La conjoncture en Basse-Normandie au premier trimestre 2011. L'activité repart mais pas l'emploi

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La conjoncture en Basse-Normandie au premier trimestre 2011 L’activité repart mais pas l’emploi Au premier trimestre 2011, le PIB augmente de 0,9 %, après + 0,3 % au quatrième trimestre 2010. C’est la plus forte progression observée de- puis le deuxième trimestre 2006. La hausse de la production manufactu- rière est la plus forte de ces trente Au premier trimestre, l’activité de l’économie bas normande s’est accélérée dans ladernières années (+ 3,4 % après plupart des secteurs d’activité. Dans l’industrie, la demande globale, comme la de-+ 0,7 %). Elle est portée par le rebond mande étrangère, est restée soutenue. Le taux d’utilisation des capacités de pro-de la production de produits raffinés, duction a progressé légèrement, même s’il reste toujours inférieur à son niveauet par l’accélération de l’activité dans moyen de long terme. Tous les secteurs industriels tirent profit de cette embellie.la plupart des secteurs industriels. Si L’activité dans l’industrie automobile, quoiqu’en léger recul, est cependant restéeles exportations sont dynamiques, les ferme en début d’année. Début 2011, elle a bénéficié de l’effet de traîne de la primeimportations s’accroissent plus vive- à la casse en raison des délais de livraison nécessaires pour honorer les nombreusesment encore, entraînant de nouveau commandes de fin d’année. La production est restée dynamique dans les industriesune détérioration du solde commercial. agroalimentaires, notamment dans l’industrie des viandes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La conjoncture en Basse-Normandie
au premier trimestre 2011
L’activité repart
mais pas l’emploi
Au premier trimestre 2011, le PIB
augmente de 0,9 %, après + 0,3 %
au quatrième trimestre 2010. C’est la
plus forte progression observée de-
puis le deuxième trimestre 2006. La
hausse de la production manufactu-
rière est la plus forte de ces trente
Au premier trimestre, l’activité de l’économie bas normande s’est accélérée dans ladernières années (+ 3,4 % après
plupart des secteurs d’activité. Dans l’industrie, la demande globale, comme la de-+ 0,7 %). Elle est portée par le rebond
mande étrangère, est restée soutenue. Le taux d’utilisation des capacités de pro-de la production de produits raffinés,
duction a progressé légèrement, même s’il reste toujours inférieur à son niveauet par l’accélération de l’activité dans
moyen de long terme. Tous les secteurs industriels tirent profit de cette embellie.la plupart des secteurs industriels. Si
L’activité dans l’industrie automobile, quoiqu’en léger recul, est cependant restéeles exportations sont dynamiques, les
ferme en début d’année. Début 2011, elle a bénéficié de l’effet de traîne de la primeimportations s’accroissent plus vive-
à la casse en raison des délais de livraison nécessaires pour honorer les nombreusesment encore, entraînant de nouveau
commandes de fin d’année. La production est restée dynamique dans les industriesune détérioration du solde commercial.
agroalimentaires, notamment dans l’industrie des viandes. Face à cette plus grande
Les dépenses de consommation sollicitation de l’appareil productif, les entreprises ont accéléré leurs dépenses d’in-
des ménages accélèrent, celles en vestissement, dans un contexte de taux d’intérêt toujours bas.
services rebondissent, notamment
dans l’hébergement-restauration. La Les activités de services ont aussi répondu à une demande soutenue, notamment
consommation en produits manufac- dans les transports et les services administratifs et de soutien. Activité dynamique
turés reste soutenue, malgré le ralen- aussi dans l’hôtellerie dont la fréquentation croît de 8 % par rapport à l’an dernier.
tissement des achats d’automobiles.
Dans le secteur du bâtiment, l’amélioration observée au niveau national tarde à seA contrario, l’investissement des mé-
confirmer dans la région.nages s’est replié au premier tri-
mestre 2011.
Pourtant, l'accélération de l’activité au premier trimestre ne s’est pas traduite par
une amélioration de l’emploi. Sur ce plan, la Basse-Normandie est à contre-courantL’investissement des entreprises a
de la moyenne des régions françaises. En effet, les entrepreneurs bas-normands ju-nettement augmenté au premier tri-
gent leurs marges encore très dégradées et visent à les rétablir en limitant les em-mestre, tandis que le rythme des créa-
tions d’emplois a été plus soutenu qu’au bauches. L’embauche d’intérimaires plus nombreux n’a pas suffi à compenser les
trimestre précédent, principalement pertes d’effectifs permanents dans tous les secteurs d’activité.
