Les comptes économiques de la Guyane en 2010 : La demande intérieure soutient la croissance

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En 2010, le Produit Intérieur Brut (PIB) guyanais progresse de 2,5 % en volume. La croissance de l’économie guyanaise est moins soutenue qu’en 2009 (+ 3,6 %) mais reste supérieure à celle de la France métropolitaine (+ 1,5 %). La hausse de la demande intérieure est le principal moteur de la croissance. L’investissement se redresse (+ 6,7 % en volume), essentiellement tiré par l’habitat des ménages. La consommation finale des ménages rebondit, bénéficiant d’une inflation quasi-nulle (0,2 %). Les dépenses des administrations publiques n’accélèrent que modérément. L‘investissement en hausse, soutenu par celui des ménages La consommation des ménages accélère fortement L’activité d’Arianespace ralentit Hors spatial, les échanges extérieurs s’intensifient Encadrés Les comptes économiques rapides : une estimation précoce de la croissance Des comptes rapides issus d’une modélisation de l’économie guyanaise
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N°18 - décembre 2011
Les comptes économiques de la Guyane en 2010

La demande intérieure soutient la croissance
Cédric MUREAU, Emmanuel THIOUX, INSEE, Direction Antilles-Guyane




En 2010, le Produit Intérieur Brut (PIB) guyanais Les dépenses des administrations publiques
progresse de 2,5 % en volume. La croissance de n’accélèrent que modérément.
l’économie guyanaise est moins soutenue qu’en
2009 (+ 3,6 %) mais reste supérieure à celle de la Après avoir soutenu les exportations (en service
France métropolitaine (+ 1,5 %). de transport) et donc la croissance en 2009,
l’activité spatiale ralentit en 2010 : six lancements
ont été réalisés au lieu de sept en 2009. La hausse de la demande intérieure est le
L’aménagement du site entièrement dédié au principal moteur de la croissance.
programme Soyouz sur la commune de
L’investissement se redresse (+ 6,7 % en
Sinnamary a connu plusieurs retards. Les
volume), essentiellement tiré par l’habitat des matériels et équipements ont été stockés et le
ménages.
premier lancement du programme, prévu
La consommation finale des ménages rebondit, initialement en 2010, a été reporté pour l’année
bénéficiant d’une inflation quasi-nulle (0,2 %). suivante.


Investissement et consommation, les deux moteurs de la croissance
Les principaux agrégats et leur évolution, en milliards d’euros courants
Évolution en %
2009 2010 Volume Prix Valeur
Produit intérieur brut……………………………….. 3,2 3,3 2,5 1,3 3,8
Consommation des ménages…………1,6 1,6 3,8 0,2 4,0
Consommation des administrations publiques….. 1,6 1,6 1,2 0,9 2,1
Investissement……………………………………… 0,9 1,0 6,7 0,5 7,2
Imports de biens et services………………………. 1,6 1,8 17,5 0,7 18,3
Exports de bi……………………. 1,0 0,9 -10,1 1,7 -8,6
Dépenses de touristes…………………………….. 0,0 0,0 -1,2 0,6 -0,6
Source : Insee - CEROM - Comptes rapides



Les comptes économiques rapides : une estimation précoce de la croissance

Produit par l’INSEE, en partenariat avec l’AFD et l’IEDOM dans le cadre du projet CEROM, le compte
rapide 2010 de la Guyane repose sur une modélisation macroéconomique alimentée par les premières
données disponibles de l’année écoulée. Il ne s’agit pas d’un compte définitif : les estimations pourront
faire l’objet d’une révision lorsque la totalité des données de l’année seront connues.
1Les comptes économiques de la Guyane en 2010 t i l

Un taux de croissance toujours supérieur au niveau national
Taux de croissance du Pib en volume, en %, aux prix de l’année précédente chaînés
8
6
4
2
0
-2
-4
2005 2006 2007 2008 2009 2010
Guyane France

