Un enfant sur sept vit dans une famille à bas revenus

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La part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté reste faible en Alsace. Les personnes concernées habitent essentiellement dans les pôles urbains, et une sur quatre vit au sein d'une famille dont le référent est de nationalité étrangère, hors Union européenne. Les familles monoparentales vivent fréquemment avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Globalement, un enfant alsacien sur sept vit dans une famille à bas revenus.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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PAUVRETÉ - PRÉCARITÉ
Un enfant sur sept
vit dans une famille à bas revenus
l’Alsace est, avec les Pays de laLa part des personnes
Loire, la région de France où lavivantsousleseuildepauvreté 147 100 personnes vivent danspart des personnes à bas revenus
une famille à bas revenus enreste faible en Alsace.
dans la population de moins de
Alsace.Les personnes concernées 65 ans, est la plus faible. À l’oppo-
75 400 d'entre elles habitent
habitent essentiellement sé, ce pourcentage est élevé pour dans les communes de Stras-
le Nord-Pas-de-Calais et dans les bourg, Colmar et Mulhouse,dans les pôles urbains,
soit 51,3 %.régions bordant la Méditerranée.et une sur quatre
vit au sein d’une famille Quatre personnes
dont le référent sur cinq vivant de
est de nationalité étrangère, venus réside principalement dansbas revenus résident
les villes-centres ou certaines ban-dans les pôles urbainshors Union européenne.
lieues, particulièrement dans lesLes familles monoparentales
La population alsacienne à bas re- zones où existent des logements
vivent fréquemment
venus est essentiellement une po- sociaux. Ainsi, dans les commu-
avec des revenus pulation urbaine.Les pôles urbains nes de Strasbourg et Mulhouse,
inférieurs au seuil de pauvreté. regroupent 80 % des personnes vi- les personnes vivant sous le seuil
vant de bas revenus, alors qu’ils de pauvreté représentent plus deGlobalement,
ne rassemblent que 56 % de la 20 % de la population de moins deun enfant alsacien sur sept
population alsacienne de moins 65 ans. Dans les communes de
vit dans une famille
de 65 ans. La population à bas re- banlieue de Schiltigheim et de
à bas revenus.
Personnes vivant avec de bas revenus,
Depuis la fin de 2001, l’Alsace se
plus fréquemment dans les pôles urbains et en milieu ruraltrouve confrontée à une crise éco-
En %nomique sérieuse. Le chômage
100
croît et son taux se rapproche de
80la moyenne nationale. Entre 2002
et 2003, la part des personnes vi-
60
vant d’un revenu inférieur au seuil
de pauvreté est restée stable en 40
Alsace, alors qu’elle a diminué
20
d’un point dans l’ensemble de la
métropole. 0
Pôle urbain Commune Espace àEn 2003, cette part est de 9,9 % Couronne
périurbaine multipolarisée dominante ruralecontre 12,4 % pour l’ensemble de
Personnes à bas revenus Personnes de moins de 65 ansla métropole. Après la Bretagne,
Lecture : parmi les personnes vivant de bas revenus, 80 % se concentrent dans les pôles urbains,
alors que seulement 56 % des personnes de moins de 65 ans y résident.
3Chiffres pour l'Alsace · revue n° 29 · novembre 2005
Sources : Caf2003-Insee, recensement de la population de 1999PAUVRETÉ - PRÉCARITÉ
En Alsace, dans les couronnes périurbaines, peu de personnes sous le seuil de pauvreté
Taux de pauvreté* par type de commune (en %)
Couronne Communes Espace à dominante
Région Total Pôle urbain
périurbaine multipolarisées** rurale
France métropolitaine 12,4 14,3 7,1 9,0 11,7
dont :
Bretagne 9,0 11,8 5,3 7,1 8,1
Île-de-France 9,2 9,5 6,7 8,5 9,7
Alsace 9,9 13,9 3,5 5,0 7,7
Pays de la Loire 10,0 12,8 5,6 7,5 8,5
Franche-Comté 10,9 14,9 6,3 8,7 8,7
Centre 10,9 13,9 5,1 8,0 10,7
Auvergne 11,8 13,9 8,6 13,6 11,3
Poitou-Charentes 12,4 16,0 7,1 12,1 12,0
Midi-Pyrénées 13,1 14,9 8,4 12,1 12,5
Champagne-Ardenne 13,5 17,3 6,6 9,1 11,9
Haute-Normandie 13,7 17,4 6,8 8,7 12,3
Picardie 14,0 19,7 7,4 9,5 15,4
Provence-Alpes-Côte d’Azur 18,0 19,1 11,0 12,9 15,3
Corse 18,6 20,1 15,7 nd 18,2
Nord-Pas-de-Calais 19,0 21,2 9,4 12,8 17,1
Languedoc-Roussillon 20,3 25,4 13,0 15,8 18,3
* le taux de pauvreté est le rapport de la population couverte (allocataire, conjoint et enfants) à la population de moins de 65 ans.
