Importations de biens intermédiaires et choix organisationnel des firmes multinationales françaises

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Nous analysons les décisions de sous-traitance internationale des groupes multinationaux français en nous appuyant sur un modèle théorique de la décision d'importation avec firmes hétérogènes inspiré d'Antràs et Helpman. Ce modèle élargit la théorie des échanges internationaux aux stratégies d'organisation des entreprises. Lorsqu'elles importent des biens intermédiaires, les firmes sont confrontées au choix organisationnel entre produire en interne dans l'une de leurs filiales à l'étranger ou confier la production à un sous-traitant étranger. Ce choix dépend de deux dimensions. La première concerne la productivité de l'entreprise. Selon Antràs et Helpman, seules les entreprises les plus productives ont des filiales à l'étranger et importent leurs intrants en interne. Dans notre modèle, nous considérons le cas des entreprises multinationales. Ce qui compte pour les importations de ces entreprises n'est donc pas le coût d'implantation de la filiale mais le coût fixe d'organisation de la production. Nous montrons que les entreprises plus productives externalisent la production de biens intermédiaires si leurs coûts organisationnels dans le cas de l'outsourcing sont plus élevés que ceux associés à l'intégration verticale. La seconde dimension concerne la nature des inputs échangés entre le fournisseur et l'entreprise multinationale. Certains de ces inputs requièrent des investissements d'adaptation à la spécificité du bien final produit par l'entreprise. Le fait de contrôler le processus productif au travers de l'intégration permet de limiter le risque de sous-investissement. Le choix d'une forme organisationnelle correspond à un arbitrage entre les gains en termes de coûts organisationnels et ceux en termes de partage du revenu. Nos estimations montrent que les multinationales les plus productives ont tendance à externaliser la production de biens intermédiaires. Nous montrons également que l'intensité en capital physique et humain joue en faveur de l'intégration.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ÉCONOMIE
Importations de biens intermédiaires
et choix organisationnel des frmes
multinationales françaises
Fabrice Defever et Farid Toubal *
Nous analysons les décisions de sous-traitance internationale des groupes multinatio-
naux français en nous appuyant sur un modèle théorique de la décision d’importation
avec frmes hétérogènes inspiré d’Antràs et Helpman. Ce modèle élargit la théorie des
échanges internationaux aux stratégies d’organisation des entreprises. Lorsqu’elles
importent des biens intermédiaires, les frmes sont confrontées au choix organisationnel
entre produire en interne dans l’une de leurs fliales à l’étranger ou confer la production
à un sous-traitant étranger. Ce choix dépend de deux dimensions. La première concerne
la productivité de l’entreprise. Selon Antràs et Helpman, seules les entreprises les plus
productives ont des fliales à l’étranger et importent leurs intrants en interne. Dans notre
modèle, nous considérons le cas des entreprises multinationales. Ce qui compte pour les
importations de ces entreprises n’est donc pas le coût d’implantation de la fliale mais
le coût fxe d’organisation de la production. Nous montrons que les entreprises plus
productives externalisent la production de biens intermédiaires si leurs coûts organisa-
tionnels dans le cas de l’outsourcing sont plus élevés que ceux associés à l’intégration
verticale. La seconde dimension concerne la nature des inputs échangés entre le fournis-
seur et l’entreprise multinationale. Certains de ces inputs requièrent des investissements
d’adaptation à la spécifcité du bien fnal produit par l’entreprise. Le fait de contrôler le
processus productif au travers de l’intégration permet de limiter le risque de sous-inves-
tissement. Le choix d’une forme organisationnelle correspond à un arbitrage entre les
gains en termes de coûts organisationnels et ceux en termes de partage du revenu. Nos
estimations montrent que les multinationales les plus productives ont tendance à exter-
naliser la production de biens intermédiaires. Nous montrons également que l’intensité
en capital physique et humain joue en faveur de l’intégration.
* Fabrice Defever, Université de Nottingham, GEP et CEP. Farid Toubal, Université d’Angers, École d’Économie de Paris et CEPII.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010 169le contenu en facteur des échanges mais égale-’organisation des entreprises multinatio-
ment le mode d’importation. Le modèle d’An-L nales et leurs liens dans la décomposition
tràs et Helpman (2004) constitue une extension internationale du processus de production susci-
intéressante en ce qu’il considère l’hétérogé-tent un intérêt grandissant. Ces entreprises sous-
traitent tout ou partie de la production de pro- néité des entreprises du point de vue de leur
duits intermédiaires à des fournisseurs étrangers productivité comme autre déterminant majeur
indépendants ou internalisent celle-ci au travers du choix organisationnel. Si les coûts fxes d’or -
de leurs fliales étrangères. D’importants déve- ganisation sont plus importants en externalisant,
loppements ont permis de rattacher l’économie alors seules les entreprises les plus productives
internationale au champ de l’économie indus- pourront importer leurs biens intermédiaires de
1trielle (1). De nouveaux modèles théoriques fournisseurs indépendants.
