Les TIC : émergence d'un nouveau secteur

De
Publié par

Le domaine des technologies de l'information et de la communication compte deux fois plus d'entreprises qu'il y a dix ans. Quasi inexistant alors, le secteur des télécommunications est devenu prépondérant par le nombre de ses emplois, largement devant les sociétés de service en informatique. La filière industrielle a réalisé des performances beaucoup plus modestes, tandis que le commerce spécialisé dans les produits TIC périclitait. Employant tous une main-d'œuvre qualifiée, ces secteurs offrent des salaires peu différents de la moyenne, à l'exception des télécommunications.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 29
Nombre de pages : 3
Voir plus Voir moins

économie
Les Tic
Emergence d’un nouveau secteur
Le domaine des technologies de l’information et de la
communication compte deux fois plus d’entreprises qu’il y a dix
ans. Quasi inexistant alors, le secteur des télécommunications
est devenu prépondérant par le nombre de ses emplois,
largement devant les sociétés de service en informatique. La
filière industrielle a réalisé des performances beaucoup plus
modestes, tandis que le commerce spécialisé dans les produits
Tic périclitait. Employant tous une main-d’œuvre qualifiée, ces
secteurs offrent des salaires peu différents de la moyenne, à
l’exception des télécommunications.
Concentration au chef-lieu
u début des années 1990, les L’emploi dans les TIC Saint-Denis est la capitale technologique
micro-ordinateurs étaient peu incontestable de La Réunion. ElleArépandus dans les entreprises et concentre 47 % des établissements
pratiquement inexistants chez les parti- réunionnais exerçant leur activité dans
le domaine des Tic au 1er janvier 2003,culiers, le téléphone fixe était encore
et 75 % de l’emploi (si on ne tient pasessentiellement analogique, les télépho-
compte de France Télécom). Elle estnes mobiles et Internet n’existaient pas,
suivie de loin par Le Port, Saint-Pierre,les matériels audiovisuels numériques
Saint-Paul, pour le nombre
étaient réservés à un usage profession- d’établissements. Tandis que pour le
nel. Depuis, l’électronique s’est imposée nombre d’emplois, Saint-Louis et
dans les entreprises et chez les ménages. Sainte-Marie s’intercalent dans ce
De nombreuses entreprises proposent classement du fait de quelques PME qui
comptent. Dans les autres communes ledes biens et des services liés à l’électro-
monde des Tic est pas ou peunique. Un nouveau secteur économique
représenté.est né, celui des technologies de l’infor-
mation et de la communication (Tic). 2 500 emplois salariés offerts dans
les Tic, dont plus de la moitié pourCet acronyme résume l’ensemble des
la filière Télécom.
activités économiques qui contribuent à
la visualisation, au traitement, au stoc-
Au 1er janvier 2003, les Tic représentent
kage et à la transmission de l’informa-
409 entreprises, 461 établissements,tion par des moyens électroniques.
2 500 salariés. En 2001, elles dégagent
500 millions d’euros de chiffre d’affai-
Des activités en forte res. Le nombre d’entreprises a doublé en
expansion dix ans, passant de 209 à 409. L’essor,
parfois spectaculaire, de ce secteur encore
relativement faible se traduit depuis une
Nombre d’entreprises dizaine d’années par une augmentation
considérable de son poids dans la pro-
duction de biens et de services.
Le poids des Tic au sein de l’activité
marchande reste cependant inférieur à la
moyenne française. Au 1er janvier 2002,
la part des Tic rapportée au champ ICS
régional était de 1,4 % et le poids des
effectifs dans l’ensemble de l’emploi
(établissements sans salarié inclus) de
2,8 %. Elle est respectivement de 2,4 %
et 4,8 % pour la France (hors France
Télécom). Pourtant les Tic constituent
dans le monde entier un levier important
pour le développement économique et la
Le nombre d’entreprises des Tic a création d’emploi. En fait, La Réunion adoublé en dix ans.
économie4e trimestre 2003 23DE LAREUNIONéconomie
secteur des Tic (Orange Réunion et la IBM sont présentes sur l’île. Elles com-Taille des entreprises selon l’effectif
au 31/12/2002 Société Réunionnaise du Radiotéléphone mercialisent leurs produits mais ne les
ou SRR). fabriquent pas sur place.
Plus de la moitié des entreprises partici-
Des emplois qualifiéspant aux activités Tic offrent des servi-
ces informatiques. Dans ce secteur hété-
rogène on trouve du conseil en informa- Les entreprises du secteur des Tic évo-
tique, de la réalisation de logiciels, du luent dans un marché en perpétuelle
traitement de données ou de l’entretien mouvance. Leur développement et leur
et de la réparation de machines. Autour survie sont conditionnés non seulement
de quelques “poids lourds” gravite une par une forte capacité d’adaptation mais
nuée de petites entreprises employant aussi par une gestion de plus en plus
rarement (20 %) plus de 2 salariés . Elles complexe des tâches et d’une techno-
représentent pourtant la deuxième filière logie qui pousse à la diversification des
des Tic par le nombre d’emplois, avec compétences. Dans ce contexte, il est
un effectif de 550 personnes. naturel de constater que plus de la moitié
Plus de la moitié des entreprises des 2 500 emplois du secteur sont quali-La fabrication des instruments permet-
n’ont aucun salarié au 31/12/2002 fiés (chefs d’entreprise, cadres supé-tant de manipuler l’information (équipe-
rieurs et professions intermédiaires),ments informatiques, équipements de
misé aussi sur d’autres formes d’appro- alors que dans l’ensemble de l’économietransmission et équipements audiovi-
priation de ces technologies comme les de La Réunion (champ ICS) leur propor-suels, composants électroniques) occupe
activités d’édition et de diffusion de pro- environ trois cents salariés dans le dépar- tion n’est que de un sur quatre.
