Le petit commerce : s'adapter pour exister

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En dépit d'une tendance plutôt défavorable aux petites unités, les commerces de détail - alimentaires, non alimentaires, de biens d'occasion, hors magasin - se sont maintenus en Alsace durant la dernière décennie. La structure du secteur a cependant suivi l'évolution nationale, marquée par le développement des grandes surfaces, des discompteurs et des chaînes succursalistes. Néanmoins, les commerces de proximité ont bien résisté, y compris en zone rurale.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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COMMERCE DE DÉTAIL
Le petit commerce :
s'adapter pour exister
12 000 établissements exercent une
activité de commerce de détail en
petits magasins se sont poursui-En dépit d’une tendance Alsace en 2003, soit 1 établissement
vies, tandis que s’installaient de régional sur 6.plutôt défavorable
nouvelles grandes surfaces. Par ail- 7 communes sur 10 sont équipées
aux petites unités,
leurs, les commerces liés aux loisirs d’au moins un commerce de détail,
les commerces de détail contre 5 sur 10 pour l’ensemble de laet au sport, à la téléphonie ou à
France.- alimentaires,nonalimentaires, l’équipement informatique n’ont
cessé de gagner du terrain.de biens d’occasion, hors
magasin - se sont maintenus
Moins de commerces
en Alsace durant la dernière
nombre de boulangeries, pâtisse-alimentaires
décennie. ries, boucheries, charcuteries,de proximité
La structure du secteur poissonneries, commerces de
Dans le commerce alimentaire, les fruits et légumes ou crèmeries re-a cependant suivi l’évolution
magasins de proximité spécialisés cule, celui des dépôts de pains,nationale, marquée par
sont les mieux représentés. Parmi points de vente de confiseries ou
le développement eux, 2 sur 5 sont des boulange- de boissons, magasins de pro-
des grandes surfaces, ries-pâtisseries, 1 sur 5 est une duits diététiques, de café ou de thé
boucherie-charcuterie. Mais lades discompteurs et augmente. Dans l’ensemble, le
transformation des modes de nombre de commerces alimentai-des chaînes succursalistes.
consommation a induit des mouve- res de proximité spécialisés n’aNéanmoins, les commerces
ments contraires à l’intérieur de que légèrement diminué depuis
de proximité ont bien résisté, cette catégorie : alors que le dix ans en Alsace.
y compris en zone rurale.
Toujours davantage de grandes surfaces
Épiceries, boulangeries, fleuris-
Nombre Évolution
tes, mais aussi grandes surfaces
Type de commerce de détail d’établissements 1993 à 2003
alimentaires ou de bricolage font en 2003 (en %)
partie du vaste ensemble que Commerce alimentaire 3 765 -6,3
constitue le commerce de détail. dont :
supermarchés 297 12,1En Alsace, ces activités sont exer-
hypermarchés 35 25,0cées par 12 000 établissements
commerces de proximité non spécialisés 609 -23,6
en 2003. Ce nombre a peu varié commerces de proximité spécialisés 2 824 -3,6
au cours des dix dernières an- Commerce non alimentaire 6 349 -2,3
dont :nées. En revanche, les formes de
équipement de la personne 2 258 -7,8vente ont continué à se modifier, de
équipement de la maison 1 686 -12,5
même que le comportement des bricolage - jardinage 404 -10,6
consommateurs. Les fermetures de culture et loisirs 1 416 22,1
pharmacies et articles médicaux 540 12,7
non spécialisé 45 45,2
Commerce de biens d’occasion 281 28,3
Commerce de détail hors magasins 1 423 25,2
Ensemble commerce de détail 11 818 -0,5
3Chiffres pour l'Alsace · revue n° 21 · juin 2004
Source : Insee, SireneCOMMERCE DE DÉTAIL
Les grandes surfaces
2
À l’inverse, le commerce alimen- Les supermarchés ont une surface de vente comprise entre 400 et 2 500 m
et réalisent plus des deux tiers de leur chiffre d’affaires dans la vente de pro-taire de proximité non spécialisé est
duits alimentaires.
en forte baisse. Si le nombre de su- 2
Les hypermarchés ont une surface de vente égale ou supérieure à 2 500 m
pérettes s’est maintenu, les épice- et réalisent plus d’un tiers de leur chiffre d’affaires dans la vente de produits
ries sont bien moins nombreuses. alimentaires.
Les magasins de maxidiscompte sont des magasins de libre-service ali-Entre 1993 et 2003, 200 épiceries
2
mentaire sous enseigne spécifique, d’une surface moyenne de 400 à 800 m .ont disparu : la moitié d’entre elles
dans les communes rurales, un
quart dans les agglomérations de souvent la première région fran- vente de textiles (tissus d’ameu-
Strasbourg, Mulhouse, Colmar et çaise d’installation de ces ensei- blement et d’habillement, linge de
Haguenau. Seule la vente de pro- gnes : Lidl à Colmar en 1988, maison, merceries…), ainsi que
duits surgelés s’est développée. Norma à Riedisheim en 1989. les petits commerces d’électromé-
nager, de radio et de télévision.
