La localisation des centres de décision - Une économie régionale sous influence

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40 % des salariés bas-normands du secteur marchand sont employés par un centre de décision situé à l'extérieur de la région. Moins dépendante que les régions les plus industrialisées du nord ou de l'est de la France, la Basse-Normandie dépend plus fréquemment de sièges sociaux franciliens. Les entreprises bas-normandes indépendantes de plus de 200 salariés sont l'exception. Les entreprises appartenant à un groupe sont mieux armées pour affronter la concurrence. Le nombre de groupes implantés dans la région est passé de 560 en 1994 à 800 en 1998. Ces groupes règnent sur l'industrie et la finance.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La localisation des centres de décision UNE ÉCONOMIE RÉGIONALE SOUS INFLUENCE
n BasseNormandie, 40 % des 280 000 emplois salariés du sec sanEté, éducation et action sociale) dé teur marchand (hors agriculture, pendent d’un centre de décision situé hors des frontières régionales. Neuf fois sur dix, leurs titulaires sont em ployés par un groupe et une fois sur dix seulement par une entreprise indépen dante ayant son siège social à l’exté rieur de la région. La mainmise d’entreprises extérieures à la région
sur l’économie basnormande est donc essentiellement le fait de groupes, mais cette dépendance n’est guère plus forte que dans les autres régions provincia les. La BasseNormandie est notamment moins soumise à des centres de déci sion extérieurs que les régions plus in dustrielles du nord ou de l’est de la France (Picardie, FrancheComté, Lor raine). Elle se rapproche en cela des ré gions du sud et de l’ouest où le
Répartition des salariés basnormands par type d’employeur
Entreprises indépendantes régionales
Groupes hors région
Entreprises indépendantes hors région
Groupes régionaux
er Sources : Insee  Sirene et LIFI au 1janvier 1998
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% 40 % des salariés basnor mands du secteur marchand sont employés par un centre de décision situé à l’extérieur de la région. % Moins dépendante que les régions les plus industrialisées du nord ou de l’est de la France, la BasseNormandie dépend plus fréquemment de sièges so ciaux franciliens. % L e se n t r e p r i s e sbas  normandes indépendantes de plus de 200 salariés sont l’ex ception. % Les entreprises apparte nant à un groupe sont mieux ar m é e sp o u ra f f r o n t e rl a concurrence. % Le nombre de groupes im plantés dans la région est passé de 560 en 1994 à 800 en 1998. Ces groupes règnent sur l’in dustrie et la finance.
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développement industriel a été plus tar dif et où l’implantation des groupes est plus récente et moins massive (Pays de la Loire, Aquitaine, Bretagne). Pour tant, plus proche de l’IledeFrance, et n’ayant pas la masse critique de ré gions comme RhôneAlpes ou Pro v e n c e  A l p e s  C ô t e  d ’ A z u r ,l a BasseNormandie se révèle être plus dépendante des têtes de groupes pari siennes que ses homologues du Grand Ouest.
Elle a en effet bénéficié, dans les an nées cinquante, de délocalisations d’activités industrielles nécessitant une main d’oeuvre nombreuse et peu qualifiée, mais toutefois proche des centres de décision franciliens. Il s’agissait alors de grandes entreprises implantant un site de production dans la région et non de groupes créant une filiale locale. De ce fait, la BasseNor mandie continue à connaître une dé pendance plus étroite que la plupart des autres régions française visàvis de Paris. Le lien entre site de production et siège social de l’entreprise y reste no tamment plus courant (31% des em plois contre 27 % en France), que la
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La dépendance envers les centres de décision extrarégionaux Le taux de dépendance apparentest la proportion des salariés régio naux employés par des entreprises extrarégionales (dont le siège social est localisé dans une autre région). Ce taux, de 30,7%, ne tient pas compte de l’appartenance des entreprises à des groupes. Le taux de dépendance réelleintègre les relations patrimoniales qui lient les entrepri ses. Sont considérés comme dépendants les salariés d’entreprises extrarégionales indépendantes (4,2 % des salariés régionaux) ainsi que les salariés des entreprises contrôlées par un groupe extrarégional (36,2 % des salariés régionaux). La différence entre ces deux taux estl’effet groupe. Il correspond au nombre de sala riés d’entreprises régionales dépendant de groupes extrarégionaux (27 500) diminué des salariés d’entreprises extrarégionales qui sont contrôlées par un groupe basnor mand (200).
