Premier bilan économique et social 2004 en Haute-Normandie : Une année record pour les créations d'entreprises

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En Haute-Normandie, l'année 2004 a été marquée, comme au niveau national, par une stabilisation de l'emploi et du chômage. Les effectifs salariés du secteur marchand ont augmenté de 0,2% entre septembre 2003 et septembre 2004. Le taux de chômage se situe à la fin de l'année 2004, comme un an auparavant, à 10,8%. Il reste sensiblement supérieur à la moyenne nationale (9,9%). Par ailleurs, l'année 2004 enregistre une nouvelle forte hausse des créations d'entreprises ; elles s'élèvent à 6 300, un record depuis 1993.
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N° 44 - Avril 2005
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
ANALYSES CONJONCTURELLES
PREMIER BILAN
ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2004 EN HAUTE-NORMANDIE
Une année record
EN ATTENDANT LA REPRISE
pour les créations d’entreprises
Après une année 2003 difficile, la crois-
sance économique manque encore de
vigueur pour créer des emplois et inver-
Francis COUVOUTser la courbe du chômage. Les premiè-
Sylvie BASLÉresstatistiquesdanslesecteurprivéhors
intérim annoncent de faibles créations
dans les services qui permettent tout
En Haute-Normandie, l’année 2004 a été marquée, comme au niveaujuste de compenser le nouveau recul de
l’emploi industriel. Le chômage est national, par une stabilisation de l’emploi et du chômage. Les effec-
certes stabilisé mais il demeure encore
tifs salariés du secteur marchand ont augmenté de 0,2% entre sep-élevé, en particulier le long de la façade
maritime. Cette situation défavorable tembre 2003 et septembre 2004. Le taux de chômage se situe à la fin
pèse d’ailleurs fortement sur l’insertion
de l’année 2004, comme un an auparavant, à 10,8%. Il reste sensible-professionnelle des jeunes et sur le chô-
mage de longue durée. Dans ce ment supérieur à la moyenne nationale (9,9%). Par ailleurs, l’année
contexte économique sans grand éclat,
2004 enregistre une nouvelle forte hausse des créations d’entrepri-
de plus en plus de jeunes entreprises
voient le jour. Depuis une quinzaine ses ; elles s’élèvent à 6 300, un record depuis 1993. Le port du Havre,
d’années, la création d’entreprises n’a
quant à lui, se montre le plus dynamique des ports autonomes fran-
jamais été aussi dynamique dans notre
région comme en France. Cette « perfor- çais. Cela ouvre de belles perspectives à la veille de l’entrée en ser-
mance » n’est pas liée à la conjoncture vice des premiers postes à quai de Port 2000.
mais s’explique par d’autres facteurs :
Ces évolutions sont intervenues dans un contexte internationalmesures de politique économique, sor-
ties de chômage… Ce résultat positif marqué par la baisse du dollar et l’envolée des cours du pétrole brut.
montre en tout cas que le tissu productif
En France, avec 2,5% de croissance (2,3% après correction des joursne cesse de se régénérer et se trans-
forme finalement assez rapidement. Il ouvrables), 2004 est une année de reprise de l’économie. Toutefois,
est aussi de bon augure à moyen terme
le second semestre marque le passage à une économie moins ro-car une fois passé le cap difficile des
cinq premières années, les entreprises buste. Ce régime de croissance modeste, proche de 2%, devrait se
survivantes auront créé ou sauvegardé
poursuivre au 1er semestre 2005. Il s’accompagnerait d’une faiblede nombreux emplois.