L’essor Les consommateurs se tournentRecul
des discompteurs davantage vers les grandes surfa-du petit commerce
ces généralistes ou les grandsnon alimentaire
Les épiceries subissent directe- magasins spécialisés en équipe-
ment la concurrence des gran- L’offre commerciale a également ment de la maison et en décora-
connu des mutations importantesdes surfaces, qui ne cessent de tion. Une évolution analogue est
se développer. En 2003, il y a dans dans le non alimentaire. Le constatée dans le domaine du
nombre de commerces pour l’é-la région 32 supermarchés et 6 hy- bricolage ou du jardinage, où le
permarchés de plus qu’en 1993. quipement de la maison a diminué nombre de grandes surfaces aug-
de 13 % entre 1993 et 2003. LesPar son mode d’organisation, ce mente fortement : 69 aujourd’hui,
type de commerce offre en effet un plus touchés sont les magasins de contre seulement 11 en 1993.
choix plus vaste, des prix attractifs et
Épiceries, textile-habillement et électroménager en reculla possibilité de combiner des achats
alimentaires avec d’autres achats, Téléphonie, micro-électronique, jouets
Alimentaire spécialisé diverspar exemple, d’électroménager.
Commerce de pain, pâtisserie et confiserie
Le développement des supermar- Fleurs Évolution 1993-2003
chés est en partie dû à l’essor d’une Biens d'occasion en nombre d'établissements
Bricolagenouvelle forme de commerces, de- Détail de boissons
puis le début des années 90 : les Articles médicaux et orthopédiques
Supermarchésmaxidiscomptes. Ces magasins ont
Équipement du foyer
fait des bas prix leur principal atout, Optique et photographie
Débit de tabacgrâce à un faible assortiment, une
Produits surgelés
présentation en magasin peu coû- Pharmacies
Autres commerces de détail en magasinteuse, un accueil minimum. En
non spécialisé Charbons et combustibles
Alsace, on dénombre près de Parfumerie
Charcuterie100 supérettes ou supermarchés
Horlogerie-bijouteriediscount en 2003, contre une Meubles
vingtaine en 1993. Les maxidis- Fruits et légumes
Pâtisseriecomptes exercent souvent sous
Chaussures
enseigne étrangère, principale- Livres, journaux et papeterie
Boulangerie et boulangerie-pâtisseriement allemande. L’Alsace a été
Quincaillerie
Électroménager, radios et télévisions
Habillement
Viandes et produits à base de viande
Textiles
Alimentation générale
-300 -200 -100 0 100 200 300 400
4 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 21 · juin 2004
Source : Insee, SireneCOMMERCE DE DÉTAIL
Mais, dans le même temps, plus les modes et de renouveler fré- C’est le cas des magasins non spé-
d’une centaine de quincailleries et quemment les collections, de cialisés, comme La Foir’Fouille,
de commerces de détail de revête- surcroît en proposant leurs vête- Hyper Affaires, dont le nombre a
ments de sols et de murs ont dis- ments ou chaussures à des prix augmenté. Le commerce de
paru. souvent plus bas. biens d’occasion s’est, lui aussi,
À contre-courant de cette ten- En revanche, les magasins d’op- bien développé au cours des dix
dance défavorable au petit com- tique ou de photographie se sont dernières années : brocantes, fri-
merce, les fleuristes tirent leur multipliés. Une trentaine de nou- pes, livres ou disques d’occasion
épingle du jeu : ils sont de plus en veaux magasins sont venus s’ins- attirent de plus en plus d’ama-
plus nombreux, autant dans les taller au cours de la dernière dé- teurs.
petites villes que dans les grandes cennie. De même, d’autres formes de
agglomérations. Ces magasins de vente ont connu un certain essor :
proximité restent les mieux adap- la vente par correspondance, parCulture et loisirs
tés à la vente de ce produit fragile. internet, le télé-achat, la vente àen pointe
domicile, mais aussi la vente sur
Parmi toutes les activités commer- éventaires et marchés, ou par au-De plus en plus
ciales, c’est le secteur des pro- tomate. Le consommateur trouvede chaînes
duits liés à la culture et aux loisirs au marché, lieu traditionnel, quali-succursalistes
qui croît le plus. Cette croissance té et fraîcheur des produits et un
Dans le commerce non alimen- est due au boom de la téléphonie, échange personnalisé. Mais il ap-
taire, plus d’un magasin sur trois à la vente d’ordinateurs, de maté- précie aussi les facilités qu’offrent
est consacré à l’équipement de la riel de bureau, de jouets, avec 330 les nouvelles techniques de com-
personne. Leur nombre est en lé- nouveaux commerces en dix ans : munication, qui associent confort
gère baisse depuis dix ans : en parti- l’Alsace est une des régions où le de recherche et gain de temps.