relation filiale régionaleholding de groupe (9 % des emplois contre 6 % en France). Les groupes contrôlent l’industrie et la finance Si les groupes contrôlent très large ment l’industrie, ce qui explique la grande dépendance des régions indus trielles du nord et de l’est, ils sont éga lement dominants dans les activités financières. Ainsi, en BasseNor mandie, outre le cas particulier de l’énergie où le taux de dépendance at
teint le niveau exceptionnel de 98 %, l’industrie automobile est contrôlée à 86 % par les groupes tandis que les ac tivités financières en dépendent à 70 %. Dans ces activités qui exigent la mise en œuvre de capitaux importants, la concentration est un phénomène an cien. Outre les monopoles publics, EDFetGDF, leCommissariat à l’Energie Atomique,Renault, PSAet BNPParibassont les principaux grou pes implantés en BasseNormandie dans ces secteurs. Les établissements de l’industrie automobile et de l’énergie contrôlés par les groupes sont de grande taille (respectivement 570 et 200 salariés en moyenne). Ces secteurs sont très concentrés puisque les cinq principaux groupes réunissent les trois quarts des emplois dans l’industrie au tomobile et la moitié dans les activités financières.
Dans l’industrie des biens de consom mation et des biens intermédiaires et dans les services aux entreprises, le taux de dépendance atteint 50 %, en raison de la forte implantation de gran des entreprises commeRobert Bosch, Moulinex,PhilipsouAlcatelpour l’in dustrie, et de la faible présence d’entre prises locales dans les secteurs très concentrés des services aux entreprises (intérim ou nettoyage industriel). Ces trois secteurs réunissent 40 % des sala riés basnormands employés par un centre de décision extérieur à la région.
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RÉPARTITION DES ÉTABLISSEMENTS BASNORMANDS PAR SECTEUR D'ACTIVITÉ nit :N m r D nnt 'n rD nnt 'n ntrri inn nt   Secteurs d'activité % Salariés% Salariés% Salariés% Salariés Nombre Nombre Nombre Nombre ré ionauxré ionauxré ionauxré ionaux 20 652 18911 Industries aricoles et alimentaires14 341 343 51 0 13 431 29637 Industrie biens de consommation5 050 342 32 3 1 113 Industrie automobile0,1 83,261 13,73,0 7 7335 Industrie des biens d'éui ement1,6 31,0812 62,64,8 17 1491 30365 Industrie des biens intermédiaires7 049 735 77 5 2 17334 1 Ener ie0 097 92 10 0 9 9348 7 131 Construction 15 167 795 23 94 382523 Commerce 10,620,2 14088 65,93,4 13 9662 Trans orts7,9 45,61 48042,4 4,1 24 93989 52 Activités financières0 367 230 02 5 64 11218 691188 Activités immobilières0 22 096 21 6 107 236234 Services aux entrerises 3,442,2 10935 44,410,0 11 74160 Services auxarticuliers 4,510,2 11440 82,52,8 382 1444 1419 TOTAL 5,836,3 70749 53,84,2 er Source : Insee  Sirene et LIFI au 1janvier 1998
L’industrie des biens d’équipement et l’industrie agroalimentaire présentent une moindre dépendance (respective ment 36 % et 42 %). En effet, l’in d u s t r i ed e sb i e n sd ’ é q u i p e m e n t possède un tissu d’entreprises régiona les indépendantes bien implantées tan d i sq u el ap u i s s a n c ed e l’agroalimentaire régionale a permis la constitution de groupes régionaux (Union Laitière Normande,Maî  tres Laitiers du Cotentin,Société du Pont Morin) employant 14 % des salariés du secteur.
