Quatrième trimestre 2008 La récession touche l'économie régionale

Publié par

Quatrième trimestre 2008 : La récession touche l’économie régionale CONTEXTE NATIONAL Au quatrième trimestre, le PIB français diminue en volume de L’activité économique en Basse-Normandie subit pleinement les effets de la crise au - 1,1 %, ce qui ramène la croissance quatrième trimestre. La baisse de la production industrielle s’est aggravée, alors pour l’année 2008 à + 0,7 %. La que la construction et les services aux entreprises sont en panne. La crise touche de forte baisse du produit intérieur brut plein fouet l’industrie automobile, plusieurs sites ayant connu des fermetures excep- français est le résultat de l’effondre- tionnelles en décembre. L’effondrement de la demande s’est également répercuté ment des investissements des entre- en fin d’année dans les secteurs des biens intermédiaires et des biens d’équipement, prises non financières (-1,5 %), ainsi où le climat d’affaires semblait moins dégradé il y a encore trois mois. L’emploi in- que des exportations (- 3,7 %), sous dustriel se contracte fortement, alors que le commerce et la construction commen- l’impact d’une contraction de la de- cent aussi à désembaucher. Globalement, la contraction de l’emploi permanent des mande mondiale et d’une sévère secteurs marchands avoisine 600 postes fixes (- 0,2 % en données corrigées de va- restriction du crédit. riations saisonnières), à laquelle s’ajoute la forte baisse des effectifs intérimaires.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 13
Tags :
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins

Quatrième trimestre 2008 :
La récession touche
l’économie régionale
CONTEXTE
NATIONAL
Au quatrième trimestre, le
PIB français diminue en volume de
L’activité économique en Basse-Normandie subit pleinement les effets de la crise au
- 1,1 %, ce qui ramène la croissance
quatrième trimestre. La baisse de la production industrielle s’est aggravée, alors
pour l’année 2008 à + 0,7 %. La
que la construction et les services aux entreprises sont en panne. La crise touche de
forte baisse du produit intérieur brut
plein fouet l’industrie automobile, plusieurs sites ayant connu des fermetures excep-
français est le résultat de l’effondre-
tionnelles en décembre. L’effondrement de la demande s’est également répercuté
ment des investissements des entre-
en fin d’année dans les secteurs des biens intermédiaires et des biens d’équipement,
prises non financières (-1,5 %), ainsi
où le climat d’affaires semblait moins dégradé il y a encore trois mois. L’emploi in-
que des exportations (- 3,7 %), sous
dustriel se contracte fortement, alors que le commerce et la construction commen-
l’impact d’une contraction de la de-
cent aussi à désembaucher. Globalement, la contraction de l’emploi permanent des
mande mondiale et d’une sévère
secteurs marchands avoisine 600 postes fixes (- 0,2 % en données corrigées de va-
restriction du crédit.
riations saisonnières), à laquelle s’ajoute la forte baisse des effectifs intérimaires.
La production industrielle a enre- La contraction de l’activité industrielle régionale s’est accentuée au quatrième tri-
mestre pour atteindre des minima historiques sur dix ans d’observation. Seul le sec-gistré au quatrième trimestre une
chute de plus de 7 %, le secteur au- teur de l’agroalimentaire résiste. Les carnets de commandes ont continué à se
tomobile étant de loin le plus tou- restreindre au quatrième trimestre. Cette dégradation est encore largement liée à la
crise de l’automobile et n’épargne, partiellement, que certaines entreprises du sec-ché. L’emploi salarié des secteurs
principalement marchands enre- teur des biens de consommation et de l’agroalimentaire. Au vu des enquêtes de
gistre une baisse de - 0,7 % au conjoncture auprès des chefs d’entreprise de la région, les perspectives d’activité
pour le premier trimestre 2009 apparaissent très défavorables.quatrième trimestre. En France
métropolitaine, 117 000 emplois
ont été détruits, principalement Le recul important de l’activité industrielle et le repli de la construction et des servi-
ces ont pour conséquence un effondrement de l’emploi intérimaire et une haussedans le secteur tertiaire (- 74 000),
et dans l’industrie (- 30 600). Deux marquée du chômage. L’appel à l’intérim diminue de près d’un quart au quatrième
tiers de ces emplois proviennent trimestre (plus de 4 000 équivalents temps plein à un an d’écart), baisse qui s’ex-
plique pour deux tiers par le recul net de l’activité industrielle.de l’intérim.
