Reprise des échanges en 2010

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En 2010 les échanges entre la Martinique et ses partenaires retrouvent presque leur niveau de 2008, après la contraction observée en 2009. Importations et exportations ayant augmenté dans la même mesure, le taux de couverture demeure faible et le déficit commercial se creuse pour atteindre 2,2 milliards d'euros.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Commerce extérieur
Reprise des échanges en 2010
A l’image des autres départementses exportations atteignent 334 mil-En 2010 les échanges entre
d’outre-mer, la dépendance de laLlions d’euros en 2010, soit unela Martinique et ses
Martinique vis-à-vis de l’extérieuraugmentation de 25 % par rapport à
partenaires retrouvent reste toujours aussi importante en2009. Elles retrouvent leur niveau de
presque leur niveau de 2010. Le déficit commercial atteint 2007. La hausse des ventes de pro-
2,2 milliards d’euros, soit une aug-duits de l’agriculture (+130 %) et de2008, après la contraction
mentation de 460 millions par rapportmatériels de transport (+120 %) expli-observée en 2009.
à 2009 où les échanges avaient nette-que cette reprise. La baisse des
Importations et ment marqué le pas. Le taux de cou-exportations de produits pharmaceu-
exportations ayant verture s’établit à 13 %, constanttiques et de biens d’équipement déjà
depuis 2007 ; autrement dit, le mon-observée en 2009 se poursuit enaugmenté dans la même
tant des importations est 8 fois supé-2010. mesure, le taux de
rieur à celui des exportations.Les importations progressent de 26 %
couverture demeure faible
entre 2009 et 2010 pour atteindre
et le déficit commercial se En 2010, la Martinique2,6 milliards d’euros. Les importations
reste avant tout deman-Elles restent cependantcreuse pour atteindre 2,2
en hydrocarbures deuse en produits200 millions en deçà demilliards d’euros.
industriels ou manufac-leur niveau de 2008. Si en augmentation
turés qui représententla hausse concerne tous
60 % de la valeur des importations.les produits, c’est pour le secteur de
L’énergie représente désormais 24 %l’énergie qu’elle est le plus marquée,
des importations contre 18 % enla valeur des marchandises échangées
2009. Ceci s’explique à la fois pary a doublé. Néanmoins, ce constat
l’augmentation des volumes échangésdoit être relativisé, les volumes impor-
et par la variation du cours du Brent :tés augmentant plus modérément
+29 % sur le cours moyen entre 2009(+47%).
et 2010. La part des produits agricoles
Les exportations vers la métropole en nette augmentation ou alimentaires se réduit à 16 %, en
Part de la zone partenaire dans les échanges de biens et solde commercial en 2010 légère diminution par rapport à 2009
(18 %) et ce malgré la hausse desUnité : Million d'euros et %
échanges.Importations % Exportations % Solde
La France métropolitaine reste le prin-France métropolitaine 1 375,6 53,5 147,2 44,1 -1 228,4
cipal fournisseur du département avecUnion européenne hors France 334,4 13,0 5,9 1,8 -328,5
54 % de la valeur totale des biensNorvège 262,9 10,2 0,2 0,1 -262,7
importés. Elle satisfait tout particuliè-Etats Unis 234,1 9,1 10,6 3,2 -223,5
Guadeloupe 33,7 1,3 78,0 23,4 44,3 rement la demande en produits ali-
Caraïbe hors ACP 32,3 1,3 6,8 2,0 -25,5 mentaires : 77 % des biens importés
Caraïbe ACP 27,6 1,1 4,4 1,3 -23,3 par la Martinique proviennent de
Guyane 9,2 0,4 75,6 22,6 66,4 France métropolitaine (en particulier
Autres 261,4 10,2 5,9 1,8 -255,5 94 % des produits laitiers, 84 % des
Total 2 571,3 100,0 334,5 100,1 -2 236,8 produits à base de viande et 82 % des
Source : Douanes, calculs Insee
produits à base de légume). Les
importations métropolitaines repré-
sentent 97 % des médicaments ache-
tés, 68 % des biens d’équipement et
la moitié des achats de l’industrie
automobile.
6 N° 74 - Martinique - Juillet 2011Commerce extérieur
Les exportations agricoles ont la banane !
