La survie des entreprises récemment créées

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Les entreprises créées entre 1994 et 1997. Part des entreprises survivantes selon l'activité exercée, l'effectif au démarrage, la situation préalable du créateur de l'entreprise, le montant de l'investissement. Bilan et évolution de l'emploi. Graphiques.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LE QUA T RE P A GES
INSEE AQUITAINE
LA S URVIE DES E NTREPRISES
RÉCEMMENT C RÉÉES
de l’enquête SINE (voir encadré page 4), renseigneEn Aquitaine, fin 1997,
sur l’impact économique à court et à moyen terme
près de 6 entreprises sur 10
du renouvellement duparc d’ent reprises.er
créées au 1 semestre 1994
57 % des entreprises toujours activessont toujours en activité.
Sur 100 entreprises créées ou reprises en AquitaineEn effet, la mortalité
au premier semestre 1994, 57 sont toujours en acti-des nouvelles entrepri ses est très importante
vité fin 1997, les 43autr es ayant été ou fermées ou
dans les premières années
cédées à un autre exploitant.
qui suivent la création.
Il est plus difficile d’assurer la survie d’une entrepriseLes emplois induits par les créations
créée de toutes pièces que la continuité d’une affaire
sont donc fragiles et susceptibles
qui a été reprise. En effet, sur 100 éaticrons n ouvel-
de disparaître rapidement. les, 52 seulement sont toujours actives fin 1997,
Si l’emploi non salarié induit contre 68 sur 100 pour les reprises.
par les créations recule très fortement
L’activité exercée conditionne assez fortement le
dans les premières années à cause taux de survie. Au cours de la période observée, les
de nombreuses cessations d’ativic té, entreprises du secteur agroalimentaire ont le mieux
l’emploi salarié, en revanche, réussi à pérenniser leur activité, 69 sur 100 conti-
nuaient à exercer leur activité fi1997.n A l’opposé,progresse nettement.
dans le secteur des hôtels-cafés restaurants, 51 uni-
Les créations de nouveauxemplois s aariél s
tés sur 100 créées ou reprises avaient déjà cessé leur
sont très importantes
activité à cette date.
dans les entreprises survivantes
et tout particulièrment de ans celles
issues de créations ouveln les.
Le tissu économique d’une région est en évolution
constante par le jeu de ces sations, de créati ons et de
transferts d’entreprises. Certains secteurs d’activité
progressent, d’autres perdent du terrain. Le volume
et les caractéristiques de l’emploi sont é roitt ement
liés à ces évolutions.
La création d’entreprise est observée avec un inté-
rêt tout particu lier car elle est porteuse d’uotenn p-INSEE tiel d’emplois nouveaux. Mais quelest le devenir
AQUITAINE
de ces créations ? L’étude de la survie des entre INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE prises créées comme de l’emploi induit, à partir
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUESPrésence de salariés et investisse- entreprises sur 100 pour celles qui ont L’importance de l’engagement financier
ment élevé favorisent la survie démarré sans aucun salarié. est également déterminant. A peine la
moitié des projets engagés avec moinsLa présence de salariés dans l’entre- Les chances de survie sont sensible-
de 50 000 francs ont survécu jusqu’à finprise influe positivement sur sa durée ment plus fortes pour les entreprises
1997. Quand l’investissement initial ade vie. Pour les entreprises ayant em-dont le créateur exerçait une activité
dépassé 500 000 francs, tois entr repri-ployé au moins six salariés au démar-professionnelle (61 %) que pour cel
ses sur quatre ont réussi à pérenniserrage, 80 sur 100 sont toujours activesles dont le créateur était inactif
leur activité.fin 1997. Ce n’est le cas que de 54 (45 %).
Hausse de 20 % del’emplo i salarié,
recul de 45 % du non alariés
Au démarrage de leur activitles eé, ntre-
prises observées comprenaient globale
ment 8 400 emplois dont 4 600
correspondaient à des créations d’em-
plois nouveaux, les aut res pouvant être
considérés plutôt comme des emplois
sauvegardés par les reprses.i
Lors de la deuxième enquête en 1997,
dans les entreprises toujours actives,
7 150 emplois ont été recensés dont
3 780 dans lesentr eprises issues d’une
création nouvelle. Globalement, les en-
treprises créées ou reprises ont perdu
15 % de leurs effectifs. Ce bilan est le
résultat, d’une part, des cessations d’ac-
tivité ayant touché 43 % des entreprises
entre les deux enquêtes, et d’autre part,
des créations d’emploisnouveaux dans
les 57 % d’entreprises ayant réussi à
poursuivre leur activité.