progression de l’emploi et d’un taux de chômage stable autour de
Christian CAMESELLA
10%. L’inflation, elle, devrait continuer à refluer après avoir atteint
Responsable de la division « Etudes sur
le développement économique » +2,1% entre décembre 2003 et décembre 2004.ANALYSES CONJONCTURELLES
n Haute-Normandie, en 2004, les créations d’entre- constatée au 4e trimestre 2003 (+0,6%) s’est inverséeEprises sont en forte augmentation pour la deuxième dès le début 2004 (-0,7%). Une amélioration passagère a
année consécutive (+14% après +19% en 2003) et attei- eu lieu au printemps (+0,4%), mais une nouvelle baisse
gnent presque les 6 300 unités, un niveau record pour les s’est produite durant la période estivale (-0,2%). Les évo-
lutions sont contrastées suivant les secteurs. L’emploi n’aquinze dernières années. En termes d’évolution, la région
fait mieux que la moyenne nationale (+9%) et se place au cessé de décliner dans l’industrie sur un rythme proche
3e rang des régions derrière le Limousin et la Corse. Le de -0,6% à -0,7% par trimestre. Tous les grands secteurs
taux de création (1) en Haute-Normandie progresse de sont orientés à la baisse ; seul l’agroalimentaire serait
1,2 point : il passe de 10,7% en 2003 à 11,9% en 2004. La parvenu à ne pas réduire ses effectifs. L’automobile qui
région se situe alors à la 11e position, soit deux places de avait réussi à progresser jusqu’au 3e trimestre 2003 pré-
mieux qu’en 2003 et presque au même niveau que sente une situation de plus en plus dégradée en 2004. En
l’Ile-de-France (12,1%). Parmi les zones d’emploi, Vernon revanche, la construction malgré un creux en début
et Pont-Audemer sont les plus créatrices (13,8% et d’année, maintient une tendance à la hausse de près de
+1% sur un an. Le commerce suit une évolution compa-13,2%) ; à l’opposé la Vallée de la Bresle, le Pays de Bray
et Lillebonne sont les moins créatrices avec des taux rable à celle de l’ensemble. Les services restent le sec-
compris entre 10,1 et 10,4%. La hausse a été la plus sen- teur le plus dynamique entraînés par les services aux
sible en début d’année, puis l’évolution est allée en décli- entreprises.
nant jusqu’à reculer au 4e trimestre. Les secteurs les plus
dynamiques sont la construction et les services. En parti-
culier, les créations dans les transports ont doublé en un CHÔMAGE : STABILITÉ
an. Les commerces progressent au même rythme que
l’ensemble des créations. Par ailleurs, dans la plupart des En Haute-Normandie, le taux de chômage a commen-
cé par diminuer au début 2004, puis est remonté aux 2erégions, les pures progressent plus vite que
l’ensemble des créations, mais la Haute-Normandie avec et 3e trimestres avant de décroître en fin d’année. Finale-
une hausse de plus de +14% (après +23% en 2003), ment, il s’établit en décembre 2004 à 10,8% de la popula-
n’occupe que la 10e place régionale. La part des créa- tion active en données corrigées des variations saison-
tions pures en Haute-Normandie augmente légèrement à nières, au même niveau qu’en décembre 2003. La région
63,2% et reste bien en dessous des 70% enregistrés au occupe toujours le 4e rang et présente un écart de +0,9
niveau national. L’Eure se montre plus dynamique que la point au-dessus de la moyenne nationale. Les deux dé-
Seine-Maritime (+16% contre +12%), mais plus encore partements suivent une évolution comparable à la région.
en matière de créations pures avec une hausse de +20% L’Eure maintient donc un écart de près de deux points en
sa faveur par rapport à la Seine-Maritime (9,6% contrecontre +15%.
11,4%). Dans les zones d’emploi, les évolutions sont con-
trastées. Sur un an à fin décembre 2004, les zones de
EMPLOI : MANQUE DE DYNAMISME Verneuil-sur-Avre, Bernay et du Pays de Bray enregis-
trent les hausses les plus fortes (entre +0,4 et +0,8 point).
Selon les statistiques provisoires des URSSAF, A l’inverse celles de Fécamp, Lillebonne et Vernon pré-
l’emploi salarié dans les secteurs marchands non agrico- sentent les baisses les plus importantes (de -0,6 à -0,3
les et hors intérim a augmenté de +0,2% en Haute-Nor- point). Les zones de la façade maritime restent les plus
mandie entre septembre 2003 et septembre 2004, soit touchées avec des taux de plus de 11%. Au contraire, les
zones du Pays de Bray et Gisors conservent les taux lesprès de 800 postes supplémentaires. L’évolution est la
même au niveau national. En région, la tendance positive moins élevés de l’ordre de 8%.