** communes multipolarisées : communes rurales et unités urbaines situées hors des aires urbaines, dont au moins 40 % de la population résidante ayant un
emploi travaille dans plusieurs aires urbaines.
Bischheim, cette part atteint en- ne représente que 3,5 % des rural. Elles vivent plus souvent en
core 16 %. En revanche, dans moins de 65 ans, pourcentage le Alsace Bossue et dans certaines
d’autres banlieues telles les com- plus faible des provinces françai- vallées vosgiennes telles celles de
munes de Fegersheim près de ses. Et la part relativement faible Sainte-Marie-aux-Mines, de Saa-
Strasbourg et d’Habsheim près de de la population à bas revenus en les ou les vallées de Thann et de
Mulhouse, ce pourcentage ne dé- Alsace (9,9 %) n’explique que par- Soultz-Haut-Rhin. En revanche,
passe pas 4 %. tiellement ce résultat. dans le sud, dans la partie cen-
Dans les couronnes des pôles ur- Les populations à bas revenus se trale de la région, ainsi que sur les
bains, la population à bas revenus rencontrent également en milieu bords du Rhin, les habitants des
Dans les familles monoparentales, quatre personnes sur dix sous le seuil de pauvreté
Allocataires Population Population de Taux de pauvreté
Type de famille
à bas revenus couverte * moins de 65 ans (en %)
Couple sans enfant 3 596 7 225 246 076 2,9
Couple avec 1 ou 2 enfants 8 918 31 598 683 952 4,6
Couple avec 3 enfants ou plus 5 577 32 237 254 665 12,7
Ensemble des couples 18 091 71 060 1 184 693 6,0
Famille monoparentale avec 1 ou 2 enfants 13 926 33 434 96 775 34,5
Famille monoparentale avec 3 enfants ou plus 3 732 16 989 25 431 66,8
Ensemble des familles monoparentales 17 658 50 423 122 206 41,3
Personnes isolées 25 493 25 577 173 845 14,7
Total 61 242 147 060 1 480 744 9,9
* comprend l’allocataire, le conjoint et les enfants.
4 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 29 · novembre 2005
Sources : Caf2003-Insee,
Sources : Cnaf2003-Insee, recensement de la population de 1999
recensement de la population de 1999PAUVRETÉ - PRÉCARITÉ
Des populations à bas revenus
en Alsace Bossue et dans les vallées vosgiennescommunes rurales sont plus aisés
et les bas revenus peu fréquents.
Population essentiellement ur-
baine, la population à bas reve-
nus présente certaines caracté-
ristiques spécifiques d’âge, de na-
tionalité et de mode de vie.
Une forte proportion
de familles Strasbourg
monoparentales
Avec la Lorraine, le Langue- Part de la population à bas revenus
doc-Roussillon et la région PACA, dans la population
de moins de 65 ans (en %)l’Alsace est une des régions où la
Saalespart des chefs de familles monopa- de 9,0 à 22,8
de 6,0 à moins de 9,0rentales, parmi les allocataires à
de 4,0 à moins de 6,0bas revenus, est la plus élevée,
LORRAINE moins de 4,0
avec 29 %, et ce, alors que les fa-
Limite de cantonmilles monoparentales sont peu
nombreuses en Alsace. Aussi,
Colmardans les familles monoparentales,
plus de 40 % des personnes vivent
avec des revenus inférieurs au
seuil de pauvreté. Pour l’ensemble
de la population alsacienne, ce Mulhouse
pourcentage n’atteint pas les 10 %.
Les allocataires, chefs de familles
monoparentales, sont majoritaire-
FRANCHE-COMTÉment des françaises de 35 à 54 ans,
généralement actives.