Le taux de chômage régional s’établit au 4e trimestre à 7,7%, il progresse plus for-
Le taux de chômage au sens du
tement dans la région qu'au niveau national.
BIT s’établit au quatrième trimestre
à 7,8 % en France métropolitaine,
avec 2 197 milliers de chômeurs,
soit une hausse de 187 000 person-
nes sur un trimestre.
Dragos IOANFranck YVERNOGEAU
InseeBanque de France
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 189Utilisation des capacités de production
en pourcentage
86
84 La production régionale poursuit sa baisse
82
80
Le recul de la production industrielle s’est accentué au qua-78
trième trimestre. Le taux moyen d’utilisation des capacités de76
production a baissé de cinq points par rapport au troisième tri-74
mestre, atteignant le niveau le plus bas observé depuis dix ans,72
tendance qui se poursuit depuis. Si cette baisse est légèrement70
moins forte qu'au niveau national, c’est seulement dû au poids68
66 du secteur agroalimentaire dans l’industrie bas-normande, sec-
64 teur qui affiche au quatrième trimestre une activité en légère
hausse.
Taux d'utilisation des capacités de production
Moyenne régionale (1998-2008)
Des carnets industriels encore plus dégarnis,
Situation des carnets de commandes
surtout dans l’industrie automobile et des stocks de produits finis dans l'industrie
solde d'opinions des industriels (cvs)
40Les carnets de commandes restent très dégradés au quatrième tri-
30mestre. Ils couvrent en moyenne à peine dix semaines d’activité,
20contre quinze un an plus tôt. L’effondrement de l’activité du secteur
10
automobile a été aggravé par le recul des autres secteurs, notamment
0
celui des biens intermédiaires et des biens d’équipement. -10
-20
Après plusieurs mois d’ajustement à la baisse, les stocks de produits -30
-40finis apparaissaient conformes aux besoins de production en fin
-50d’année, mais devraient encore diminuer en début d’année 2009.
-60
-70
Les coûts des approvisionnements diminuent sensiblement dans -80
l’industrie agroalimentaire, celle des biens intermédiaires et de
l’automobile, en liaison avec la baisse des prix de l’énergie et des
métaux. Les prix des produits finis enregistrent quant à eux des Niveau carnets Niveau stock
baisses ponctuelles.
Industrie laitière
Évolution du chiffre d'affaires en valeur
135
L’agroalimentaire résiste, mais ses effectifs s’érodent133 Base 100 : moyenne de l'année 1999
130
128 La situation de l’agroalimentaire contraste, en région comme au
125 niveau national, avec la crise qui touche la plupart des secteurs
123
industriels. Après une période mitigée, le quatrième trimestre a
120
enregistré une reprise, avec des commandes à la hausse. La de-118
mande s’est raffermie, dans le lait comme dans la viande, et les115
industriels tablent sur un maintien d’activité au premier trimestre113
2009. Les effectifs apparaissent néanmoins en recul au quatrième110
trimestre, l’appel à l’intérim étant aussi en baisse à un an d’écart.108
105
janv 05 janv 06 janv 07 janv 08
juil 05 juil 06 juil 07 juil 08
Basse-Normandie France
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE n° 189
janv-05
avr-05
juil-05
oct-05
janv-06
avr-06
juil-06
oct-06
janv-07
avr-07
juil-07
oct-07
janv-08
avr-08
juil-08
oct-08
janv-09
févr-05
mai-05
août-05
nov-05
févr-06
mai-06
août-06
nov-06
févr-07
mai-07
août-07
nov-07
févr-08
mai-08
août-08
nov-08
Source : Banque de France
Source : Insee, DGI
Source : Banque de FranceConjoncture régionale
mars 2009
Repli dans la construction Construction neuve en Basse-Normandie
(Indice des mises en chantier CVS*)
300Après les signes de retournement de conjoncture observés au
Base 100 : moyenne de l'année 2000troisième trimestre, la baisse se confirme au cours du quatrième
250trimestre. Le repli a touché surtout le gros œuvre, conséquence
du ralentissement marqué des mises en chantier depuis plusieurs
200e
mois (- 25 % au 4 trimestre). Si le ralentissement d’activité a été
plus marqué dans le département de l’Orne, il a touché plus parti- 150
culièrement les entreprises artisanales de toute la région.