Les demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE en
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI SALARIÉ PAR DÉPARTEMENT catégorie 1 sont en baisse de -2% sur un an mais
2003 2004 dépassent encore les 79 100 fin décembre 2004.
Évolution
sur 1 an3e trimestre 4e trimestre 1er trimestre 2e trimestre 3e trimestre En termes d’évolution, la région fait mieux qu’au
Eure 0,5 -0,2 -0,3 -0,4 -0,1 -1,0
Seine-Maritime -0,2 0,8 -0,7 0,7 -0,2 0,6
Haute-Normandie 0,0 0,5 -0,6 0,4 -0,2 0,2
(1) Taux de création : rapport du nombre de créations au nombre d’entre-
Source : INSEE - URSSAF Unité : % prises régionales.
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 44 - Avril 2005ANALYSES CONJONCTURELLES
Seine-Maritime est en forte hausse (+11%) avec des évo-
TAUX DE CHÔMAGE PAR ZONE D’EMPLOI lutions positives pour les trois types de logements. Les
AU 31 DÉCEMBRE 2004
autorisations de construction de logements sont particu-
(en %)
lièrement dynamiques dans les deux départements avec
des augmentations comprises entre +30% et +45% sur
un an. Néanmoins, il faudra attendre quelques mois pour
savoir si les intentions se concrétisent. Le non résidentiel
est moins dynamique : les surfaces commencées sont
quasi stables pour la deuxième année consécutive et pié-
tinent en dessous d’un million de mètres carrés commen-
cés comme en 2002 et 2003. En revanche, l’immobilier de
bureaux connaît un rebond appréciable (+16% ; même
+26% en Seine-Maritime). Les surfaces autorisées pro-
2
gressent de +10% et s’élèvent à plus de 1,2 million de m ,
grâce à une demande exceptionnelle, en juin, en
Seine-Maritime.
COMMERCE EXTÉRIEUR :
FORTE HAUSSE DES IMPORTATIONS
L’année 2004 se caractérise par une forte hausse des
importations face à des exportations beaucoup moins dy-
namiques, en Haute-Normandie (+18% contre +1%)niveau national (-0,1%) et affiche même l’une des trois
comme en France (+13% contre +4%). L’environnementévolutions les plus favorables. Mais cette amélioration ne
international y est pour beaucoup. Avec plus de 19 mil-profite pas aux jeunes demandeurs de moins de 25 ans
liards d’euros, les exportations haut-normandes se main-qui sont en augmentation de +1,2%. Par ailleurs, le
tiennent à leur meilleur niveau. Les évolutions sont ce-nombre des chômeurs inscrits depuis plus d’un an ne fai-
pendant contrastées entre les secteurs et souvent deblit pas et leur part atteint près de 32% des inscrits (pro-
portion régionale parmi les plus élevées). Si l’on ajoute
les inscrits de catégories 2 et 3, on obtient les deman- LES ÉCHANGES EXTÉRIEURS DE BIENS EN HAUTE-NORMANDIE
deurs immédiatement disponibles dont le nombre, en Les exportations FAB (1) Les importations CAF (1)
léger progrès (+0,4%) sur un an, atteint les 102 500 à la Évolution Évolution
2004 2003-2004 (%) 2004 2003-2004 (%)fin 2004.