sont apparus, intégrant la nouvelle théorie des
droits de propriété de Grossman-Hart-Moore Notre objectif n’est pas de mener une analyse
(Grossman et al., 1986 et Hart et Moore, 1990) exhaustive des déterminants du commerce
dans un modèle de concurrence monopolistique intra-frme des groupes français mais d’analy -
en économie ouverte de Helpman et Krugman ser empiriquement les implications théoriques
(1985). Dans cet article, nous nous appuyons du modèle d’Antràs et Helpman (2004). Nous
sur les travaux d’Antràs (2003) et Antràs et montrons tout d’abord que le choix organisa-
tionnel est déterminé par la productivité totale Helpman (2004) et proposons une étude empi-
de l’entreprise multinationale. Nous faisons rique des choix organisationnels dans les rela-
l’hypothèse que les coûts fxes d’organisation tions d’importations des entreprises multinatio-
sont plus élevés dans le cas de l’outsourcing que nales françaises.
dans le cas de l’intégration. Les entreprises les
plus productives sont celles dont la productivité Dans le modèle d’Antràs (2003), les entreprises
permet de compenser les coûts liés à l’outsour-s’internationalisant choisissent non seulement
cing. Cette hypothèse sur les coûts fxes orga-leur localisation géographique, mais également
nisationnels est basée sur deux éléments. Le le type de contrôle qu’elles désirent exercer sur
premier, théorique, est basé sur les travaux de chacune des unités de production. Une entreprise
Williamson (1985). Selon cet auteur, l’intégra-désireuse d’importer un bien intermédiaire peut
tion verticale est soumise à des coûts fxes orga-alors contracter avec un fournisseur indépendant
nisationnels plus faibles car ce choix permet le (on parle alors d’outsourcing), ou importer ce
regroupement des coûts de coordination entre bien d’une de ces fliales (dans ce cas, nous par -
l’entreprise et le sous-traitant. Le deuxième lerons d’importation intra-firme). Le choix de
élément provient de l’enquête sur les échan-posséder ou non le fournisseur est déterminé de
ges intra-frmes menée par le Sessi. Au moins manière endogène. Dans le modèle, le processus
70 % des répondants de l’enquête considèrent de production requiert deux inputs spécifques.
que le commerce intra-frme implique des coûts L’un est produit par l’entreprise, dans notre cas
fxes organisationnels plus faibles que ceux liés localisée en France et l’autre est produit par le
à l’outsourcing. Nous montrons ensuite que fournisseur, localisé à l’étranger. En suivant la
le choix organisationnel dépend également de logique de Hart et Moore (1990), Antràs montre
l’importance relative des intrants spécifques.que c’est l’importance relative de ces deux inputs
dans la production du bien fnal qui détermine
Notre analyse est liée à celle de Corcos et al. l’effort d’investissement des deux entreprises.
(2009) qui élargissent le champ de l’étude aux L’agent dont la contribution au revenu est la
frmes indépendantes, n’ayant aucune fliale plus importante reçoit en effet la propriété de
à l’étranger. Ils considèrent que ces entrepri-l’actif. En admettant que l’entreprise française
ses importent leur production de biens inter-fournisse le capital et le fournisseur étranger le
médiaires de fournisseurs indépendants. Cette travail et si le bien fnal est intensif en capital,
hypothèse permet de considérer l’ensemble des alors l’investissement de l’entreprise française
entreprises françaises. Dans ce cas, et contrai-est crucial et il est préférable d’intégrer le four-
rement à nos résultats, le commerce intra-frme nisseur étranger. Les importations seront alors
est principalement réalisé par les frmes les plus de type intra-frme. Antràs (2003) généralise ce
productives. Ce résultat est directement lié à la résultat au niveau des secteurs. C’est l’une des
productivité plus élevée des frmes multinatio -contributions majeures de son modèle : le choix
nales en comparaisons des indépendan -d’internationalisation des entreprises multina-
tionales est lié aux caractéristiques des secteurs
dans lesquels elles évoluent. Les intensités sec-
1. Voir Helpman (2006) et Spencer (2005) pour une revue
torielles en facteur déterminent non seulement détaillée de la littérature.