En réalité, les cessations ont concerné
directement près de 40 % des effectifs
présents au démarrage en 1994, soit
environ 3 200 personnes. Sur ces 3 200
personnes près de deux tiers étaient des
non salariés. En revanche, presque
2 000 emplois nouveaux ont été créés
dans les entreprises survivantes au bé-
néfice exclusif de l’emploi salarié.
En outre, la fragilité plus grande des
petites unités ayant été créées sans au-
cun s alarié explique la réduction impor-
tante de la part de l’emploi non salarié
observée entre les deux enquêtes.
Au total, l’emploinon s alarié a chuté de
45 % pendant que l’emploi salarié a
progressé de près de 20 %.
LE Q U A T RE P A G E S N˚ 7 3
M A I 19 99INSEE AQUITAINEEn effet, les entreprises survivantes La moitié des emplois salariés nouveaux
créées de toutes pièces représentaient provient des entreprises qui ont embau-
au démarrage un effectif global de ché plus de deux salariés.
2 400 personnes avec près de 40 % de
Enfin, deux nouveaux em plois salariéssalariés. Lors de la deuxième enquête,
sur trois ont été créés dans les entrepri-
elles totalisent un effectif de 3 800 per-
ses qui avaient démarré en 1994 sans
sonnes. Cette progr ession considérable
aucun salarié et qui sont devenues em-
de 60 % profite à l’emploi salarié uni-
ployeurs par la suite. La moitié des entre-quement. L’emploi non s alarié s’est tout
prises ayant embauché étaient dans ce cas.juste maintenu alors que l’emploi sala-
rié a été multiplié par 2,4. Deux nouveaux emplois alariéss
sur trois dans le secteur tertiaire
Pour les entreprises survivantes ayant
Le secteur des services représente environfait l’objet d’une reprise, le bilan est
40 % de l’emploi recensé en 1997 danségalement positif mais la progression des
les entreprises survivantes, créées ou re-effectifs (plus 20 %) est de moindre am-
prises, le commerce un peu moins depleur : résultat d’un léger fléchissement de
30 % et l’industrie et la construction ré-l’emploi non salarié et d’une progression
unies un peu plus de 30 %. Le bilande 37 % de l’emploi salarié qui corres
global de l’emploi est plus favorable danspond à 700 créations d’emploi.
les activités de production où seulement
42 % des entreprises ont créé 3 % des emplois ont disparu. Dans le
de nouveaux emploissalar iés
secteur des services, le recul est de 20 %.
L’augmentation sensible de l’emploi sa-
larié, constatée dans les entreprises tou- Rappel des principales caractéristiques de
l’enquête de 1994jours actives fin 1997, provient des
Cette enquête portait sur un échantillon deembauches réalisées dans 42 % de cel-
1 539 entreprises, représentatif des 4447 en tre les ci. Le nombre de salariés est resté
prises créées enAquit aine au cours du premier
inchangé dans 46 % de ces entreprises semestre se décomposant en 3 122 créations
nouvelles et 1 325 reprises.et, dans 12 %, il a baissé.
Les entreprises nouvelles représentaient donc
Créations nouvelles : 70 % de l’ensemble des créations.Les créations d’emplois nouveaux
l’emploi salarié multiplié par 2,4 Deux créateurs sur trois n’avaient pas d’emploidans une entreprise ont porté, en gé-
avant de se lancer, un sur eux éd tait chômeur,
Limité aux entreprises qui sont toujours néral, sur un petit nombre de person- un sur six inactif. Trois initiatives de création sur
quatre concernaient le secteutertr iaire, le com-actives lors de la deuxième enquête denes. Quatre fois sur cinq, il s’est agi
merce attirant le plus grand nombre de créa-
fin 1997, le bilan de l’emploappari aît d’une embauche d’un ou de deux teurs.
très positif et tout particulièrement pour salariés. Dans six entreprises seule- Les entreprises créées étaient en grande majo rité de
très petite dimension, dans un cas sur cinq seule-les entreprises issues de créations nou- ment sur cent, l’effectif s’est accru de
ment il y avait un salarié ou plus au démarrage.
velles. plus de cinq salariés.