14 % des enfants
dans des familles
Un nombre relativement élevéà bas revenus
d’allocataires à bas revenus sont Un allocataire
En Alsace, les allocataires vivant donc à la tête d’une famille nom- à bas revenus
en couple avec des enfants repré- breuse (avec un parent ou les sur cinq est de
sentent près du quart des alloca- deux) et par suite, 14 % des enfants nationalité étrangère
taires à bas revenus. En compa- alsaciens, de moins de 25 ans, vi- hors UE
raison des autres régions françai- vent dans des familles à bas reve-
ses, les familles avec 3 enfants et nus. Ce sont le plus souvent de En 2003, dans la région, 12 300
plus y sont relativement nom- jeunes enfants : la moitié d’entre allocataires à bas revenus sont
breuses. eux a moins de 10 ans. de nationalité étrangère, hors
5Chiffres pour l'Alsace · revue n° 29 · novembre 2005
© IGN - Insee
Sources : CAF 2003-Insee, recensement de la population de 1999PAUVRETÉ - PRÉCARITÉ
Plus d’un allocataire sur cinq, de nationalité étrangère
Union Européenne, soit un sur Allocataires à Structure Population
Nationalité de l’allocatairecinq. Ces allocataires étrangers à bas revenus (en %) couverte
bas revenus vivent généralement Français 47 716 77,9 106 223
en couple, le plus souvent avec Étranger Union Européenne 1 260 2,1 2 969
Étranger hors Union Européenne 12 266 20,0 37 868des enfants. Ils sont relativement
Ensemble 61 242 100,0 147 060
âgés : 2 allocataires sur dix ont
entre 55 et 64 ans, alors que parmi
les allocataires alsaciens à bas re- lativement importante d’entre euxDavantage de jeunes
venus, seul un sur dix est dans touche des minima sociaux.parmi les allocataires
cette tranche d’âge. À l’opposé, les allocataires de plusà bas revenus
La plupart de ces allocataires de 50 ans sont relativement moins
étrangers (hors Union Euro- La population alsacienne est nombreux en Alsace. Ceci s’ex-
péenne) touchent des allocations jeune. La population vivant sous le plique partiellement par une popu-
logement. En revanche, l’accès seuil de pauvreté est également lation âgée peu nombreuse, dont
aux minima sociaux leur est plus jeune : ainsi, 29 % des allocataires le niveau de ressources est assez
rare que pour les Français. Seule- à bas revenus ont moins de 30 ans. élevé. Comme les jeunes, ces allo-
e
ment un tiers des allocataires La région arrive au 3 rang des pro- cataires âgés résident le plus sou-
étrangers perçoivent l’un des trois vinces françaises pour la part de vent dans les pôles urbains. Ce
minima : RMI (Revenu minimum jeunes dans les allocataires à bas sont généralement des personnes
d’insertion), AAH (Allocation revenus, derrière les Pays de la seules, alors que dans la popula-
adulte handicapé) ou API (Alloca- Loire et la Bretagne. tion alsacienne de 55 à 64 ans,
tion de parent isolé), alors que Ces jeunes sont généralement plus de la moitié des familles sont
près de la moitié des allocataires français et résident dans les pôles des couples sans enfants. Près de
de nationalité française en perçoi- urbains. Ils vivent souvent seuls, 80 % d’entre eux touchent une in-
vent. De fait, ces allocataires étran- alors que pour ces tranches d’âge, demnité logement.
gers travaillent plus souvent que la la population alsacienne vit majo-
moyenne, et la part des actifs est ritairement en couple. Ces jeunes
élevée en leur sein. sont souvent actifs et une part re- Françoise DIDIERJEAN
Mesurer la pauvreté
Cette étude, réalisée à partir des données des CAF (Caisses d'Allocations Familiales), est destinée à mesurer la pau-
vreté monétaire qui est l’une des formes de la pauvreté. Une famille est considérée comme pauvre, lorsque son revenu
est inférieur à un certain seuil.
Les familles incluent les allocataires de la CAF eux-mêmes ainsi que les personnes couvertes. Pour les personnes de
moins de 65 ans, le fichier CAF est quasiment exhaustif pour déterminer les bas revenus. À noter aussi que certaines
catégories ne sont pas prises en compte, notamment les étudiants dont le revenu est en tout état de cause délicat à dé-
terminer, ou encore les personnes relevant de régimes spéciaux. C’est pourquoi, dans cette étude, l’ensemble des per-
sonnes vivant de bas revenus est comparé à la population totale des moins de 65 ans.
Le revenu est celui de la famille avant impôt, incluant les prestations perçues. Le revenu de la famille est ensuite établi
par unité de consommation, ce qui permet de comparer entre elles des familles de taille différente et de prendre en
compte les économies d’échelle, lorsque la taille de la famille augmente. Le nombre d’unités de consommation est cal-
culé de la manière suivante : 1 pour le premier adulte, plus 0,5 par adulte supplémentaire ou enfant de 14 ans et plus,
plus 0,3 par enfant de moins de 14 ans, plus 0,2 pour les familles monoparentales.
Le seuil de pauvreté est calculé à partir de l’enquête Revenus fiscaux et correspond à la moitié du revenu médian par
unité de consommation.Il est réactualisé chaque année à partir de l’enquête Budget de famille. Au 31 décembre, le seuil
était de 719€ par mois, pour 2002 et de 735€ pour 2003.
De nombreux allocataires ont des revenus proches du seuil. Ainsi, en Alsace, parmi 61 200 allocataires qui ont des re-
venus inférieurs au seuil, près de 27 500 ont des revenus, par unité de consommation, supérieurs à 80 % du seuil, soit
588€. De même, pour 28 000 autres allocataires, les revenus, bien que supérieurs au seuil de 735€, ne dépassent pas
882€ par unité de consommation, soit 120 % du seuil.
6 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 29 · novembre 2005
Sources : Caf2003-Insee,
recensement de la population de 1999

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