Agroalimentaire 2 149 -6,2 1 328 -12,4
dont :
Agriculture 852 -15,2 489 -21,9
IAA 1 297 0,8 839 -5,6
BÂTIMENT : ACTIVITÉ SOUTENUE
Industrie manufacturière 15 880 -0,5 11 050 6,7PAR LE LOGEMENT NEUF
dont :
IAA 1 297 0,8 839 -5,6
Biens de consommation 2 711 -11,4 1 949 15,7Le rebond des logements commencés en fin d’année
Automobiles 3 658 1 433 1,7-7,2
2003 s’est poursuivi jusqu’à la mi-2004 avant de se re- Biens d’équipement 1 912 1,8 1 503 17,6
Biens intermédiaires 6 280 5 298 4,78,8plier en seconde partie d’année. Au total, les logements
Divers 22 37,6 28 -15,5
commencés progressent en 2004 de +3% (après +18%
Énergie 2 423 17,5 9 509 38,0
en 2003) et dépassent les 7 400, meilleur chiffre depuis
Total (1) 19 155 0,7 21 049 17,8
1999. Les évolutions sont contrastées entre les deux dé-
Source : Douanes - BEATRICE Unité : millier d’euros
(1) les totaux ne font pas apparaître les doubles comptes des IAApartements. L’Eure enregistre un recul de -7% imputable
à des baisses sensibles de l’individuel groupé et du loge-
TAUX DE COUVERTURE . . . 91%ment collectif ; seul l’individuel pur est en progrès comme
SOLDE . . . . . . . . . . . -1 894
c’est souvent le cas dans le département. De son côté, la
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 44 - Avril 2005 3ANALYSES CONJONCTURELLES
tendance inversée par rapport à 2003. C’est même le cas Les principaux fournisseurs de la Haute-Normandie
pour tous les grands secteurs à l’exception de l’énergie. en 2004 sont une fois de plus les deux fournisseurs de
Ainsi les produits agricoles accusent une forte baisse sur pétrole brut, le Royaume-Uni et l’Arabie Saoudite, puis
un an au 1er semestre (-25% après +35% en 2003). Dans viennent assez loin derrière l’Allemagne et la Norvège.
les biens de consommation, la belle tenue de l’édition-im- Les principaux clients sont le Royaume-Uni, qui achète
primerie et dans une moindre mesure du cuir-habillement 13% des ventes régionales, devant l’Espagne et la Bel-
sont loin de compenser la chute de -16% des produits de gique avec moins de 10% chacune. En 2004, 59% des
la pharmacie-parfumerie. Dans cette dernière branche exportations de la Haute-Normandie sont destinées aux
importante en Haute-Normandie, cette baisse exception- pays de l’Union européenne mais seuls 44% de ses im-
nelle s’inscrit dans une tendance nationale résolument portations en proviennent. Cet écart tient à l’importance
positive (+5% après +2%). En forte hausse début 2004, la des approvisionnements en pétrole brut dans ses échan-
croissance du secteur automobile en Haute-Normandie a ges extérieurs. Au niveau national, l’Union européenne
nettement ralenti durant le second semestre 2004 au totalise à peu près trois cinquièmes des entrées et des
point de terminer l’année sur un recul de -7%. En re- sorties entre la France et l’étranger.
vanche, les biens intermédiaires sont en augmentation
de +9% (après -3% en 2003), entraînés par la reprise des
exportations de la chimie depuis le printemps (+13% PORTS : TRAFIC EN HAUSSE POUR LE HAVRE
après -2%). Dans chacune des trois branches des biens
d’équipement, la tendance s’est inversée par rapport à En 2004, le port du Havre confirme son dynamisme
2003, le dynamisme de l’aéronautique et de l’électro- avec une hausse de trafic de +7% (après +5% en 2003)
nique compense la faiblesse de la mécanique. Enfin, la et se situe à plus de 76 millions de tonnes (MT) (hors avi-
progression des exportations de produits énergétiques taillement). Ces bons résultats sont imputables aux vracs
de +18% s’explique en partie par l’envolée des cours du liquides et aux marchandises diverses, tous deux en aug-
pétrole. mentation (+7% et +9%), qui compense largement le
De leur côté, les importations bondissent à 21 mil-
liards d’euros, soit 3,2 milliards de plus qu’en 2003. C’est
LE TRAFIC DU PORT DU HAVRE
évidemment le pétrole brut qui alourdit la dépense, en
Part des
différentes Évolutionhausse de +38% (après -1% en 2003) avec une nette ac-
marchandises 2003-2004
célération aux deux derniers trimestres. La part du pé- 2003 2004 (%) (%)
trole brut dans les importations régionales gagne ainsi Vracs liquides 44 612 47 891 62,8 7,3
