Entreprendre en Auvergne : créations et créateurs

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La création d'entreprise est un acte important à la fois pour le porteur de projet mais aussi pour l'économie régionale. Pour le futur entrepreneur, créer est synonyme d'autonomie, souvent d'emploi, mais suppose aussi des qualités professionnelles, de l'expérience et de la volonté pour mener à bien son projet, installer son entreprise et la voir perdurer. Pour une région, les nouvelles entreprises structurent le tissu productif, en assurent le renouvellement par une réponse adaptée aux nouvelles demandes d'un marché en constante évolution. Un Auvergnat préfère souvent reprendre une affaire existante plutôt que la créer de toutes pièces, assurant ainsi dès le départ, de plus importantes chances de survie à son entreprise. Commerce, construction, services aux particuliers sont ses secteurs favoris. Ces créateurs sont en priorité des hommes plutôt jeunes, anciens employés ou ouvriers et en possession de diplômes plus techniques que généralistes. Au 1er semestre 1994, en Auvergne, les 1 400 nouvelles entreprises créées ou reprises avaient fourni un emploi à près de 2 900 personnes. En 1999, cinq ans plus tard, 56 % de ces entreprises étaient encore actives, pérennisant ainsi près de 2 500 emplois. Si les créations d'entreprises sont plus faibles en Auvergne, leur résistance est meilleure, les reprises d'affaires existantes y étant plus fréquentes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Les DosssiieerrssMars 2003 - N° 6
Un Auvergnat préfère souvent reprendre une affaire
existante plutôt que la créer de toutes pièces,
assurant ainsi dès le départ, de plus importantes
chances de survie à son entreprise.
Commerce, construction, services aux particuliers
sont ses secteurs favoris.
Ces créateurs sont en priorité des hommes
plutôt jeunes, anciens employés ou ouvriers
et en possession de diplômes
plus techniques que généralistes.
Au 1er semestre 1994, en Auvergne,
les 1 400 nouvelles entreprises créées ou reprises
avaient fourni un emploi à près de 2 900 personnes.
En 1999, cinq ans plus tard, 56 % de ces entreprises
étaient encore actives, pérennisant
ainsi près de 2 500 emplois.
Si les créations d'entreprises sont plus faibles
en Auvergne, leur résistance est meilleure, les reprises
d'affaires existantes y étant plus fréquentes.
3, Place Charles de Gaulle
BP 120
63403 CHAMALIÈRES Cedex
P r i x : 1 6 Tél. : 04 73 19 78 00
?
L a création d'entreprise est un acte important à la fois pour le porteur de projet mais aussi
pour l'économie régionale.
Pour le futur entrepreneur, créer est synonyme d'autonomie, souvent d'emploi, mais
suppose aussi des qualités professionnelles, de l'expérience et de la volonté pour mener à
bien son projet, installer son entreprise et la voir perdurer.
Pour une région, les nouvelles entreprises structurent le tissu productif, en assurent le
renouvellement par une réponse adaptée aux nouvelles demandes d'un marché en
constante évolution.
Ces enjeux sont connus par les différents organismes de la région qui accompagnent le
créateur et la création. Grâce au répertoire SIRENE actualisé en permanence et à
l'enquête SINE (Système d'Information sur les Nouvelles Entreprises), l'Insee dispose de
bon nombre de données statistiques sur les entreprises.
C'est donc tout naturellement que la DRIRE (Direction Régionale de l'Industrie, de la
Recherche et de l'Environnement), l'ARD (Agence Régionale de Développement), la
MRCE (Mission Régionale à la Création d'Entreprise) et la Direction régionale de l'Insee
Auvergne se sont associées pour réaliser cette publication qui aborde quelques-uns des
nombreux aspects de la création d'entreprise.