Importations et exportations par secteur d'activité en Martinique en 2010
Unités : millions d'euros et milliers de tonnes
Importations Exportations
valeur volume valeur volume
AZ - Agriculture, sylviculture et pêche 48,4 80,5 96,6 202,1
DE - Hydrocarbures naturels, autres produits des industries extractives,
éléctricité, déchets 387,3 810,9 9,0 293,8
C1 - Denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac 366,4 197,2 50,4 32,1
C2 - Produits pétroliers raffinés et coke 230,2 389,1 139,2 232,7
C3 - Equipements mécaniques, matériel électrique, électronique
et informatique 417,4 34,3 8,5 1,6
C4 - Matériels de transport 268,7 25,7 15,2 1,9
- dont industrie automobile 239,0 24,0 2,5 1,6
C5 - Autres produits industriels 823,1 477,0 15,3 17,2
- dont pharmacie 150,1 3,2 1,2 0,1
Autres 30,1 3,2 0,7 0,1
Total 2 571,3 2 017,4 334,5 781,2
Source : Douanes, calculs Insee
L’Union européenne est le Les exportations valeur totale des carburants exportés. LaLes exportations
second fournisseur de la martiniquaises res- seconde, approvisionnée par la SARAagricoles soutenues
Martinique : elle envoie tent très restreintes ; (Société Anonyme de Raffinerie des
par la banane27 % des importations en elles se limitent aux Antilles) depuis 2007, pour 40 %. Les
matériels de transport et 13 % de produits agricoles et alimentaires et à exportations restent constantes en
celles en biens d’équipement. La l’énergie (44 % dans les deux cas). Les volume et en valeur. La hausse du cours
demande martiniquaise en pétrole est exportations en produits agricoles pro- du Brent est compensée par la diminu-
satisfaite par la Norvège (huile brute gressent en 2010 et concernent essen- tion des exportations d’hydrocarbures
de pétrole) et les États-Unis (huile de tiellement la France métropolitaine. raffinés au profit des hydrocarbures non-
pétrole, fioul, gazole). Ils fournissent Sous l’effet d’une hausse des prix, la raffinés. La Guadeloupe et la Guyane
respectivement 42 % et 30 % de l’en- valeur des ventes de bananes est multi- sont les deuxièmes clients de la
semble des hydrocarbures pour 10 % pliée par 3,3 par rapport aux années pré- Martinique (23 % des ventes pour cha-
et 9 % de la valeur de l’ensemble des cédentes malgré des échanges constants que département) derrière la France
importations. Depuis 2008, ils dépas- en volume. Si les ventes de melons et de métropolitaine.
sent l’UE qui ne représente plus que rhum augmentent sensiblement, celles Les produits industriels ou manufactu-
14 % des importations en hydrocarbu- de sucre sont divisées par 2 en 2010 rés ne représentent qu’une faible part
res en 2010 contre 69 % en 2007. avec une chute du volume des exporta- des exportations (12 % en 2008). Les
Cette substitution s’opère principale- tions vers la France métropolitaine. En exportations vers la zone Caraïbe res-
ment au détriment du Royaume-Uni. 2010, la Guyane devient le premier tent très limitées : 3 % de l’ensemble
Les importations en provenance de client de la Martinique pour le sucre. dont 2 % avec les pays ne faisant pas
pays de la Caraïbe - hors ou inclus L’énergie vendue est essentiellement partie de la zone de libre échange. Il
dans la zone de libre échange - restent constituée d’hydrocarbures à destination s’agit pour 70 % d’hydrocarbures.
marginales ; il s’agit pour moitié de de la Guadeloupe et de la Guyane. La
produits industriels. première achète pour la moitié de la
Cédric MUREAU
Définitions
L’espace Caraïbe comprend toutes les îles de la Caraïbe, ainsi que les pays d’Amérique Centrale et du Sud qui pos-
sèdent une ouverture maritime sur la Caraïbe. Les échanges avec Porto- Rico sont confondus avec ceux des États-Unis
faute de données les isolant. On y distingue un groupe de pays signataires de l’accord de libre échange de Cotonou
(pays ACP de la Caraïbe) et ceux qui n’en font pas partie (« Pays non-ACP de la Caraïbe »), dans la mesure où ils ne
bénéficient pas du même régime douanier dans leurs relations avec l’Union européenne et donc avec les départe-
ments français d’outre-mer.
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N° 74 - Martinique - Juillet 2011

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