dont :près de six points à 45%. L’agriculture et les produits
Pétrole brut 35 288 37 048 48,6 5,0
agroalimentaires sont en baisse de -12%. Par contre, les Produits raffinés 7 125 8 839 11,6 24,1
Hydrocarbures gazeux 431 424 0,6 -1,6
biens de consommation et plus encore la pharmacie-par-
4 852 4 346 5,7 -10,4Vracs solidesfumerie sont en forte hausse après une quasi-stagnation
dont :
en 2003. L’automobile progresse légèrement grâce à un Céréales 459 2 0,0 -99,6
Aliments pour animaux 193 136 0,2 -29,6sursaut en fin d’année. Les biens intermédiaires ralentis-
Charbon 2 072 2 206 2,9 6,5
458 435 0,6 -4,9sent légèrement (+5% au lieu de +8% en 2003), alignés Ciments
en partie sur la chimie (+2% après +17%). En revanche, Autres Marchandises 22 028 24 054 31,5 9,2
dont :
les biens d’équipement, entraînés par la mécanique et
Conteneurs 19 134 21 578 28,3 12,8
l’électronique-électricité, connaissent une forte hausse
Ensemble des marchandises
(+19% après +2% ou -1% en 2003). La région qui avait su embarquées et débarquées 71 492 76 291 100,0 6,7
Source : Port autonome du Havre Unité : millier de tonnesmaintenir en 2003 un solde positif dans une France défici-
taire, subit en 2004 un déficit de -1,9 milliard d’euros
(données brutes Douanes CAF/FAB). Le taux de couver- LE TRAFIC PASSAGER AU HAVRE (ferries)
ture passe de 1,06 à 0,91, presque égal à celui de la Évolution
2003 2004 2003-2004 (%)moyenne nationale. La part des échanges extérieurs de
Passagers débarqués 379 312 -17,7la Haute-Normandie dans la France faiblit très légère- embarqués 374 316 -15,4
ment pour les exportations à 5,8% et reste stable à 5,6% Total de passagers 753 628 -16,6
pour les importations. Source : Port autonome du Havre Unité : millier
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 44 - Avril 2005ANALYSES CONJONCTURELLES
recul de -10% des vracs solides. Les importations de pé- Le port de Rouen, tributaire de la conjoncture écono-
trole brut progressent de +5% et accroissent encore da- mique et du climat, enregistre en 2004 une baisse de -8%
vantage leur part de marché qui représente près des (après +12% en 2003) et un trafic de 20,2 MT. L’essentiel
deux tiers des entrées et la moitié du trafic total. Les de la baisse de trafic provient du recul des vracs solides
échanges de produits pétroliers raffinés sont en plein et plus particulièrement des exportations de céréales en
essor dans les deux sens, ce qui est assez rare : +30% chute de -20% à 5,3 MT. Sur les six premiers mois de
pour les entrées et +20% pour les sorties. Du côté des l’année, le recul est encore plus sévère (-40%), consé-
vracs solides, l’augmentation des importations de char- quence de la sécheresse en 2003 et de la concurrence
bon à destination des centrales électriques de des blés d’Ukraine (un certain rattrapage a bien eu lieu au
l’Ile-de-France ne suffit pas à compenser l’arrêt momen- second semestre mais reste encore nettement insuffi-
tané des exportations de céréales. La satisfaction vien- sant). A ceci s’ajoutent un effondrement des importations
drait plutôt du trafic conteneurs en augmentation de de phosphates réduites à moins de 50 000 T (contre
+13% à 21,6 MT, correspondant à près de 2, 2 millions 425 000 T en 2002) et une baisse sensible de celles de
d’EVP (équivalents vingt pieds). Si en termes d’évolution, granulats et de charbon. Par ailleurs, la bonne tenue des
Le Havre se situe en tête des ports autonomes français, dérivés énergétiques (essences, gazoles, fioul... : environ
aussi bien pour l’ensemble du trafic que pour celui des 2/3 des vracs liquides) ne suffit pas à empêcher la baisse
conteneurs, il reste cependant en deçà des évolutions de des vracs liquides (-2%). En revanche, le tonnage des
Hambourg (+15%) et surtout de Rotterdam (+16%) dont produits “ divers ” augmente de +9% entraînés par les
le trafic de conteneurs dépasse amplement à lui seul le conteneurs (+11%), les produits forestiers et les “ autres
trafic total du Havre. La maîtrise de ce type de transport divers ”. Par contre les produits ensachés, sucre et farine,
représente un enjeu capital justifiant les investissements baissent fortement.