Équipe de projet :
Direction régionale de l’INSEE : DRIRE : Cécile ARCADE
Marylène GAUVIN Françoise FOURNIER
Nicole de BOUARD
Stéphane DURAND ARD : Stéphane JAOUEN
Daniel GRAS
Catherine RUMÈBE MRCE : Christian DAURES
Jean-Éric PLACE
Rédaction en chef En complément, abonnez-vous à : Création couverture
Nicole THOMAS INSEE auvergne « La Lettre » CRÉATONE INSEE Auvergne
Nicole MARCZAK
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Composition et mise en page
- Étranger : 13€ Crédits photos
Martine CADENEL
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Accessible gratuitement sur Internet DRIRE
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Tél. : 04 73 19 78 00
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À l ordre du régisseur
Fax : 04 73 19 78 09
ISSN : 1634-9016
Tél. : 04 73 19 78 73 des recettes de l INSEE
ISBN n° 110506075
Prix du numéro : 16€
Dépôt légal : 1er trimestre 2003
INSEE auvergne « Les Séries »
Directeur de la publication Abonnement 4 numéros :
René JEAN Données de cadrage
- France : 35€ © INSEE 2003
Directeur régional de l INSEE - Étranger : 43€ accessibles gratuitement sur Internet Code SAGE : DOS0306122
Un taux de création peu élevé en Auvergne
L’Auvergne présente un certain nombre de particularités par rapport aux autres régions françaises en matière de
création d’entreprises. Le taux de création, mesure de la propension à créer pour un champ d’entreprises données,
est, de façon constante, plus faible en Auvergne que sur l’ensemble des régions métropolitaines. Il en est de même
pour le Limousin et la Bourgogne. Cela tient au caractère rural de la région. Pour exemple, le nombre des créations
enregistrées pour l’année 2000 rapporté au parc des entreprises présentes se situe à 7,4 % en Auvergne, contre
9,1 % au niveau métropolitain et 8,7 % pour la seule province (métropole hors Île-de-France).
La répartition des créations par secteur d’activité est liée à la structure du parc des entreprises avec une sur-re-
présentation en Auvergne des industries agricoles et alimentaires, des industries des biens intermédiaires et des
services aux particuliers. Néanmoins, quel que soit le niveau géographique étudié, le commerce est le secteur le
plus fréquemment choisi. Lorsqu’il s’agit de la reprise d’une affaire déjà existante, ce sont les services aux particu-
liers qui ont la préférence des créateurs.
La conjoncture économique est très influente sur le phénomène de la création. Le contexte plus favorable des
années 1994-1995 d’une part et de l’année 2000 d’autre part, a largement contribué à des rebonds dans la statis-
tique des nouvelles entreprises.
Beaucoup de reprises d’entreprises déjà existantes
Parmi les créations d’entreprises, il faut distinguer les créations pures et les créations par reprise. C’est surtout
le taux des créations pures qui est plus faible en Auvergne. Sur la période 1993-2000, le nombre de créations pu-
res rapporté au stock des entreprises auvergnates au 1er janvier 1993 est de 4,9 % (7,3 % en France métropoli-
taine).
Dans le même temps, le taux de création par reprise s’est élevé à 2,3 % en Auvergne (2,0 % en France métro-
politaine). L’importance des reprises d’affaires déjà existantes tend cependant à s’estomper dans notre région.
Leur part est passée de 35 % en 1993 à 27 % en 2000 pour l’Auvergne (de 23 % à 20 % pour la France métropoli-
taine).
L’urbain favorisé en termes de créations d’entreprises
La répartition des créations d’entreprises n’est pas uniforme au sein de l’Auvergne. Le Puy-de-Dôme concentre
désormais la moitié des de la région (cette part n’était que de 45 % en 1993). C’est d’ailleurs le départe-
ment auvergnat qui détient le taux de création le plus élevé. Cela s’explique par la plus forte propension à créer une
entreprise en milieu urbain qu’en milieu rural. Le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire présentent des taux de création su-
périeurs à ceux du Cantal et de l’Allier.
La faiblesse de la création d’entreprises en Auvergne explique la relative ancienneté des entreprises. C’est parti-
culièrement vrai pour les secteurs de l’industrie, de la construction et du commerce. Pour l’ensemble de l’appareil
productif, les services aux particuliers et les services aux entreprises sont les secteurs les plus jeunes.
SynthèseSynthèse
3
Les nouvelles entreprises résistent mieux en Auvergne
Si l’on crée moins d’entreprises en Auvergne, pour celles qui y naissent, les chances de survie après cinq ans
d’existence sont plus élevées que sur l’ensemble du territoire métropolitain. L’espérance de vie est plus longue pour
les entreprises installées en milieu rural. Cette relative solidité doit être mise en regard des conditions de création. En
effet, il s’agit, plus souvent qu’ailleurs, d’entreprises qui ont été créées par reprise et qui, de ce fait, démarrent avec
de meilleurs atouts.
Outre la création par reprise, la survie des entreprises dépend largement des capitaux investis dans l’affaire, de
la qualification et de l’expérience professionnelle du porteur de projet, de son âge et de son niveau d’études, du sec-
teur d’activité choisi. Les non-diplômés et les jeunes entrepreneurs sont défavorisés, tandis que ceux qui s’installent
dans la construction ou l’agroalimentaire résistent mieux.