Les secteurs du commerce, de la cons truction, des services aux particuliers et des activités immobilières sont les moins dépendants, moins du quart de leurs salariés appartiennent à un groupe ou une entreprise extrarégio nale. Pour le commerce, l’importance du commerce indépendant et le poids du groupe régionalPromodès, en 1998, contribuaient à cette autonomie. Ces activités de proximité sont en effet dominées par de petites ou moyennes entreprises, mieux à même de bien connaître les marchés locaux et d’adapter leurs prestations aux besoins particuliers des clients. D’ailleurs, les
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entreprises indépendantes ayant une activité en BasseNormandie sont dans leur presque totalité des petites et moyennes entreprises tandis qu’une entreprise de plus de 200 salariés a quatre chances sur cinq d’appartenir à un groupe. Dans le commerce, la cons truction, les services aux particuliers et l’immobilier, les groupes trouvent ce pendant leur place : ils sont souvent mieux placés pour décrocher les mar chés importants de travaux publics. Ils
dominent aujourd’hui le secteur de la restauration collective, tandis que les chaînes étendent leur influence sur l’hôtellerie (groupeAccor), la coiffure (SaintAlgue) ou la blanchisserietein turerie (Société lavomatique).
Les groupes préfèrent les grandes agglomérations L’importance relative de l’industrie automobile à Caen, avecRVIetPSA,
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du secteur de l’énergie à Cherbourg, avec laCogémaetEDF Flamanville, et des industries des biens de consomma tion à Alençon, explique la part impor tante des groupes extrarégionaux dans l’emploi de ces trois bassins et, par conséquent, des taux de dépendance supérieurs à la moyenne basnor mande. Les activités à forte dépen dance comme le secteur financier et les services aux entreprises étant tout par ticulièrement concentrées dans ces grandes villes, la dépendance visàvis des sièges extrarégionaux des trois bassins les plus urbanisés s’en trouve accrue : 50 % pour le bassin de Caen, 43 % pour Cherbourg et Alençon où les cinq groupes les plus importants concentrent respectivement 21 % et 18 % des emplois.
Si les grandes villes attirent les groupes extrarégionaux, soucieux de bénéfi cier tant des infrastructures existantes que d’un important marché local du vail et de nombreux services spécialisés, ce n’est pas le cas des bassins de Lisieux et de SaintLô. Les groupes y em ploient moins du tiers des sa l a r i é s ,e tl e sc i n qp l u s ortants guère plus de 10 %. Le tissu productif ces deux bassins, s s e n t i e l l e m e n t composé de peti tes et moyennes ntreprises régiona s et l’importance du secteur des services aux particuliers pour Lisieux expli quent leur taux de dépendance de 31%, de dix points inférieur à la moyenne ré gionale. Les bassins d’Avranches, de Granville, de Coutances et de Mor tagneauPerche sont quant à eux les moins dépendants, près des deux tiers de leurs salariés relèvent d’entreprises régionales indépendantes. Dans les bassins d’Avranches et de Granville, l’importance particulière de secteurs à faible dépendance, comme le com merce et la construction, et le faible poids des services aux entreprises et des activités financières expliquent une dépendance inférieure de 17 points au taux régional. Le bassin d’emploi d’Argentan constitue une particularité, puisqu’il présente une forte dépen dance (46 %) bien qu’il ne concentre
que 2 % des emplois salariés basnor mands et ne présente pas les caractéris tiques des bassins les plus urbanisés. Cette forte dépendance tient à la spé cialisation du bassin dans les secteurs où les groupes extrarégionaux domi nent : l’industrie des biens intermédiai res (Financière du Valois via Waeles Aluminium,SaintGobain via Les Ver reries de l’Orne), les transports (Tho m a sH y p e r f r a i st l’ i n d u s t r i e) e automobile (Fiat via Magnetti Marel
Comment repérer les groupes ? Les informations ré sultent de la confrontation de plusieurs fichiers : le Système national d’Identifi cation des Entreprises et de leurs Eta blissements (SIRENE) et les résultats de l’enquête sur les Liaisons Financiè res entre sociétés (LIFI). La date de ré férence est le premier janvier 1998. L’enquête LIFI recense annuellement les actionnaires et participations finan cières des grandes entreprises (au moins 500 salariés ou 400 millions de chiffre d’affaires ou huit millions de ti tres de participations). Elle permet de définir le contour desgroupes, en semble de sociétés contrôlées à plus de 50% par une même société mère, la tête de groupe”, laquelle n’est con trôlée par aucune autre société à plus de 50 %. Cette étude concerne les établisse ments du secteur marchand hors agri culture, sylviculture et pêche, santé, éducation et action sociale.
