Le produit intérieur brut en Haute-Normandie de 1990 à 2002 : Les Haut-Normands sont parmi les plus productifs

De
Publié par

Bien que les trois cinquièmes de la valeur ajoutée brute régionale soient réalisés par le tertiaire, la Haute-Normandie reste une région industrielle et qui plus est avec une industrie concentrée autour de quatre secteurs, à savoir la pharmacie, l'automobile, la chimie et l'énergie. La production industrielle joue ainsi un rôle moteur dans l'économie régionale qui demeure une des plus productives parmi les régions de province.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 11
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins

N° 35 - Mai 2004
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
FORCES ET FAIBLESSES
L’étude du PIB de la Haute-Normandie sur la
dernière décennie montre que cette région
LE PRODUIT INTÉRIEUR BRUT EN HAUTE-NORMANDIE
reste une des plus industrialisées de France.
DE 1990 A 2002
La part de la valeur ajoutée de l’industrie se
maintient à plus de 30%. Les Haut-NormandsEn outre, la Haute-Normandie atteint un
niveau de productivité très élevé puisque son sont parmi les plus productifsPIB par emploi la place parmi les régions
françaises les plus performantes. Globale-
Francis COUVOUT
ment, on ne peut que s’en féliciter : ce résul-
tat est bon pour la Normandie ; il est bon
aussi pour la France entière qui en bénéficie.
Pouvons-nous nous en réjouir sans états
riode 1990-2002, ce qui n’est pas le cas auBien que les trois cinquièmesd’âme ? Hélas, toute médaille a son revers :
niveau national qui perd trois points sur lacette bonne performance de l’industrie de la valeur ajoutée brute
haut-normande repose en partie sur deux période et s’établit à 19,5% en 2002. De
régionale soient réalisés par lephénomènes importants : la spécialisation et plus, il s’y ajoute un phénomène de
la concentration. tertiaire, la Haute-Normandie concentration propre à la région. En 1990,
Spécialisation, certes relative, mais croissante
un peu moins de la moitié de la richessereste une région industrielle etcar quatre secteurs (chimie, énergie, automo-
bile et pharmacie) représentent à peu près la industrielle régionale était concentréequi plus est avec une industrie
moitié de la richesse industrielle. dans la chimie, l’énergie, l’automobile et la
concentrée autour de quatreConcentration car les effectifs de ces secteurs
pharmacie, quatre secteurs qui regroupent
sont situés dans un nombre limité de grands secteurs, à savoir la un tiers des effectifs de l’emploi industriel.établissements eux-mêmes dépendants d’un
petit nombre d’entreprises. pharmacie, l’automobile, la Douze ans plus tard, ils gagnent quatre
Un lecteur pessimiste pourrait donc faire les points en part et représentent 17% de lachimie et l’énergie. La
remarques suivantes :
VAB régionale tandis qu’ils régressent de
-Il est ennuyeux d’avoir une industrie forte et production industrielle joue
trois points pour s’établir à 7% au niveauun tertiaire faible car l’industrie supprime des
ainsi un rôle moteur dans national. Simultanément, l’emploi salariéemplois alors que c’est le tertiaire qui en
crée. l’économie régionale qui est resté stable dans l’ensemble des
-La spécialisation industrielle accentue les ris- quatre secteurs en région mais a un peudemeure une des plus
ques de crise.
diminué en métropole.
-La concentration dans un petit nombre productives parmi les régions
Entre 1990 et 2002, la productiond’établissements dépendant de quelques en-
de province.
treprises multiplie encore les risques, qu’ils économique totale a augmenté de +45%
soient dus à la conjoncture ou aux décisions en Haute-Normandie contre +51% au
stratégiques.
niveau national, ce qui place la région en
Nous ne voulons pas être pessimistes ; mais
a part de l’industrie dans la valeur 13e position. Cette évolution est à mettreenfin, gouverner c’est prévoir et quand tout
va bien, il faut savoir imaginer le pire. Lajoutée brute (VAB) régionale reste en regard du fait que l’emploi salarié a
stable à plus de 30% au cours de la pé- augmenté de +12% dans la région contre
Jean LEMATTRE
Chef du service des études et de la diffusion
ÉVOLUTION DE LA VAB ENTRE 1990 ET 2002 PAR GRAND SECTEUR D’ACTIVITÉ
70
Haute-Normandie
60
France métropolitaineS O MM A IRE
50
40
ÉCONOMIE
LE PRODUIT INTÉRIEUR BRUT EN HAUTE-NORMANDIE 30
DE 1990 A 2002
Les Haut-Normands 20
sont parmi les plus productifs . . . . . . . . . . . . . . 1
10
POPULATION
0
LES IMMIGRÉS EN HAUTE-NORMANDIE
Moins nombreux mais en plus forte augmentation -10
que dans les autres régions. . . . . . . . . . . . . . . . . 3
-20
Agriculture Industrie Construction Services Total
ANALYSES CONJONCTURELLES
L’EMPLOI SALARIÉ AU 3e TRIMESTRE 2003 Source : INSEE (NES 4) Unité : %
Un net recul en Seine-Maritime . . . . . . . . . . . . . 6
ÉCONOMIESTRUCTURE DE LA VAB EN 1990 ET 2002 Par ailleurs, la cons- gions les moins productrices en réalisent
PAR GRAND SECTEUR D’ACTIVITÉ
truction progresse de moins d’un cinquième.
100 +30% en Haute-Nor- Pour se libérer du poids démogra-
mandie, ce qui constitue phique des régions, il faut s’intéresser au
