Hawaii et la Réunion : une situation semblable, des choix différents

De
Publié par

Territoire américain au milieu de l'océan Pacifique, Hawaii est dans une situation géographique et institutionnelle proche de celle de la Réunion. Pour autant, les choix retenus en matière de politique économique ont quasiment conduit au plein emploi et assurent à la région une relative prospérité.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 32
Tags :
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

ici et ail leurs
Ha waii et La Réu nion
Une si tua tion sem blable,
Ter ri toire amé ri cain au mi lieu de l’océan Pa ci fique, Ha waii est
dans une si géo gra phique et ins ti tu tion nelle proche de
celle de La Réu nion. Pour au tant, les choix re te nus en ma tière de
po li tique éco no mique ont qua si ment conduit au plein em ploi et
as su rent à la ré gion une re la tive pros pé ri té.
a waii est le cin quan tième état des Les au teurs
Etats-Unis d’Amé rique de puisH1959. Grâce à ce sta tut, l’ar chi pel n Sté phane CALVIAC ap par tient à la
bé né ficie de trans ferts fi nan ciers subs -di rec tion de la Pré vi sion du
Ministère de l’économie, des tan tiels, no tam ment par l’in ter mé diaire
finances et de l’industrie (Bureau des ba ses na va les amé ri cai nes qui y sont
Europe). ins tal lées. Le droit fé dé ral amé ri cain s’y
n Gé rard FORGEOT est char gé ap plique, mais les élus lo caux dis po sent
d’étu des éco no miques à la di rec tion de pou voirs as sez éten dus pour dé fi nir la
ré gio nale de l’INSEE. po li tique éco no mique du ter ri toire
(cons ti tu tion de zo nes fran ches, fis ca li té
sur les in ves tis se ments pro duc tifs, etc).
Sour ces
Tout comme La Réu nion, Ha waii est
située à une dis tance res pec table de ses La po pu la tion ha waiienne est plusn Le site in ter net
prin ci paux cen tres d’in té rêt éco no mique, âgée que celle de La Réu nion : les“http://www.state.hi.us” four nit de
jeu nes de moins de vingt ans ne re -d’où l’ap pa ri tion de mul ti ples con train nom breu ses in for ma tions à - pré sen tent que 28 % de l’en semble
ca rac tère éco no mique et so cial sur tes liées à l’in su la ri té. L’ar chi pel se situe et les per son nes âgées de plus
Hawaii. Il di rige en outre vers soixante ans 17 %tou te fois au car re four du fort cou rant
d’au tres si tes re la tifs à cette île. com mer cial entre les Etats-Unis et les
n Le site de la Bank of Hawaii -pays d’Asie, ce qui lui as sure une in ser d’in ves tis se ments étran gers (1 mil liard
“http://www.boh.com” per met de tion plus équi librée dans les échan ges de dol lars en 1994), is sus prin ci pa le ment
consul ter des rap ports an nuels avec sa zone d’in fluence que La Réu - du Ja pon et des pays émer gents d’Asie,
com plets sur l’ac ti vi té éco no mique. nion. En com pa rai son, les échan ges et des ti nés à ac cé der plus fa ci le ment au
n Pour ce qui concerne La Réu nion, entre la France et les pays de la zone mar ché nord-amé ri cain. Ce dé fi cit com -
les don nées ras sem blées océan Indien sont bien plus mo des tes. mer cial struc tu rel s’ex plique, pour les
pro vien nent pour partie des deux îles, par les con train tes de l’in su la -
Ta bleaux Eco no mi ques de La
ri té sur l’ap pa reil pro duc tif, aux quel lesUn dé fi cit com mer cial enRéu nion. Le reste a été re cal cu lé à
s’ajou tent les ef fets du dé ve lop pe mentpar tir de l’en quête DEMO97, ou des partie com pen sé par le éco no mique. En ef fet, les ex por ta tionsen quê tes em ploi.
tou risme sont li mi tées par l’in suf fi sance de la pro -
duc tion in dus trielle alors même que les
Pour les deux ter ri toi res, le com merce dé pen ses d’in ves tis se ment et de con-Abstract ex té rieur est très dé sé qui li bré, et l’écart som ma tion in té rieure sti mu lent les im -
entre les im por ta tions et les ex por ta tions por ta tions.