La pérennisation de l’entreprise
La création d’entreprise concourt à la création d’emplois salariés. Au démar-
rage d’une entreprise, le salariat est peu développé sauf dans le cas de créa-
tions par reprise. Au bout de cinq ans d’existence, les effectifs salariés des en-
treprises toujours actives ont progressé de 60 % (génération des entreprises
créées au premier semestre 1994).
La pérennité des entreprises auvergnates passe, pour une part plus importante
qu’en province, par l’élargissement de leur clientèle. Leur développement peut aus-
si prendre la forme de création d’établissements : près d’une entreprise sur huit ins-
tallées en 1994 a ensuite créé une ou plusieurs unités dans la région entre 1994 à
2000. Sur ce point, celles du Puy-de-Dôme sont les plus dynamiques.
Le créateur et son entreprise
Le projet de loi « Agir sur l’initiative écono-
mique » - dit projet Dutreil - comprend un
certain nombre de mesures visant à favori-
Le créateur d’entreprise auvergnat est souvent un homme, plutôt ser la création, le développement et la
jeune et diplômé, en particulier de l’enseignement technique. Il est plus transmission des entreprises.
fréquemment qu’ailleurs un ancien employé ou un ancien ouvrier. Dans Présenté au Conseil des Ministres le
une majorité de cas, son projet se situe dans le domaine de ses précé- 18 décembre 2002, ce projet a été adopté
dentes expériences professionnelles. Le goût d’entreprendre et l’opportu-
en première lecture par l’Assemblée natio-
nité sont les raisons les plus citées pour la création ou la reprise d’une en-
nale le 11 février 2003.
treprise. Les activités retenues sont le commerce et la réparation, ainsi
Les objectifs du projet de loi sont les sui-que les services aux particuliers. Une majorité d’installations a lieu au do-
vants :micile ou à proximité de la résidence du créateur. Peu de créations s’ef-
- Faire de la création d’entreprise un acte ac-fectuent avec prise de conseils, études et formations préalables. L’apport
cessible à tous, simple et rapide ;en capital est fonction du secteur d’activité, les transports et l’industrie né-
- Faciliter la transition entre le statut de sa-cessitant les moyens les plus élevés. Le financement est largement assu-
ré par les ressources personnelles des créateurs, même si la moi- larié et celui d’entrepreneur ;
tié d’entre eux ont bénéficié d’aides publiques. - Financer l’initiative économique ;
- Accompagner socialement les projets ;
La création d’entreprise est rarement l’occasion d’innovation dans les - Faciliter la reprise et la transmission
produits ou services proposés, dans les procédés de fabrication et dans d’entreprise ;
le fonctionnement en réseau. 41 % des jeunes entreprises auvergnates
- Stimuler l’esprit d’entreprise auprès du
sont informatisées (contre plus de la moitié sur le territoire métropolitain)
grand public et en particulier auprès des
et 30 % envisagent de l’être. Les particuliers composent les trois-quarts
jeunes.de leur clientèle qui est le plus souvent une clientèle de proximité. Quant à
leurs perspectives de développement, les entrepreneurs auvergnats se
révèlent moins optimistes que leurs homologues des autres régions n4
Évolution des
créations d’entreprises
de 1993 à 2000
Des taux de création relativement faibles,
mais qui augmentent en 2000
Champ de l’étude
De 1993 à 2000, en moyenne, 3 660 créations
d’entreprises, pures et reprises, ont été enregistrées Les créations d’entreprises recouvrent trois situations :
par an en Auvergne. Cela représente environ 1,8 % de -la création pure : c’est la création d’un établissement économiquement ac-
l’ensemble des mouvements constatés sur le territoire tif jusqu’alors inexistant (1) ;
métropolitain pendant la même période. Ce chiffre est
-la création par reprise : c’est la reprise partielle ou totale de l’activité d’une
légèrement inférieur à la part que représente l’Au-
autre unité (1) ;
vergne en terme d’entreprises déjà installées : 2,2 %
-la création par réactivation : c’est la reprise d’une activité par une entre-du total du parc productif métropolitain. En comparai-
prise qui l’avait cessée.son des chiffres nationaux ou ceux de l’ensemble des
Ce dernier type de création n’a pas été retenu dans cette étude pour respec-autres régions de province, les taux de création régio-
naux sont faibles. ter une cohérence de champ avec l’enquête SINE (Système d’Information sur
L’Auvergne se classe parmi les régions aux taux les Nouvelles Entreprises). En Auvergne, on compte près d’un millier de réac-
de création les plus bas, avec le Limousin et la Bour- tivations par an.
gogne. Différents phénomènes concourent à cette si-
tuation : région à démographie vieillissante, (1) pour plus d’informations, voir l’annexe des définitions page 30.
concurrence de la région lyonnaise, faible renouvelle-
ment du tissu productif.
