La création d'entreprises en Haute-Normandie en 2002 : Une année très difficile

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L'évolution de la création d'entreprises en Haute-Normandie est assez préoccupante. Après une mauvaise année 2000, le nombre de nouvelles entreprises a stagné en 2001 et accuse une nouvelle baisse en 2002 de près de 8 %. La région figure désormais parmi les trois régions les moins dynamiques en termes de création d'entreprises. Les entreprises créées ex-nihilo sont de moins en moins nombreuses, notamment dans le département de la Seine-Maritime et les reprises d'activité subissent aussi le ralentissement conjoncturel. Ces résultats défavorables n'ont pourtant pas eu d'effets négatifs sur les créations d'emplois dans les entreprises nouvelles. La Haute-Normandie reste peu attractive car elle perd plus d'établissements qu'elle n'en attire.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LA CRÉATION D’ENTREPRISES EN HAUTE-NORMANDIE EN 2002
Une année très difficile
Christian CAMESELLA
André BOHL
L’évolution de la création (9,8% en 2001), reléguant la région au
LA CRÉATION D’ENTREPRISES
19e rang des régions françaises de ced’entreprises en
Les nouvelles entreprises peuvent avoir troispoint de vue avant la Bourgogne, l’Au-
Haute-Normandie est assez origines différentes : les créations «ex-nihilo»vergne et le Limousin. En 2001, elle était
ou créations «pures», les réactivations (cons-
préoccupante. Après une au 15 ème rang. tituées d’entités momentanément mises en
Cette forte baisse des créations d’en- sommeil) et enfin les reprises d’unités parmauvaise année 2000, le
une personne physique ou morale de moyenstreprises est deux fois plus sensible en
nombre de nouvelles entreprises de production existants.
Seine-Maritime (-9,3%) que dans l’Eure
a stagné en 2001 et accuse une (-5,1%). Elle est surtout plus inquiétante
dans la mesure où elle provient en moyenne nationale par la part relative-nouvelle baisse en 2002 de près
grande partie d’une forte diminution des ment faible des créations dans les servi-
de 8%. La région figure
créations pures. Ainsi, le nombre d’entre- ces aux entreprises (services
désormais parmi les trois prises nouvellement créées en région di- opérationnels, conseil et assistance, acti-
minuent de 400 unités dont près de la vités de recherche) et a contrario par lerégions les moins dynamiques
moitié sont des créations pures man- poids élevé des activités commerciales.
en termes de création
quant en Seine-Maritime. Cette relative faiblesse de la création
d’entreprises. Les entreprises L’analyse par secteur d’activité dans les services aux entreprises ex-
montre que le tertiaire reste le moteur de plique en partie la sous-représentationcréées ex-nihilo sont de moins
la création d’entreprises en région de ce type d’activités dans notre région.
en moins nombreuses,
comme en France : il s’agit principale-
notamment dans le ment d’activités commerciales, de servi-
ces aux entreprises et aux particuliers. UN TISSU ÉCONOMIQUEdépartement de la
La création d’entreprises concerne aussi QUI SE REGÉNÈRE
Seine-Maritime et les reprises
beaucoup le bâtiment. La structure sec- DE MOINS EN MOINS VITE…
d’activité subissent aussi le torielle des créations d’entreprises diffè-
rent cependant de celle observée en Sur cent entreprises créées enralentissement conjoncturel. Ces
France. En particulier, la Haute-Nor- Haute-Normandie, on compte 60 entre-
résultats défavorables n’ont
mandie se démarque notablement de la prises totalement nouvelles, 22 reprises
pourtant pas eu d’effets négatifs
sur les créations d’emplois dans
TAUX DE CRÉATION D’ENTREPRISES PAR RÉGION EN 2002
les entreprises nouvelles. La
Languedoc-RoussillonHaute-Normandie reste peu
Corse
Provence-Alpes-Côte d’Azurattractive car elle perd plus
Aquitaine
Rhône-Alpesd’établissements qu’elle n’en
Midi-Pyrénées
Franceattire.
Bretagne
Pays de la Loire
Lorraine
Ile-de-France
u cours de l’année 2002, 4 672 Poitou-Charentes
Basse-NormandieAentreprises se sont créées en
Alsace
Haute-Normandie. Cette évolution, qui Nord-Pas-de-Calais
Franche-Comtétraduit une diminution de 7,9% par rap-
Picardie
port à l’année précédente, n’est pas
Centre
comparable avec la situation nationale Champagne-Ardenne
Haute-Normandie(-0,2%). Un an auparavant, l’évolution ré-
Bourgogne
gionale était très proche de celle ob- Auvergne
Limousinservée dans l’Hexagone (respectivement
0 2468 10 12 14 16-0,3% et -0,5%). Le tissu régional s’est
renouvelé d’un onzième cette année Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE Unité : %
CAHIER D’AVAL n° 64 - Juillet 2003 23
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUESLES CRÉATIONS D’ENTREPRISES EN 2002et 18 entreprises réactivées après une
Eure Seine-Maritime Haute-Normandie Francepériode de mise en sommeil. Avec 2 826
Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %créations pures, l’année 2002 s’est ré-
Créations pures 967 60,4 1 859 60,5 2 826 60,5 177 995 65,9vélée assez défavorable (-6%). Ce mau-
Réactivations 292 18,2 545 17,8 837 17,9 52 050 19,3vais résultat vient aggraver une évolution
Reprises 343 21,4 666 21,7 1 009 21,6 40 124 14,8déjà peu enviable. Le taux régional de
Ensemble 1 602 100,0 3 070 100,0 4 672 100,0 270 169 100,0créations pures accusait un écart de 1,4
Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE Unités : création, %point avec la moyenne nationale. En
Champ : industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières
2002, cet écart se creuse de 0,3 point :
5,4% en Haute-Normandie contre 7,1%
LA CRÉATION D’ENTREPRISES PAR EFFECTIF SALARIÉ AU DÉMARRAGE EN 2002 EN HAUTE-NORMANDIE
en moyenne française.