RÉPARTITION DES SALARIÉS BASNORMANDS SELON LA TAILLE DE LEUR EMPLOYEUR Unité : Nombre D nnt 'n ntrri inn ntD nnt 'n r Secteurs d'activitéR in lxtr ri n lR in lxtr ri n l Nombre lri ri nx Nombrel rir in xNombre lri ri nx Nombrel rir in x 299 12098 0 ou inconnu43 1120 5280 0 819 143334 1 à 49 salariés26 620113 4282 8751 8574 280 353 18267 285 50 à 199 salariés26 5402 8354 65913 000 28 6723 211 200 à 499 salariés3 4951 6384 46415 144 19 5162 6 500 à 999 salariés1 337762 2686 11740 15 5293 1 000 salariés etlus 75 7123 0262 57757 276 1 401363 1383 Ensemble 70126 150512 11664 16243 101440 er Source : Insee  Sirene et LIFI au 1janvier 1998
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Les groupes présents en BasseNormandie 42 % des salariés régionaux, travaillent pour un groupe régional ou extrarégional. Cette proportion, qui a augmenté de cinq points depuis 1994, reste inférieure à la moyenne nationale hors IledeFrance (43,4 %). Le nombre de groupes ntés dans la région est passé de 560 à 800 sur la même période. Les groupes privés français emploient 30 % des salariés régionaux. Viennent ensuite les groupes privés étrangers, provenant pour les deux tiers d’un pays de l’Union européenne, qui représentent 6,5 % de l’emploi local. 5,5 % des salariés basnormands travaillent pour un groupe public français. 50 % des groupes privés français présents en BasseNormandie sont franciliens. Les groupes régionaux, qui emploient 5,8 % des sala riés basnormands, représentent 16% des groupes implantés dans la région. Viennent ensuite la Bretagne, les Pays de la Loire, la HauteNormandie et RhôneAlpes. Le poids économique des régions (IledeFrance, RhôneAlpes) et leur proximité expliquent les pri ses de participations des groupes en BasseNormandie. Les 800 groupes implantés en BasseNormandie contrôlent 4 500 établissements. Leur taille moyenne est de 37 salariés, contre moins de six pour les établissements d’entreprises indépendantes. Les groupes contrôlent 40 % des établissements de plus de vingt salariés.
PRINCIPAUX GROUPES AYANT DES ÉTABLISSEMENTS EN BASSENORMANDIE
Etablissements régionauxEffectif Groupes Bassinsd’emploi Secteurs de lusde 200 salariésré ional Alençon  Bayeux Moulinex SAMoulinex SAIndustrie des équipements du foyer5 315 Caen  Saintlô Cogéma  Game ingénierie Commissariat à Euriwave CherbourgProduction d’énergie  Conseil et assistance5 063 l’Énergie Atomique Technolo iesnouvelles Renault RenaultVéhicules IndustrielsCaen Industrieautomobile 3356 France TélécomFrance TélécomCaen Posteset télécommunication3 124 Citroën  Composants industrie Peugeot SACaen  FlersIndustrie automobile3 077 automobile Promodes Continent Loidis  AmidisCaen  CherbourCommerce deros  Conseil et assistance2 729 Compagnie Générale Masselin CaenConstruction 2538 des Eaux Alençon  Caen Electricité de FranceEDF Productiond’énergie 2523 Cherbour Bertrand FaureBertrand Faure Eui ementsFlers Eui ementsdu foer soustraitanceautomobile 1980 SNCF SNCFCaen Transorts 1938 Union Laitière Elvir  Compagnie des fromagesSaintLô  VireIndustries agricoles et alimentaires1 784 Normande Caisse régionale du Crédit Crédit AgricoleCaen Activitésfinancières 1707 a ricole Besnier Sainte Cécile  Besnier SAFlers  GranvilleIndustries agricoles et alimentaires1 402 Besnier Domfront Philips composants et Philips Electronics BVCaen Industriedes composants électriques et électroniques1 334 semiconducteurs
er Sources : Insee  Sirene et LIFI au 1janvier 1998.
