L'analyse des technologies de l'information et de la communication de Lille Métropole et du Nord-Pas-de-Calais : numéro 6

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Un partenariat a été mis en place entre l'INSEE, l'Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole(ADULM),la CCI Lille Métropole (CCILM), la Chambre régionale de Commerce et d'Industrie (CRCI), DigiPort-TLM et la Direction régionale de l'Industrie et de la recherche (DRIRE) pour favoriser l'apport mutuel de compétences dans le secteur d'activité des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC). Cette volonté se traduit par un outil, destiné à l'ensemble des acteurs de la métropole lilloise et de la région, «l'Observ@toire », dont l'objectif est de mesurer les différents impacts du développement des activités liées aux TIC Ce sixième numéro propose d'aborder les technologies de l'information sous l'angle des territoires. Le renouvellement des problématiques d'aménagement liées à l'arrivée du haut débit, le développement de clusters TIC sur des zones géographiques données ou la création récente des pôles de compétitivité, montrent bien que les dynamiques locales sont au coeur des enjeux économiques. L'atlas transfrontalier fournit une première série de réponses en positionnant le Nord - Pas-de-Calais par rapport à ses voisins immédiats et en mesurant l'importance des TIC dans le tissu économique local. L'Observ@toire a cherché à rendre compte de ces évolutions par des exemples concrets de projets alliant territoires et TIC.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Aménagement numériqueet dynamisme local
3 7Les atlas,outils de connaissancedes territoires• Exemples d’indicateurs TIC• Trois exemplesd’observatoires TIC européens• eAtlas : l’atlas mondialde l’information• Une étude de cas :l’atlas transfrontalier813Les TIC dans les pôlesde compétitivitédu Nord - Pas-de-Calais• Pôle Industries du commerce• Pôle Nutrition Santé Longévité• Pôle Up-Tex1415Chiffres clés
Pour la première fois depuis sa création, L’Observ@toire se proposed’aborder les technologies de l’information sous l’angle des territoires.
Le renouvellement des problématiques d’aménagement liées à l’arrivée duhaut débit, le développement de clusters TIC sur des zones géographiquesdonnées ou la création récente des pôles de compétitivité, montrent bienque les dynamiques locales sont au cœur des enjeux économiques.L’Observ@toire a cherché à rendre compte de ces évolutions par desexemples concrets de projets alliant territoires et TIC.
Ce numéro présente ainsi un travail de benchmarking entre différents outilsde connaissance des territoires. Quelles sont les échelles géographiquespertinentes retenues par les observatoires ? Comment cherchent-ils àmesurer l’impact de la société de l’information sur leur territoire ? Sur tousces points, l’atlas transfrontalier fournit une première série de réponses enpositionnant le Nord - Pas-de-Calais par rapport à ses voisins immédiats eten mesurant l’importance des TIC dans le tissu économique local.L’atlas transfontalier confirme en outre le positionnement enviable du Nord -Pas-de-Calais : le secteur des TIC employait plus de 30 000 salariés etcomptait plus de 3 200 entreprises au 31 décembre 2004, auxquels s’ajou-tent des parcs d’activités de haute technicité, des innovations technolo-giques et un niveau de formation, de recherche et développement conséquent.Toutes ces compétences auront indubitablement joué un rôle dans la labeli-sation de six pôles de compétitivité dans la région. Ceux-ci visent à renou-veler la politique industrielle de la France. L’Observ@toire se penche doncsur l’importance du savoir régional en matière de TIC pour leur mise enplace et leur réussite à venir.Au delà du contenu, ce numéro se veut aussi annonciateur de transforma-tion pour L’Observ@toire. Il marque d’ailleurs une première étape puisqu’ilest pour la première fois également disponible en anglais. D’autres évène-ments doivent suivre : l’INSEE Nord - Pas-de-Calais lancera en 2006 unegrande enquête à destination des entreprises régionales afin de connaîtreles usages qu’elles ont des technologies de l’information et de la communi-cation. Enfin, le partenariat mis en place à ce jour doit prochainement s’élar-gir pour intégrer des acteurs majeurs de notre territoire.
