18,2
Construction 37 058 6 030 43 088 6,3 5,8
Tertiaire* 423 714 37 453 461 167 67,1 71,8
dont Commerce 83 922 12 394 96 316 14,0 13,2
Ensemble 629 270 58 497 687 767 100,0 100,0
* y compris ensemble des intérimaires.
4 Chiffres pour l’Alsace • revue n° 7 • février 2002
Source : Insee, recensement de la population.
Source : Insee, recensements de la population.ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
Forte croissance de l’emploi féminin dans le tertiaire
Évolution de l’emploi au lieu de travail par sexe et secteur d’activité
Secteur d’activité 1999 Évolution 1990-1999 (%)
Hommes Femmes Hommes Femmes
Agriculture, sylviculture, pêche 9 579 5 471 -17,0 -24,4
Industrie 118 778 49 684 -9,1 -4,7
dont : ont beaucoup diminué dans l’im-
Ind. agricoles et alimentaires 14 408 9 719 4,3 16,5 mobilier.
Ind. des biens de consommation 13 239 9 635 -18,2 -24,8
La croissance de l’emploi dans leInd. automobile 16 044 3 162 2,3 18,3
tertiaire est avant tout une crois-Ind. des biens d'équipement 26 802 8 232 -15,3 -3,2
Ind. des biens intermédiaires 43 575 17 957 -10,8 -5,5 sance de l’emploi féminin. Ce
Energie 4 710 979 4,7 21,2 mouvement est plus prononcé en
Construction 39 233 3 855 5,0 9,0
Alsace que dans l’ensemble de laTertiaire 213 224 247 943 10,0 24,3
métropole. Ainsi, en 10 ans, dansdont :
Commerce 49 782 46 534 3,6 9,3 le tertiaire alsacien, les emplois
Transports 22 399 6 128 6,5 16,4 féminins ont augmenté de 24 %,
Activités financières 8 618 9 603 -7,4 -0,6
alors que les emplois masculinsActivités immobilières 3 195 2 763 -42,5 -33,3
ne se sont accrus que de 10 %.Services aux entreprises 44 207 32 374 29,7 32,6
Services aux particuliers 16 986 29 004 27,3 28,1 En moyenne nationale, l’augmen-
Education, santé, action sociale 32 995 89 545 11,9 32,4 tation respective des emplois sur
Administration 35 042 31 992 6,2 38,3
la même période est de 17 %Ensemble 380 814 306 953 2,0 17,0
pour les femmes et de 8 % pour
les hommes.
secteur. Néanmoins, sa part dans récréatives, culturelles et sporti-
l’emploi régional est plus faible ves occupent une place moins
Certains métiersque dans l’ensemble de la métro- importante dans l’emploi total
du tertiairepole : 67 % contre 72 %. qu’en moyenne nationale.
plus féminisésLa santé-action sociale ainsi que Entre 1990 et 1999, le tertiaire
le commerce de détail sont de alsacien a créé 68 000 emplois.
Dans l’administration alsacienne,gros secteurs employeurs : ils Les effectifs se sont ainsi accrus
la part des femmes a progresséoccupent respectivement 17 % et de 17 %. Cette progression a été
de 7 points sur la dernière décen-11 % des effectifs du tertiaire en plus rapide qu’en métropole où
nie. En 1999, les femmes repré-Alsace. Le commerce de gros, l’augmentation n’a été que de
sentent ainsi près de la moitié duqui représente près de 8 % des 13 %. Dans la région, la croissan-
personnel administratif. De même,emplois tertiaires de la région, est ce de l’emploi a été très forte
dans le secteur éducation-santé-une spécialité alsacienne. C’est dans les services aux entrepri-
action sociale, leur part s’esten effet dans la région que son ses, les services aux particuliers
accrue de 3 points durant lapoids est le plus élevé de France, et dans les activités de santé-
même période. supérieur même à celui de l'Île- action sociale. Les effectifs sont
Aujourd’hui, plus de la moitié desde-France. En revanche, l’admi- restés quasi stables dans les acti-
emplois du tertiaire sont occupésnistration publique et les activités vités financières, et par contre ils
Huit cadres sur dix travaillent dans le tertiaire
Emplois par catégorie socioprofessionnelle et secteur d’activité en 1999
Catégorie socioprofessionnelle Agriculture Industrie Construction Tertiaire Ensemble
Ensemble dont commerce
Agriculteurs exploitants 8 694 0 0 0 0 8 694
Artisans, commerçants, chefs d'entreprises 222 5 533 5 974 24 821 11 516 36 550
Cadres, professions intellectuelles sup. 97 13 974 1 842 63 044 6 824 78 957
Professions intermédiaires 599 35 658 5 443 116 916 21 948 158 616
Employés 1 013 14 765 2 441 171 421 34 346 189 640
Ouvriers 4 425 98 532 27 388 84 965 21 682 215 310
Ensemble 15 050 168 462 43 088 461 167 96 316 687 767
5Chiffres pour l’Alsace • revue n° 7 • février 2002
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999.
Source : Insee, recensement de la population.p
Un tertiaire urbain
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
Les dix premiers cantons employeurs du tertiaire
regroupent ensemble 62% des emplois du tertiaire
alsacien. Strasbourg, Colmar et Mulhouse rassemblent
44 % des effectifs. Environ deux tiers des emplois de
l'immobilier et des services financiers de la région, ainsi
que plus de la moitié des personnels administratifs sont
localisés dans ces trois communes.
Strasbourg, où vivent 15 % des actifs alsaciens, offre
28 % des emplois tertiaires de la région. Plus du tiers
Le poids des services des postes administratifs de la région et plus du quart
des services aux entreprises et de l'éducation-santé-dans les cantons alsaciens
action sociale y sont implantés. 87 % des personnes
qui travaillent dans la capitale alsacienne relèvent ainsi
du tertiaire.
L'industrie bien implantée dans les petits cantons
Strasbourg est la première commune industrielle en
termes d'emplois : 15 700 personnes travaillent dans
le secteur, soit 9 % des effectifs de l'industrie alsa-
cienne. Le secteur n'y représente pourtant que 10 %
de l'emploi total.
Dix cantons offrent chacun plus de 5 000 emplois dans
l'industrie. Ils rassemblent ainsi 45 % des effectifs
industriels de la région. La plupart d'entre eux ont un
profil industriel marqué.
En revanche, dans bon nombre de cantons de peti-
te taille, qui offrent le plus souvent moins de 5 000
emplois, l'industrie est le premier employeur. Ce
secteur concentre plus de 40 % des emplois offerts
dans ces territoires, au lieu de 24 % en moyenne
dans la région.
par des femmes: 54%, Des activités tertiaires sont
comme en moyenne natio- par contre plus masculines :
nale. Bien qu’elles soient les services aux entreprises,
moins souvent cadres que le commerce de gros et
les hommes, les femmes les transports. Dans ces
représentent la moitié des deux derniers secteurs, les
professeurs et des membres femmes ne représentent
des professions scienti- pas le quart des effectifs.
fiques. Par ailleurs, plus
des deux tiers des institu-
teurs sont des institutrices. Françoise DIDIERJEAN
Et, dans les services per-
sonnels et domestiques,
comme dans le secteur
santé et action sociale, plus
des trois quarts des emplois
offerts dans la région
reviennent aux femmes.
6 Chiffres pour l’Alsace • revue n° 7 • février 2002

Source : Insee, recensement de la population de 1999 - © IGN - Insee.

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