Le bilan économique 2002 : Faible croissance au niveau national et international.

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En 2002, la reprise attendue après le fort ralentissement de 2001 ne s'est pas concrétisée. De nombreux chocs (hausse du prix du pétrole et de l'euro, baisse des cours boursiers, incertitudes géopolitiques) conjugués avec les inquiétudes suscitées par le manque de ressort de la zone euro, et plus particulièrement l'Allemagne, ont maintenu les entrepreneurs dans l'attentisme. Le maintien de la consommation des ménages, grâce à l'augmentation des revenus, et malgré la remontée graduelle du chômage, a constitué le principal soutien de l'activité en France. Il en est résulté une croissance très lente. L'augmentation de PIB en moyenne annuelle n'a été que de 1,2%.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dossier Le bilan économique 2002
Faible croissance au niveau
n 2002, la reprise attendue après Comme en 2001, la contribution des
le fort ralentissement de 2001 ne stocks à la croissance est nettement
négative.Es’est pas concrétisée. De nom-
breux chocs (hausse du prix du pétrole
La croissance du premier trimestre a été
et de l’euro, baisse des cours boursiers,
un peu supérieure (+ 0,7 %) à celle desincertitudes géopolitiques), conjugués
autres, mais, elle a été suivie d’un retouravec les inquiétudes suscitées par le
immédiat à un comportement restrictif.manque de ressort de la zone euro, et
Celui-ci s’explique d’abord par la dégra-
plus particulièrement l’Allemagne, ontDes difficultés dation de la situation financière desmaintenu les entrepreneurs dans l’atten-
entreprises. Au recul du taux de marge,à Maurice aussi tisme. Le maintien de la consommation
qui se poursuit en 2002 sont venusdes ménages, grâce à l’augmentation
s’ajouter les effets de la chute des bour-À Maurice aussi la conjoncture des revenus, et malgré la remontée
économique a été difficile en 2002. Les ses, qui ont conduit à un durcissement desgraduelle du chômage, a constitué le
retombées des évènements du 11 conditions de financement.principal soutien de l’activité enseptembre 2001 sur l’économie
France. Il en est résulté une croissance1 mondiale ont été accentués par les L’attentisme des entreprises est bien
très lente. L’augmentation du PIB eneffets du cyclone Dina sur la récolte visible dans les résultats de l’enquête sur
agricole et par la crise politique moyenne annuelle n’a été que de 1,2 %. les investissements dans l’industrie : on
malgache qui a ralenti l’activité des y voit les entrepreneurs conserver des
entreprises franches mauriciennes à Le PIB de la zone euro n’a augmenté
projets d’investissements, mais en repor-Madagascar. Cependant l’économie que de 0,8 %. Les espoirs que l’Europe
ter tout au long de l’année la réalisation.mauricienne a fait preuve d’une bonne prendrait le relais des Etats-Unis qui ne Les incertitudes persistent sur les pers-capacité de résistance avec un taux de semblaient plus à même de continuer de pectives de l’environnement internatio-croissance de 3,4 % pour l’année
jouer le rôle de locomotive mondiale ontfiscale 2002-2003. Les autres nal avec des doutes sur la robustesse du
été fortement déçus. Les Etats-Unis ontindicateurs macroéconomiques ressaut d’activité américain et des inter-
effectivement connu, avec + 2,4 % enmontrent que la situation en 2002 est rogations devant le manque de ressort de
restée stable : l’inflation a été maîtrisée 2002, une croissance inférieure à leur2 la demande dans la zone euro.
(5,1 %) et la Banque de Maurice a revu potentiel, mais leur performance est
ses taux d’intérêts à la baisse, le taux restée nettement supérieure à celle de la
d’épargne a atteint 28 % en 2002 et la Une économiezone euro. La faiblesse de la croissance
balance des paiements a dégagé un à deux régimeseuropéenne trouve sa source dans lesurplus de 5,6 millions de roupies, avec
manque de ressort de la demande inté-une hausse de plus de 300 % entre
2000 et 2002. rieure hors stocks qui n’a progressé que Les fortes différences d’évolution entre
de 0,3 % en 2002. L’Allemagne, dont les les composantes de la demande trouventLes indicateurs économiques pour
un reflet dans une dichotomie entre lesévolutions influencent fortement les anti-2003-2004 prévoient une meilleure
secteurs de l’économie française. D’unannée. Mais Maurice doit désormais cipations des entrepreneurs français, a
faire face à de nombreux défis tels que côté, l’industrie et le commerce de grosconnu une croissance particulièrement
l’érosion des tarifs préférentiels, les3 subissent l’atonie des exportations et desfaible.
coûts de production croissants et la investissements. De l’autre, le commerce
concurrence accrue des nouveaux pays de détail, les services et dans une
émergents. Pour devenir plus Une croissance faible moindre mesure les activités liées au
compétitif, le gouvernement a
logement profitent de la poursuite deenclenché un programme de
Appréciée en moyenne annuelle, la l’augmentation de la consommation etmodernisation, mettant l’accent sur les
croissance de 2002 (+ 1,2 %) apparaît en assurent un socle à la croissance. Ainsi latechnologies de l’information et des
net retrait des années précédentes ; ellecommunications et sur la bonne croissance de la production de l’ensemble
gouvernance des entreprises. De vastes est la plus faible depuis 1996. En 2001, la des branches est de 1,6 % en 2002 alors
réformes sont aussi prévues dans croissance était en moyenne de 2,1 % que la production des branches manufac-
plusieurs secteurs clés de l’économie, mais elle résultait principalement des turières ne progresse que de 0,6 %.
notamment dans l’industrie sucrière,4 effets d’acquis.