li). Cette dépendance est accentuée par une concentration de l’emploi particu lièrement forte, puisque les cinq cen tres de décision extrarégionaux les plus importants emploient à eux seuls le quart des salariés du bassin. Le bas sin d’Argentan est donc particulière
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ment exposé aux décisions d’ordre stratégique des groupes. Enfin, le bas sin de Vire affiche un taux de dépen dance inférieur de cinq points à la moyenne régionale, essentiellement grâce au poids des groupes régionaux (Guy Degrenne, Union Laitière Nor
mande) qui emploient 15 % des sala riés du bassin, soit trois fois plus que le poids des groupes régionaux dans l’économie basnormande.
Bertrand GONY
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contente souvent de la mise en oeuvre des orientations stratégi ques définies par le groupe. Les groupes mettent en concurrence plusieurs régions, voire pays, au travers de leurs avantages com paratifs. Or, si la BasseNormandie en a souffert, elle sait aussi en profiter. C’est en effet un groupe de taille internationale, LouisVuittonMoëtHennessy, qui apporte une bouffée d’oxy gène au sudManche, en promettant la création de plusieurs cen taines d’emplois. C’est encore le groupePhilipsqui joue le rôle de locomotive de l’électronique régionale et dynamise le développe ment industriel dans le bassin caennais. L’implantation d’un groupe, c’est aussi potentiellement une offre importante de tra vaux en soustraitance où des entreprises locales peuvent jouer leurs cartes, voire l’essaimage d’un savoirfaire à l’ensemble d’une filière.
En créant 220 KF de valeur ajoutée par sa ié, les entreprises régionales indépendantes ont uneproductivité du travailinférieure à celle des entrepri ses organisées en groupe (360 kF par salarié).Au delà de certai nes spécialisation sectorielles, les groupes semblent à même de par leur taille de développer une gestion de l’emploi permettant des gains de productivité (externalisation, intérim, contrats à durée déterminée...). L’écart de productivité est important dans l’industrie, particulièrement dans l’agroalimentaire où les res tructurations engagées par les groupes pour affronter la concur rence internationale ont creusé l’écart avec les entreprises indépendantes, et dans l’industrie des biens intermédiaires. Dans ce dernier secteur et en particulier dans la métallurgie et la transformation des métaux où les nombreux soustraitants sont particulièrement soumis aux contraintes de prix et de qualité, les entreprises régionales indépendantes auront du mal à soutenir la concurrence des groupes, par ailleurs bien implantés. Dans la construction, l’écart de productivité en faveur des groupes est certes peu important à tailles d’entreprises comparables, mais le tissu d’entreprises régionales est constitué presque exclusive ment de petites ou moyennes unités, distancées par les quelques cinquante grandes entreprises organisées en groupes qui, elles, présentent une productivité largement supérieure. Dans le ter tiaire, les entreprises régionales indépendantes pâtissent du même handicap : de petite taille, elles présentent une productivi té légèrement inférieure à celle de leurs concurrentes de taille comparable organisées en groupe, mais elles restent loin der rière la quarantaine de très grandes entreprises appartenant aux groupes qui affichent une productivité deux fois supérieure.