170 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010tes. Seules les premières possèdent une fliale à forme Cobb-Douglas défnie par deux paramè-
l’étranger nécessaire au commerce intra-frme. tres ; un paramètre de productivité θ supposée i
Notre étude complémente aussi les travaux neutre au sens de Hicks et la part des intrants
précédemment réalisés à partir de donnés simi- produite par l’entreprise française η . La fonc-i
laires à celles utilisées dans ce présent papier. tion de production est donnée comme suit :
Notamment, Carluccio et Fally (2008) mon-
trent que les institutions fnancières jouent un
rôle important dans le choix organisationnel des (1)
entreprises. Ils montrent que les frmes multina -
tionales françaises ont tendances à intégrer leurs
fournisseurs dans les pays ayant un environne-
En suivant la logique d’Antràs (2003), l’in-ment fnancier très peu développé. Chevassus-
trant h, fourni par l’entreprise française, peut Lozza, Gallezot et Galliano (1999) se concen-
être soit du capital soit du capital humain alors trent sur les multinationales agro-alimentaires
que le fournisseur fournira l’intrant m princi-françaises en 1994 et montrent que le volume
palement composé de travail. Empiriquement, des échanges intra-frme dépend des économies
η représente donc l’intensité en capital ou en d’échelle et de l’expérience internationale du
capital humain dans la fonction de production groupe. Utilisant un échantillon plus exhaustif
2de l’entreprise (2). Nous supposons, comme couvrant l’ensemble des secteurs manufactu-
dans les modèles d’Antràs (2003) et d’Antràs riers, Raspiller et Sillard (2004) montrent que le
et Helpman (2004), que les deux intrants sont niveau technologique de la production ainsi que
entièrement adaptés et spécifques à la relation l’intensité en marketing sont corrélés positive-
entre les deux parties. De ce fait, ils n’ont aucune ment aux échanges intra-frme.
valeur en dehors de cette relation. Soumis à l’in-
complétude des contrats, les investissements
spécifques de l’entreprise française et de son
fournisseur étranger sont intégralement non-Firmes hétérogènes, contrats
contractibles. Il existe donc un problème de incomplets et structure
hold-up (cf. encadré). Après avoir investi, il y a
des importations renégociation sur le partage des rentes ex post.
La relation se déroule en trois étapes :
’intégration de la nouvelle théorie des
- ex ante, l’entreprise française et le fournisseur L droits de propriété en économie interna-
étranger s’associent contractuellement et cette tionale permet de comprendre les déterminants
première décide de la forme organisationnelle du commerce intra-frme (cf. encadré). Antràs
de la production ; le fournisseur étranger paye et Helpman (2004) présentent un modèle théo-
un transfert T à l’entreprise française, égal à son rique expliquant le choix entre internalisation et
proft ex post ;externalisation de la production de biens inter-
médiaires à l’étranger. Nous nous proposons
- ex ante, les investissements spécifques sont d’en développer les grandes lignes afn d’en
réalisés ;extraire deux implications empiriques au niveau
de l’entreprise.
- ex post, le contrat initial est renégocié.
Une frme française produit une variété i d’un
Ex post, lors de la renégociation du contrat, les bien dans l’industrie j. Nous supposons que les
deux parties vont se répartir le revenu généré préférences des consommateurs sont détermi-
par les ventes du produit fnal, Q. Soit β la part nées par une fonction CES (Constant Elasticity
du revenu R reçu par l’entreprise française. Le of Substitution). Nous désignons par k, un indice
fournisseur recevra donc le reste, c’est à dire caractérisant la forme organisationnelle de la
(1- β)R. En suivant la logique de la théorie du frme. k peut prendre deux modalités, o, si exter-
droit de propriété développée par Grossman et nalisation (outsourcing) et v si intégration (ver-
Hart (1986) et Hart et Moore (1990), β dépend ticale) de la production du bien intermédiaire.
de la forme organisationnelle choisie par l’en-Quelle que soit la forme organisationnelle choi-
sie, le processus de production requiert l’utilisa-
tion de deux intrants. L’un, h(i), est produit par 2. Nous supposons donc, à la différence d’Antràs (2003) et d’An-
tràs et Helpman (2004), que cette intensité est propre à l’entre-l’entreprise française et l’autre, m(i), est produit
prise et non au secteur. Cela ne change pas fondamentalement par le fournisseur à l’étranger. La fonction de
les résultats mais permet de tirer partie de l’information au niveau
production du bien fnal est supposée être de la de l’entreprise contenue dans la base de données de l’EAE.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010 171treprise française. Lorsqu’elle décide de pren- où w et w* correspondent respectivement aux
dre le contrôle du fournisseur étranger, l’entre- salaires en France et à l’étranger. L’entreprise
française et le fournisseur choisissent leurs prise française va accroître la part du revenu β
niveaux d’investissement h et m de manière à laquelle elle peut prétendre. Par exemple, elle
indépendante. Pourtant, la très forte concur-peut mettre en avant lors de cette renégociation
rence entre les fournisseurs potentiels permet à qu’elle est propriétaire des biens intermédiaires
l’entreprise française de contraindre le fournis-produit par le fournisseur étranger et qu’il lui est
seur à lui donner ex ante l’ensemble du proft possible de se réapproprier une partie de cette
qu’il va réaliser ex post sous forme d’un trans-production (3). Ainsi, la part du revenu reçu
fert T. Payer ce transfert T assure au fournisseur par l’entreprise française est supérieure si elle
la participation à la relation de production. Le internalise la production et importe intra-frme
3proft de l’entreprise π (η,θ) est donné par : k(k = v) par rapport au cas où elle externalise la
production (k = o). On a donc β  > β .