de Port 2000 dont le premier poste à quai deviendra opé- Au cours de la période 2001-2003, le port de Dieppe a
rationnel dès 2005. Par ailleurs, le trafic passager est en connu une certaine reprise d’activité qu’on pouvait inter-
net recul de -17%, le plus fort parmi les ports métropoli- préter comme une montée en charge. En 2004, le trafic
tains de la Mer du Nord. baisse à nouveau de -4% à 1,4 MT. Cette baisse est im-
putable au trafic transmanche en chute de -16% avec
LE TRAFIC DU PORT DE ROUEN 91 000 T. Le recul de -16% du trafic passager sur la liai-
Part des son rapide Dieppe-Newhaven, ouverte d’avril à sep-
différentes Évolution
marchandises 2003-2004 tembre, a provoqué l’abandon de l’opérateur concession-
2003 2004 (%) (%)
naire. A la fin de l’année, il ne restait en activité que les
Vracs liquides 9 599 9 422 46,7 -1,8
deux ferries affrétés par le département. Par ailleurs, ledont :
Pétrole brut 228 40 0,2 -82,5 port de commerce retrouve un peu de vigueur mais son
Dérivés énergétiques
tonnage de 480 000 T reste bien en dessous des niveauxet non 6 553 6 640 32,9 1,3
atteints entre 1995 et 1997. Le trafic des fruits, essentiel-Vracs solides 9 375 7 647 37,9 -18,4
dont : lement des bananes en provenance de Côte d’Ivoire, est
Céréales 6 577 5 282 26,2 -19,7
victime des événements politiques dans ce pays : sonCharbon 540 512 2,5 -5,2
Phosphates 280 47 0,2 -83,2 tonnage a presque été divisé par deux depuis 2001.
Autres marchandises 2 877 3 128 15,5 8,7 Enfin, la plaisance, avec une capacité d’accueil de près
dont :
de 400 places, reste nettement inférieure à la demande.Conteneurs 1 049 1 166 5,8 11,2
Ensemble des marchandises
21 851 20 197 100,0 -7,6embarquées et débarquées
Source : Port autonome de Rouen Unité : millier de tonnes
AÉROPORTS : BAISSE DE TRAFIC AU HAVRE
ET À ROUEN
LE TRAFIC PASSAGER À DIEPPE (ferries et liaison rapide transmanche)
En 2004, le trafic passager de l’aéroport du
Évolution
2003 2004 2003-2004 (%) Havre-Octeville chute à nouveau de -20% et retombe un
Passagers débarqués 191 180 -5,9 peu au-dessus de son niveau de 2002 à 52 200 passa- embarqués 189 178 -6,0
gers. Après la fermeture de la ligne Le Havre-Toulouse,Total de passagers 380 358 -6,0
en 2003, il ne reste plus qu’une seule ligne régulière,Source : Port autonome de Dieppe Unité : millier
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 44 - Avril 2005 5ANALYSES CONJONCTURELLES
ments élevés de 730 qx/ha. L’abondance des récoltes acelle de Lyon, en hausse sensible avec près de 20 000
passagers pour l’année. En revanche, les vols charters cependant un inconvénient : elle fait baisser les cours,
générant l’insatisfaction des producteurs.sont en fort développement (+30%). De son côté, le fret
est en chute brutale et ne représente plus que le tiers du
tonnage de 2001.