ISSN 12672769
Dépôt légal : Septembre2000
DIRECTION REGIONALE DE L’INSEE 93, rue de Geôle 14052 CAEN CEDEX 4 Tél. : 02.31.15.11.00Fax : 02.31.15.11.01 Bureau d’information :Tél. : 02.31.15.11.11 Directeur :Michel DEROINTHEVENIN Administration des ressources : MarieHélène GAY Informatique : Laurent BARBET Service statistique : Laurent BARBET Service études et diffusion : Stéphane DELAVELLE Attachée de presse : Joëlle MARIE Tél. : 02.31.15.11.24
Malgré untaux de valeur ajoutéesupérieur à celui des entrepri ses organisées en groupe, les entreprises régionales indépen
Code SAGE : Cent%7970© Insee2000
Ces chiffres ont été obtenus à partir du Système Unifié de Statis tique d’Entreprise (SUSE) qui reprend les postes du compte de résultats et du bilan des entreprises. Le champ de cette analyse porte sur les entreprises de 20 à 999 salariés, imposées au titre du régime du Bénéfice Réel Normal, du secteur marchand hors agriculture, activités financières et immobilières, santé, éduca tion et action sociale.
Productivité du travail = Valeur ajoutée/ effectif salarié. Taux de valeur ajoutée = Valeur ajoutée/Chiffre d’affaires. Rentabilité = Excédent brut d’exploitation/Valeur ajoutée.
dantes ont une rentabilité inférieure : 17 % contre 22 %. Les frais de personnel pèsent plus lourd dans les comptes des entreprises indépendantes régionales que dans ceux des entreprises organi sées en groupe. Ces dernières ont davantage recours aux achats de biens et services pour la revente en l’état et à la soustrai tance. Elles centrent leur activité sur leur coeur de métier et s’as surent une rentabilité supérieure.
Fautil craindre la présence importante des groupes ou à l’inverse s’en réjouir ?
Les groupes mieux placés pour affronter la concurrence
CENT POUR CENT BasseNormandie Directeur de la publication: Michel DEROINTHEVENIN Rédacteur en Chef : Secrétaire de Rédaction : Nadine GAUTIER Composition PAO : Françoise LEROND Abonnements : Nadine SAUVAGE Tél. : 02.31.15.11.02 Prix de vente :le numéro : 15 F(2,29) Abonnement un an (15 numéros) :  France : 150 F(22,87)  Europe : 187 F(28,51)  Reste du monde : 202 F(30,79)
Chacun garde en mémoire la fermeture de la ociété Métallurgique de Normandieà Caen. Aujourd’hui encore l’appartenance de laSMNau groupeUsinorSacilor, alors en difficulté, continue d’appa raître pour beaucoup comme la raison principale de la condam nation de la sidérurgie basnormande. Plus proches de nous, les restructurations deMoulinexou l’arrêt annoncé du transit des vé hicules deToyotapar le port de Cherbourg semblent confirmer le lien entre appartenance à un groupe et fragilité de l’emploi. Dans une entreprise ordinaire les décisions stratégiques importantes ayant un impact sur le développement local, comme une création ou une extension d’activité ou encore une fermeture d’établisse ment, sont prises localement, alors que dans une entreprise ap partenant à un groupe, la direction locale de l’entreprise se
Les entreprises appartenant à un groupeinvestissentplus que les autres, mais l’écart varie selon les secteurs. Il est important dans l’industrie des biens intermédiaires où pourtant les entrepri ses régionales indépendantes ont déjà une productivité du travail très inférieure. En revanche, dans les biens d’équipement, la dif férence semble minime. Cependant, et comme dans tous les secteurs, c’est la taille qui est le principal déterminant de l’inves tissement. Ainsi les entreprises de plus de 1 000 salariés, qui ap partiennent toutes à un groupe de dimension internationale investissent deux fois plus par salarié et s’assurent ainsi une lon gueur d’avance, la capacité à l’innovation étant particulièrement importante dans des secteurs comme les équipements électri ques ou électroniques.
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