Evolution économique régionale en 1996

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En Bourgogne comme en France, l'essentiel de l'année 1996 est caractérisé par une croissance économique ralentie. Jusqu'à l'automne, l'activité industrielle régionale a peu évolué et certains secteurs comme le textile-habillement ou l'élevage bovin ont connu d'importantes difficultés. Alors que le niveau de l'emploi s'est juste maintenu, le chômage a enregistré une hausse sensible, de même ampleur dans la région qu'en moyenne nationale. Dans la deuxième partie de l'année, un redémarrage progressif de l'activité est toutefois perceptible.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE N° 41 - Janvier 1997BOURGOGNE 15 F
Évolution économique régionale
en 1996
européens et les médiocres perspectives de demandeEn Bourgogne comme en France,
exprimées par les industriels ont conduit à un ralentisse
l’essentiel de l’année 1996 est caractérisé
ment de la production et à un déstockage important.
par une croissance économique ralentie. En Bourgogne, les éléments disponibles sur les trois
premiers trimestres de l’année reflètent également cesJusqu’à l’automne,
tendances. D’après les enquêtes de conjoncture menées
l’activité industrielle régionale par la Banque de France, l’activité industrielle régionale,
a peu évolué et certains secteurs après une courte reprise technique en tout début d’an
née, s’est ensuite stabilisée du mois de mars à la fin decomme le textile habillement
l’été. Durant cette période, les carnets de commandes
ou l’élevage bovin ont connu se sont situés en dessous de la normale.
d’importantes difficultés. Les créations d’établissements dans la région se sont
également révélées peu dynamiques. Après une aug Alors que le niveau de l’emploi
mentation en début d’année, consécutive au rattrapage
s’est juste maintenu, des grèves de la fin 1995, les créations se sont mainte
le chômage a enregistré une hausse sensible, nues à un faible niveau aux deuxième et troisième trimes
tres. Sur un an, en Bourgogne, la baisse a été de 8 % pourde même ampleur dans la région
les établissements et de 10 % pour les entreprises ( 7 %
qu’en moyenne nationale. pour les entreprises en France). Dans la région, la diminu
tion est surtout marquée dans les services.Dans la deuxième partie de l’année,
un redémarrage progressif de l’activité
est toutefois perceptible.
Les créations d établissements se maintiennent
à un niveau faible en 1996
Bourgogne - Données trimestrielles CVS
2 000
a croissance de l’économie nationale aura été faible en
1 900L1996. Les dernières estimations prévoient que le Produit
Intérieur Brut (PIB) n’augmenterait que de 1,3 % en moyenne
1 800annuelle. En 1994 et 1995, le rythme de croissance s’était
respectivement élevé à 2,8 % et 2,2 %. Ce ralentissement
1 700économique, commencé en 1995, s’est poursuivi durant la
première partie de 1996. La stagnation des échanges intra
1 600
1 500
Grèves deSOMMAIRE
novembre-décembre 1995
1 400
1992 1993 1994 1995 1996
Évolution économique régionale Source : INSEE - SIRENE.
en 1996 p. 1
Les créations regroupent les créations nouvelles, les reprises etLa conjoncture p. 3
les réactivations. Les établissements sont les implantations lo INSEE Infos Bourgogne p. 7
cales des entreprises.
1INSEE N° 41 - Janvier 1997 15 FBOURGOGNE
Dans ce contexte de ralentissement Stabilité de l emploi depuis l été 1995
général, les exportations régionales
Évolution des effectifs des établissements de plus de 10 salariésont moins progressé qu’en 1995. La des secteurs marchands non agricoles en Bourgogne
hausse continue enregistrée depuis 110
er1994 s’est infléchie. Des résultats sa Indice base 100 au 1 trimestre 1992 - Données CVS Tertiaire
tisfaisants sont surtout observés sur 105
les biens de consommation courante et
les demi produits non métalliques. En
100
revanche, les ventes à l’étranger de Ensemble
métaux et de biens d’équipement pro
95
fessionnel ont diminué, ces derniers
ayant été plus particulièrement affec Industrie
90
tés par le ralentissement de l’investis
sement productif en Europe.
85
Construction
80
1992 1993 1994 1995 1996
Source : ASSEDIC.Difficultés
pour les éleveurs
ploitation de ces éleveurs devrait tou nombre de logements autorisés a dimi
tefois être limitée par le versement d’ai- nué de 5 % par rapport à la même
1996 restera une année difficile des nationales et européennes. Une période de 1995 ( 4 % en France) et
pour les éleveurs de la région. La pro reprise des cours est également cons les mises en chantier de plus de 10 %
duction de viande bovine qui repré tatée depuis la fin de l’été. ( 5 % en France). Ce ralentissement
sente en moyenne 24 % du chiffre Dans les travaux publics, les difficul de la construction de logements neufs
d’affaires de l’agriculture régionale et tés rencontrées en 1995 se sont pour concerne essentiellement le secteur
près de 37 % et 47 % en Saône et suivies au début de 1996. Dans un collectif, à la fois dans le domaine so
Loire et dans la Nièvre, a connu de contexte de maîtrise des dépenses des cial et dans la promotion immobilière.