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M A I 19 99 INSEE AQUITAINELE Q U A T RE P A G E S N˚ 7 3
M A I 199 9INSEE AQUITAINE
Moins de 4 % des entrepreneursL’emploi salarié des entreprises issues Les résultats de la troisième et dernière
prévoient une fermeture prochedes créations nouvelles se répartit, en interrogation de ces entreprises, qui
1997, assez équitablement entre les aura lieu fin 1999, renseigneront, entreLes entreprises toujours en activité, fin
trois secteurs, services, commerce et in- autres, sur la réalisation des prévisions1997, paraissent relativement optimis-
dustrie et construction réunies. hacunC des chefs d’entrepr ise.tes quant à la pour suite de leur activité
de ces trois secteurs a gagné, grâce a ux pour les douze mois à venir. En effet,
créations nouvelles du premier semes- moins de 4 % d’entre elles prévoient Héléna CABADIEtre 1994, entre 700 et 800 nouveaux une fermeture. Douze pour cent des Françoise RODRIGUEZemplois salariés. entrepreneurs mentionnent une trans-
action de vente éventuelle. Tous les
Principales difficultés :
autres prévoient de rester à la tête de
débouchés et problèmes financiers
Définitionleur entreprise, encore que quelques
La notion de création d’entreprise englobe iciLes entreprises interrogées sur leur ac-cas d’incertitude sur la directionpren à
les créationse x nihilo et les reprises. La créationtivité au cours de la période écoulée, dre se manifestent par des réponses "ne ex nihilo résulte de la création d’un établisse-
citent le plus souvent les problèmes de ment jusqu’alors inexistant. La reprise se produitsait pas". Près de 14 % des chefs d’en-
lorsqu’une unité reprend, totalement ou partiel-débouchés comme première difficul- treprise envisagent une démarche de
lement, l’activitéd’un établ issement d’une autre
té ; elles sont près de 30 % dans ceredressement de l’activité de l’entre- unité.
cas. En de uxième position, les problè- prise dans un futur proche. Enfin, une
mes financiers ; signalés par 26 % destrès forte majorité, soit près des deux
POUR EN SAVOIR PLUS ...
entreprises. Par contre, un bon tiers tiers des entrepreneurs, déclare vou-
• "Nouvelles entreprises : les créationsdes entreprises interrogées déclarent loir œuvrer pour le maintien ou le
dynamisent l’emploi salarié" Insee
n’avoir rencontré aucun problème développement de leur activité pen- Première n° 628 Janvier 1999 (4 pa
ges) - 15 francs.particulier. dant les douze mois à venir.
• "Création et devenir des entreprises de
1987 à 1995" Insee Résultats SérieL’enquête SINE
Système productif n°125 126 127
En 1994, l’Insee en partenariat avec l’Agence le profil du créateur, les conditions de création Avril 1997 (370 pages) 228 francs.
Nationale pour la Création d’Entreprises (ANCE) et le descriptif de l’entreprise.
• "Les créateurs d’entreprises" -a lancé un nouveau dispositif d’enquête : le Sys-En 1997, une deuxième enquête a été réalisée
tème d’Information surles N ouvelles Entreprises Insee Aquitaine n° 32 Février 1996auprès des mêmes entreprises toujours en activi-
(SINE) permettant de suivre les entreprises nou- (4 pages) 13 francs.té. Le questionnaire cette fois ci portait sur les
vellement créées durant leurs cinq premières débouchés, les relations avec les autres entrepri- • "Les créations d’entreprises du premierannées d’existence. ses, le bilan de l’emploi et des investissements et semestre 1994" - Insee Résultats Série
Les entreprises sont interrogées l’année de leur les principaux problèmes rencontrés.
Système productif n° 97 98 Mars 1996ecréation et sont réinterrogées à leur 3 et à leur Fin 1999, ces mêmes entreprises seront inter e (340 pages) 149 francs.5 anniversaire. rogées pour la dernière fois afin de connaître
• "L’incidence sur l’emploi des nouvellesCe système de suivi des jeunes entreprises sera le niveau et les conditions du maintien en
entreprises" - Insee Première n° 415 relancé tous les 3 ans. activité.
Novembre 1995 ( 4 pages) - 14 francs.La première phase de ce dispositif a consisté à Les entreprises saisonnières ont été exclues, les
interroger, en 1994, un échantillon d’entreprises entreprises i ndividuelles qui se sont transformées • "Le profil du créateur influence la survieercréées au cours du 1 semestre 1994 à l’aide en société n’ont pas été considérées comme des de l’entreprise" Insee Première n° 372
d’un questionnaire articulé autour de 3 thèmes :créations. Avril 1995 (4 pages) 14 francs.
Supplément inclus : "Les créations d’entreprises en 1998"
Directeur de la publication : Michel Schrantz - Rédacteur en chef : Paul Ahmed Michaux Secrétaire de fabricationDaniel :
Lepphaille - INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget 33076 Bordeaux cedex.
Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3615 ou 3617 INSEE Imprimé à l’Insee Aquitaine.
e© INSEE 1999 - n° ISSN 1246-3809 - Dépôt légal t 2rimestre 1999.
INSEE Code Sage IA7408
Prix : 13 FF 1,98( ⁄) - Abonnement :France : 1 2 numéros 120 FF (18,29⁄ ) - Étranger : 150 FF (22,87⁄ )AQUITAINE
Étranger par avion : 162 FF (24,70⁄ )

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