L’équipe de rédaction
N°006 • 2ème semestre 2005
Les atlas, outils de connaissancedes territoires
Il existe une très grande variété d’outils d’observation des de l’inexistence de standards. Par ailleurs, la plupart destechnologies de l’information aux niveaux national, européen outils connaissent des difficultés de pérennité et restent tropet même mondial. Pourtant très peu de pays disposent de souvent concentrés sur l’observation des TIC stricto sensustatistiques officielles sur les TIC, et la plupart des données (infrastructures, pénétration de l’Internet dans les foyers, ...).disponibles ne sont pas comparables sur le plan internatio-nal. De fait, il est à ce jour très difficile d’établir des compa- De façon générale, les indicateurs TIC se regroupent en troisraisons entre les territoires, compte tenu de la diversité des catégories : les indicateurs d’équipement, les indicateursobjectifs des régions, des domaines d’études différents et d’accès, les indicateurs d’usages.Exemples d’indicateurs TIC les plus souvent étudiéspar les observatoires
Les indicateurs d’équipementNiveau d’équipement des foyers (télécoms et Internet, multimédia, informatique)Equipement informatique des entreprises (gestion du parc, équipements de sécurité informatique,logiciels de workflow, ...)Part de l’investissement TIC dans les entreprises
Les indicateurs d’accèsLieux de connexion à InternetMode de connexion à InternetTéléphonie fixe et mobileAccès aux réseaux (couvertures haut débit, concurrence des FAI...)Nombre de points d’accès publics à l’InternetLes indicateurs d’usagesFréquence d’utilisation et les usages d’InternetPratique du commerce électronique (% des sites e-commerce, moyenne des achats sur Internetet nature des produits achetés, ...)Offre de services en ligne pour les citoyens et leurs usagesFormation à l’usage des TICE-learning et pénétration des TIC dans les systèmes éducatifsUtilisation des TIC par les professionnels de la santéTypes d’usages des sites web
Focus :Dans le cadre de ses activités visant à mesurer l’écono- le rôle du secteur des TIC dans le développement éco-mie de l’information, la CNUCED (Conférence des nomique. La CNUCED participe au partenariat mondialNations Unies sur le Commerce et le Développement) sur la mesure des TIC au service du développement.s’intéresse principalement à la façon dont les entreprisesaccèdent aux TIC et les utilisent. Elle étudie égalementSite à consulter : http://measuring-ict.unctad.org
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Les atlas, outils de connaissance des territoires
L’Observ@toire présente ici différents projets visant à mesu- En contrepartie, cette hétérogénéité traduit la difficulté d’ap-rer l’impact des nouvelles technologies. La diversité des préhender d’un seul tenant l’ensemble des composantessujets traités et des approches mises en œuvre dans les liées aux technologies de l’information. Elle reflète aussi lesexemples retenus montrent bien tout le potentiel de décou- obstacles rencontrés en vue d’établir des comparaisonsverte que sous-tend l’observation des TIC. entre différents territoires, en particulier lorsque les défini-tions du secteur varient en fonction de chaque pays.
Trois exemples d’observatoires TIC européens
e-Europe BenchmarkingObjectif :Mise en place d’une évaluation des impacts de la politique e-Europe adoptée par la Commissionen mai 2000.Résultats attendus :Constitution d’une “méthode ouverte de coordination et d’étalonnage” permettant de comparerles effets de l’impact de la Société de l’Information entre 15 Etats membres. 23 indicateurs ont étéchoisis (exemple : le pourcentage de personnes qui utilisent Internet, le nombre de foyer avec accèsà Internet à domicile, les questions de coût de l’Internet, le nombre d’ordinateurs par élève, etc).3 sources ont été utilisées : les indicateurs Eurostat, les enquêtes Eurobarometer, les actionstransversales au sein du programme IST (Internet Society Technologies - www.cordis.lu/ist).e-Europe 2005 portera plus particulièrement sur l’accès haut débit, les services publics en ligneainsi que sur le contenu.Pour en savoir plus :www.eu.int/information_society/eeurope/2002 rking/in _/benchma dex en.htm