Le trafic de l’aéroport de Rouen-Boos recule pour la TOURISME : ACTIVITÉ SOUTENUE
DANS L’HÔTELLERIE CLASSÉEdeuxième année consécutive (-7% après -14% en 2003)
et tombe en dessous des 40 000 passagers. La ligne Le
En 2004, l’activité dans l’hôtellerie haut-normandeHavre-Lyon, qui fait escale à Rouen, transporte les trois
classée reprend un peu de vigueur avec une progressionquarts des passagers recensés à Rouen-Boos. 16 000
d’entre eux sont “ locaux ” et 15 000 en transit, pour la des nuitées de +5% (après -2% en 2003) et un total de
plus de 2 millions, son meilleur niveau depuis 1999.plupart déjà comptés au Havre. Durant la période esti-
vale, la ligne Rouen-Bonifacio-Figari reprend du service L’amélioration est plus nette de la part des étrangers que
des Français (+7% contre +4%). Les Français restent dele samedi mais elle est aussi en net recul de -40% avec
loin les plus nombreux avec plus de 65% des nuitées,moins de 1 900 passagers.
mais ils restent moins longtemps. Les étrangers viennent
pour la grande majorité d’entre eux de l’Union euro-
péenne. Parmi eux, les Britanniques arrivent en tête avecAGRICULTURE : DES RÉCOLTES VÉGÉTALES
38% des nuitées étrangères. Les durées moyennes deEXCELLENTES EN SEINE-MARITIME
séjour sont quasi stables à 1,6 journée par personne (j/p).
Un allongement à peine plus perceptible de la durée deEn 2004, les productions végétales affichent de très
bons résultats, les rendements sont quasiment tous ex- séjour a lieu pour les étrangers 1,7 j/p, les Français ne
demeurant que 1,5 j/p. Près de 2 clients sur 3 portent leurcellents, surtout en Seine-Maritime. La satisfaction vient
choix sur les hôtels de catégorie “ 2 étoiles ”.d’abord des céréales. La Seine-Maritime enregistre des
rendements records de blé avec 94 quintaux par hectare
(qx/ha). L’Eure qui avait eu à souffrir de la sécheresse en FRÉQUENTATION TOURISTIQUE POUR LA HAUTE-NORMANDIE EN 2004
Hôtellerie homologuée Campings homologués2003 retrouve un de ses meilleurs rendements avec
86 qx/ha. Les disparités locales subsistent : le plateau du Dont mai à Saison 2004
Année 2004 septembre mai à septembre
Neubourg reste ainsi le plus productif dans l’Eure. Les
Nombre d’arrivées
surfaces ensemencées en blé sont en augmentation de 1 284 689 179Ensemble
Français 877 406 69+3% et représentent près de 80% des surfaces cultivées
Etrangers 407 283 110
en céréales en Haute-Normandie et plus encore dans
Nombre de nuitées
l’Eure. Cette augmentation a lieu au détriment des autres
Ensemble 2 028 1 068 575
1 329 611 314Françaiscéréales car les surfaces totales de céréales sont quasi
Etrangers 699 457 261
stables. Les rendements d’orge-escourgeon culminent à
Source : INSEE - Direction du tourisme Unité : millier
des records en Seine-Maritime avec 83 qx/ha et sont à
leur meilleur niveau dans l’Eure (76 qx/ha) ; par contre les Sans doute à cause de conditions climatiques moins
surfaces ensemencées reculent de6à7% dans les deux favorables qu’en 2003, les campings enregistrent une
départements. Les rendements des maïs grain sont éga- baisse de fréquentation de -6% à 575 000 nuitées. Le
lement excellents avec 85 qx/ha dans les deux départe- recul est équivalent pour les Français et les étrangers.
