La conjoncture en Basse-Normandie au deuxième trimestre 2012. L’intérim victime du fléchissement de l’activité

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Cent pour cent Basse-Normandie La conjoncture en Basse-Normandie au deuxième trimestre 2012 L’intérim victime du fléchissement de l’activité La Basse-Normandie a connu un fléchissement de son activité économique au deuxième tri- CONTEXTE NATIONAL mestre 2012, lié au ralentissement de la consommation des ménages et de la demandePour le second trimestre consécutif, la internationale. croissance du PIB a été nulle. L’activité s’est repliée dans l’industrie entrai-Les dépenses de consommation des ména- nant une baisse des effectifs permanentsges ont stagné, bien que leur pouvoir d’a- (- 0,3 %) et intérimaires. L’industrie agroali-chat ait augmenté de 0,2 % après trois mentaire a été une des rares branches à béné- trimestres consécutifs de baisse. ficier d’une demande soutenue et à renforcer ses effectifs salariés (+ 0,4 %).Après un repli au premier trimestre, les in- vestissements ont repris (+ 0,5 %). Les im- Connaissant un ralentissement tant dans le bâ- portations ont accéléré tandis que les timent que dans les travaux publics, le secteur exportations sont restées peu dynamiques. de la construction a continué à diminuer ses ef- fectifs (- 0,6 %). Sur un an, plus de 500 emploisLe taux de marge des entreprises s’est éta- permanents ont disparu, notamment parbli à 28,1 %. Il a progressé pour la première non-remplacement de départs à la retraite. fois depuis le troisième trimestre 2010.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Cent pour cent
Basse-Normandie
La conjoncture en Basse-Normandie
au deuxième trimestre 2012
L’intérim victime du fléchissement de l’activité
La Basse-Normandie a connu un fléchissement
de son activité économique au deuxième tri-
CONTEXTE NATIONAL
mestre 2012, lié au ralentissement de la
consommation des ménages et de la demandePour le second trimestre consécutif, la
internationale.
croissance du PIB a été nulle.
L’activité s’est repliée dans l’industrie entrai-Les dépenses de consommation des ména-
nant une baisse des effectifs permanentsges ont stagné, bien que leur pouvoir d’a-
(- 0,3 %) et intérimaires. L’industrie agroali-chat ait augmenté de 0,2 % après trois
mentaire a été une des rares branches à béné-
trimestres consécutifs de baisse.
ficier d’une demande soutenue et à renforcer
ses effectifs salariés (+ 0,4 %).Après un repli au premier trimestre, les in-
vestissements ont repris (+ 0,5 %). Les im-
Connaissant un ralentissement tant dans le bâ-
portations ont accéléré tandis que les
timent que dans les travaux publics, le secteur
exportations sont restées peu dynamiques. de la construction a continué à diminuer ses ef-
fectifs (- 0,6 %). Sur un an, plus de 500 emploisLe taux de marge des entreprises s’est éta-
permanents ont disparu, notamment parbli à 28,1 %. Il a progressé pour la première
non-remplacement de départs à la retraite.
fois depuis le troisième trimestre 2010.
Dans les services, le climat des affaires s’est éga-Les secteurs marchands perdent des em-
lement dégradé, avec une activité commercialeplois au deuxième trimestre 2012 : - 22 400
terne et une fréquentation touristique con-postes après + 22 800 le trimestre précé-
trariée par une météo défavorable. Au final, le
dent. Hors intérim, les destructions d’em-
secteur des services marchands hors intérim ac-
ploi marchand atteignent 3 500 postes. cuse une baisse de ses effectifs de 0,4 %.
Ainsi, sur un an, les secteurs principale-
ment marchands ont détruit près de 40 000 Première variable d’ajustement, l’intérim a été
postes (- 0,2 %). fortement touché par l’atonie générale de l’ac-
tivité économique (- 6 %).
Le taux de chômage au sens du BIT s’établit
à 10,2 % de la population active en France, Au total, en valeur corrigée des variations sai-
y compris Dom. Pour la France métropoli- sonnières, l’emploi dans les secteurs mar-
taine, avec 2,8 millions de personnes au chands non agricoles s’est sensiblement
chômage, le taux de chômage s’élève à dégradé au deuxième trimestre 2012 (- 0,7 %).