fortes perturbations liées à la crise de collectivités territoriales, le montant Dans ce dernier cas, la réorientation
la "vache folle". Les cours, qui avaient des travaux réalisés dans la région a des programmes vers des logements
déjà diminué en 1995, se sont effon baissé de plus de 6 % durant les six plus grands mais moins nombreux
drés en 1996 : 22 % de janvier à novem premiers mois de l’année. Dans le bâ contribue à réduire les volumes autori
bre pour les broutards et 13 % pour lestiment, l’activité est également en re sés. Le marché de la maison indivi
jeunes bovins. La baisse du résultat d’ex cul. Sur les trois premiers trimestres, le duelle reste en revanche mieux
orienté. Ces difficultés ont eu de lour
des conséquences sur le niveau de
l’emploi. Dans les établissements de
plus de 10 salariés du bâtiment et des
Crise bovine : la reprise des cours depuis la fin de l été travaux publics, les effectifs qui
ne compense pas la dégradation du début d année
avaient déjà fortement chuté en 1995,
Prix moyen hors taxes en F/Kg net pour les jeunes bovins U se sont à nouveau réduits dans des
et vif pour les broutards U - Bourgogne
proportions importantes en 1996 :24
- 4 % sur les deux premiers trimestres
22 Jeunes bovins U (données CVS).
20
18
Maintien de l’emploi,
16 mais hausse du chômage
14
Broutards U
12 Les conséquences du ralentisse-
ment général de la croissance ont aus
10 si été ressenties dans d’autres1992 1993 1994 1995 1996
secteurs. En Bourgogne, l’emploi dansSource : DRAF.
2Évolution économique régionale en 1996INSEE N° 41 - Janvier 1997 15 FBOURGOGNE
l’ensemble des établissements mar-
3 % de chômeurs en plus depuis le début de l annéechands non agricoles de plus de
10 salariés, qui avait augmenté de
Demandes d'emploi en fin de mois (catégorie 1) - Données CVS2,4 % du début 1994 à la mi 1995, a
125interrompu sa progression. De l’été Indice base 100 en janvier 1992
1995 à la fin juin 1996, les effectifs de
ces établissements se sont juste main 120
tenus. Les grandes tendances structu Bourgogne
relles se sont toutefois poursuivies :
115l’emploi dans le secteur tertiaire a en
registré une hausse sensible (+ 1,5 %
de juillet 1995 à juin 1996), tandis que 110
les effectifs industriels connaissaient
un léger tassement ( 1,0 %). Des en France
105
treprises importantes ont d’ailleurs
connu de graves difficultés en 1996. Le
secteur le plus touché reste celui du 100
1992 1993 1994 1995 1996
textile et de l’habillement avec notam
Source : DRTEFP.
ment les fermetures de Creusot Vête
ment, Texor et Colorfil.
Dans ce contexte, le niveau du chô che, l’augmentation est trois fois plus France, la prévision pour cette année
mage enregistre, quant à lui, une forte pour les hommes (+ 4,5 %) que s’élève à + 2,4 % contre + 1,8 % en
hausse sensible depuis la fin 1995. Le pour les femmes (+ 1,5 %). 1995 et + 1,4 % en 1994. La forte crois
taux de chômage régional qui s’élevait sance des achats d’automobiles con
à 11,0 % en décembre 1995 atteint sécutive à la mise en place de la prime
désormais 11,9 % en octobre 1996. "qualité" joue évidemment un grandConsommation
Durant les dix premiers mois de l’an rôle, mais n’explique pas tout. L’ac
née, le nombre de demandeurs d’em croissement de la consommation a étéplus dynamique
ploi dans la région a progressé de 3 %, supérieur à cet effet "automobile" et aque prévu
une hausse comparable à celle cons aussi porté sur d’autres biens dura
tatée au niveau national. Cette pro bles, notamment sur les biens d’équi
gression du chômage touche toutes Malgré cette montée du chômage et pement du foyer. Cette augmentation
les tranches d’âge dans des propor la stagnation du pouvoir d’achat, la de la consommation s’est accompa
tions voisines : + 3,5 % pour les moins consommation des ménages a pro- gnée d’une réduction du taux d’épar
de 25 ans et les plus de 50 ans et gressé en 1996 à un rythme supérieur gne favorisée par la baisse des taux
+ 2,9 % pour les 25 49 ans. En revan à celui des deux dernières années. En d’intérêt.
RaffermissementLa consommation des ménages
est plus vigoureuse en 1996
de l’activité
Consommation des ménages en produits manufacturés
France entière au second semestre
115
Indice base 100 en janvier 1994 - Données CVS
Après la période de ralentissement
Fin de la prime "qualité"
110 amorcée au milieu de l’année 1995,
Totale l’économie nationale a progressive-
ment renoué avec un rythme de crois
105 sance plus soutenu au cours du
second semestre 1996. Les enquêtes
nationales d’opinion auprès des indus
100 triels montrent des signes de redresse
ment.