concernant l’emploi marchand hors in-
Parallèlement, le taux de chômage augmente légèrement (+ 0,1 point), alors qu'iltérim. Sur un an, l’emploi salarié des
décroît au niveau national.secteurs marchands a augmenté de
1,1 %, soit 181 700 emplois supplé- Selon les chefs d’entreprises, le début du deuxième trimestre a marqué un ralen-
mentaires.
tissement de l’activité dans l’industrie. La hausse des prix des matières premières
importées pèse sur les coûts des entreprises et sur le pouvoir d’achat des consom-En moyenne sur le premier tri-
mateurs. De plus, le séisme survenu au Japon provoque des difficultés d’approvi-mestre 2011, le taux de chômage
sionnement dans certains secteurs industriels. Néanmoins, les perspectivesau sens du BITs’établit à9,2 %dela
d’activité devraient s’éclaircir dans la seconde moitié de l’année, prolongeant lapopulation active en France métropoli-
dynamique de reprise à l’œuvre depuis deux ans.taine, soit 2,6 millions de personnes. Il
est en légère baisse par rapport au
Alain COËNON, Anne-Solange GONY, Matthieu BOIVINquatrième trimestre 2010 (- 0,1 point).
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEL’embellie se confirme
Au premier trimestre 2011, le taux d’utilisation des capacités
de production de l’industrie bas-normande augmente et re-
trouve son niveau de septembre 2008. Néanmoins, il reste en
dessous de sa tendance de longue période, le secteur industriel
ayant du mal à retrouver son niveau de production d’avant la
crise.
À l’exception des matériels de transport, tous les secteurs bé-
néficient de cette tendance favorable. En effet, la production
est en baisse dans l’automobile chez les constructeurs et les
équipementiers dont l’approvisionnement semble souffrir de la
crise japonaise.
Carnets de commande en hausse,
mais les préoccupations persistent
Les chefs d’entreprises restent prudents quant à la pérennité de
cette reprise. En effet, celle-ci pourrait être contrariée par le ren-
chérissement continu du prix des matières premières, mais aus-
si par les risques liés aux évènements géopolitiques et les
conséquences de la catastrophe nucléaire japonaise.
Cependant, sur les premiers mois de 2011, les entrepreneurs
considèrent les carnets de commandes bien orientés et les
stocks de produits finis en phase avec l’activité. Cette situation
se traduit par l’embauche de personnel intérimaire dans les sec-
teurs où l’activité a été particulièrement soutenue, en particulier
dans les branches des produits électriques et dans celle de la
métallurgie et produits métalliques.
Des situations contrastées dans le bâtiment
L’amélioration observée au niveau national peine à se confirmer
dans la région. Certes, le nombre de permis de construire de lo-
gements individuels délivrés au 1er trimestre retrouve son ni-
veau d’avant la crise et les mises en chantier de ces logements
progressent. Cependant, le nombre de mises en chantier de lo-
gements collectifs diminue fortement et le marché de l’entre-
tien-amélioration qui soutenait l’activité du secteur depuis
plusieurs trimestres est désormais orienté à la baisse.
La durée moyenne des carnets de commande varie fortement se-
lon les départements et les corps de métiers, mais elle continue
cependant de progresser en passant de 4,6 à 4,8 mois.
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEConjoncture régionale
juin 2011
La baisse des créations d’entreprises se prolonge
Pour le quatrième trimestre consécutif, le nombre de créations
d’entreprises est en baisse. En données corrigées des variations
saisonnières, les créations d’entreprises diminuent de 2,3 % par
rapport au quatrième trimestre 2010 et de 19,4 % par rapport au
pic du premier trimestre 2010. Ce déclin, constaté tant dans la
région qu’au niveau national, s’explique par une chute du
nombre de créations par les auto-entrepreneurs : - 7,3 % ce tri-
mestre et - 30 % sur un an dans la région bas-normande. L’en-
gouement spectaculaire suscité lors de la mise en place de ce
statut début 2009 semble donc s’essouffler. L’affaiblissement de
ce type de créations profite toutefois aux autres créations d’en-
treprises, qui repartent à la hausse (+ 4,8 %).
Baisse limitée de l’emploi salarié
Malgré une nouvelle progression des effectifs intérimaires
(+ 3,9 %), l’emploi salarié enregistre une légère baisse au pre-
mier trimestre 2011 (- 0,2 %). Hors intérim, tous les secteurs
participent à cette tendance. La construction continue de perdre
des emplois sous l’effet d’une diminution des mises en chantiers
dans les logements collectifs (- 0,6 %). L’industrie a recours à
l’intérim, mais perd dans le même temps des effectifs perma-
nents (- 0,3 %). Le commerce et les services hors intérim perdent
également des emplois (respectivement - 0,3 % et - 0,4 %).