Telecities e-citizenship for all European Benchmark Report and AwardObjectif :Analyser et évaluer le développement de la e-citoyenneté et du e-gouvernement dans les villeseuropéennes membres de TeleCities. TeleCities est le réseau des villes européennes engagéesdans la société de l’information et du savoir depuis 1993.Favoriser les échanges entre les villes, stimuler la compétition (remise de TeleCities Awards)et développer des outils de comparaison.Résultats attendus :Partage d’expériences et de bonnes pratiques en matière d’e-gouvernement à travers une enquêteet un palmarès. Enquête annuelle lancée depuis 2003 par Eurocities/Telecities Knowledge SocietyForum et Deloitte & Touche. Echantillon : 102 villes réparties dans 23 pays (29 % viennent des paysde l’Est et 71 % viennent de l’Ouest).5 thèmes retenus en fonction des priorités de travail de TeleCities : l’utilisation et les usages del’Internet, le re-engineering des administrations locales, l’e-learning et la pénétration de l’Internetet des services dans les écoles, la e-security, les systèmes d’informations municipaux et l’e-démocratie.Pour en savoir plus :www.eurocities.org/telecities
eAtlasHistorique :eAtlas est né en automne 2002 à Montréal. Il est le résultat des échanges qui ont eu lieu lorsdu Congrès Global CN Montréal 2002. L’eAtlas est un atlas électronique interrogeant le rapportTIC/territoires et est porté notamment par le Laboratoire GRESOC - Université de Toulouse II.Objectif :Le projet eAtlas a pour vocation de réunir des partenaires selon des aires géographiques spécifiquesou des thèmes particuliers. Actuellement, l’espace le plus investi est celui constitué autour dupartenariat “eAtlasudoe”. Il sera bientôt suivi de deux autres : eAtlas francophone et eAtlas France.Résultats attendus :Analyser et décrire les TIC souvent considérées comme a-territoriaux.Proposer une base de coopération à l’ensemble de la communauté des chercheurs travaillantdans le domaine des TIC.4 entrées thématiques dans la base d’informations de l’eAtlas : les politiques publiques,les usages et usagers, l’économie, la SI en chiffres.Pour en savoir plus :www.eatlas.ws
N°006 • 2ème semestre 2005
eAtlas : point de vue sur l’atlas mondialde la société de l’information
L’Observ@toire TIC :Emmanuel Eveno, vous êtes profes-nous avons un partenariat avec des structures déjà consti-seur à l’Université de Toulouse, directeur du GRESOC ettuées en observatoires (ARDESI pour Midi-Pyrénées ; OASIinitiateur de l’eAtlas et de l’eAtlasudoe. Où en sont-ils à cepour l’Aragon) ou en train de le devenir (la CULT au Portugal)jour ?que nous pouvons prévoir cette actualisation des données.Emmanuel Eveno :eAtlas est un projet à la fois ouvert etL’Observ@toire TIC :L’une des difficultés de l’observation àpragmatique. Nous progressons par étape, en nous efforçantune certaine échelle géographique est constituée par lade constituer des collectifs de travail - les groupes de travail -comparaison entre les données. Comment avez-vous traitécompétents sur des espaces géographiques et/ou descette question ?approches thématiques. On négocie avec des réseaux déjàconstitués en disant à chaque fois qu’eAtlas peut être uneEmmanuel Eveno :Nous envisageons des “Rencontresplate-forme de valorisation de leurs travaux. eAtlasudoe est la d’eAtlas” pour traiter en amont ces problèmes méthodolo-version la plus ambitieuse et la plus avancée du projet, mais giques. Avant même que le travail de production de donnéesc’est aussi une version très spécifique. eAtlasudoe a pour ne soit entamé, il faut effectivement se mettre d’accord sur unobjectif la constitution d’un réseau interégional d’obervatoires grand nombre de critères. A l’idéal, il faudrait au moins unede la SI dans les territoires du sud-ouest européen. “rencontre” à chaque installation d’un groupe de travail. Grâceà l’appui de l’Union européenne dans le cadre d’eAtlasudoe,L’Observ@toire TIC :L’approche originale de l’eAtlas estnous avons déjà eu 2 séminaires méthodologiques entre lesconstituée par le rapport entre TIC et territoire. L’ambition departenaires du projet : l’un à Lisbonne, l’autre à Saragosse. Unl’eAtlas est d’être mondial. Comment parvenez-vous àtroisième est prévu en mai à Toulouse. Pour le groupe de travailconcilier la finesse de l’observation à l’échelle du territoire et“eAtlas francophone”, nous prévoyons une “Rencontre eAtlas”cette couverture internationale ?