Champ commerce *
L’environnement international est
95 devenu plus porteur. Les États Unis1994 1995 1996
ont connu un fort rebond d’activité dèsNote * : Le champ commerce ne comprend pas les automobiles, les pneus,
les pièces détachées et les produits pharmaceutiques. le début de 1996 avec une vigoureuse
Source : INSEE.
9Évolution économique régionale en 1996INSEE N° 41 - Janvier 1997 15 FBOURGOGNE
Principaux indicateurs nationaux En Bourgogne, ce redressement en
Évolution trimestrielle des ressources et emplois de biens et services aux prix de 1980
fin d’année est aussi perceptible. Se France entière (en %)
lon les dernières enquêtes de la Ban
1995 1996 * que de France, l’activité industrielle
er e e e er e e régionale a progressé en octobre sous1 tri. 2 tri. 3 tri. 4 tri. 1 tri. 2 tri. 3 tri. Prévisions
e
4 tri. l’effet d’un raffermissement de la de
mande. Cette amélioration reste ce
Produit Intérieur Brut + 0,5 + 0,1 + 0,2 0,5 + 1,1 0,2 + 0,9 + 0,2
Importations pendant encore insuffisante et les+ 1,9 + 0,2 + 0,6 2,0 + 2,0 0,5 + 2,1 + 0,5
carnets de commandes sont toujours
Consommation finale
jugés inférieurs à la normale.des ménages 0,1 + 1,6 0,0 0,3 + 2,5 0,9 + 1,0 0,6
FBCF totale + 1,0 2,0 + 1,4 0,9 0,2 + 0,6 Si un redémarrage progressif est
Exportations + 2,9 0,0 1,6 0,6 + 4,1 1,9 + 3,1 + 0,3 bien perceptible, il n’a encore aucun
* Estimations réalisées en novembre et décembre 1996. impact sur le marché du travail. La
FBCF : Formation Brute de Capital Fixe.
faiblesse de l’activité jusqu’à l’été se
fait encore sentir sur le niveau de l’em Remarque sur les effets de calendrier dans la mesure des taux de croissance du PIB : les évaluations
des comptes trimestriels ne sont pas corrigées pour jours ouvrables. Les effets du calendrier sont différents ploi et la progression du chômage n’est
suivant les secteurs économiques. Ils sont, pour cette raison, difficiles à évaluer avec précision. Ils peuvent
pas enrayée. De la rentrée de septem cependant être importants et il faut en tenir compte pour apprécier le profil de la croissance. Le troisième
trimestre de 1996 comporte ainsi davantage de jours ouvrables que le quatrième. L’ordre de grandeur des bre à fin octobre, le nombre de chô
corrections à appliquer pour éliminer ces effets est le suivant : 1/4 de point au troisième trimestre 1996 et
meurs a progressé de 1,6 % en+ 1/4 de point au quatrième.
Bourgogne (données CVS). Source : INSEE.
Lionel Espinasse.
Rédigé le 23 décembre 1996 .
augmentation de la demande inté- La fin de la phase de déstockage a
rieure. Au Japon, une reprise économi également joué favorablement. Durant
que a également suivi la crise qu’a la première partie de 1996, la faiblesse
connu ce pays en 1995. Enfin, le raf des perspectives de demande avait
fermissement de l’activité au sein de provoqué d’importants mouvements
l’Union Européenne s’est accentué au de déstockage de la part des indus
Thème du prochain numéro :cours du second semestre grâce au triels. Avec les perspectives de redres
rééquilibrage des taux de change et à sement et le retour à la stabilisation Les formes particulières
la baisse des taux d’intérêt. La demande des prix, un début de reconstitution d’emploi
étrangère adressée à la France s’est encore modéré apparaît.
ainsi accélérée depuis le début de l’été.
POUR EN SAVOIR PLUS
INSEE BOURGOGNE
BOURGOGNE
- Note mensuelle de conjonctur INSEE Bourgogne.e 2 bis, rue Hoche 21000 Dijon
- Informations Travail emploi - Direction Régionale du Travail, de l’Emploi et de la
Tél : 03 80 40 67 67Formation Professionnelle.
Fax : 03 80 40 67 40
- Lettre mensuelle régionale Banque de France.
Directeur de la publication :
- Les résultats de la construction neuve Direction Régionale de l’Équipement.
Alain Ravet
- Bulletin trimestriel Direction Régionale des Douanes et des Droits Indirects.
Rédacteur en chef :
Christine Ricci
FRANCE
Abonnement :
- Notes de conjoncture INSEE Notes de synthèse détaillées et points conjoncturels. 11 numéros par an : 130 F.
Dernière parution : 17 décembre 1996. 15 F. le numéro
- Point de conjoncture internationale Direction de la prévision. Impression : Imprimerie 21
- Informations rapides - INSEE - 350 numéros par an sur les principaux indices, les comptes Dépôt légal : Août 1993
ISSN 1246 483 Xtrimestriels et les opinions des chefs d’entreprises et des ménages.
Code Sage D974116
- Tableau de bord hebdomadaire - INSEE Panorama complet et actualisé de la conjonc
ture économique française et internationale.
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