Source : Insee - CEROM - Comptes rapides

L‘investissement en hausse, soutenu par celui L’activité du BTP est inégale au cours de l’année.
des ménages Au premier semestre la fermeture du pont du
Larivot sur le principal axe routier freine les
livraisons de matériaux. Mais, au second
Après avoir nettement ralenti en 2009
semestre, plusieurs chantiers importants (réfection
(+ 0,5 %), l’investissement total en 2010 de quais au port Degrad-des-Cannes ou encore
progresse de 6,7 % en volume, contribuant
extension du Centre Hospitalier de Cayenne)
pour 1,9 point à la hausse du PIB. permettent une activité plus soutenue dans le
secteur.
L’investissement des ménages, principalement
constitué de l’investissement en construction
Les ventes de ciment progressent de 3,5 %,
(rénovation, réhabilitations et constructions dépassant celles de 2009 qui avaient connu un
neuves), a fortement rebondi. Ceci s’explique
recul important (-17,2 %), tout en restant toutefois
par un regain de confiance, des conditions plus en deçà des niveaux exceptionnels de 2008.
favorables sur le marché de l’immobilier (avec
un taux de crédit historiquement bas) et la fin
annoncée de certaines mesures de
défiscalisation (fin du dispositif Girardin En 2010, l’investissement s’accroît de 6,7 % en
programmé en janvier 2012). L’encours des volume
crédits à l’habitat a ainsi fortement progressé :
Évolution de l’investissement aux prix de l’année
+ 21,6 % sur un an. précédente chaînés : taux de croissance en %

En revanche, le financement de 35
l’investissement des entreprises diminue de
300,9 % en 2010, après une croissance déjà plus
molle en 2009 (+ 2,9 %). L’investissement a 25
été pénalisé, d’une part, par le ralentissement
20
de l’activité spatiale à laquelle il est corrélé et,
15d’autre part, par la situation financière des
entreprises. En effet, si l’emploi avait résisté 10
durant la crise, c’était en partie au prix d’un
5effort des entreprises sur leurs marges.
0
2005 2006 2007 2008 2009 2010Enfin, l’encours des crédits d’investissement
public progresse nettement moins qu’en 2009.
Source : Insee - Cerom - Comptes rapides En particulier, celui des collectivités locales
augmente de 1,8 % en 2010 contre 19,5 % en
2009 (année de construction d’infrastructures
scolaires, notamment quatre lycées).



- 2 - Les comptes économiques de la Guyane en 2010 t i l
La consommation des ménages accélère marché du travail. Le déficit structurel d’emplois
fortement pèse sur le revenu des ménages. Le marché du
travail s’est dégradé en 2010 (+ 10,7 % de
demandeurs d’emplois) après une année 2009
Le rythme de croissance de la consommation
particulièrement difficile + 13,9 %). Le taux de
des ménages accélère nettement en 2010 chômage (BIT) reste néanmoins stable sur les trois
(+ 3,8 % en volume, après + 1,6 % en 2008 et
dernières années.
+ 1 % en 2009), contribuant pour 1,8 point à la
croissance. Ce regain s’explique
principalement par la très faible hausse des La consommation finale des administrations
prix : + 0,2 % sur l’année contre + 1,5 % sur publiques croît également. Elle progresse de
l’ensemble du territoire national. En manière modérée (1,2 % en volume), mais plus
conséquence, le pouvoir d’achat des ménages rapidement qu’en 2009 (+ 0,3 %). Elle contribue à
a été préservé. Les prix des produits la croissance à hauteur de 0,6 point.
manufacturés, notamment, sont en diminution
de 0,9 % sur l’année. A contrario, le secteur de
En lien avec la hausse de la demande intérieure l’énergie contribue le plus à l’inflation avec
privée, les importations en biens de consommation
l’envolée du cours mondial de Brent : le prix
progressent fortement. En valeur, les importations des hydrocarbures progresse de 6,2 %.
de denrées alimentaires augmentent de 22 %,
celles de l’habillement de 29 % et celles
Une inflation quasi-nulle d’appareils ménagers de 24 %.
Évolution de l’indice des prix, moyenne
1annuelle en % L’activité d’Arianespace ralentit