Créations pures Réactivations Reprises Ensemble
Effectif salariéLes autres types de créations sont
au démarrage Nombre % Nombre % Nombre % Nombre %
également en diminution d’une centaine
Pas de salarié 2 356 83,4 678 81,0 484 48,0 3 518 75,3
d’unités chacune : en lien avec un
Un à deux salariés 328 11,6 109 13,0 255 25,3 692 14,8
contexte conjoncturel morose qui n’incite
Trois à cinq salariés 87 3,1 31 3,7 150 14,9 268 5,7
pas les repreneurs à investir, les reprises
Six à neuf salariés 25 0,9 15 1,8 68 6,7 108 2,3
d’activité chutent ainsi de 9,3%, les réac-
Dix salariés et plus 30 1,1 4 0,5 52 5,2 86 1,8
tivations de 12,2%. Dans les départe-
Ensemble 2 826 100,0 837 100,0 1 009 100,0 4 672 100,0
ments, la baisse des reprises et des
Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE Unités : entreprise, %
réactivations est encore plus sensible Champ : industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières.
dans l’Eure.
LES CRÉATIONS D’ENTREPRISES PAR SECTEUR EN 2002distance.
EN HAUTE-NORMANDIE
Globalement, la
Pures Réactivations Reprises Total…MAIS LES CRÉATIONS Haute-Normandie perd un
Ensemble 2 826 837 1 009 4 672ET SAUVEGARDES D’EMPLOIS peu plus d’établissements dont
PROGRESSENT qu’elle n’en attire : près de Construction 15,9 11,7 7,0 13,3
80 depuis six ans. Ce solde Commerce de détail 17,9 25,7 24,7 20,8
De façon paradoxale, les créations Conseil et assistance 14,5 5,0 1,9 10,1négatif est imputable au dé-
d’entreprises, bien que moins nombreu- Hôtels, cafés, restaurants 4,6 19,5 34,4 13,7partement de la Seine-Mari-
ses, ont permis de créer plus d’emplois Sous total 52,9 61,9 68,0 57,9time (-184) alors que l’Eure
(5 650 emplois créés ou sauvegardés, Autres 47,1 38,1 32,0 42,1reste plus attractif (+106).
soit +10,6% par rapport à 2001 contre Les transferts entre les dé- Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE Unités : création, %
Champ : industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières-4,6% pour la France). Près de la moitié partements de la Haute-Nor-
des créations d’emplois salariés ont eu mandie sont assez rares. En
lieu dans les trois secteurs du commerce 2002, 26 d’entre-eux ont quitté la concernés et des faibles distances par-
(1 300 postes salariés), de la construc- Seine-Maritime pour l’Eure et autant ont courues. En moyenne par an, ce sont 1%
tion (630) et de l’hôtellerie-restauration entrepris le chemin inverse. des salariés qui changent de lieu de tra-
(810). Sur l’emploi, les transferts d’établis- vail, mais neuf sur dix le font dans les li-
Les créations d’entreprises ex-nihilo sements ont assez peu d’effets compte mites régionales et un sur deux dans la
ont permis l’embauche de 1 510 salariés tenu de la taille des établissements même commune
(+6,4%), les reprises, la sauvegarde de
3 660 emplois (+12,3%) et les réactiva- TYPOLOGIE DES TRANSFERTS ENTRE 1997 ET 2002 EN HAUTE-NORMANDIE
tions d’entreprises ont généré 490 em-
Nombre d’établissements Répartition (en %)
plois (+11,4%).
Transferts internes à la Haute-Normandie 9 196 78,8
Les secteurs les plus porteurs ont été Dont
Transferts intracommunaux 4 364 37,4l’industrie chimique, l’action sociale et la
Dans l’Eure 1 102 9,4santé et le commerce de gros.
En Seine-Maritime 3 262 28,0
Transferts intercommunaux mais intradépartementaux 4 530 38,8
Dans l’Eure 1 272 10,9
En Seine-Maritime 3 258 27,9DES TRANSFERTS D’ÉTABLISSEMENTS
QUI ONT PEU D’EFFETS SUR L’EMPLOI Transferts interdépartementaux 302 2,6
de l”Eure vers la Seine-Maritime 136 1,2
de la Seine-Maritime vers l’Eure 166 1,4
Les transferts d’établissements
Tranferts entre la Haute-Normandie et le reste de la France 2 470 21,2
concernent en moyenne 1 900 unités par de l’Eure vers le reste de la France 565 4,8
du reste de la France vers l’Eure 671 5,8an et près de 6 500 salariés. L’essentiel
de la Seine-Maritime vers le reste de la France 709 6,1de ces mouvements se fait à l’intérieur
du reste de la France vers la Seine-Maritime 525 4,5
même de la région (80%) voire dans le
Ensemble des transferts concernant la Haute-Normandie 11 666 100,0
département d’origine pour les trois
Source : INSEE - Fichier DEMO/SIRENE Unités : établissement, %quarts. Il s’agit aussi pour 40% d’entre
Champ : industrie, commerce, services marchands hors agriculture et activités financières.
eux de déménagements sur une faible
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