dans le secteur de l’enseignement et de La dichotomie entre les secteurs se
la santé. L’analyse comptable des différents pos- retrouve dans les évolutions de l’emploi.
tes de la demande est très éclairante : elle L’emploi des secteurs marchands non
Isabelle RAMDOO - économiste au montre que l’augmentation du PIB repose agricoles augmente de 60 000 personnes,
ministère du développement très largement sur l’augmentation de la soit + 0,4 % en 2002. Mais ce chiffre
économique,des services financiers et consommation des ménages (+ 1,4 %). Par recouvre une augmentation de 1,5 %
des affaires corporatives à l’île Maurice.
contre l’investissement recule (- 1,4 %), dans le tertiaire, et 0,2 % dans la cons-
et les exportations ne progressent que truction, et une baisse de 2,1 % dans
faiblement tout comme les importations. l’industrie. Elle est également visible sur
12 économie 2e trimestre 2003
DE LAREUNIONdossier
national et international
l’évolution relative du chômage masculin En dehors de l’effet lié à l’introduction La consommation soutient toujours la
et féminin. L’augmentation du chômage de l’euro, trois éléments ont eu une croissance, mais, au-delà d’un rebond
en 2002 (+ 105 000 demandeurs d’emploi) influence haussière en 2002, dans un de la d’énergie lié aux
touche principalement les hommes. Ces contexte de croissance lente et de redres- fluctuations climatiques, elle tend à
derniers sont en effet frappés par la sement progressif de l’euro plutôt favo- ralentir. L’effet des hausses passées de
dégradation de l’emploi industriel alors rable à la désinflation : une forte hausse pouvoir d’achat s’atténue. De plus les
que les femmes bénéficient de la relative des produits alimentaires en début anticipations des ménages se dégradent.
bonne tenue de l’emploi tertiaire où elles d’année, pour des raisons climatiques, Moins que sur les situations financières
sont traditionnellement plus présentes. une remontée des cours du pétrole, et une personnelles, les inquiétudes portent sur
progression rapide des prix de certains le climat général et le marché du travail.
services avec notamment les augmenta- Ainsi, le premier trimestre se termineUne inflation stabilisée
tions de tarifs de santé et l’accélération avec une confiance des agents économi-
des loyers. ques fragilisée.La comparaison de l’augmentation des
prix en 2002 (+ 2,3 %) avec celle de
Pour le deuxième trimestre, on fait ici
2001 (+ 1,4 %) est trompeuse. En fait, Pas de changement
l’hypothèse, à l’image de ce qui s’était
l’inflation sous-jacente n’a que peu varié au début 2003 1passé en 1991, d’un arrêt avant l’été de
entre décembre 2001 (+ 2 %) et décembre
la baisse des anticipations des entrepri-
2002 (+ 1,8 %), montant à 2,2 % au pre- Au premier trimestre de 2003, les tendan- ses. Si le cours du pétrole se stabilisait
mier semestre et adoptant un profil décli- ces conjoncturelles en France paraissent autour de 30 dollars le baril, l’inflation
nant au second. dans le prolongement de celles observées atteindrait 2,2 % en juin. La consomma-
l’année précédente. La croissance lente tion progresserait faiblement dans unUne question soulevée tout au long de
se poursuit et les fortes différences contexte de poursuite de la hausse dul’année passée a été l’impact du passage
d’évolution entre les composantes de la taux de chômage. Celui-ci avoisineraità l’euro sur l’évolution des prix. Rétros-
demande entretiennent une dichotomiepectivement, l’impact lié à la conversion 9,3%àlafin du printemps. A l’aube de
entre les secteurs de l’économie. Cette l’été, la demande des entreprises se réo-des prix pour aller vers des prix psycho-
dichotomie se retrouve dans l’évolution rienterait à la hausse, mais progressive-logiques en euros a été faible (0,1 à 0,2 2de l’emploi, dont la très faible augmenta- ment, les entrepreneurs étant préoccu-point), mais avec des effets très contras-
tion recouvre une progression dans le ter-tés suivant les secteurs. Ainsi, sur l’année pés par la nécessité de restaurer les
tiaire et une forte contraction dans bilans et de faire face aux conséquences2002, l’impact aurait été de 0,6 point à la
l’industrie, comme dans celle du chô- de l’appréciation de l’euro sur lahausse sur les prix des services, mais de
mage, dont la croissance frappe essentiel- demande extérieure. Le trimestre enre-0,9 point à la baisse sur ceux des biens
lement les hommes. gistrerait ainsi une légère croissance.durables.
De nombreux aléas pèsent cependant
sur l’évolution conjoncturelle. Une forteEvolution trimestrielle du PIB français et de ses
dépréciation du dollar serait très coû-principales contributions (1998-2002)
teuse, à terme, pour la croissance dans6 1,5
3la zone euro. Dans l’immédiat, le risque
Croissance trimestrielle du PIB -->
principal réside sans doute dans un flé-
chissement supplémentaire de la consom-
4 1,0 mation des ménages.
D’après la note de conjoncture
de mars 2003 de la
2 0,5 Direction générale de l’Insee
0 0,0
98t1 98t2 98t3 98t4 99t1 99t2 99t3 99t4 00t1 00t2 00t3 00t4 01t1 01t2 01t3 01t4 02t1 02t2 02t3 02t4
4
-2 -0,5
croissance du PIB (glissement annuel)
contribution de la consommation des ménages des échanges extérieurs de l'investissement des entreprises et de la variation des stocks
-4 -1,0
En 2002, la faible augmentation du PIB repose largement sur la consommation
des ménages.
économie 132e trimestre 2003
DE LAREUNION
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