Nombre de créations pures et de reprises de 1993 à 2000
1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Allier 958 943 897 928 861 842 788 836
Cantal 440 408 424 370 337 353 329 391
Haute-Loire 596 697 719 637 615 573 664 638
Puy-de-Dôme 1 639 1 882 1 856 1 743 1 715 1 739 1 649 1 831
Auvergne 3 633 3 930 3 896 3 678 3 528 3 507 3 430 3 696
France province 154 247 164 197 158 880 151 077 147 321 146 719 148 654 151 387
France métropolitaine 209 943 223 316 215 530 207 460 202 835 200 344 202 726 207 948
Source : INSEE - Sirene (champ ICS)
Les créationsLes créations
5
De 1993 à 2000, les taux de créations régionaux De plus, en 1994 et en 2000, cette diminution est
ont des évolutions comparables aux taux métropoli- assortie d’une augmentation importante du taux de
tains et provinciaux. Ils sont toutefois légèrement en création due à un volume de créations pures en
retrait : environ deux points en dessous des premiers hausse.
et à un point et demi des seconds. En 2000, l’Au- Au cours des années 1994 et 2000, la région a en-
vergne s’est légèrement rapprochée de la moyenne registré des hausses importantes du nombre de créa-
avec 7,4 créations pour 100 entreprises existantes tions pures. Ainsi les variations annuelles sont de
(8,7 pour l’ensemble des régions de province et 9,1 + 14 % en 1994 et de + 12 % en 2000, les plus fortes
pour la France métropolitaine). de toutes les régions françaises. Pour ces deux an-
nées, la conjoncture économique nationale favorable
Les phénomènes observés dans la région au ni- a permis une augmentation du nombre de créations
veau de la création d’entreprises connaissent parfois pures. De plus, en 1994, le renforcement du dispositif
des amplitudes très fortes, comme par exemple le re- de l’ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs ou Re-
bond observé au cours des années 1994 et 2000 sur preneurs d’Entreprises) a contribué, au moins en
le nombre des créations pures. De même, les caracté- partie, à l’embellie des créations. Toutefois, si pour la
ristiques régionales en terme de structure de la créa- région, l’augmentation est surtout ressentie en 2000,
tion d’entreprises sont parfois bien différentes de au niveau national et en province, le redémarrage
celles du niveau national. s’amorce en 1999, la progression se poursuivant sur
l’année 2000.
Une part importante de reprises, sauf
en 1994 et 2000 où les créations pures pren-
nent le pas
En Auvergne, les reprises d’affaires existantes re-
présentent une part importante des créations d’entre-
prises. En effet, de 1993 à 1998, presque un tiers
d’entre elles sont des reprises alors que pour les au-
tres régions de province, on en compte une sur quatre
et à peine plus d’une sur cinq au niveau métropolitain.
Mais cette situation évolue et, depuis 1993, dans la ré-
gion, la part des reprises est en baisse constante. De
35 %, elle passe à 27 % en 2000.
Les créations pures ont augmenté de 6,7 % en deux
ans alors qu’en région Auvergne, le pic atteint 12 % en
un an. Entre ces deux années, de 1994 à 2000, le
nombre de créations pures diminue, aussi bien dans la
région que sur l’ensemble du territoire. En Auvergne,
contrairement aux niveaux provincial et métropolitain, il
n’est jamais passé en dessous de la valeur atteinte en
1993. Le taux de création pure atteignait alors à peine
4,6 créations pour 100 entreprises existantes, alors
qu’il était de plus de 7,2 au niveau de la métropole.
Cette bonne tenue du nombre de créations pures dans
la région peut donc s’expliquer en partie par la faiblesse
du niveau de l’année de référence.
L’ « ACCRE », un dispositif particulièrement favorable en 1994
Le programme public d’aide à la création ou à la reprise d’entreprise par les chômeurs, l’ACCRE, a été profondément transformé par la loi quinquennale
pour l’emploi.