duits numériques et audiovisuels qui tement. La filière Tic industrielle est
Le profil des salariés des télécommunica-s’exportent hors Réunion. Mais on structurée autour d’un réseau d’une
tions est très différent de celui des autresaborde alors un autre secteur d’activité dizaine d’entreprises occupant de dix à
filières Tic : ils sont plus âgés et com-pour les experts de l’OCDE : celui du cinquante salariés chacune, créées depuis
prennent plus de femmes. La présence de“contenu”. quelques années déjà (entre 1987 et
France Télécom dans ce secteur explique1997).
Les différentes filières liées aux techno- cette différence. Le recrutement de cette
logies de l’information et de la commu- La filière Tic commerce pourrait res- entreprise nationale est plus ancien et ne
nication n’ont pas connu la même évolu- sembler à la précédente par son réseau : se renouvelle plus. La moyenne d’âge des
tion en une décennie. Le parc des sociétés quelques entreprises de 10 à 50 salariés, salariés travaillant dans les télécommuni-
de services informatiques a été multiplié créées depuis plusieurs années, charpen- cations est ainsi de 43 ans. La proportion
par 2,5 et celui de la filière industrielle tent l’ensemble. Mais elle vit une évolu- de jeunes n’atteint pas 7 % dans ce sec-
par 1,6, tandis que les entreprises de tion difficile avec la diminution de son teur. Dans les trois autres filières, la ten-
commerce ont diminué de près d’un parc d’entreprises et de ses emplois. C’est dance est inversée puisque la part respec-
tiers. Un nouveau secteur, celui des télé- vraisemblablement là le résultat de la tive de salariés âgés de 18 à 30 ans se
communications, s’est développé là où banalisation des produits Tic. Leur dif- positionne dans une fourchette allant de
n’existaient auparavant que deux socié- fusion et leur commercialisation entrent 40 à 45 %. Les jeunes y sont assez large-
tés nationales (Télédiffusion de France dans la gamme de produits d’entreprises
ment plus représentés que dans l’ensemble
et France Télécom). plus généralistes. Quelques grandes entre-
du champ ICS (33 %).
prises internationales comme Bull ou
Quatre sous-secteurs
différenciés
Un contour difficile à cerner
Le secteur des télécommunications est
Il est difficile de tracer les frontières des Tic produits Tic sont donc des outils, ce ne sontdevenu véritablement concurrentiel en
tant ces technologies touchent de multiples pas des contenus. Cette définition peut expli-
2000. Cette filière regroupe tous les ser- activités économiques. L’OCDE offre une défi- quer les différences dans les évaluations natio-
vices transmettant le son, l’image, les nition de référence que nous avons reprise nales comme internationales.
données ou toutes autres informations par pour cette étude. Les Tic regroupent les sec-
Certaines entreprises pourraient entrer dans leteurs d’activité économique qui concourent à lacâble, voie hertzienne, relais ou satelli-
champ défini ci-dessus mais la nomenclaturevisualisation, au traitement, au stockage et à lates. Dans le courant des années 1990, ce d’activités utilisée ne permet pas de les isoler.transmission de l’information par des moyens
secteur reste limité à quelques pionniers C’est le cas du commerce de détail de produitsélectroniques. Au travers de cette définition, on
électroniques ou de la formation spécialisée endont le plus connu est SFR, l’opérateur peut donc établir quatre grandes filières :
informatique.l’industrie, le commerce de gros, les télécom-de téléphonie mobile. Aujourd’hui, de
munications et les services informatiques.nouvelles entreprises se sont créées, Il convient de noter que ce qui est défini au
niveau international et qui fait l’objet de publi-opérateurs de réseaux téléphoniques et Cette définition ne prend donc pas en compte
cation se rapporte aux “technologies de l’infor-le secteur de l’audiovisuel. Les activités Ticfournisseurs d’accès sur Internet. Cette
mation et de la communication (Tic)” et qu’onservent à manipuler l’information mais ne sontfilière emploie 1 450 salariés, c’est-à-dire ne parle pas de “nouvelles technologies de
pas elles-mêmes productrices d’information.plus que les trois autres réunies. On y l’information et de la communication (NTIC)”.
