Rebond vigoureux de l'activité

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A l'image de la tendance nationale, la demande globale s'est vivement redressée en région Centre au quatrième trimestre. A l'exception des industries agro-alimentaires, tous les secteurs industriels ont profité de cet élan favorable. Plus intense que prévue, cette accélération, et notamment celle de la demande étrangère, a contribué à l'augmentation de la production globale prise dans son ensemble. Au niveau sectoriel, les tendances sont plus mitigées. Alors que dans les biens d'équipement et l'automobile la production s'amplifie, dans les industries agro-alimentaires et les biens de consommation elle se maintient à son niveau d'octobre dernier. Seule, la production de biens intermédiaires a fléchi en fin d'année.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n 93 - avril 2000 - 15 F/2,29 ?
Le point de la conjoncture rØgionale
Rebond vigoureux de l’activité
Au cours du quatrième trimestre 1999, le PIB s’est accru en France
de 0,9 %, ce qui établit le rythme annuel de croissance à 2,7 % pour
l’ensemble de 1999. L’accélération de la croissance française en fin
d’année s’appuie à la fois sur la vigueur de la demande mondiale et
de la demande intérieure. Elle est caractérisée par la progression soute
nue de l’investissement résultant du dynamisme de la demande et
des conditions de financement très propices. L’année 1999 a enregistré
des créations d’emploi exceptionnelles qui ont permis une décrue
rapide du chômage. Dans ce contexte, le climat de confiance des
consommateurs, très favorablement orienté, a stimulé la consommation
des ménages.
Dans le Centre, les industriels ont globalement confirmé la bonne
tenue de leur activité, soutenue à la fois par un environnement très
porteur des marchés nationaux et internationaux. Les carnets de
commandes se stabilisent à des niveaux très hauts. Pour répondre à
la demande, les chefs d’entreprises ont puisé de nouveau dans leur stocks
qui désormais sont relativement bas. A court terme, ils restent confiants
sur leurs perspectives et anticipent au pire, une légère décélération
de leur activité.
Si la bonne tenue des emplois tertiaires explique l’essentiel de
la progression d’ensemble, le redressement de l’économie a généré,
au quatrième trimestre, une augmentation significative de l’emploi
salarié dans l’industrie (+ 0,6 %) ; seul le secteur de la construction
marque une pause.
Au quatrième trimestre, la baisse du chômage s’est accélérée. Le
nombre de sans emploi a reculé au cours des trois derniers mois de
7,2 % en données corrigées des variations saisonnières contre 5,7 %
le trimestre précédent. Avec 9,3 % de la population active, le taux de
chômage régional accentue son avantage (1,3 point) sur la moyenne
nationale.
note rØdigØe le 11 avril 2000
Directeur de la publication : Claude BASSO INSEE Centre Service Etudes et Diffusion
ISSN : 0986 976X Code SAGE : ICI9348 43, avenue de Paris BP 6719 45067 Orléans Cedex 21 INSEE CENTRE INFO N° 93 avril 2000
Internet : http://www.insee.fr Tél : 02.38.69.53.35 fax : 02.38.69.53.00EnquŒtes de conjoncture
Les industriels restent trŁs confiants ActivitØ soutenue dans la construction
A l’image de la tendance nationale, la Au quatrième trimestre 1999, l’activité
demande globale s’est vivement redressée en globale dans la construction s’est maintenue à
région Centre au quatrième trimestre. A l’ex son niveau d’octobre. Ce bon niveau de janvier
ception des industries agro alimentaires, tous résulte d’un regain d’activité dans le second
les secteurs industriels ont profité de cet élan oeuvre et d’un repli de même ampleur dans le
favorable. Plus intense que prévue, cette accélé gros oeuvre.
ration, et notamment celle de la demande étran Le solde global des réponses des entrepre
gère, a contribué à l’augmentation de la produc neurs interrogés témoigne cependant d’un très
tion globale prise dans son ensemble. Au niveau grand optimiste, même si certains secteurs ont
sectoriel, les tendances sont plus mitigées. Alors suivi des tendances opposées. Les chantiers
que dans les biens d’équipement et l’automobile publics ont bénéficié d’une orientation favora
la production s’amplifie, dans les industries agro ble. Dans les chantiers privés, l’activité s’est mon
alimentaires et les biens de consommation elle trée stable au cours des trois derniers mois. Pour
se maintient à son niveau d’octobre dernier. l’ensemble des travaux de construction, alors
Seule, la production de biens intermédiaires a que l’activité s’est dégradée dans le résidentiel
fléchi en fin d’année. neuf, les bâtiments neufs à usage professionnel
continuent de profiter d’un fort mouvement àAu cours du quatrième trimestre, les indus
la hausse.triels ont de nouveau recours au déstockage dans
toutes les branches sauf dans les industries agro Les entrepreneurs estiment leur situation
alimentaires où l’on note un léger mouvement de trésorerie en nette amélioration même si
de reconstitution des stocks. les délais de paiement de la clientèle sont restés
stables. Les carnets de commandes restentLe solde d’opinion concernant la situation des
relativement bien garnis et continuent à êtrecarnets de commandes continue de s’améliorer.