v o
α/(1 – α)π (η,θ) = θ ψ – F (2)k k k
Ex ante, l’entreprise française et son fournisseur
étranger investissent. Le choix d’organisation avec
choisi k, ainsi que les valeurs de β ou β asso-v o
ciées à ce choix sont connus. Les deux acteurs
choisissent leurs investissements en maximi-
(3)
sant leur proft en se basant sur la part du revenu
qu’elles vont respectivement recevoir :
- l’entreprise française choisit h pour maximi-
ser β.R - h.w
3. Antràs (2003) propose une modélisation de cette renégocia-- le fournisseur étranger choisit m pour maxi-
tion basée sur les options alternative de la frme et du fournisseur
miser (1-β).R - m.w* dans les différents modes organisationnels.
Encadré
Les nouveLLes théories des droits de propriété
La théorie de la frme a été profondément marquée autre produit et n’ont donc aucune valeur en dehors
par le célèbre article de Coase (1937). Il marque la de la relation. Les deux entreprises sont donc blo-
naissance du concept de « coût de transaction », plus quées dans la relation, qui lorsqu’elle est soumise à
tard approfondi par les travaux de Williamson dans les l’incomplétude des contrats, conduit à des compor-
années 1970 et 1980. Plus récemment, une nouvelle tements opportunistes de la part des agents (situation
théorie de la frme a été développée par Hart en colla- aussi connue sous le nom de « hold-up problem »).
boration avec Grossman (1986) et Moore (1990). Cette Chaque agent se trouve donc dans une situation de
nouvelle théorie, dite « théorie des contrats incom- dépendance vis-à-vis de l’autre partie.
plets » ou « nouvelle théorie des droits de propriété »
Le contrat étant incomplet, ex post, une fois les inves-considère que les contrats signés par les agents
tissements réalisés, chaque agent peut renégocier le économiques sont, au moins partiellement, « incom-
partage des rentes liées à la vente du produit fnal. Ce plets ». En effet, les caractéristiques des biens sont
risque entraîne, ex ante, un sous-investissement des tellement nombreuses qu’il n’est pas possible d’écrire
agents. Dans cet affrontement, les droits de propriété un contrat complet spécifant l’ensemble des attributs
donnent un pouvoir sur les investissements engagés, d’un bien. On dit alors que le bien est « non-contrac-
qui s’exprime notamment lors de la distribution des tible ». D’autre part, les investissements réalisés pour
rentes. Pour la frme réalisant la vente du bien fnal, produire le bien sont « non-vérifiables », que ce soit
être propriétaire et contrôler l’entreprise partenaire, à par une juridiction ou par les agents eux-mêmes.
travers l’intégration, permet d’augmenter ses rentes
Lorsque deux frmes décident de s’associer afn de ainsi que sa propre incitation à investir. C’est l’inverse
produire conjointement un bien, leurs investissements pour l’entreprise partenaire. La forme organisationnelle
sont considérés comme « spécifiques à la relation ». optimale implique de donner les droits de propriété à
En effet, les investissements en capital fnancier et l’agent dont l’investissement est le plus crucial dans la
humain sont nécessairement adaptés à la production production, afn de minimiser le sous-investissement
de ce bien et sont donc spécifques à la transaction. joint induit par la crainte de comportements opportu-
Ils ne sont pas redéployables vers la production d’un nistes.
172 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010où D représente la taille de la demande, α est ger et n’ont donc pas à payer le coût fxe lié à
un paramètre relatif à l’élasticité de la demande l’implantation de fliales. Dans ce cas, ce sont
et F le coût fxe relatif au choix organisation - les coûts fxes liés à la gestion de la production k
nel. Chacun maximise son proft sur une part internationale qui seront prédominants. Cette
du revenu total et, de ce fait, les deux acteurs structure des coûts fxes est en accord avec les
sous-investissent. Pour autant, le sous-inves- travaux de Williamson (1985) qui considère que
tissement de l’entreprise française par rapport les coûts fxes d’organisation sont plus élevés
à celui du fournisseur sera d’autant plus grand lorsque l’externalisation est choisie.
que β, la part du revenu qui lui reviendra, sera
faible. Puisque β  > β , ce sera le cas, lorsque la T2 : La probabilité d’importation intra-firme v o
situation d’outsourcing sera choisie. d’un bien intermédiaire dépend de la producti-
vité de l’entreprise française θ, et du coût fixe
Dans le même temps, lorsque l’entreprise choi- relatif au choix organisationnel F, elle dimi-
sit la forme organisationnelle, elle considère nue avec la productivité de l’entreprise fran-
nécessairement le proft réalisé par le fournis- çaise θ, lorsque F > F . Elle augmente avec la
o v
seur du fait du transfert T. Cela conduit l’entre- productivité lorsque F > F .