De même les produits Tic ne sont pas des pro-
Cette dernière expression, bien que couram-trouve une des plus grosses entreprises duits d’information mais des instruments per-
ment employée, n’a pas de définitionde La Réunion (France Télécom) et les mettant la manipulation des informations. Les
reconnue.
deux autres plus grosses entreprises du
économie 4e trimestre 200324 DE LAREUNIONéconomie
Hors télécommunications,
Entreprises des TIC ayant au moins 20 salariés le niveau de salaire horaire Les auteurs
au 31 décembre 2002 à La Réunion moyen n’est pas très diffé-
rent de celui du reste de Nelly ACTIF est responsable de la
Commerce division “études” à la directionl’économie (champs ICS).
Bull régionale de l’Insee.S’ils restent significative-
IBM FRANCE ment plus élevés pour ce
Christophe HILLAIRET était VolontaireMC3 OCEAN INDIEN SARL qui est du commerce civil de l’aide technique à la directionOMICRONE
(+ 8,1 %), la différence est régionale de l’Insee au moment de la
Industrie bien faible pour les services rédaction de cet article.
DISCOVERY - PC LEADER informatiques (+ 3,6 %), et
NEXTIRAONE OCEAN INDIEN les salaires versés dans la
REUNION TELECOM filière industrielle sont légè-
rement inférieurs (- 1,3 %). BibliographieServices informatiques
Le niveau des qualifica-A.T.M. - APPLICATION TECHNIQUE MAINTENANCE
tions est pourtant réelle-CALL CENTER REUNION "Le marché des télécommunications en
ment élevé dans chacuneCBL REPRO 2001 : les téléphones mobiles
des trois filières. Le nombreDATAPRINT dépassent les fixes” - Paris : INSEE,
INFORMATIQUE TELEMATIQUE OCEAN INDIEN important de jeunes travail- 2003 - (Insee Première, n° 918 - août
leurs, en début de carrière,SERVITECH SARL 2003).
STOR - SERVICE TRAITEMENT ORDINATEUR REUNION contribue à tirer les salaires
"La diffusion des nouvelles technologies
TELE TRAITEMENT INFORMATIQUE - TIGRE moyens vers le bas.
de l’information et de la
Télécommunications communication dans l’économie” -Le secteur des télécommu-
FRANCE TELECOM dossier dans “l’Economie Française”nications est très particu-
ORANGE REUNION Edition 2000-2001 - INSEE, livre delier, avec une moyenne très
PARABOLE REUNION poche collection Inédit économie.élevée du salaire horaire
S.R.R. - SOCIETE REUNIONNAISE DU (15,1 euros), soit plus de 6
“Les technologies de l’information et de
RADIOTELEPHONE euros de plus que dans le la communication : 5 % du PIB” -
reste de l’économie. Cela Paris : INSEE, 1999 - (Insee Première,
provient pour partie d’un n° 648 - mai 1999).
Les contrats à temps partiel ne sont pas niveau de qualification plus élevé, mais
"Nouvelle technologie, nouvellelégion dans le secteur des Tic puisque surtout de la présence de France Tele-
économie” - Economie et statistiqueplus de 93 % sont à temps complet ! com dans le secteur qui tire nettement à N° 339-340 - octobre 2000.Ceci est particulièrement vrai dans la la hausse le niveau de salaire moyen
filière des télécommunications où seule- "Le secteur français des technologies deavec ses quelques centaines d’agents
ment 4 % des contrats sont à temps par- l’information et de la communication” -plus âgés que la moyenne et bénéficiant
SESSI - 40 p.tiel. Dans les filières du commerce et pour la plupart des surrémunérations de
des services informatiques, les entrepri- la fonction publique.
Entre chômage et difficultés de
ses recrutent plus volontiers leurs sala- recrutement : se souvenir pour prévoir,
Nelly ACTIF etriés à temps partiel (respectivement Paris, La documentation Française, col.
Christophe HILLAIRET16,5 % et 14,6 %) sans atteindre la “Qualifications et prospective” (rapport
moyenne départementale (24,8 % dans complet disponible à l’adresse.
le champ ICS).
Caractéristiques des emplois dans les établissements du secteur Tic et du champ ICS Quelques sites
La Réunion - 31/12/2000 - (en %)
www.art-telecom.fr
Filière TIC www.protel.frChamp
www.telecom.gouv.frICS
Commerce Industrie Informatique Télécom. Ensemble
Homme 69,9 76,7 64,3 60,2 63,9 65,6
Femme 30,1 23,3 35,7 39,8 36,1 34,4
18 - 30 ans 45,6 44,6 39,6 6,7 22,0 33,1
31 - 40 ans 38,5 32,6 40,0 23,6 29,2 37,9
41 - 50 ans 9,9 18,3 13,6 51,4 35,8 20,7
51 ans et + 6,0 4,5 6,8 18,3 13,0 8,3
Temps complet 83,5 92,4 85,4 96,1 92,9 79,0
Temps partiel 16,5 7,6 14,6 3,9 7,1 21,0
Emp. qualifiés 55,5 41,1 49,6 55,8 52,6 24,8
Emp. peu 44,5 58,9 50,4 44,3 47,4 75,2
qualifiés
Source : DADS - Champ : stagiaires etapprentis exclus.
économie4e trimestre 2003 25DE LAREUNION

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.