À partir d’avril 1994, le dispositif permettait l’attribution d’une prime de 32 000 francs, la gratuité de la couverture sociale pendant un an et a été élargi à
de nouveaux bénéficiaires. Résultat : le nombre d’aides accordées a explosé en 1994 pour atteindre 75 000 bénéficiaires contre 50 000 en 1993.
À partir de 1995, les conditions d’éligibilité à cette mesure ont été progressivement restreintes et l’allocation de la prime a été supprimée en janvier 1997.
Dès lors, le nombre d’entreprises créées ou reprises avec l’ACCRE a diminué fortement dès 1996 pour passer de 82 000 en 1995 à 39 000 en 1996 et
33 000 en 1997. À partir de 1998, un dispositif supplémentaire, l’EDEN (Encouragement au Développement d’Entreprises Nouvelles) a été mis en place
par deux lois de 1997 et 1998. Il concerne un public plus restreint quel’ACCRE : les jeunes et les bénéficiaires de minima sociaux.6
Le Cantal se rapproche des autres
départements
Le Puy-de-Dôme est le département qui concentre
la plus grande partie des créations de la région. De
1993 à 2000, sa part est passée de 45 % à 50 % des
créations régionales. Sur la même période, l’Allier voit
sa part diminuer de près de quatre points, passant
sous la barre d’une création régionale sur quatre. Le
Cantal est resté autour d’une création régionale sur
dix. En 2000, ce département a enregistré une très
forte augmentation du nombre des créations pures
(+ 35 %). Ce score est bien supérieur à celui constaté
dans les trois autres départements régionaux. La
Haute-Loire représente environ 17 % des créations ré-
gionales. Sa part a légèrement augmenté en 1995
(18,5 %) et en 1999 (19,5 %). C’est le seul départe-
ment pour lequel les bons résultats de 1994 en termes
Des différences entre les grands secteurs d’ac-de créations pures ont perduré l’année suivante et où
la reprise économique de l’année 2000 a été anticipée tivité
dès 1999.
Dans les quatre départements, le nombre de repri- En 1994, dans un contexte favorable, l’industrie
ses baisse depuis 1993. C’est particulièrement le cas s’est révélée un secteur particulièrement attractif en
du Cantal où le nombre de reprises en 2000 repré- Auvergne, de façon plus marquée qu’en province ou
sente moins de 60 % de ce qui était observé en 1993. sur l’ensemble du territoire métropolitain. En re-
Avec, d’une part, la baisse des reprises et d’autre part, vanche, par la suite, la tendance à la baisse du
nombre de créations a été également plus importantel’augmentation des créations pures, la structure des
dans la région. L’année 1998 est synonyme de pausecréations dans le Cantal se rapproche de celle des au-
avec un rattrapage ponctuel des créations d’entrepri-tres départements auvergnats. Ainsi, en 2000, les re-
prises représentent 32 % des créations d’entreprises ses industrielles. Par la suite, la baisse reprend, mais
(25 à 30 % dans les trois autres départements). En de façon plus atténuée. Dans ce secteur, le nombre de
1993, la part des reprises dans le Cantal était de 48 % créations ne semble pas avoir bénéficié de la relance
(33 % environ pour les autres départements). observée en 2000 sur l’ensemble du champ des entre-
La Haute-Loire a connu des augmentations signifi- prises.
catives du nombre de reprises en 1994 et 1999.
Comme pour les créations pures, les bons résultats
des années 1994-1995 puis 1999-2000, ont été obser-
vés également en matière de reprises, la première
année de chaque phase de croissance s’accompa-
gnant d’une augmentation du volume de reprises.
D’ailleurs, avec le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire a
maintenu un nombre de reprises relativement fort. En
2000, il représentait dans ces deux départements
85 % de la valeur de 1993, contre moins de 80 %
dans les deux autres départements.
Tout au long de la période, les taux de création du
Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire ont été supé-
rieurs à ceux de l’Allier et du Cantal.
Au contraire, le secteur de la construction, particu-
lièrement sensible à la conjoncture, a bénéficié de la
reprise économique de 2000, encore plus que de celle
de 1994-1995. Pour l’ensemble de ces deux années,
le nombre de créations du secteur avait progressé de
20 % alors qu’en 2000, l’augmentation annuelle s’est
élevée à 30 %. Entre ces deux pics, le volume des
créations est resté supérieur à ce qu’il était en 1993, à
la fois sur l’ensemble du territoire, mais aussi et plus
particulièrement en Auvergne. Ce bilan favorable est
principalement dû aux créations pures. Pour toute la
période et de manière très prononcée dans la région,
leur nombre est resté bien au-dessus de celui de 1993.