v o
prise française à choisir la forme organisation-
nelle qui va maximiser le proft joint réalisé par
les deux acteurs (son propre proft qui dépend
Analyse du choix organisationnel de son investissement, plus celui du fournisseur,
qu’elle reçoit sous forme de transfert). Lorsque sur données d’entreprises
la part des intrants fournie par l’entreprise fran-
çaise, η , est importante, le surplus généré par la i a base de données utilisée dans cette étude relation est particulièrement sensible à l’inves- L couvre l’ensemble des frmes appartenant tissement de cette entreprise. Afn de limiter les
à un groupe international. En effet, il est néces-possibilités de sous-investissement de l’entre-
saire d’avoir une fliale à l’étranger pour com-prise française, il est donc nécessaire de l’inciter
mercer en intra-frme. Ce type de commerce se en lui donnant une plus grande part de revenu.
concentre donc nécessairement au sein de ces Ceci est possible en internalisant la production
entreprises multinationales. La restriction aux de bien intermédiaire puisque β  > β . Lorsque
v oappartenant à un groupe interna-η , est faible, alors c’est l’inverse. Il s’agit d’in-
i tional nous conduit à comparer le choix entre citer le fournisseur étranger en externalisant la
outsourcing et intra-frme, pour des entreprises production du bien intermédiaire. Ce sont là les
ayant déjà une fliale à l’étranger. Dans ce cas, principales conclusions du modèle d’Antràs
ce ne sont pas les coûts fxes liés à l’implanta -(2003), qui nous amène à la première implica-
tion d’une fliale qui vont être importants mais tion empirique T1.
plutôt les coûts fxes d’organisation. Nos résul-
tats confortent les prédictions du modèle d’An-T1 : La probabilité d’importer un bien intermé-
tràs (2003) et Antràs et Helpman (2004). En diaire intra-firme augmente avec η, l’intensité
particulier, la productivité accroît la probabilité en facteur h fourni par l’entreprise française.
d’importation de biens intermédiaires de four-
nisseurs indépendants. L’importance relative La productivité de l’entreprise, θ, ne modife
des intrants spécifques est également un déter -pas le résultat d’Antràs (2003). En revanche,
minant majeur du choix organisationnel.comme le coût fxe d’organisation varie en
fonction du choix organisationnel, l’impact de
L’ensemble de notre travail s’appuie sur les la productivité dépend de F et F . Si F > F , v o v o
bases de données issues à la fois du Sessi et de l’intégration verticale ne sera réalisée que par
l’Insee. La présence du code SIREN, identifant des entreprises relativement productives. C’est
propre à chaque entreprise et invariant au cours l’hypothèse adoptée par Antràs et Helpman
du temps, nous permet d’apparier différentes (2004), considérant que l’implantation d’une
bases de données collectées par ces deux orga-nouvelle fliale à l’étranger engendre un coût
nismes. Cela nous permet de construire une base fxe plus élevé que l’externalisation. Dans le
de données unique par l’information qu’elle cas contraire, si F > F , alors l’externalisation o v
possède au niveau à la fois de l’entreprise et de de la production de biens intermédiaires ne sera
ses transactions commerciales.réalisée que par des frmes relativement plus
productives (cf. graphique I). Cette hypothèse
apparaît aussi mieux adaptée aux frmes mul- Nous utilisons l’enquête Mondialisation sur les
tinationales qui ont déjà des fliales à l’étran - échanges internationaux intra-groupes du Sessi.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010 173Celle-ci est réalisée en 1999 et concerne exclu- L’enquête du Sessi ne contient que très peu d’in-
sivement les entreprises dont le commerce est formations sur l’entreprise elle-même. Nous
de plus d’un million d’euros et qui détiennent utilisons l’enquête annuelle d’entreprise (EAE)
au moins 50 % du capital social d’une entreprise pour pallier ce manque. Cette dernière base de
étrangère. Ce sont donc toutes des frmes multi- données est réalisée par l’Insee et contient un
nationales. Ces entreprises multinationales fran- panel d’entreprises que l’on peut suivre sur
çaises ont toutes au moins une fliale à l’étranger. plusieurs années. Cette caractéristique sera cru-
La base de données contient l’information sur le ciale pour notre estimation de la productivité
choix organisationnel de l’entreprise localisée en des frmes. Elle nous fournit l’information sur
France pour chacun des produits importés selon les comptes de résultat des entreprises françai-
la classifcation SH4 ainsi que la provenance ses ayant plus de 20 employés : la production,
géographique de ces fux. Nous nous concentrons le capital, le travail, la valeur des consomma-
sur les importations de biens étrangers en France. tions intermédiaires utilisés dans le processus
En 1999, le commerce réalisé par ces entreprises productif ainsi que le secteur de production de
représente 82 % des importations françaises. l’entreprise.