à Dakar au mois de mars prochain.Emmanuel Eveno :eAtlas repose principa-L’Observ@toire TIC :Comment les terri-lement sur un partenariat entre équipes detoires peuvent-ils concrètement utiliserrecherche en sciences sociales spéciali-eninsetAatulraasnutdoeinnoevnearitl’eAtlas ?sées sur les questions TIC/Sociétés/ un part aTerritoires. Nous nous situons en tant qu’é-diteur scientifique d’analyse en provenanceentdreerdeecsheérqcuhiep,esEaumxméaqnuuipelEvdeenroec:heCrcehsteuentoauutxiladcetsetiunrésdu monde de la recherche en sciencesdes “observatoiresesedudéveloppementterrito-sociales. Nous n’avons pas vocation à pro- publics en chargduire ces analyses mais à les publier, à les rial. La question du transfert des résultatsvaloriser. Dans certains cas, nous voudrionsde la sociétévers les acteurs publics de référence estaussi les susciter. Plusieurs mécanismesde l’information”assez compliquée en fait. Nous testons unsont envisagés. Par exemple, grâce àet des acteurs publicsmodèle dans le cadre d’eAtlasudoe. C’est-à-l’Agence Universitaire de la Francophonie,de référence.”dgiirqeqsue,,nàocuôstéavdoensspsréomgirnaamiremsémdéetshosdéolmoi--nous allons pouvoir subventionner la réali- uesation de thèses de doctorat sur ces ques- naires de transfert” destinés précisémenttionsdansdifférentspaysfrancophonesduSud.Autremodalité,aetuxnaocutseuarllsopnusbtlircasvariéllgeiroànacuex.qNuoeuscelettuerlliivvrrearisoonnsnsooistrréésaullitsaétscelle qui correspond au groupe de travail eAtlasudoe. dans des conditions opti l eeAtlasudoe innove en instaurant un partenariat très exigeant ma es.entre des équipes de recherche, des agences publiques fonc-tionnant comme “observatoires de la société de l’informationL’Observ@toire TIC :Quelles sont les prochaines étapesen région” et des acteurs publics de référence. eAtlasudoe,pour l’eAtlas ?c’est aussi la démonstration qu’à l’intérieur d’eAtlas peuventcohabiter des logiques diversifiées, car il n’est pas envisagéEmmanuel Eveno :Les prochaines étapes sont :que ce modèle de partenariat puisse se généraliser. En revan-Le déploiement de l’eAtlas francophone ntche, si nous n’envisageons pas de le généraliser, nous sou- en commençahaiterionsleprolongeretlétendre.pMarghdreesb;paysdelAfriquesubsaharienneetdespaysduaL’Observ@toire TIC :On sait que la pertinence d’un obser-La création en cours de négociation avec le Ministère devatoire réside notamment dans l’actualisation fréquente desl’Education Nationale, dans le cadre d’un format un peu parti-informations. Comment cette actualisation se fait-elle pourculierquisappelleunProagurapmarmteenPalruiarit-fFormationSi,dungroupel’eAtlas ?de travail qui se consacre rançais. notre propo-sition est retenue, ce groupe aurait la charge de l’organisation etEmmanuel Eveno :La partie “observatoire” dans l’eAtlas se de la valorisation des contributions de la r echerche françaisetrouve en fait dans eAtlasudoe. C’est à ce niveau, et parce que dans le cadre d’eAtlas.
ContactEmmanuel EVENO, Professeur à l’Université de Toulouse II le Miraileveno@univ-tlse2.fr • + 33 (0) 5 61 50 37 02
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Les atlas, outils de connaissance des territoires
Une étude de cas : l’atlas transfrontalierDepuis leur création, les technologies de l’information et de dans le cadre d’un atlas transfrontalier vient confirmer cetla communication se concentrent dans des zones à forte état de fait. Les zones de Bruxelles et Lille figurent en effetactivité économique, correspondant souvent à des pôles parmi les mieux pourvues en termes d’emplois liés aux nou-universitaires. L’analyse publiée récemment par l’INSEE velles technologies pour le territoire étudié.
001- Emplois TIC dans l’espace transfrontalier en 2001
De fortes disparités territorialesLes TIC sont concentrées principalement dans les grandesagglomérations de l’espace transfrontalier. Les zones pos-sédant le plus d’emplois salariés dans ce domaine sont lacapitale belge (33 950 salariés), Halle-Vilvorde (21 610), Lille(17 350) et Anvers (15 360). Une différence est sensible enBelgique, où la Flandre est davantage fournie en emploisrelevant des TIC que la Wallonie : le nombre le plus impor-tant de salariés du secteur dans cette région n’est que de5 000 dans le Brabant wallon. Cette spécificité flamandes’explique en grande partie par une volonté du gouverne-
Sources : ONSS (Belgique) - INSEE (France).
ment flamand de promouvoir ces activités dans l’économiede la région. En France, en dehors de Lille, les zones les pluspourvues en emplois TIC sont celles de Roubaix-Tourcoinget de Metz (5 910 salariés chacune). Globalement, en termesde part du secteur, quatre zones se remarquent tout parti-culièrement en 2001 : Halle-Vilvoorde avec près de 13 % desalariés travaillant dans les TIC, Bruxelles-Capitale avec11,4 %, la région lilloise avec 8,3 % et le Brabant wallonavec 7,8 %.