Les créationsLes créations
7
Dans les services, la situation est bien différente.
Le bilan général entre 1993 et 2000 est globalement
positif. Et même si l’Auvergne a démarré avec retard
par rapport à la province et à la France métropolitaine,
l’augmentation des créations de 1994 s’est poursuivie
en 1995. Ensuite, aussi bien au niveau régional que
national, la période de croissance débutée en 1998,
s’est prolongée jusqu’en 2000. Globalement, l’Au-
vergne a connu dans le secteur des services une aug-
mentation plus forte du nombre de créations pures
que l’ensemble provincial ou métropolitain, avec une
croissance de 27 %. En revanche, la baisse du
nombre de reprises dans ce secteur a été plus forte (-
n23 %)
Les résultats pour le commerce sont moins bons.
Si l’embellie de 1994 s’est faite sentir dans ce secteur
et de façon plus accentuée en Auvergne qu’en pro-
vince et en métropole, par la suite la décrue a été im-
portante. L’augmentation de 2000, faible dans la
région et absente au niveau national, n’a pas permis
au nombre de créations d’atteindre à nouveau son ni-
veau de 1993. Cependant, le bilan est légèrement
meilleur pour les créations pures. En 2000, leur
nombre est seulement inférieur de 8 % à celui de
1993. Pour les reprises, il est inférieur de plus de 20 %.8
Créations dans les différents
secteurs en 2000
Industrie de l’industrie des biens de consommation. Les IAA sont
le seul secteur où les reprises sont largement majoritai-
En Auvergne, parmi les entreprises existantes, deux res : 73,1 % soit environ dix points de plus qu’en pro-
secteurs industriels sont particulièrement bien représen- vince et en France métropolitaine. Cela est dû pour
tés : les industries agricoles et alimentaires (IAA) et cel- l’essentiel à l’importance de l’artisanat alimentaire,
les des biens intermédiaires. Ce sont respectivement 3,9 comme par exemple la boulangerie et la charcuterie.
et 4,3 % du total des entreprises régionales qui se
consacrent à ces activités, soit un point et un point et En revanche, deux secteurs se distinguent par un
demi de plus que pour la France métropolitaine. Pour les faible nombre de reprises : l’industrie des biens de
régions de province, l’agroalimentaire représente 3,3 % consommation et celle des biens intermédiaires. Ce der-
du parc des entreprises, les biens intermédiaires : 3 %. nier secteur est le seul en Auvergne à présenter une part
des reprises inférieure à celle enregistrée à la fois aux ni-
Ces deux secteurs sont toutefois moins dynamiques veaux national et provincial. Secteur industriel clef de la
sur le plan des créations. Parmi les entreprises créées région qui semble se révéler attractif pour des jeunes
(pures et reprises), 2,9 % le sont dans les IAA et 2,7 % entrepreneurs prêts à créer une affaire jusque-là inexis-
dans les industries des biens intermédiaires. Toutefois, tante. La Haute-Loire se distingue dans la région, par
ces proportions restent supérieures à celles de la France une forte implantation industrielle : 17 % des entrepri-
métropolitaine et de la province. Les IAA représentent à ses sont dans ce secteur (13 % au niveau régional). De
peine plus de 1 % du nombre de créations pures. C’est fait, 11 % des créations d’entreprises ont lieu dans le
dans le secteur des biens intermédiaires que l’on trouve secteur industriel (9 % au niveau national).
le plus grand nombre de créations pures, suivi par celui
Construction
En Auvergne, 15,6 % des entreprises installées
appartiennent au secteur de la construction qui repré-
sente une part importante du tissu productif régional.
Au niveau national, la construction n’occupe que
13,1 % du parc des entreprises. Parmi les créateurs au-
vergnats, 14,6 % ont créé ou repris une entreprise de
construction. Cette proportion est voisine en France
métropolitaine et en province.
La construction représente à elle seule 16,9 % des
créations pures et 8,5 % des reprises. En effet, la créa-
tion par reprise est relativement peu courante dans la
construction : 15,8 % des créations totales contre
27,2 % pour l’ensemble des activités. Cette proportion
est néanmoins supérieure à celle de France métropoli-
taineetdeprovince.
Dans le Cantal et la Haute-Loire, la construction oc-
cupe une place particulièrement importante. En effet,
ce secteur représente plus de 18 % des entreprises
déjà installées et 16 % des créations. En revanche,
dans le Puy-de-Dôme, la construction concentre
moins de 14 % des créations d’entreprises.
Les créations

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