From a geographical and political s’ac croît sur longue pé riode. Par ail leurs,
point of view, Hawaii situation is Dans les deux îles, le dé fi cit lié auxce com merce reste très orien té vers les
close to that of La Réunion, a French échan ges de biens est en partie com pen -mé tro po les res pec ti ves. A no ter tou te fois overseas territory in the Indian ocean. sé par le dé ve lop pe ment du tou risme.qu’Ha waii bé né ficie d’un flux im por tant Though, the economic policy in
Hawaii has been more successful in
providing full employment and
prosperity in the area. Part du com merce ex té rieur dans le PIB
Ha waii La Réu nion
1980 1995 1980 1995
Expor ta tions 11,7 % 4,3 % 6,6 % 2,4 %
Impor ta tions 46,5 % 33,8 % 47,0 % 31,7 %
24ici et ail leurs
des choix dif fé rents
pu la tion y est plus jeune. La tran si tion Des îles vol ca ni ques dudé mo gra phique, en cours à La Réu nion,
est achevée à Ha waii de puis le mi lieu Pa ci fique
des an nées quatre-vingts.
Ha waii est un ar chi pel d’ori gine
Les po pu la tions des deux îles se dis tin - vol ca nique qui s’étend sur 16 600 km2
guent net te ment quant à leur si tua tion dans l’océan Pa ci fique, soit au total une
vis à vis de l’ac ti vi té : près des deux superficie plus de six fois supérieure à
tiers de la po pu la tion ha waiienne sont en celle de La Réunion.
si tua tion d’em ploi, contre un peu plus du Cer tains vol cans sont en core en
quart pour La Réu nion. Pa ral lè le ment, la ac ti vi té, ce qui pro voque des séis mes et
pro por tion de chô meurs et d’inac tifs est des raz de marée as sez dé vas ta teurs. Le
ter rain très mon ta gneux et ac ci den té, net te ment plus faible à Ha waii. Une
freine le dé ve lop pe ment departie de ces écarts est sans doute im pu -
l’agri cul ture : la sur face agri cole uti lisée table aux dif fé ren ces dans les struc tu res
re pré sente 30 % du ter ri toire (20 % à La par âge des po pu la tions, mais les ca pa ci -
Réu nion), les trois quarts de cette-A Ha waii les deux tiers de la po pu tés res pec ti ves des deux éco no mies àla tion exer cent une ac ti vi té pro fes sur face étant cons ti tués de pâ tu ra ges-
créer des em plois en trent aus si en jeu. sion nelle, contre seu le ment un quart na tu rels. Avec un cli mat de type
à La Réu nion. tro pi cal, les pro duc tions agri co les sontLe chô mage à Ha waii est plu tôt faible
sem bla bles à cel les de La Réu nion.