°N006è2emsemestre0250
Une concentration dans les territoires à forte activité économiqueIl semble se dégager une relation entre activité économique en recherche et développement, comme la présence dedense et forte implantation des TIC. Bruxelles et Lille sont en pôles universitaires, semblent ainsi favoriser le développe-effet des métropoles très pourvues en emplois TIC pour ment des TIC.deux raisons principales. D’une part, en plus de la fonctionde ville capitale pour Bruxelles, elles ont des facilités d’ac- Une vingtaine de zones ont une part d’emplois consacréecès et d’échanges avec les capitales anglaise et française aux technologies de l’information et de la communicationgrâce aux réseaux autoroutier et ferroviaire. D’autre part, en comprise entre 4 % et un peu plus de 7 %. Parmi elles, etraison de la taille des régions lilloise et bruxelloise, les éta- par ordre décroissant : Malines et Metz, qui a été une desblissements exerçant une activité TIC dans ces territoires premières villes françaises à se lancer dans les TIC et resteont la possibilité d’être à proximité de leurs clients et de encore bien positionnée dans ce domaine. Longwy, Louvain,leurs fournisseurs, voire de leurs donneurs d’ordre, ce qui Audenarde et Anvers complètent la liste. La proportion rela-constitue un atout non négligeable. Anvers, avec ses activi- tivement importante d’emplois TIC dans ces zones peuttés portuaires, est aussi idéalement située à proximité des s’expliquer de deux façons. Certaines d’entre elles profitentmarchés et au centre d’une concentration de transactions. de la proximité géographique de Lille ou Bruxelles et de leurEn plus de ces facteurs traditionnels de localisation, l’origi- attractivité. Les zones de Malines, Louvain, Charleroi,nalité du secteur des TIC est de rechercher une main-d’œu- Roubaix-Tourcoing et le Douaisis sont dans ce cas. D’autresvre hautement qualifiée, ainsi qu’un environnement favori- zones comme Mons, Longwy, Metz, Reims, Anvers, lesant la créativité et la circulation des idées, fourni le plus Calaisis et le Boulonnais présentent une proportion d’em-souvent par les grandes agglomérations. La concentration plois TIC relativement élevée du fait d’une population assezcapitalistique et la densité de capital humain en formation et importante qui suppose un tissu productif dense.
MéthodologieLes activités relevant du secteur des Technologies de retenu dans les précédents numéros de L’Observ@toire1,l’Information et de la Communication (TIC) sont très c’est donc sur cette base qu’a été calculée la part desvariées et relèvent à la fois de l’industrie, du commerce et salariés travaillant dans les Technologies de l’Informationdes services. La définition établie par l’OCDE permet de et de la Communication.contourner cette difficulté. Conformément au parti pris
Le périmètre de l’atlas transfrontalierLa configuration territoriale entre le Nord - Pas-de-Calais et optique qu’a été décidé le projet d’un atlas transfrontalierles régions belges de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles- franco-belge2. Il porte sur un périmètre d’observation quiCapitale, marquée par une continuité géographique mais abrite 22 millions d’habitants, comprenant la région Nord -aussi humaine et culturelle, a conduit tout naturellement au Pas-de-Calais, la région Wallonne, la région de Flandre, ladéveloppement de la coopération transfrontalière, notam- région Bruxelles-Capitale et des zones limitrophes en fortement depuis une quinzaine d’années. Dans le cadre de l’ini- interaction transfrontalière reprenant une partie de latiative communautaire Interreg lancée en 1989, de nom- Picardie, de la Champagne-Ardenne, de la Lorraine, du sudbreuses démarches se sont développées. La multiplicité des Pays-Bas et de l’ouest de l’Allemagne. Par souci d har-des projets culturels, économiques, éducatifs, environne- monisation, le troisième niveau de la nomenclature euro-mentaux ou touristiques illustre dans les faits la diversité péenne des unités territoriales (Nuts) a été retenu commedes domaines où la coopération transfrontalière s’exerce, unité d’observation, sauf en France où un maillage plus fin,ainsi que la volonté des partenaires institutionnels d’accroî- celui des zones d’emploi, satisfait davantage à l’exigencetre les échanges et de renforcer les liens. C’est dans cette de comparabilité de l’étude.
Le cahier “Activités économiques”Le cahier “Activités économiques” de l’Atlas transfronta- la Région Wallonne, en partenariat avec la Direction de lalier constitue le troisième tome d’une série de neuf ouvra- Prospective, du Plan et de l’Evaluation de la Région Nord -ges thématiques commandités par une structure partena- Pas-de-Calais). Ce cahier a été élaboré conjointement parriale franco-belge composée d’institutions nationales et l’Institut National de la Statistique et des Etudesrégionales (Direction régionale de l’Equipement du Nord - Economiques (Insee), l’Institut Wallon de StatistiquePas-de-Calais, Direction Générale de l’Aménagement du (IWEPS) et le Service Régional de Statistiques AgricolesTerritoire, du Logement et du Patrimoine du Ministère de (Srsa).
1- Voir “Que recouvrent les Technologies de l’Information et de la2- Atlas transfrontalier - Tome 3 : Activités économiques, décembrecommunication ?”, fiche associée à “L’Observ@toire n°3”. 2005.