Graphique I
Coûts fxes et choix organisationnel
Lecture : lorsque η est faible et Fv > Fo, le profit en outsourcing est toujours supérieur à celui en intégration et toutes les firmes actives i
préfèrent l’outsourcing. Lorsque η est important et Fv > Fo, l’outsourcing est plus profitable pour les firmes les moins productives alors i
que l’intégration est plus profitable pour les plus productives. Lorsque η est faible et Fv > Fo, l’intégration est plus profitable pour les
i
firmes les moins productives alors que l’outsourcing est plus profitable pour les plus productives. Lorsque η est important et Fv > Fo, le
i
profit en intégration est toujours supérieur à celui en outsourcing et toutes les firmes actives sont intégrées.
Source : auteurs.
174 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010Nous utilisons l’enquête sur les liaisons finan- ceux-ci) devraient pouvoir être comparables à
cières entre sociétés (Lifi) permettant d’identi- ceux obtenus si nous avions agrégé nos données
fer les groupes de sociétés opérant en France au niveau de la frme. Pour cela, nous utilisons
et de déterminer leur contour. Lifi nous permet la technique de « cluster » des termes d’er-
de distinguer entre les groupes multinationaux reur au niveau de l’entreprise développée par
4français et étrangers localisés en France. Cette Wooldridge (2006).
distinction est utile dans la mesure où le modèle
d’Antràs et Helpman s’applique aux têtes de Nous analysons le choix organisationnel des
groupes localisés en France qui importent des entreprises du secteur manufacturier à l’excep-
biens intermédiaires de l’étranger. tion du secteur « Alimentation, boisson, tabac »,
n’ayant que très peu de données concernant ce
secteur. Nous excluons de l’analyse les entre-
Le choix organisationnel prises actives dans les secteurs miniers, pétro-
liers et nucléaires puisque le choix organisa-
À partir de notre modèle théorique, nous obte- tionnel dans ces secteurs peut être déterminé
nons un simple empirique en ajoutant par des facteurs nationaux spécifques, comme
un terme d’erreur aléatoire e aux profts π pour la défense de la souveraineté nationale.k k
les deux types d’organisation. Pour un niveau de
productivité donné θ et une intensité en intrant
produit par l’entreprise française η, la transac- Productivité totale des facteurs et inputs
tion sera internalisée si : spécifques
Nous utilisons la base de données de l’EAE
(1996-2004) afn d’estimer θ, la productivité (4)
totale des facteurs (TFP) pour l’année 1999.
Celle-ci est estimée en utilisant la méthodologie
de Olley et Pakes (1996) (OP). Celle-ci permet
En supposant que e – e suive une fonction de o v de prendre en compte le biais de simultanéité
distribution cumulé F(.), la probabilité d’inter- qui apparaît lorsque l’entreprise répond à des
naliser la transaction est défnie comme suit : chocs de productivité en ajustant son choix
d’intrants. Cette réponse entraîne une corréla-
Prob(Intégration) = F(Δ) (5) tion entre le terme d’erreur et les facteurs de
production. L’estimateur OP nous permet de
Nous retenons un modèle de choix discret de type corriger ce biais en utilisant la décision d’in-
Logit où la variable dépendante prend la valeur vestissement comme approximation des chocs,
1 si une transaction d’importation est réalisée en et en stipulant une relation de monotonie entre
intra-frme et 0 dans le cas contraire (4) : l’investissement et l’hétérogénéité non obser-
vée au niveau de la frme. Les estimations ont
été réalisées en considérant une fonction de pro-
duction Cobb-Douglas et ont été réalisées pour
552 secteurs (5).
Comme chez Antràs (2003), nous supposons Les données utilisées sont désagrégées au
que le capital humain et le capital physique sont niveau du fux d’importation en provenance du
fournis par l’entreprise française. Ainsi, le para-pays l pour un produit p par une frme i apparte-
mètre η de l’équation (1) peut être approximé nant au secteur j. Nous sommes principalement i
intéressés par les choix réalisés au niveau de la
frme. Pour autant, nous ne voulons pas négliger
4. Environ 15 % des transactions importées, dites « mixtes », sont
la possibilité que le produit, ou encore le pays réalisées à la fois en intra-frme et en outsourcing. Pour simplifer
la présentation, nous ne prenons pas en compte ces transactions d’origine, infuencent le choix organisationnel.
dans l’analyse économétrique. Pour autant, les stratégies mixtes
Pour prendre en compte ces possibles effets, peuvent simplement être prises en compte lorsque l’on ne consi-
dère pas simplement le choix binaire d’organisation, mais la part nous introduisons dans toutes nos régressions
de commerce intra-frme dans l’importation d’un bien en pro-
des effets fxes produits et des effets fxes pays. venance d’un pays. L’ensemble de nos résultats restent inchan-
gés en utilisant une simple estimation basée sur la méthode des L’utilisation de données désagrégées nous per-
moindres carrés ordinaires. Defever et Toubal (2007) proposent met de prendre en compte ces effets. Les varia- d’utiliser des techniques d’estimation plus complexes qui pren-
nent en compte le fait que la variable dépendant est alors bornée bles explicatives que nous allons introduire sont
entre 0 et 1. Les résultats sont qualitativement identiques.toutes au niveau de l’entreprise. Les coeffcients
5. Pour les détails de ces estimations, voir Defever et Toubal
estimés (mais aussi le terme d’erreur associé à (2007).