Le chômage remonte légèrement
Le taux de chômage régional au sens du Bureau International du
Travail s’établit en moyenne au premier trimestre à 8,7 % de la
population active (9,2 % en France métropolitaine), en hausse de
0,1 point par rapport au trimestre précédent.
Cette légère hausse du chômage est à relativiser au vu de l’évolu-
tion des demandes d’emploi en fin de mois. Le nombre d’inscrits à
Pôle emploi en catégorie A enregistre en effet une baisse au pre-
mier trimestre (- 1,6 %). A la fin du mois de mars, on comptait
55 500 personnes en données corrigées des variations saisonnières.
Les trois départements bas-normands profitent équitablement de ce
mouvement. Ce fléchissement des DEFM concerne en particulier les
moins de 25 ans, tandis que les plus de 50 ans sont toujours aussi
nombreux à rechercher un emploi. Toutefois, l’enquête Emploi
montre que le chômage des jeunes reste important, même s’ils ne
font pas tous la démarche de s’inscrire à Pôle emploi comme de-
mandeurs d’emploi.
Au final, cette combinaison entre un taux de chômage en légère
hausse et des DEFM en baisse marque une relative stabilité de la
tendance.
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEPic de fréquentation hôtelière au premier trimestre
Au premier trimestre 2011, la fréquentation hôtelière a augmen-
té de 8 % par rapport à 2010. Avec un calendrier scolaire particu-
lièrement favorable, le mois de février a été dynamique
(+ 12 %). Les nuitées de la clientèle française (+ 10 %) sont à
leur plus haut niveau pour un premier trimestre depuis 2008. En
revanche, la clientèle étrangère a été moins présente (- 7 %). Les
taux d’occupation s’affichent en hausse pour chacun des mois et
s’établit à 42 % pour le trimestre contre 39 % en 2010. Toutes les
catégories en bénéficient, et plus particulièrement les hôtels de
première gamme : les nuitées des hôtels 0 et 1 étoile s’accrois-
sent de 11 %. La plus forte hausse de fréquentation revient
toutefois aux hôtels 4 et 5 étoiles (+ 12 %).
Rédaction achevée le 27 juin 2011
Le taux d’utilisation des capacités de production, le niveau des carnets
de commandes et des stocks sont calculés à partir de l’enquête conjoncture
réalisée tous les mois par la Banque de France. Le premier indicateur est une
moyenne d’une variable numérique, les deux autres sont des soldes d’opinions
(une valeur proche de 0 indique une relative égalité des réponses à la hausse
DIRECTION
par rapport aux réponses à la baisse). L’agrégation des est faite selon
REGIONALE DE L'INSEE le poids de chaque unité répondante au sein de la branche (en termes d’ef-
DE BASSE-NORMANDIE fectifs et de chiffre d’affaires), ensuite par le poids respectif du secteur dans le
total. Cette enquête de conjoncture est réalisée chaque mois auprès de 150 en-
5, rue Claude Bloch
treprises représentatives de l'industrie régionale.BP 95137
14024 CAEN CEDEX Les indices de chiffre d’affaires sont calculés à partir des déclarations fisca-
Tél. : 02.31.45.73.33 les mensuelles (source CA3) des entreprises dont le siège ou une partie im-
portante de leur activité sont situés dans la région. Les courbes représentent la
www.insee.fr/basse-normandie
tendance après désaisonnalisation des valeurs brutes.
Directrice de la publication : L’évolution des effectifs salariés est calculée à partir des données trimestriel-
Maryse CHODORGE les Urssaf. Les indices de variation sont exprimés en données désaisonnalisées.
Le taux de chômage, calculé en moyenne trimestrielle, est estimé au sens duService études et diffusion :
Bureau International du Travail (BIT) à partir de la nouvelle enquête emploi enJulien BECHTEL
continu et en adoptant les critères européens plus restrictifs. Est définie comme
Rédacteur en Chef : chômeur toute personne qui déclare ne pas avoir travaillé au cours d’une se-
Didier BERTHELOT maine déterminée, être à la recherche active d’emploi et être disponible dans les
15 jours qui suivent pour prendre un travail.
Composition PAO :
Marie-Isabelle LARDET, Françoise LEROND Un demandeur d'emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie A est une
personne tenue de faire des actes positifs de recherche d'emploi, sans emploi.
Crédit photos :
Comité régional du tourisme ; Chambre régio-
nale d'agriculture ; Comité départemental du
tourisme de la Manche.
Attaché de presse :
Philippe LEMARCHAND
Cette analyse trimestrielle est réalisée par la Direction régionale de l'Insee de02.31.15.11.14
Basse-Normandie, en lien avec la Banque de France.
© INSEE 2011

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