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Les TIC dans les pôlesde compétitivitédu Nord - Pas-de-Calais
Marcq-en-Barœul
PÔLE INDUSTRIES DU COMMERCEFiche signalétique du pôlePlace des technologiesde l’information au sein du pôleLa création du pôle de compétitivité se fonde bien évi-demment sur une concentration unique en Europe desièges sociaux liés à la distribution et à la Vente ADistance (VAD). Mais elle correspond également à unepériode charnière. Du fait de l’apparition de nouvellesproblématiques, tant internes qu’externes, la distributionne peut se résumer à la seule fonction d’intermédiaireentre producteur et distributeur.Tout au contraire, les distributeurs sont amenés à créerune chaîne de valeur particulièrement complexe, met-tant en jeu de multiples activités (logistique et entrepôts,livraison, informatique, industries graphiques, étudesmarketing, etc).Toutes ces fonctions sont essentielles afin d’améliorerle positionnement concurrentiel des entreprises et pourcréer une véritable valeur ajoutée dans les produits pro-posés au client.Or, le recours aux nouvelles technologies apparaîtcomme une composante incontournable de l’ensemblede ces activités supports à la distribution. De fait, lesTIC sont véritablement au cœur des 4 axes de recher-che inscrits dans le dossier industries du commerce (cf.tableau002).
Réalisation : CCILM - Département Etudes et ProjetsLibellé exact :Industries du commercePorteur du Projet :Pôle distribution(association professionnelle)Acteurs impliqués :Entreprises :Auchan, 3 Suisses, La Redoute, Leroy Merlin, Decathlon et17 autres distributeurs ; IBM et 8 autres entreprises deservices.Laboratoires :Université Lille I, Ecole Centrale de Lille, Hautes EtudesIndustrielles (H.E.I.), Institut National de la Recherche enInformatique et Automatique (INRIA) et 5 autres écoles d’in-génieurs, Université Lille II, IESEG, EDHEC et ESC-Lilleregroupés au sein du Centre International de Recherche,d’Echange et d’Information sur la Distribution (CIREID).Instituts / écoles :Centres de formation de la CCI Lille Métropole, InstitutEuropéen du Marketing Direct (IEMD), Universités de Lille etles écoles d’ingénieurs et de commerce citées ci-dessus.Secteur / Filière / Thème :Distribution, TIC, e-services, logistique, GRC (Gestion de laRelation Client), réalité virtuelle.
N°006è2mesemestre2005
Un pôle de compétitivité se définit par la combinaison sur un A l’issue du CIADT du 12 juillet 2005, 67 pôles ont été labelli-espace géographique donné, d’entreprises, de centres de for- sés sur les 105 dossiers déposés.mation et d’unités de recherche publiques ou privées, engagés L’Observ@toire se propose d’apporter un éclairage innovantdans une démarche partenariale pour dégager des synergies sur les six pôles présents en Nord - Pas-de-Calais, en focali-autour de projets innovants. sant sa présentation sur le rôle des technologies de l’informa-L’objectif ainsi poursuivi est d’accroître la compétitivité de l’in- tion au sein de ceux-ci. A noter qu’outre les trois pôles déve-dustrie française. Pour ce faire, l’Etat prévoit un investissement loppés ici, le pôle I-Trans, le pôle aquatique et le pôle matériauxde 1,5 milliard d’euros en direction des pôles ainsi que des à usage domestique feront l’objet d’une présentation dans leavantages fiscaux pour les entreprises adhérentes. prochain numéro de L’Observ@toire.
002- Les axes de recherche du pôle Industries du commerce
Management et RH(incluant la dimension multiculturelle)Technologies et stratégies logistiques(modélisation, simulation, optimisation)Systèmes de communication (RFID…),interopérabilité et convergence des systèmesSystèmes d’aide à la décisionDématérialisation des flux
Droit et socio-économie du commerceet de la distributionMarketing multi-canal et CRMModélisation / Scoring / Prévisiondes comportements des consommateursMesure de l’efficacité des systèmesde communication
Outils de veille Internet Nouveaux usages et création d’univers(sensoriels…)Deattatrmaiitneg,mednattadewsardeohnonuésiensgSimulation,modélisationetréalitévirtuelleModèl(eKdneowgleesdtigoenMdeasnacgoenmnaeinsts)ancesConvergencesdesterminauxetmobilitéSystèmes d’information avancés Management à distance et e-learningPlates-formes d’expérimentations,Infrastructures et capacités de calcul tests et démonstrationsSource : Réponse à l’appel à projet “Pôle de compétitivité” - 28 février 2005.L’optimisation de la chaîne logistiqueimplique parLa gestion et le traitement de l’informationimpliquentexemple une meilleure traçabilité des produits via la RFID des outils technologiques de plus en plus puissants afin de cor-(Radio Frequency IDentification) afin d’améliorer la qualité et la réler, traiter et stocker l’ensemble des informations à dispositionsécurité des produits et permettre, in fine, de rassurer le des entreprises de distribution, notamment en