9,7 %. En hausse de 0,1 point, il se situe à
En augmentation de 0,1 point, le taux de chô-son niveau de 1999.
mage s’est établi à 9,2 % de la population active.
Alain COËNON, Anne-Solange GONY,
Matthieu BOIVIN, Insee
Cent pour Cent Basse-Normandie n° 232 - octobre 2012 1
n° 232 - octobre 2012
ConjonctureConjoncture régionale au deuxième trimestre 2012
L’activité industrielle reste morose
Après cinq mois de baisse, l’activité industrielle tend à se redresser
en fin de trimestre. Elle reste cependant très insuffisante et se tra-
duit par un taux d’utilisation des capacités de production très en
deçà de sa moyenne de longue période, notamment pour le maté-
riel de transport.
Compte tenu d’un environnement macroéconomique morose, les
chefs d’entreprises anticipent un nouveau fléchissement de l’activi-
té. Des périodes de chômage partiel pour la fin de l’année sont pré-
vues, intérimaires et personnel sous contrat à durée déterminée ne
suffisant plus à ajuster l’outil de production au niveau d’activité.
Des carnets de commande en repli
Les carnets de se dégradent encore au second trimestre.
L’activité de production de matériel de transport est particulière-
ment affectée par cette baisse de la demande alors que la fabrica-
tion de denrées alimentaires et de boissons reste mieux orientée.
Mais au fil du second trimestre, ce sont toutes les branches de l’in-
dustrie qui ont vu leurs prises d’ordre diminuer. De fait, en juillet, les
chefs d’entreprises jugent le niveau des carnets de commande in-
suffisant dans l’ensemble des secteurs industriels.
Ce repli est essentiellement imputable à la faiblesse de la demande
intérieure.
La baisse d’activité se poursuit dans la construction
Les entreprises du bâtiment accusent une nouvelle baisse d’activité.
Le marché de l’entretien-amélioration peine à se maintenir dans un
contexte d’essoufflement de la demande du secteur privé et de
poursuite du repli de la demande publique.
En un trimestre, la durée moyenne des carnets de commande passe
de 4,4 à 4 mois. Les prix restent orientés à la baisse. De plus en plus
d’entreprises rencontrent des difficultés de trésorerie : les délais de
paiement des clients s’allongent alors que les délais fournisseurs
sont contraints par les dispositions de la loi LME (loi de Modernisa-
tion de l’Économie) qui encadre les délais de paiements.
L’activité pourrait encore se dégrader dans les prochains mois, les
professionnels anticipant une demande faible tant des particuliers
que du secteur public.
2Conjoncture régionale au deuxième trimestre 2012
Moins de créations d’entreprises
Le nombre de créations d’entreprises bas-normandes repart à la
baisse au second trimestre. En données corrigées des jours ouvra-
bles et des variations saisonnières, les créations d’entreprises se
contractent de 6,4 % par rapport au premier trimestre 2012. Les
créations hors auto-entrepreneurs sont en premier lieu responsa-
bles de ce déclin (- 14,5 %). Les créations d’auto-entreprises enregis-
trent quant à elles un léger fléchissement (- 0,8 %), mais
représentent près de deux créations sur trois.
L’emploi salarié de nouveau orienté à la baisse
Après une accalmie au premier trimestre, l’emploi salarié bas-nor-
mand baisse sensiblement au deuxième trimestre 2012 (- 0,7 %).
Cette dégradation s’explique d’abord par une diminution des effec-
tifs intérimaires (- 6,5 %). Mais des emplois permanents sont aussi
détruits (- 0,4 %) et ce, dans tous les secteurs. L’emploi salarié en
Basse-Normandie est donc toujours loin de retrouver son niveau
d’avant la crise. Depuis le pic du quatrième trimestre 2007, plus de
12 000 emplois ont été détruits, pour une large majorité dans l’in-
dustrie et l’intérim.
Augmentation du taux de chômage et des demandes
d’emploi
Le taux de chômage régional au sens du Bureau International du Tra-
vail s’établit en moyenne au deuxième trimestre à 9,2 % de la popu-
lation active (9,7 % en France métropolitaine), en augmentation de
0,1 point par rapport au trimestre précédent.