puisque seu le ment 7 % de la po pu la tion Outre l’éle vage, les prin ci pa les cul tu resHa waii a ain si ac cueil li 7,5 mil lions de ac tive est touchée en 1998, contre sont la canne à sucre, l’ana nas et les
tou ris tes en 1998 (contre 400 000 à La 37,7 % à La Réu nion ; ce taux reste tou - fruits tro pi caux, même si la sur face
Réu nion), ve nus par ba teau comme par te fois plus éle vé que dans le reste des consacrée à ces cul t u res a été di visée
avion puisque l’île se situe dans une par presque trois au cours des dixEtats-Unis (+ 50 %). A La Réu nion le
der niè res an nées. zone de croi sière. Les deux tiers de ces taux de chô mage est trois fois plus éle vé
tou ris tes sont ori gi nai res d’Amé rique du que ce lui ob ser vé en France mé tro po li - Compte tenu de ces condi tions
Nord, le reste pro vient pour l’es sen tiel géo phy si ques, 80 % des 1,2 mil lionstaine. Outre son ni veau, le chô mage à
d’ha bi tants que compte l’île en 1997 sede l’Asie. Le taux de rem plis sage des Ha waii est de na ture très dif fé rente de
concen trent sur 10 % du ter ri toire. Cehô tels, de 66,6 %, reste un peu su pé rieur ce lui ob ser vé à La Réu nion : en pre mier
phé no mène s’ob serve aus si, mais dansau taux réu nion nais (64 % en 1998), lieu, il est concen tré sur la po pu la tion
une moindre me sure à La Réu nion, oùmais l’écart entre ces taux d’oc cu pa tion mas cu line (65 % des chô meurs, contre les trois quarts de la po pu la tion sonttend à se ré duire au cours du temps. 50 % à La Réu nion). En se cond lieu, il lo ca li sés sur 15 % du ter ri toire. La
se trouve ré par ti sur l’en semble de la po - po pu la tion est plu ri-eth nique, avec uneCe fort écart en nombre de tou ris tes et
pu la tion, alors qu’à La Réu nion il est forte pro por tion d’asia ti ques.d’autant plus sur pre nant que la France
net te ment concen tré sur les jeu nes.est de loin la pre mière des ti na tion tou ris -
Enfin, il s’agit d’un chô mage de courtetique mon diale. La Réu nion ne re pré -
durée, puisque plus du tiers des chô -sente ain si que 0,6 % du mar ché tou ris -
tique fran çais, alors que dans le même
temps Ha waii compte pour 13,7 % du
mar ché amé ri cain.
A ni veau de dé ve lop pe ment
com pa rable la si tua tion so ciale
est très dif fé rente
La plage de Wai ki ki est l’une desCompte tenu de leur rat ta che ment à des plus cé lè bres d’Ha waii.
pays dé ve lop pés, Ha waii et La Réu nion
sont très pro ches pour ce qui concerne
les in fras truc tu res en équi pe ments sa ni -
tai res et so ciaux. Ain si, le taux de mor ta -
li té in fan tile est de 5,7 ‰ dans les deux
îles, le taux d’en ca dre ment mé di cal dé -
passe dans les deux cas 200 mé de cins Le chô mage est net te ment concen -
tré sur les jeu nes à La Réu nion,pour 100 000 ha bi tants. Le taux de na ta -
alors qu’il est ré par ti sur tou tes lesli té est plus éle vé à La Réu nion, et le clas ses d’âge à Ha waii.
taux de mor ta li té plus faible, car la po -
25ici et ail leurs
rence des pays d’Asie, Ha waii a pré fé ré
ex ploi ter ses avan ta ges com pa ra tifs dans
les ser vi ces fi nan ciers et les nou vel les
tech no lo gies, ce qui ex plique les dé sé -
qui li bres com mer ciaux ob ser vés au -
-jourd’hui. L’éco nomie ha waiienne, ter
tiaire à 85 %, au rait en quelque sorte
sau té l’étape in dus trielle.
D’au tres di ver gen ces no ta bles ap pa rais -
sent sur l’em ploi non mar chand : il ré -
gresse lé gè re ment à Ha waii, l’aug men ta -
tion de l’em ploi au sein des col lec ti vi tés
ter ri to ria les ne com pen sant pas les ré -
La sco la ri sa tion de base est un peu duc tions d’ef fec tifs au sein des for ces
-moins étendue à Ha waii, en re De puis 1970 le pou voir d’achat duar mées. A l’in verse, l’em ploi non mar -vanche les di plô més de fin d’études sa laire mi ni mum a été mul ti plié par chand s’ac croît for te ment à La Réu nion,se con daires et du su pé rieur sont en trois à La Réu nion alors qu’il a
proportion deux fois plus nom breux. sur tout dans les col lec ti vi tés lo ca les, par légèrement di mi nué à Ha waii.