back-office.consommateur. Parallèlement, pour l’industriel, elle doit per-mettre de réduire les pertes et d’optimiser la chaîne logistique.Enfin,le développement des e-servicesest à lui seul undes axes stratégiques retenus par le pôle. Ce dernier doit per-Le développement de la relation clientpasse par une mettre de favoriser les simulations et le développement depersonnalisation accrue, tant au niveau de l’offre de produits réalité virtuelle facilitant l’acte d’achat (développement de man-proposés, que par rapport aux politiques mises en œuvre en nequins virtuels) ou bien encore permettre d’introduire de nou-termes de fidélisation. Les grands distributeurs et les VADistes velles formes d’e-marketing pour rendre les produits plusont depuis longtemps compris l’intérêt de ces enjeux avec la attractifs (exemple du développement de sites avec un voletGRC (Gestion de la Relation Client). Les travaux s’orientent sensoriel).également vers d’autres pistes comme des outils combinant demanière complémentaire des canaux différents (exemple desGSM, PDA) afin de toucher un client potentiel au moment leplus opportun. Ou bien encore, vers des portails de vente enligne affichant automatiquement les centres d’intérêts du Informations recueillies auprès de Patrick Brunier.consommateur.Contact Industries du commercePatrick BRUNIER, Chef de projet •+ 33 (0)3 20 99 24 62 - www.citeonline.org
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PÔLE NUTRITION SANTÉ LONGÉVITÉFiche signalétique du pôleConvergence des filières TICet santéLe pôle Nutrition Santé Longévité est le fruit du rappro-chement de la communauté scientifique d’excellence etdes industriels des secteurs de biotechnologies de santéhumaine et de l’agroalimentaire. Il a pour objectif de favo-riser en région Nord - Pas-de-Calais la croissance éco-nomique par la création et le développement de procédéset de produits innovants dans les domaines :De la prévention, via la nutrition, et du traitement desmaladies métaboliques, cardio-vasculaires et associées,De la prévention et du traitement des maladies liées auvieillissement.Ce projet s’appuie sur le G.I.E Eurasanté pour l’animation etla gestion opérationnelle du pôle de compétitivité, notammentpour l’assistance au montage de dossiers de financement,les opérations de promotion et de communication, l’organi-sation d’évènements et la production ou fourniture d’études.Depuis le 16 décembre 2005, il se présente sous la formed’une association loi 1901 (Association Pôle deCompétitivité Nutrition Santé Longévité).L’utilisation des technologies de l’information à des finsmédicales existe déjà : le partage du dossier du patient surInternet, les systèmes embarqués, les technologies sans filau chevet du patient… Au sein du pôle Nutrition SantéLongévité, les TIC permettront d’accélérer la compétitivitégrâce à l'apport d'outils d'information, de communication etd'aide à la décision à forte valeur ajoutée. D’autre part, lesentreprises de santé orientées services devront réaliserd’importants investissements pour constituer et développerleurs propres plates-formes technologiques.Les TIC pour répondre àl’explosion des données biologiquesL’explosion des données génomiques et protéomiques (quise chiffrent en milliards d’euros et se doublent tous lesdeux mois) et le développement de la biologie entraînent laconvergence rapide des sciences du vivant et des techno-logies de l’information. Les scientifiques doivent pouvoirdisposer d’outils d’aide à la décision qui leur permettent demettre en relation les données et de mettre à jour lesmécanismes cellulaires. Les techniques biologiques utili-sent de plus en plus des processus à très haut débit d'in-formations (puce à ADN, analyse de génomes complets,criblage très haut débit…). L'informatique devient unoutil indispensable pour analyser cesmasses de données trèscomplexes.
. Lille
Réalisation : CCILM - Département Etudes et ProjetsLibellé exact :Nutrition, Santé, LongévitéPorteur du Projet :GIE EurasantéActeurs impliqués :Entreprises :Beghin Meiji, Bonduelle, Cellial Technologies, Genfit /Cardialpha, Genoscreen, Ingredia, Kalys, Leroux, Lesaffre,MacoPharma, McCain, Merck Santé, Roquette, SuperDiet,Tereo, Westhove.Recherche et enseignement supérieur :Institut Supérieur d'Agriculture, Fédération Universitaire etPolytechnique de Lille, Université de Lille I, Université deLille II, Université d'Artois, Fondation Cœur et Artères, InstitutPasteur de Lille, CHRU de Lille.Les partenaires locaux :Pôle des Industries Alimentaires (PIA), CERTIA interface.Secteur / Filière / Thème :Santé, Médecine, BiotechnologiesChiffres clés :35 acteurs- Dont 20 entreprises totalisant 18 000 emplois, parmi les-quels 650 chercheurs sur les thématiques du pôle,- Et 15 institutions, soit 1 800 chercheurs en Science duvivant.Plus de 40 projets collaboratifsde recherche à ce jour.2 500 nouveaux emplois prévusd’ici 2010.