100
Les carnets de commandes continuent de s’effriter, passant de
4,7 mois à 4,3 mois en moyenne. Le gros œuvre est en fort repli, 50
de 5 mois au troisième trimestre à 4,2 mois actuellement. Le sec-
0teur affiche une légère diminution de ses effectifs salariés, alors
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008que l’appel à l’intérim faiblit sensiblement au cours de la période
(-10 % en trimestre glissant).
Logement individuels Logements collectifs Locaux professionnels
(*) CVS : corrigés des variations saisonnières
Fort repli du commerce et des services aux entreprises
A l’image des évolutions nationales, qui font état d’une forte dégra-
dation du climat des affaires dans le commerce et les services au
quatrième trimestre, la Basse-Normandie affiche des résultats en
net repli. Les ventes des grandes surfaces à prédominance alimen-
taire reculent de - 1,8 % au quatrième trimestre, dans le prolonge-
ment d’une tendance à la baisse plus prononcée qu’au niveau
national.
Le commerce de gros affiche, lui aussi, des résultats en net repli,
avec des chiffres d’affaires en forte baisse tant en trimestre glis-
sant qu’à un an d’écart.
Les immatriculations neuves de voitures particulières diminuent au
quatrième trimestre (- 4 % en trimestre glissant), mais progressent
légèrement sur l’ensemble de l’année 2008 par rapport à l’année
précédente, à l’inverse de l’évolution France entière. Les immatri-
culations neuves de véhicules utilitaires sont, quant à elles, en forte
baisse depuis deux trimestres, mais progressent toujours sur l’en-
semble de l’année.
Les services marchands enregistrent un nouveau recul d’activité au
quatrième trimestre, le transport de marchandises subissant le repli le
plus marqué.
Évolution de l'emploi salarié bas-normand
Secteurs marchands non agricoles
(Données CVS*)Nouvelle contraction de l’emploi salarié
108au quatrième trimestre
107 Base 100 : moyenne de l'année 2000
106Dans le prolongement de l’inflexion observée depuis plusieurs
mois, l’emploi régional des secteurs marchands enregistre, en 105
données corrigées des variations saisonnières, une baisse d’envi-
104
ron - 0,2 % au quatrième trimestre, soit près de 600 emplois per-
103manents. L’emploi industriel se contracte fortement (- 0,5 %),
alors que le bâtiment et le commerce commencent aussi à perdre 102
des effectifs. Le travail intérimaire enregistre une chute brutale au
101
quatrième trimestre, - 26 % à un an d’écart en équivalents temps
100complets, l’industrie et la construction étant les plus touchées.
2002 2004 2005 2006 2007 20082003
Basse-Normandie France
(*) CVS : corrigées des variations saisonnières
cent pour cent - BASSE-NORMANDIE N° 189
Source : Direction régionale de l'Équipement, Sitadel
Source : Insee, UrssafForte hausse du chômage régionalÉvolution du taux de chômage trimestriel
en pourcentage au quatrième trimestre
11
Le taux de chômage régional s’établit au quatrième trimestre àTaux de chômage au sens du Bureau International du Travail
10 7,7 % de la population active. Cette augmentation brutale de
+0,8 % ramène le taux régional à son niveau de début 2007.