culier, les magasins d’habillement ou nombre de ces commerces a le
de chaussures, les maroquineries, plus augmenté depuis 1993 Au moins
parfumeries ou bijouteries sont de (+61 %, contre +37 % sur l’en- un commerce dans
moins en moins nombreux. Les pe- semble de la France). Dans le 7 communes sur 10
tits commerces indépendants de même temps, des librairies et pa-
l’habillement et de la chaussure peteries ont fermé, alors que le Grâce à sa forte densité de popu-
sont de plus en plus concurrencés nombre de magasins de sport et lation et au maillage serré de
par des chaînes succursalistes, loisirs est resté stable. bourgs et petites villes, la région a
comme Zara ou Mango pour les Par ailleurs, d’autres types de conservé un bon équipement
plus récentes. Ces structures sont commerces, nouveaux ou tradi- commercial. En Alsace, 636 com-
plus à même de suivre rapidement tionnels, ont progressé. munes possèdent au moins un
Les commerces se regroupent par type
Commerce alimentaire : supermarchés ; hypermarchés ; alimentaire de proximité non spécialisé (épiceries, supéret-
tes, etc.) ; alimentaire de proximité spécialisé (boulangeries, boucheries, etc.).
Commerce non alimentaire : non spécialisé (grands magasins) ; équipement de la personne (habillement, chaussures,
etc.) ; équipement de la maison (meubles, électroménager, etc.) ; bricolage-jardinage ; culture et loisirs (librairies, pape-
teries, articles de sport, etc.) ; produits pharmaceutiques, articles médicaux et orthopédiques.
Commerce de biens d’occasion.
Commerce hors magasin.
5Chiffres pour l'Alsace · revue n° 21 · juin 2004COMMERCE DE DÉTAIL
Les petites villes bien équipées en supermarchéscommerce, soit sept communes
sur dix, alors qu’elles ne sont que
Alimentaire de proximité
cinq sur dix sur l’ensemble de la 1,8
France. En se limitant aux commu- 1,6
1,4nes rurales alsaciennes, six sur
1,2Équipement de la personnedix ont préservé au moins un com- Supermarchés
1,0
merce. Il s’agit essentiellement de
0,8
boulangeries-pâtisseries, épice-
0,6
ries, boucheries, pharmacies ou
0,4
commerces de détail de boissons.
0,2
L’attrait touristique de nombreuses 0,0
communes rurales alsaciennes
explique en partie la bonne résis- Culture et loisirs Hypermarchés
tance de ces petits commerces de
proximité.
Le canton de Kaysersberg compte
ainsi 9 commerces de détail pour
1 000 habitants, au lieu de 6 pour
1 000 en moyenne dans la région.
Bricolage - jardinageÉquipement de la maison
D’autres territoires, autour des gran-
des villes, sont nettement moins
Communes rurales UU de 10 000 à 49 999 hbts
bien pourvus : dans les cantons de
UU de moins de 10 000 hbts UU de 50 000 hbts et plus
Truchtersheim ou Hochfelden, pro-
UU : unité urbaine hbts : habitantsches des grandes zones d’activités
Lecture : chaque polygone correspond à une zone et chaque axe représente un regroupement du commerce de
strasbourgeoises, il reste moins de 5
détail. L'étirement du polygone sur un axe, selon qu'il est fort ou faible, indique la plus ou moins forte
commerces de détail pour 1 000 ha- spécialisation de la zone dans l'un des regroupements. La spécialisation est exprimée par un indicateur qui
traduit la sur-représentation d'un ensemble d'activités commerciales dans la zone par rapport à la moyennebitants. Il en est de même pour
régionale (poids du regroupement dans le commerce de détail de la zone / poids du regroupement dans le
Marckolsheim et Neuf-Brisach, can-
commerce de détail de la région). Par exemple, avec un indice de spécificité de 1,7, le commerce alimentaire de
tons qui se trouvent sous l’influence proximité est sur-représenté dans les communes rurales par rapport à l'ensemble de la région.
du pôle colmarien.
à de petits magasins : pain-vien- commerciale de Vendenheim, est
noiserie, boucherie, etc. ainsi fortement spécialisé dansLes maxidiscomptes
Les hypermarchés sont avant tout l’équipement de la maison. Enfin, laprivilégient
implantés dans les agglomérations culture et les loisirs, l’équipement deles petites villes
de plus 10 000 habitants, générale- la personne restent des spécialités
Si les communes rurales ont plutôt ment en périphérie des villes. Le des quatre principales aggloméra-
gardé un commerce alimentaire de grand commerce de l’ameublement, tions alsaciennes, avec des maga-
proximité, les supermarchés prédo- de l’électroménager ou de la hifi-vi- sins concentrés en centre-ville.
minent dans les agglomérations de déo, ainsi que les magasins d’équi-
moins de 10 000 habitants. Les pement de la maison, privilégient
Audrey RIMLINGERmaxidiscomptes, notamment, "qua- également la périphérie des agglo-
drillent" les territoires en s’implan- mérations. Un tiers d’entre eux sont
tant volontiers dans des villes de établis autour des grandes villes. Le
petite taille. Ils sont parfois associés canton de Brumath, grâce à la zone
6 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 21 · juin 2004
Source : Insee, Sirene

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