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d-e-Calais°N0062èm
L’enjeu de la bio-informatiqueLes progrès enregistrés dans le domaine de l’informatique etdes TIC, combinés à la biologie, ont permis l’émergence de labio-informatique. La bio-informatique a pour objectif d’accélérerle déchiffrage des génomes, la lecture et l’analyse de l’infor-mation génétique. Il s’agit d’un domaine de recherche récent,qui associe la biologie moléculaire à l'informatique et auxmathématiques. La bio-informatique cherche ainsi à faire pro-gresser les connaissances sur le fonctionnement des organis-mes vivants. Dans le cadre du pôle, un des enjeux de la bio-informatique consiste à solutionner l’explosion des données.Impliquée dans le pôle, la société lilloise IT.Omics(www.it-omics.com) développe et commercialise des solu-tions bio-informatiques qui mettent en valeur le procédé dedéveloppement de nouvelles molécules. Utilisant des techno-logies de pointe de l'exploitation de données, de l'analyse etde la gestion de la connaissance, elles offrent une meilleurecompréhension de la pathogenèse des maladies et desmécanismes d’action des candidats médicaments, un accèsrapide et facilité aux principales sources d’information de lalittérature scientifique pour aider les chercheurs à sélection-ner en priorité les meilleures cibles pour le développement denouveaux produits thérapeutiques.Dans le cadre du pôle, les sociétés spécialisées en bio-infor-matique vont accompagner les sociétés de biotechnologies etles laboratoires pharmaceutiques, en les aidant à :Améliorer la productivité de leur R&D ;Diminuer les coûts liés à la découverte de nouveaux médi-caments ;
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Réduire les temps de développement des molécules appe-lées à être mises sur le marché.“Notre solution de bioanalyse, baptisée LS-Graph, a pourmission d’aider les biologistes à mieux comprendre parexemple comment certains gènes sont impliqués dans lesmécanismes d'apparition et de développement d'une mal adie,ou encore, à identifier le mécanisme d’action d’un candidatmédicament. Au final, nos solutions sont un des maillons quipermettent de raccourcir le délai de développement d’unenouvelle molécule”, explique Emmanuel Jospin, directeurgénéral de IT.Omics. Toutefois, ce qui est vrai pour l’universpharmaceutique, se vérifie aujourd’hui dans l’industrie agroa-limentaire. C’est la raison pour laquelle IT.Omics offre aujour-d’hui ses services à cette industrie :“En collaboration avecCardiAlpha, autre entreprise du pôle Eurasanté, spécialiséedans l'architecture d'essais cliniques, nous commençons àorienter nos recherches afin d’aider les chercheurs dans ledomaine complexe des levures mais également des plantes.L’industrie pharmaceutique et le secteur agroalimentaire sonten passe de converger face à des enjeux communs commela lutte contre le développement des maladies cardio-vascu-laires, analyse-t-il. Convergence, voilà le maître mot. Il incar-ne à lui seul le pôle de compétitivité Nutrition SantéLongévité, lequel rassemble et stimule des industriels venusd’horizons divers.Informations recueillies auprès d’Emmanuel Jospin,Directeur Général IT.Omics
003- Les axes stratégiques du pôle Nutrition Santé LongévitéDéveloppement de biomolécules innovantes pour prévenir et traiter les désordres métaboliqueset les maladies associéesDéveloppement des partenariats public - privéDéveloppement des rapprochements agroalimentaire - biotech pour la mise au point d’aliment - santéRenforcement des collaborations pharma - biotech pour la mise au point de nouvelles solutions thérapeutiquesDéveloppement des biomolécules innovantes pour prévenir et traiter les maladies neurodégénérativesRenforcement de l’expertise et des moyens de la recherche académiqueDéveloppement des partenariats public - privéDéveloppement des zones d’activités, de l’offre d’hébergement et d’expertise spécialisésDéveloppement du parc d’activités EurasantéConstruction d’un deuxième d’hôtel d’entreprises spécialisées (Programme Bio-essaimeur)Améliorer les conditions de financement des jeunes entreprises du pôleRenforcement des capacités d’intervention des outils de financement d’amorçage du pôleConforter les actions d’Action Economique et de Promotion Internationale du GIE EurasantéAccompagnement du développement commercial et technologiqueAssistance des établissements de recherche en matière de valorisation économique et des créateurs d’entrepriseOrganisation bisannuelle du Carrefour Européen des biotechnologiesSource : Réponse à l’appel à projet “Pôle de compétitivité” - 28 février 2005.Contact Nutrition Santé LongévitéEtienne VERVAECKE,Directeur GIE Eurasanté+ 33 (0)3 28 55 90 60 - www.eurasante.com
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