le biais des em plois ai dés (CES no tam -
ment). Compte tenu de ces évo lu tions, nom breu ses po pu la tions étran gè res, pro -meurs a moins d’un mois d’an cien ne té
l’em ploi non mar chand re pré sente à ve nant en ma jo ri té des pays d’Asie, quiet les trois quarts d’entre eux moins de
peine plus du quart de l’em ploi to tal à ont per mis un dé ve lop pe ment des liensquatre mois, alors qu’à La Réu nion Ha waii en 1997, contre plus de la moi tié com mer ciaux avec ces ré gions. En com -85 % des chô meurs re cher chent un em - à La Réu nion. pa rai son, l’im mi gra tion est très faible àploi de puis plus de quatre mois.
La Réu nion, et prin ci pa le ment liée à la
Des choix de po li tique venue de mé tro po li tains, ou au re tour sur
Hawaii a pri vi lé gié les ser vi ces l’île de Réu nion nais. éco no mique plus fa vo ra bles à
mar chands aux dé pens de l’em ploi à Hawaii Des dif fé ren ces sont éga le ment per cep ti -
l’in dustrie bles dans les choix édu ca tifs. Le sys tème
Les dif fé ren ces cons ta tées entre les deux sco laire fran çais a sans au cun doute per -
îles quant à la si tua tion sur le mar ché duSi l’em ploi sa la rié mar chand a glo ba le - mis une sco la ri sa tion plus étendue de la
tra vail pro vien nent en grande partie dement évo lué au même rythme au cours po pu la tion réu nion naise, puisque près de
dé ci sions de po li tique éco no mique pri -de la der nière dé cennie dans les deux ré - 90 % des Réu nion nais de plus de 25 ans
ses au cours des deux der niè res dé cen -gions, les évo lu tions sec to riel les sont ont au moins un cer ti fi cat d’étu des pri -
nies. Ain si, l’évo lu tion de la po pu la tiondif fé ren tes d’une île à l’autre : La Réu - mai res, contre moins de 85 % des ha -
nion a per du de nom breux em plois dans ha waiienne est très marquée par des waiiens. Mais, dans le même temps, les
l’agri cul ture et la cons truc tion, com pen mou ve ments mi gra toi res de sens op po -- Amé ri cains ont net te ment plus in ves ti
sés par des évo lu tions re mar qua bles sés : une forte émi gra tion de jeu nes dans l’en sei gne ment su pé rieur, ce qui
adul tes vers la côte Ouest des Etats-Unis dans l’in dustrie, le com merce et les ser - leur confère un avan tage cer tain dans
conduit, outre la ré sorp tion du chô mage, vi ces. A l’in verse, Ha waii a per du des l’uti li sa tion des nou vel les tech no lo gies.
à faire bais ser le taux de na ta li té de l’île. em plois dans l’in dustrie, comme dans
La prin ci pale dif fé rence entre La Réu -Moins de dé pen ses en in fras truc tu resl’agri cul ture, mais en a ga gné beau coup
nion et Ha waii, qui s’ob serve d’ail leurs(sco lai res en par ti cu lier) sont donc né -dans les ser vi ces mar chands. Ces évo lu -
-aus si en com pa rant la France mé tro po li ces sai res à la po pu la tion ha waiienne. Iltions re flè tent pour partie le de gré de dé -
taine aux Etats-Unis, ré side dans lesve lop pe ment éco no mique de ces ré - est vrai que la pros pé ri té éco no mique de
évo lu tions sa la ria les. De ma nière gé né -gions, et leur in té gra tion dans leur l’Amé rique du Nord fa vo rise l’in ser tion
rale, la dé ter mi na tion des sa lai res ende ces per son nes sur le conti nent. Dansen vi ron ne ment proche. Ain si, les évo lu -
France s’opère de fa çon cen tra lisée, cele même temps, Ha waii a ac cueil li detions réu nion nai ses cor res pon dent à l’in -
dus tria li sa tion ré cente de l’île, avec le
dé clin conco mi tant des ac ti vi tés agri co -
Evo lu tion de l’em ploi sa la rié entre 1988 et 1996les tra di tion nel les, et l’ap pa ri tion de la
consom ma tion de masse qui a in duit un Ha waï La Réu nion
fort dé ve lop pe ment du com merce.