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010 175par l’intensité en capital physique ou en capi- défnissons comme biens intermédiaires, les
tal humain de l’entreprise. C’est donc dans les produits importés (classés avec la nomenclature
entreprises les plus intensives en capital que l’in- NES114) n’ayant pas la même classifcation que
ternalisation de la production devrait être la plus le secteur de l’entreprise importatrice (classé
largement choisie. Disposant de données fnes avec la nomenclature NAF114). L’échantillon
des biens intermédiaires est plus restreint en au niveau de l’entreprise, nous approximons
termes de nombre d’observations. Il constitue l’intensité en capital physique par le ratio du
environ 73 % du nombre d’observations de stock de capital sur le nombre d’employés tan-
l’échantillon total. La moyenne et l’écart-type dis que nous approximons l’intensité en capital
de la productivité et des intensités en capital humain par le ratio des dépenses en technologie
humain et physique sont cependant similaires à de l’information sur le nombre d’employés.
ceux de l’échantillon total (cf. tableau 1).
Les entreprises multinationales sous-Statistiques descriptives
traitent à des fournisseurs indépendantset faits stylisés
Nous disposons de l’information sur
es statistiques présentées dans cette section 2 348 entreprises multinationales françaises L sont basées sur deux échantillons distincts. dans l’échantillon comprenant l’ensemble
Le premier échantillon concerne les importa- des importations et de 1 604 entreprises pour
tions totales des entreprises. Le second ne prend l’échantillon ne concernant que les importa-
en compte que les biens intermédiaires impor- tions de biens intermédiaires (cf. tableau 2).
tés. Nous utilisons la méthodologie présentée Nous ne retenons que les transactions impor-
par Feenstra et Hanson (1996) pour distinguer tées soit par l’intermédiaire des fliales soit par
les biens fnaux des biens intermédiaires. Nous l’intermédiaire de fournisseurs indépendants.
Tableau 1
Statistiques descriptives
Observations Moyenne Écart-type
Échantillon total
Productivité 64 104 5,446 1,009
Intensité capitalistique 64 104 6,267 0,932
Intensité en capital humain 60 831 1,924 1,204
Échantillon des biens intermédiaires importés
Productivité 46 604 5,438 1,014
Intensité capitalistique 46 604 6,301 0,916
Intensité en capital humain 44 411 1,938 1,213
Lecture : pour les 64 104 observations de l’échantillon totale, la variable « productivité » possède une moyenne de 5,446 et un écart-type
de 1,009.
Champ : entreprises multinationales françaises en 1999.
Source : Sessi et EAE. Calcul des auteurs.
Tableau 2
Statistiques descriptives de l’échantillon d’estimation
Échantillon total Biens intermédiaires importés
Mode organisationnel Outsourcing Intra-frme Outsourcing Intra-frme
Nombre d’entreprises 1 726 622 1 247 357
Pourcentage du total 73,51 26,49 77,74 22,26
Nombre de transactions 47 949 16 155 36 129 10 475
Pourcentage du total 74,80 25,20 77,52 22,48
Montant des transactions (millions e) 34 279,61 27 378,59 19 382,43 9 081,504
Pourcentage du total 55,60 44,40 68,09 31,91
Lecture : dans l’échantillon total, 1 726 entreprises importent en outsourcing contre 622 en intra-firme.
Champ : entreprises multinationales françaises en 1999.
Source : Sessi et EAE. Calcul des auteurs.
176 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010Les entreprises de l’échantillon choisissent entreprises dont la tête de groupe est localisée
dans plus de 70 % des cas une forme organi- en France. Nous remarquons que les deux sous-
sationnelle qui favorise les fournisseurs indé- groupes d’entreprises ont recours à l’outsour-
pendants. Plus des trois quarts de leurs impor- cing dans la grande majorité des cas. Ceci est
tations de biens intermédiaires correspondent à vrai pour le nombre des transactions et le mon-
de l’outsourcing. tant total.
Plus de 42 % des entreprises de l’échantillon Les entreprises importent à plus de 50 % en
total ont une tête de groupe localisée en France provenance de leurs fliales localisées à Malte,
(cf. tableau 3). Elles réalisent 41 % du nombre en Turquie, au Maroc et en Suisse (cf. gra-
total des transactions et 44 % de la valeur des phique II). Elles choisissent l’externalisation
importations. Notons que la valeur des impor- pour les importations en provenance des pays
tations par entreprise est plus élevée pour les Européens et de l’OCDE.