orientés à la hausse.L’évolution est plus contrastée dans l’automo
bile qui marque une pause en cette fin d’année, La bonne orientation des investissements
et dans le secteur des industries agro alimentaires réalisés, à la fois dans le gros oeuvre et le
où le solde s’inscrit à la baisse au cours des trois second oeuvre, montre que les chefs d’entrepri
derniers mois. ses ne craignent pas de retournement de tendance
à court terme.Pour le court terme, l’activité devrait rester
soutenue. Les industriels anticipent cependant Au cours des prochains mois, l’activité
un fléchissement de la production globale, con devrait rester soutenue et se maintenir à ses hauts
séquence d’un tassement de la demande. Ce mou niveaux actuels.
vement ne devrait pas avoir d’influence sur les
biens intermédiaires qui bénéficieraient d’une de Note : ces résultats sont issus d’une enquête trimestrielle
auprès d’entrepreneurs régionaux interrogés sur l’état de leursmande et d’une production favorablement orien
affaires et leurs perspectives à court terme. La dernière exploita
tées au cours des prochains mois. tion de cette enquête concerne 170 entreprises. Les résultats
sont pondérés par le chiffre d’affaires ou l’effectif, puis redres
sés pour obtenir une bonne représentativité des entreprises
Note : les commentaires sont issus de l’application d’au moins 10 salariés. Les résultats sont exprimés en solde de
des résultats de l’enquête de conjoncture industrielle nationale à réponses (réponses «en hausse» moins réponses «en baisse»).
l’appareil productif régional. Cette «régionalisation» prend ainsi
en compte la structure particulière du tissu industriel du Centre.
Depuis janvier 1999, les séries du BTP et de l'industrie
Les résultats sont exprimés en solde de réponses (réponses
antérieures à avril 1996 ne sont plus disponibles.
«en hausse» moins réponses «en baisse»).
Evolution de la production industrielle Opinion de l’activitØ : ensemble
%
données brutes
Source : INSEE Source : INSEE
INSEE CENTRE INFO N° 93 avril 2000 2Emploi
Evolution rØgionale de l’emploi salariØ Reprise de l emploi
dans le secteur tertiaire dans l industrie rØgionale
Etablissements de 10 salariés ou plus
Dans la continuité de la reprise amorcée
depuis le début de l’année, l’emploi salariéIndice 100 base 1983 (CVS)
régional, dans les établissements de 10 salariés
ou plus, a de nouveau progressé au cours du
quatrième trimestre 1999 (+ 0,6 % en données
corrigées des variations saisonnières). Cette
hausse, moins sensible que celle enregistrée
le trimestre précédent, s’observe au niveau
départemental mais avec des évolutions contras
tées. L’Indre et Loire avec 2,1 %, le Loir-
et Cher avec 1,1 %, et le Cher avec 0,9 % enre
gistrent les plus fortes croissances. En revanche
dans l’Eure et Loir et le Loiret, la tendance
Source : INSEE, Assedic
trimestrielle est à la baisse, avec un repli de
l’emploi respectivement de 0,1 % et 0,2 %.
Alors que les effectifs dans le secteur deEvolution rØgionale de l’emploi salariØ
la construction se maintiennent, l’emploi salariédans l’industrie
dans le tertiaire continue de s’accroître enEtablissements de 10 salariés ou plus
région Centre (+ 0,8 %) et affiche des résultats
Indice 100 base 1983 (CVS) départementaux comparables à ceux de l’ensem
ble de l’emploi régional. C’est essentiellement
l’orientation favorable des services qui contri
bue au résultat positif du tertiaire, le commerce
affichant une baisse de 0,7 % au quatrième
trimestre.