Emploi mar chand dont : 10,0 % 9,2 %
Ces évo lu tions ont aus si été en re gis trées Agri cul ture - 7,4 % - 53,7 %
Cons truc tion 2,2 % - 31,7 %dans un pas sé plus loin tain à Ha waii, et
Industrie - 23,1 % 65,1 %les ten dan ces ob ser vées ac tuel le ment ré -
Trans ports, com mu ni ca tions 7,4 % 9,4 %sul tent pour partie de la dé lo ca li sa tion
Com merce 6,0 % 58,9 %d’une partie de l’in dustrie dans les pays
Au tres ser vi ces mar chands 19,8 % 26,4 %d’Asie. Il convient d’ail leurs de sou li -
gner que l’in dustrie ne re pré sen tait que Emploi non mar chand dont : - 0,4 % 47,9 %
3 % de l’em ploi sa la rié en 1996, et 5 % Etat - 14,0 % 25,7 %
en 1980, ce qui est très faible pour une Col lec ti vi tés lo ca les 20.9 % 76,9 %
éco nomie avancée. Face à la concur -
26ici et ail leurs
Les évo lu tions dé mo gra phi ques entre 1990 et 1997 Sucre et ana nas
En % de la En % de la La cul ture in dus trielle de la canne à
Ha waii po pu la tion Réu nion po pu la tion sucre, dé butée en 1835, est
de 1990 de 1990 his to ri que ment im por tante pour Ha waii :
les be soins im por tants en main d’oeuvreVa ria tion de la po pu la tion ré -
liés à cette ac ti vi té sont à l’ori gine dusi dente entre 1990 et 1997 78 373 7,1 87 252 14,6 peu ple ment ac tuel de l’île, avec la
Dont : venue de po pu la tions ori gi nai res d’Asie
139 504 12,6 94 942 15,9Nais san ces et des Phi lip pi nes. La canne est aus si
52 113 4,7 23 456 3,9Dé cès pour partie à l’ori gine des liens entre
39 108 3,5 4 467 0,7Solde des im mi grants étran gers Ha waii et les Etats-Unis d’Amé rique. Un
18 783 1,7 17 499 2,9 na tio naux ac cord po li tique et com mer cial
- 66 909 - 6,0 - 6 200 -1,0Solde de l’émi gra tion re mon tant à 1875 pe met en ef fet au
sucre ha waïen d’en trer sans taxe sur le
mar ché amé ri cain, en con tre partie de
quoi les en tre pri ses amé ri cai nes sontqui conduit à des gril les de sa lai res re la - des sa lai res du pri vé, et a conduit à un
li bres d’in ves tir sur l’île. C’est le dé butti ve ment ri gi des. A l’in verse, les ré mu res ser re ment de l’éven tail des ré mu né ra - -
d’une longue pé riode de dé ve lop pe ment né ra tions sont bien plus flexi bles aux tions re la ti ves entre les sa la riés qua li fiés
avec, outre la cons truc tion des ba ses
Etats-Unis, per met tant une réac ti vi té et les moins qua li fiés. A Ha waii, les sa - na va les, une di ver si fi ca tion de la
plus forte de l’éco nomie. lai res moyens ont sur tout évo lué en pro duc tion agri cole no tam ment vers
fonc tion de la conjonc ture éco no mique, l’éle vage et la pro duc tion d’ana nas. Ain si, le sa laire mi ni mum fixé par les et les dis pa ri tés de ré mu né ra tion se sont La mé ca ni sa tion de l’agri cul tureau to ri tés ha waiien nes n’a même pas per - ac cen tuées entre les sec teurs et se lon la dé butée dans les an nées 50 a en traî némis aux sa la riés concer nés de main te nir qua li fi ca tion. Le sa laire mi ni mum ne un fort dé ve lop pe ment du sec teur, mais leur pou voir d’achat au cours des der- joue qu’un rôle de “garde fou”. aus si une forte baisse de l’em ploinières dé cen nies. Mais sa faible pro gres - agri cole. Tou te fois, un dé clin des