Tableau 3
Localisation de la tête de groupe des entreprises importatrices
Tête de groupe localisée en France Tête de groupe localisée à l’étranger
Mode organisationnel Outsourcing Intra-frme Outsourcing Intra-frme
Nombre d’entreprises 832 150 894 472
Pourcentage du total 84,73 15,27 65,45 34,55
Nombre de transactions 22255 3799 25694 12356
Pourcentage du total 85,42 14,58 67,53 32,47
Montant des transactions (millions e) 21 470,88 5 645,757 12 808,73 21 732,84
Pourcentage du total 79,18 20,82 37,08 62,92
Lecture : pour les entreprises, dont la tête de groupe est localisée en France, 832 entreprises importent en outsourcing contre 150 en
intra-firme.
Champ : entreprises multinationales françaises en 1999.
Source : Sessi et EAE. Calcul des auteurs.
Graphique II
Distribution géographiques des importations intra-frme
Lecture : la part des importations intra-firme dans les importations totales de Malte est d’environ 90 %.
Champ : entreprises multinationales françaises en 1999.
Source : enquête Sessi. Calcul des auteurs.
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010 177Caractéristiques de l’entreprise tions de la productivité totale des facteurs des
6et choix organisationnel entreprises qui importent de leurs fliales et de
celles qui externalisent leurs importations (cf.
7graphique IV) (7).La théorie prédit une relation positive entre l’in-
tensité capitalistique de l’entreprise française et
Afn de savoir si les distributions diffèrent la part des importations intra-frme. Nous consi-
statistiquement, nous utilisons la statistique dérons deux mesures d’intensité capitalistique ;
de Mann-Whitney. Celle-ci est de - 17,644 et celle relative aux capital physique et celle rela-
est signifcative à 1 %. Les deux groupes sont tive au capital humain. Nous corrélons celles-ci
donc statistiquement différents. En utilisant la au niveau des secteurs NAF114 de la nomen-
statistique de Somer (1962) nous montrons que clature d’activité française (6). Il existe une
la probabilité d’être plus productif est de 6 % corrélation positive entre l’intensité en facteur
à 8 % moins élevée pour les importateurs en capital physique et capital humain et la part des
intra-frme que pour les autres. Les frmes mul-importations intra-frme au niveau sectoriel en
tinationales les plus productives ont donc une France (NAF114) (cf. graphique III). On remar-
probabilité plus grande d’externaliser.que cependant une corrélation moins forte entre
le capital physique et la part des importations
intra-frme que celle liant le capital humain et
cette même part. Les importations intra-frmes Les entreprises multinationales sont les plus importantes dans le secteur phar-
les plus productives externalisent maceutique, dans le secteur du matériel optique
et photographique et de l’horlogerie ainsi que leurs importations
dans la fabrication d’appareils domestiques.
Ces secteurs sont autant intensifs en capital
ous estimons la probabilité d’importations physique qu’en capital humain. La part des N intra-frme à l’aide de régressions logisti -importations intra-frmes est plus faible dans
ques en effets marginaux. Chaque spécifcation l’industrie du cuir et de la chaussure ainsi que
est estimée avec un ensemble d’effets spécif-dans la construction navale. Ces secteurs ont
ques au produit et au pays d’origine du fux (cf. des intensités capitalistiques faibles.
tableau 4). Les écarts-types sont ajustés pour
l’hétéroscédasticité et la corrélation intra-entre-Le modèle prédit également que les entreprises
prise des résidus (Wooldridge, 2006). multinationales les plus productives externali-
sent leurs importations de biens intermédiaires
si le coût fxe organisationnel est plus faible 6. La liste des secteurs est présentée en annexe.
7. Dans le graphique IV, nous ne considérons que les entreprises en internalisant F > F . C’est l’implication o v
qui importent au moins 80 % du total des importations soit en T2 de notre développement théorique. Nous
outsourcing, O, soit en intra-frme, V. La modifcation de ce seuil
comparons dans un premier temps les distribu- ne change pas qualitativement le résultat.
Tableau 4
Estimation de la probabilité d’importations intra-frme (régressions logistiques en effets
marginaux)
Échantillon total Biens intermédiaires importés
(S1) (S2) (S3) (S4)
Productivité OP - 0,038*** - 0,040*** - 0,037*** - 0,039***i
(0,013) (0,013) (0,014) (0,013)
Intensité capitalistique KL - 0,013 - 0,019i
(0,015) (0,016)
Intensité en capital humain HL 0,028** 0,032**i
(0,012) (0,014)
Constante 0,471 0,509 0,540* 0,071
(0,326) (0,338) (0,277) (0,293)
Observations 64 104 60 811 46 593 44 393
Lecture : erreurs standards robustes entre parenthèses. Cluster au niveau de l’entreprise. ***, **, *, significativement différent de 0 à
respectivement 1 %, 5 % et 10 %. Les spécifications (S1) à (S4) incluent des effets spécifiques au pays et au produit.
Champ : entreprises multinationales française en 1999.
Source : enquêtes EAE et Sessi. Calcul des auteurs.
178 ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 435–436, 2010

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