9 Cette hausse devrait se poursuivre au premier trimestre 2009.
Les pertes d'emploi importantes subies plus particulièrement
8 dans l'industrie, couplées à l'effondrement du recours à l'intérim,
se traduisent dans la région par une forte hausse du chômage.
7
Le taux de chômage pour l'ensemble de la France métropoli-
taine, pour le quatrième trimestre 2008, s'établit à 7,8 %. Ainsi,6
la Basse-Normandie se rapproche du taux national alors qu'elle
5 se situe habituellement en retrait d'un demi point. Au quatrième
2004 2005 2006 2007 2008 trimestre 2007, le taux de chômage dans la région s'établissait à
6,9 % pour une moyenne métropolitaine de 7,5 %.
Basse-Normandie France
Fin 2008, le taux de chômage atteint 8 % de la population active
de l'Orne et du Calvados. C'est l'Orne qui subit la plus vive pro-
gression du taux de chômage avec une hausse de +1,2 points en
un an. Dans la Manche le taux s'établit à 7 % de la population ac-
tive au quatrième trimestre 2008.
Rédaction achevée le 30 mars 2009
de quoi parle-t-on?
Le taux d’utilisation des capacités de production, le niveau des carnets
DIRECTION de commandes et des stocks sont calculés à partir de l’enquête conjoncture
REGIONALE DE L'INSEE réalisée tous les mois par la Banque de France. Le premier indicateur est une
DE BASSE-NORMANDIE moyenne d’une variable numérique, les deux autres sont des soldes d’opinions
(une valeur proche de 0 indique une relative égalité des réponses à la hausse
93, rue de Geôle
par rapport aux réponses à la baisse). L’agrégation des est faite selon
14052 CAEN CEDEX 4
le poids de chaque unité répondante au sein de la branche (en termes d’ef-
Tél. : 02.31.15.11.00
fectifs et de chiffre d’affaires), ensuite par le poids respectif du secteur dans leFax : 02.31.15.11.80
total. Cette enquête de conjoncture est réalisée chaque mois auprès de 150 en-
www.insee.fr/basse-normandie treprises représentatives de l'industrie régionale.
Les indices de chiffre d’affaires sont calculés à partir des déclarations fisca-
Directeur de la publication :
les mensuelles (source CA3) des entreprises dont le siège ou une partie im-Michel GUILLEMET
portante de leur activité sont situées dans la région. Les courbes représentent la
Service études et diffusion : tendance après desaisonalisation des valeurs brutes.
Julien BECHTEL
L’évolution des effectifs salariés est calculée à partir des données trimestriel-
les Urssaf. Les indices de variation sont exprimés en données désaisonalisées.Rédacteur en Chef :
Didier BERTHELOT Le taux de chômage, calculé en moyenne trimestrielle, est estimé au sens du
Bureau International du Travail (BIT) à partir de la nouvelle enquête emploi en
Secrétaire de Rédaction :
continu et en adoptant les critères européens plus restrictifs. Est définie comme
Charles DESFOREST
-chômeur toute personne qui déclare ne pas avoir travaillé au cours d’une se
maine déterminée, être à la recherche active d’emploi et être disponible dans lesComposition PAO :
15 jours qui suivent pour prendre un travail.Marie-Isabelle LARDET, Françoise LEROND
Crédit photos :
Comité régional du tourisme ; Chambre régio-
nale d'agriculture ; Comité départemental du
tourisme de la Manche ; Les membres du Pôle de Gestion Publique et de Développement Économique,regroupant
sous la responsabilité du Trésorier-Payeur Général, les services économiques de l’État en région,
Attaché de presse : ainsi que des institutions telles que la Caisse des Dépôts et Consignations et la Banque de France,
Philippe LEMARCHAND ont décidé en 2007 de s’associer pour réaliser conjointement une note de conjoncture trimes-
02.31.15.11.14 trielle.
La conduite de cette action a été plus particulièrement confiée à la Banque de France et à l’INSEE,
© INSEE 2009 à partir de données collectées auprès des différents partenaires.
Source : Insee, enquête emploi en continu

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.