Cet accroissement du chômage s’accompagne d’une hausse des de-
mandes d’emploi en fin de mois. Ainsi, fin juin, le nombre d’inscrits à
Pôle Emploi en catégorie A atteignait 60 900 personnes en données
corrigées des variations saisonnières. Cette détérioration des de-
mandes d’emploi en fin de mois concerne particulièrement les plus
de 50 ans, qui représentent plus d’un demandeur d’emploi sur cinq.
Cent pour Cent Basse-Normandie n° 232 - octobre 2012 3
3Conjoncture régionale au deuxième trimestre 2012
La fréquentation hôtelière pénalisée par la météo
Au deuxième trimestre, la fréquentation hôtelière a baissé de 6,6 %
par rapport à 2011. Les nuitées de la clientèle française diminuent
de 7 %, celles de la clientèle étrangère de 5 %. Le taux d’occupation
baisse sensiblement, passant de 64,3 % à 59,5 %. L’évolution de la
fréquentation est très différenciée selon les catégories d’hôtels,
mais elle est à mettre en regard de l’évolution de l’offre de cham-
bres par catégorie dans un contexte de nouvelle classification des
hôtels : - 23 % pour les hôtels de 0-1 étoile et de 2 étoiles, dépassant
la diminution de l’offre de 16 %. Les 3 étoiles et plus, quant à eux,
ont vu leur fréquentation croître de 23 % alors que l’offre s’est ac-
crue de 30 %. Parmi ces derniers, les hôtels de 4 et 5 étoiles bénéfi-
cient d’une hausse encore plus importante (+ 47 %), équivalente à
l’augmentation du nombre de chambres offertes.
Rédaction achevée le 10 octobre 2012
De quoi parle-t-on ?
DIRECTION RÉGIONALE
DE L'INSEE
Les indices trimestriels d’évolution de l’emploi salarié que produit l’Insee au niveau
DE BASSE-NORMANDIE
national et local sont issus du dispositif Epure. La source Epure est construite à partir
de trois sources administratives de trois partenaires : l’Urssaf, la MSA, et la DGFIP qui
gère le traitement des fichiers de paye des trois fonctions publiques. Ainsi, constitué 5 rue Claude Bloch
des établissements de toutes tailles employant des salariés et relevant du régime gé- BP 95137
néral de sécurité sociale ou d’un régime assimilé, le champ Epure couvre la quasi-tota- 14024 CAEN cedex
lité de l’emploi salarié. Tél.:0231457333
Le taux de chômage, calculé en moyenne trimestrielle, est estimé au sens du Bureau www.insee.fr/basse-normandie
International du Travail (BIT) à partir de l’Enquête Emploi en continu et en adoptant les
critères européens. Est définie comme chômeur toute personne qui déclare ne pas Directrice de la publication :
avoir travaillé au cours d’une semaine déterminée, être à la recherche active d’un em- Maryse CHODORGE
ploi et être disponible dans les 15 jours qui suivent pour prendre un travail.
Service études et diffusion :
Un demandeur d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie A est une personne sans Julien BECHTEL
emploi tenue de faire des actes positifs de recherche d’emploi.
Rédacteur en chef :
Le taux d’utilisation des capacités de production industrielle, le niveau des carnets Didier BERTHELOT
de commande et des stocks sont calculés à partir de l’enquête de conjoncture réalisée
tous les mois par la Banque de France. Le premier indicateur est une moyenne d’une Composition PAO :
variable numérique, les deux autres sont des soldes d’opinions (une valeur proche de Françoise LEROND
0 indique une relative égalité des réponses à la hausse par rapport aux réponses à la Marie-Isabelle LARDET
baisse). L’agrégation des réponses est faite selon le poids de chaque unité répondante
au sein de la branche (en termes d’effectifs et de chiffres d’affaires), ensuite par le Attaché de presse :
poids respectif du secteur dans le total. Cette enquête de conjoncture est réalisée Philippe LEMARCHAND
chaque mois auprès de 150 entreprises représentatives de l’industrie régionale. 02 31 15 11 14
© Insee 2012
Cette analyse trimestrielle est réalisée par la Direction régionale de l'Insee de
Basse-Normandie, en lienaveclaBanque deFrance.
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