sion a fa vo ri sé l’adap ta tion de l’éco - Compte tenu de la si tua tion éco no mique pro duc tions tra di tion nel les s’amorce au
nomie lo cale à la concur rence des pays ha waiienne, et du mode de fi nan ce ment cours des an nées 80 : le sucre et
d’Asie, en au to ri sant une réal lo ca tion de la pro tec tion so ciale aux Etats-Unis l’ana nas, qui cons ti tuaient en 1986 plus
de la moi tié de la pro duc tion agri colepro gres sive de la main d’oeuvre vers des (en partie privée), les re ve nus de trans -
en va leur, en re pré sen tent moins dusec teurs à plus forte va leur ajoutée (no - fert re pré sen tent à Ha waii une part bien
tiers ac tuel le ment, au pro fit des au trestam ment les ser vi ces, dont la part dans plus faible du pro duit in té rieur brut :
pro duc tions vé gé ta les (lé gu mes et fruitsl’em ploi sa la rié est pas sé de 22 % en 13 % contre plus de 36 % à La Réu nion.
secs no tam ment). Les su cre ries
1980 à 29 % en 1996). Mais dans le même temps le taux de ha waïen nes n’ont bras sé que 2,9
pau vre té re la tif y est plus éle vé de 30 %, mil lions de ton nes de can nes en 1997. Dans le même temps, le pou voir d’achat car une moindre partie des re ve nus est
Plu sieurs ac tions ont été ten tées pourdu SMIC réu nion nais s’est for te ment ac - re dis tribuée aux mé na ges les plus mo - en rayer ce dé clin. Les cul tu res de canne cru du rant les an nées soixante-dix puis des tes. à sucre et d’ana nas ont cha cune étéau dé but des an nées quatre-vingt-dix,
re grou pées géo gra phi que ment, afinpé riode du rant la quelle il a re joint le Ain si, dans des condi tions géo gra phi -
d’en fa ci li ter l’ex ploi ta tion. Par ail leurs,
SMIC mé tro po li tain. Cette forte pro gres - ques et ins ti tu tion nel les com pa ra bles à des zo nes fran ches ont été spé cia le ment
sion du sa laire mi ni mum réu nion nais cel les de La Réu nion, Ha waii a mieux su créées pour im plan ter des in dus tries
s’est en partie ré per cutée sur l’en semble ti rer par ti de son en vi ron ne ment en op - agro-ali men tai res, en vue de va lo ri ser
tant, à l’ins tar des Etats-Unis, pour une les pro duc tions lo ca les (conser ve ries
d’ana nas, fa bri ca tion de jus de fruits etpo li tique éco no mique ré so lu ment orien-
de concen trés...). L’in té rêt de ces zo nestée vers la libre concur rence. Ce choix
fran ches pour les en tre pri ses ré sidemontre que les han di caps liés à l’in su la -
dans l’ab sence de droit de douane surri té ne sont pas in sur mon ta bles. Mais il
les in trants im por tés né ces sai res à leurpré sente aus si des li mi tes : une pro por - ac ti vi té.
tion non né gli geable de la po pu la tion ha -
waiienne ne vit pas sur son île et, pour
les ré si dents, les dis pa ri tés de re ve nus
s’ac cen tuent. Par ail leurs, en dé pit de
son ap par te nance aux Etats-Unis, la
crois sance éco no mique à Ha waii est très
liée à celle de l’Asie, ce qui ex plique
que le PIB ne pro gresse qua si ment plus
de puis trois ans. n
Sté phane CALVIAC et
Gé rard FORGEOT
L’éven tail des ré mu né ra tions s’ac -
croit à Ha waii, aus si bien entre les
dif fé rents sec teurs éco no mi ques
qu’avec le sa laire mi ni mum.
27

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.