ments, mais les surfaces ensemencées ne totalisent Les Français restent les plus nombreux (55%) et séjour-
guère plus de 3% des terres céréalières. Les surfaces de nent le plus longtemps : 4,5 j/p contre 2,4 j/p. La part des
Français a cependant tendance à décroître sur le moyenculture de colza progressent de +6% et les rendements
sont les meilleurs des cinq dernières années à 38 qx/ha. terme. Du côté de la clientèle étrangère, les Hollandais
- sont majoritaires et totalisent la moitié des nuitées, vien-Les pois protéagineux progressent en surface et en ren
dement à 53 qx/ha, mais on est encore assez loin des ré- nent ensuite les Britanniques et les Allemands. Les Hol-
sultats de 1999. Les conditions climatiques de fin d’année landais sont aussi les étrangers qui séjournent le plus
ont favorisé la récolte des betteraves avec des rende- longtemps avec 2,8 j/p
6 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 44 - Avril 2005
❑NOUS AVONS LU POUR VOUSNOUS A
LA PRODUCTION AVICOLE
DE SEINE-MARITIME
La production de poulets de chair et de poules pon-
deuses a connu une baisse sévère entre 1988 et 2000.
En revanche, celle de dindes et de pintades a continué
de progresser, pendant cette même période.
Le potentiel de production de volailles de Seine-Mari-
time s’est réduit de près de la moitié depuis 1970 :
1,55 million en 1970 contre 0,9 million en 2000, alors
qu’en France, il doublait presque, passant d’un effectif
de 136 millions en 1970 à 241 millions de volailles en
2000.
Les cantons de Goderville, Buchy et Pavilly sont les
plus gros producteurs de volaille du département.
Au recensement de 2000, 8 exploitations dans le dé-
partement ont un cheptel de poulets de chair de plus de
10 000 poulets et 3 éleveurs ont de 10 000 à 19 999
poules pondeuses.Où trouver la bonne information ?
L’aviculture en Seine-Maritime se caractérise par une
part importante de production labellisée.
Extraits des recensements de l’agriculture
1979-1988-2000 / Jacques Caron ; DDAF. - In : Agreste
Seine-Maritime. Note. - N° 54 (2005, janv.) ; 5 p.
LES EFFECTIFS ÉTUDIANTS EN 2003-2004
24 247 étudiants se sont inscrits à l’Université de
Rouen en 2003. Parmi ces étudiants, 59% sont originai-www.insee.fr res de la Seine-Maritime, 17% viennent de l’Eure, 7% ar-
rivent d’académies limitrophes, 4% de la région
parisienne…
Les filles sont plus nombreuses que les garçons
puisqu’elles représentent 59% de l’effectif total étudiant
(et même 61% dans le second cycle).
La catégorie socio-professionnelle des parents est
toujours déterminante : 28% des étudiants ont des pa-
rents cadres supérieurs et 21% ont des parents de pro-
fession intermédiaire alors que 14% des étudiants ont
des parents ouvriers ou 12% des parents employés. On
ne compte que 2% d’enfants d’agriculteurs et 6% d’en-
fants d’artisans.
Les étudiants de l’Université de Rouen / Observatoire de
la vie étudiante. - In : La Lettre de L’Ove. - N° 48 (2005,
janv.) ; 4 p.Une question ?
UNE BONNE ANNÉE
POUR LA CONSTRUCTION
L’année 2003 a été marquée par une progression im-
portante des ouvertures de chantier. 7 192 unités ont été
enregistrées en Haute-Normandie contre 6 194 en 2002.insee-contact@insee.fr
Cette progression se poursuit en 2004 avec 7 414 mises
en chantier.
Ces résultats cachent des disparités entre les 2 dé-
partements. L’Eure passe de 3 123 logements ordinaires0 825 889 452 commencés en 2003 à 2 902 en 2004 soit une baisse de
7%, alors que la Seine-Maritime connaît une hausse de
11% passant de 4 069 à 4 512 logements ordinaires
commencés. Les constructions « individuels groupés »
0,15€/mn - du lundi au vendredi de 9h à 17h ont pris une ampleur considérable avec une hausse de
plus de 54% par rapport à l’année précédente.
Ces évolutions devraient continuer en 2005 car les
autorisations de construction des deux départements
progressent de 39%.
Tendances de la construction neuve / Direction régionale
de l’équipement. - N° 12 (2004, 4ème trimestre) ; 4 p.
Nelly LANNEFRANQUE
Corinne MARISSIAUX
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 44 - Avril 2005 7

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