néanmoins une des plus PIB par habitant ou mieux encore au PIB80
faibles évolutions régiona- par emploi. En 2002, le PIB par habitant
les mais elle s’accom- s’élève à 23 000 euros par Haut-Normand
60
pagne d’un léger et place la région en 4e position, loin der-
supplément d’emplois. rière l’Ile-de-France mais comparable
40 Les transports en re- aux régions de province les plus perfor-
vanche sont beaucoup mantes (Rhône-Alpes et Alsace) et à la
20 plus dynamiques avec une moyenne métropolitaine. Le PIB régional
hausse de production de par emploi atteint les 59 400 euros, prati-
près de +70% et une crois- quement au même niveau que les trois0
Haute-Normandie France Haute-Normandie France sance de l’emploi de régions les plus productives de province,
1990 2002 +10%, ce qui place la l’Ile-de-France demeurant inaccessible.
région en 4e position pour En termes d’évolution, les PIB régionaux
Services Industrie
l’évolution de la VAB mais par emploi suivent dans une certaine
Construction Agriculture
en dernière pour celle de mesure la conjoncture nationale, ils aug-
Source : INSEE (NES 4) Unité : % l’emploi. En douze ans, le mentent donc sans grande dispersion,
secteur a donc enregistré de +30% à +42% entre 1990 et 2002
+16% en métropole. En revanche, la pro- des gains de productivité considérables avec un ralentissement en fin de période.
gression de la production industrielle dans la région ; c’est le cas par exemple La Haute-Normandie se classe dans la
haut-normande est l’une des plus rapi- du développement des conteneurs dans première moitié des régions avec une
des avec une hausse de +45% contre les transports maritimes. croissance moyenne légèrement supé-
+26% en moyenne nationale. En douze La croissance de la production dans rieure à celle de la métropole (+2,7% par
ans, l’emploi salarié industriel a reculé à les autres services est significative mais an contre 2,6%). Par ailleurs, près des
peu près autant en région qu’en métro- insuffisante pour positionner la région trois quarts du PIB régional sont produits
pole (-10%). L’automobile et l’énergie se dans la première moitié des régions, bien par la Seine-Maritime qui se montre en
sont montrées particulièrement dynami- que les effectifs soient en nette augmen- plus un des départements les plus dyna-
ques avec une VAB multipliée par plus de tation dans plusieurs branches. En outre, miques avec une progression entre 1996
deux en douze ans, ce qui est d’autant la Haute-Normandie fait partie des six ré- et 2000 du PIB par emploi de +3,5% par
plus remarquable que les effectifs régio- gions où la production agricole a diminué an
naux diminuent de -13% dans l’automo- entre 1990 et 2002 avec un recul de -7%
bile et de -2% dans l’énergie. La contre +6% pour la métropole, entraînée
production des biens intermédiaires, par la Champagne-Ardenne (+32%). LA PRODUCTION ÉCONOMIQUE
secteur prépondérant de l’industrie
La production économique d’un payshaut-normande, augmente de +28% en
ou d’une région est en général me-Haute-Normandie contre +17% en mé- UN PIB HAUT-NORMAND PAR EMPLOI
surée par le produit intérieur brut
tropole, mais les pertes d’emplois sont COMPARABLE AUX RÉGIONS DE
(PIB). Il représente la richesse produite
plus importantes en région qu’au niveau PROVINCE LES PLUS PERFORMANTES
à l’intérieur des frontières d’une région
national (-12% contre -7%). Entraînés par les unités économiques intérieu-
par la pharmacie, les biens de consom- En 2002, le produit intérieur brut res ou étrangères, résidant ou non
dans la région. Le PIB peut être assezmation font aussi preuve de dynamisme (PIB) de la Haute-Normandie s’élève à
différent du revenu disponible des mé-avec une hausse de production de +33% 41,5 milliards d’euros, soit 2,8% de la
nages comme c’est le cas en
(contre +23% au niveau national) tandis production économique de la métropole
Haute-Normandie. Le PIB est égal à la
les effectifs sont en net recul en région et un peu moins du dixième de somme des valeurs ajoutées brutes
comme en métropole. La production l’Ile-de-France. Le classement des ré- (VAB) augmentées des impôts grevant
les produits (TVA, droits de douanes,stagne quasiment dans les biens d’équi- gions en 2002 est presque identique à
taxes spécifiques) moins les subven-pement, conséquence des changements celui de 1990 ; la Haute-Normandie
tions sur les produits. Par rapport à
et des baisses d’effectifs (-20%) qui ont occupe la 13e place en 2002 comme en
l’ancien système, le nouveau système
eu lieu dans ce secteur. Dans les IAA, la 1990. Les quatre régions les plus produc-
de comptabilité SEC 95 exclut dans le
croissance et les gains de productivité trices, Ile-de-France, Rhône-Alpes, calcul des VAB les impôts sur certains
sont appréciables mais sont inférieurs à PACA et Nord-Pas-de-Calais, réalisent produits (produits pétroliers, tabac, …)
mais il inclut les subventions, notam-ceux enregistrés dans la plupart des toujours plus de la moitié de la richesse
ment à l’agriculture.autres régions. métropolitaine. A l’opposé, les dix ré-
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 35 - Mai 2004

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.