4,0
En 2010, la valeur des exportations chute de
3,5
8,6 % ; ce recul contribue négativement à la 3,0
croissance du PIB à hauteur de 3,3 points. Ceci 2,5
s’explique par la large diminution des exportations 2,0 2de transport spatial ( -11,2 % en valeur), qui 1,5
représentent près des 90 % de l’ensemble des 1,0
exportations guyanaises. 0,5
0,0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 Arianespace réalise, en 2010, un chiffre d’affaires
en recul de 12,9 % par rapport à 2009. Son activité Guyane France
est moins soutenue que l’année précédente : elle a
procédé à six lancements réussis d’Ariane. Ils ont
Source : Insee - Cerom - Comptes rapides permis respectivement la mise en orbite de douze
satellites et des six premiers satellites de la
constellation Globalstar-2. En 2009, sept La croissance démographique, toujours
lancements d’Ariane 5 avaient été effectués pour soutenue, explique également la progression
permettre la mise en orbite de la mission de la consommation des ménages. La Guyane
scientifique Herschel / Planck ainsi que dix reste le département le plus dynamique ; sa
satellites. population augmente cinq fois plus vite que
celle de la France Métropolitaine. Elle Les équipes du Centre Spatial Guyanais ont
progresse de 2,9 % entre 2009 et 2010, ce qui, également préparé la mission ATV2, le véhicule
mécaniquement, soutient la consommation. cargo européen destiné à approvisionner la station
spatiale internationale (il a été lancé en février
2011). La hausse de la consommation des ménages
s’illustre par une activité plus soutenue dans le
commerce malgré un début d’année difficile. Les équipements et les divers systèmes russes
Bénéficiant en 2010 de l’effet prime à la casse, nécessaires aux activités de lancement de Soyouz
les ventes de véhicules neufs se reprennent : sont intégrés. Mais les travaux ont connu du
+ 5,4 % sur l’année alors qu’elles étaient en retard. Les éléments de lancement ont été stockés
diminution de 9,3 % en 2009. Cette reprise est à défaut d’être consommés ; ils n’ont donc pas été
le fait des véhicules de tourisme, puisque les comptabilisés comme exportations.
ventes de véhicules utilitaires sont en léger
recul. 1 Source : Arianespace.
Toutefois la progression de la consommation 2
Les lancements d’Ariane sont comptabilisés dans les comptes
finale reste freinée par la mauvaise situation du économiques en tant qu’exportations de service de transport.
- 3 - Les comptes économiques de la Guyane en 2010 t i l

Elles sont tirées par les ventes de produits Hors spatial, les échanges extérieurs
industriels ; en particulier, le montant des s’intensifient
réexportations d’instruments et d’appareils de
mesure ou de contrôle est quatre fois plus élevé
Après la contraction de 2009, le commerce qu’en 2009. La valeur des exportations d’or
extérieur guyanais est plus dynamique en progresse de 20,4 %. Les ventes de denrées
2010. Hors importations de lanceurs, les alimentaires, boissons et produits à base de tabac
importations progressent de 13 % pour augmentent de 5 %.
atteindre 1,13 milliard d’euros. Si le regain de
la demande intérieure profite à l’ensemble des
En revanche les ventes de produits agricoles, secteurs d’activités, la hausse est
sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture chutent particulièrement visible pour les produits
de 39 %. alimentaires et industriels.
Hors activité de lancement, les exportations
augmentent de 37 % par rapport à 2009 pour La part du non marchand progresse
atteindre 158 millions d’euros. Contribution des branches à l’évolution de la
valeur ajoutée en %
Les exportations chutent
5Évolution des échanges extérieurs en valeur :
taux de croissance en %
4
20 3
15
10 2
5
10
-5
0
-10
2005 2006 2007 2008 2009 2010
-15 -1
-20
primaire Industrie2007 2008 2009 2010
BTP Services marchands
services non marchandsimport export y.c tourisme
Source : Insee - Cerom - Comptes rapides Source : Insee - Cerom - Comptes rapides


Des comptes rapides issus d’une modélisation de l’économie guyanaise

Le modèle utilisé pour construire les comptes rapides est un modèle macro-économique, de type keynésien, dit
« quasi-comptable ». Il permet de projeter les comptes économiques d’une année donnée à partir d’hypothèses
d’évolutions de l’offre et de la demande de biens et services. En Guyane, ce modèle est construit avec 23 branches et
25 produits.
Le modèle est basé sur le TES (Tableau des Entrées-Sorties) de la Comptabilité Nationale. En effet, ces relations
comptables permettent d’assurer la cohérence du modèle en décrivant les équilibres nécessaires entre les
ressources et les emplois pour chaque opération. La projection du compte se fait selon la méthode de Leontief,
fondée sur les interactions entre branches, et celle de Keynes, fondée sur l’interaction revenu-consommation.
Pour en savoir plus
« Les comptes économiques des DOM », consultables sur www.insee.fr/guyane
« La Guyane en 2010 », Rapport annuel de l’IEDOM – juin 2011 www.iedom.fr
« L’année économique et sociale 2010 en Guyane», Antiane-Éco n°74, Insee – juillet 2011

Directeur de la publication : Georges-Marie Grenier
 Insee - Iédom - AFD - 2011
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