Pour la première fois depuis plusieurs trimes
tres, l’accroissement de l’emploi régional ne
reste plus limité au tertiaire et dans une moindre
mesure au secteur de la construction. Signe d’une
bonne conjoncture économique, l’industrie
Source : INSEE, Assedic régionale parvient à créer des emplois et affiche
une croissance de 0,6 % au quatrième trimestre
1999. C’est dans l’Eure et Loir et l’Indre que
la progression a été la plus sensible (+ 1,6 %).Evolution rØgionale de l’emploi salariØ
Cette évolution positive ne s’étend pas toutefoisdans la construction
au Cher, où les effectifs salariés se tassent en
Etablissements de 10 salariés ou plus
perdant 0,6 %.
Indice 100 base 1983 (CVS)
Note : sauf mention contraire, les chiffres donnés sont
corrigés des variations saisonnières et issus des déclarations
établies par les établissements de 10 salariés ou plus auprès de
l’ASSEDIC. Les séries des chiffres donnés par les ASSEDIC
ont fait l’objet d’une nouvelle désaisonnalisation ; les courbes
sont celles de la nouvelle série. Les données relatives au
ème4 trimestre sont provisoires.
Source : INSEE, Assedic
3 INSEE CENTRE INFO N° 93 avril 2000MarchØ du travail
Taux de ch mageLa baisse du ch mage s accØlŁre
(% de la population active)
Avec 87 970 demandeurs d’emploi de catégorie 1 au
31 décembre 1999, en données corrigées des variations
saisonnières, le Centre enregistre durant le dernier trimes
tre une baisse inédite de 7,2 % du nombre de chômeurs
inscrits à l’ANPE. Le quatrième trimestre prolonge ainsi
le mouvement favorable observé tout au long de l’année
1999. Le bilan de l’évolution du chômage reste donc
très encourageant. Au cours des douze derniers mois, en
données brutes, le repli du nombre de sans emploi s’est
intensifié : 15,6 % contre – 7,6 % en 1998. Cependant,
c’est surtout à partir de l’été que la baisse du chômage s’est
accélérée. Sur les six derniers mois, en données corrigées
des variations saisonnières, il a reculé de 12,5 % contre
2,8 % au cours du premier semestre.
Cette décrue profite plus aux jeunes demandeurs d’em
ploi ( 22,6 % en un an) qu’aux chômeurs de 25 à 49 ans
( 14,2 %) ou de plus de 50 ans ( 11 %). L'année 1999 se
solde également par un net recul des demandeurs d’emploi
de longue durée ( 17,5 %) alors que ce mouvement amorcé
au cours des deux années précédentes paraissait jusqu’ici
encore fragile.
Témoignant d’une bonne tendance de fond, le chômage
au sens large, c’est à dire comptabilisant les personnes ayant
exercé une activité occasionnelle ou réduite de plus de
78 heures dans le mois, a diminué deux fois plus rapide
ment en 1999 que sur l’ensemble de 1998.
Le taux de chômage, qui rapporte le nombre de
chômeurs au sens du BIT à la population active, continue
de reculer tant dans le Centre qu’en France. Fin décembre
1999, il s’établit à 9,3 % en moyenne régionale contre
10,6 % dans l’hexagone.
Les flux d’entrées à l’ANPE sont en recul par rapport au
quatrième trimestre 1998. A l’exception des inscriptions
consécutives à des démissions, toutes les autres ont diminué
par rapport à la même période de l’an passé. Les demandes
d’emploi annulées sont plus nombreuses qu’il y a un an.
Cependant elles s’expliquent, en grande partie, par la hausse
des sorties pour absences au contrôle.
Source : INSEE
Le point sur ...
Les prØvisions pour 2000
La croissance française devrait maintenir le rythme sur bonnes anticipations de croissance et à des conditions de
laquelle elle s’est installée depuis le milieu de 1999. En financement favorables. Les créations d’emplois devraient
début d’année 2000, la production totale devrait progresser rester vives. Les effets à court terme de la réduction du
à un rythme voisin de 4 % portée par le dynamisme de temps de travail devraient jouer encore favorablement et
la demande intérieure et des marchés internationaux. La l’emploi total devrait continuer ainsi à progresser vigou
construction de logements neufs devrait être touchée par reusement permettant un recul à 10 % du taux de chômage
l’arrêt du dispositif Périssol, mais les dépenses liées à la national à la mi 2000. Dans ces conditions, les ménages
tempête de décembre 1999 devrait entraîner une accéléra devraient maintenir leurs dépenses de consommation et
tion des dépenses d’entretien et de travaux publics. L’inves réduire leur épargne de précaution, en dépit de la remontée
tissement devrait poursuivre son expansion grâce aux des taux d’intérêt.
Source : DADS (enrichie du fichier des agents de l’Etat)
INSEE CENTRE INFO N° 93 avril 2000 4

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