Synthèse régionale 2001 : le ralentissement (Octant n° 89)

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L'année 2001 a marqué une pause dans l'expansion de l'économie française. La croissance du PIB s'est établie à 2,0 %, soit un retrait de 1,6 point par rapport à l'année 2000. En Bretagne, le bâtiment et le tertiaire ont résisté grâce au dynamisme de la consommation des ménages, soutenue par la progression du revenu. Mais l'industrie a souffert du recul des transactions avec l'étranger et du coup de frein donné par les entreprises à l'investissement. Le rythme de croissance de l'emploi s'est ralenti au fil des trimestres mais sur un an dépasse la moyenne nationale. Dans le même temps, le chômage a connu une hausse supérieure à la France entière.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ynthèseS
régionale
2001 : le ralentissement
es entreprises bretonnes ont ment leurs investissements. LaLenregistré des résultats glo- production dans les biens
balement en hausse en 2001, d’équipement en a souffert dès
même si certains secteurs ont le début d’année. Dans la
pâti de la dégradation de la branche des biens intermédiai-
conjoncture. Les chiffres d’af- res, très sensible au retourne-
faires déclarés aux services des ment de conjoncture, l’activité
impôts ont augmenté de près de s’est ralentie continûment au
8 % en moyenne annuelle, c’est cours de l’année. En revanche,
une progression moindre qu’en la branche des biens de
L’année 2001 a marqué une 2000. Dans le bâtiment, l’acti- consommation a résisté, sou-
pause dans l’expansion de vité a progressé à un rythme tenue par la consommation des
plus ralenti que l’année passée. ménages. L’activité dans l’auto-l’économie française. La
L’activité industrielle a été af- mobile est restée dynamique et
croissance du PIB s’est fectée par les difficultés de la té- dans l’industrie agroalimen-
établie à 2,0 %, soit un léphonie et la dégradation de la taire, la progression de la pro-
conjoncture internationale. Les duction est jugée supérieure àretrait de 1,6 point par
échanges commerciaux de la l’année précédente.
rapport à l’année 2000. En région avec l’étranger se sont
Bretagne, le bâtiment et le nettement contractés en 2001.
En glissement, sur douze moistertiaire ont résisté
Construction :les baisses sont plus fortes en-
grâce au dynamisme de la core. Les exportations ont recu- de bons résultats
consommation des ménages, lé de 16 % et les importations malgré le ralentissement
de 10 %.soutenue par la progression dans le non-résidentiel
du revenu. Mais l’industrie a
souffert du recul des Pour la troisième année consé-
Industrie :transactions avec l’étranger et cutive, le secteur de la cons-
une année globalement truction neuve a conservé undu coup de frein donné par les
médiocre niveau d’activité élevé. Près de
entreprises à l’investissement. 21 000 logements ont été com-
Le rythme de croissance de mencés dans la région au cours
Faisant suite à une année excel- de cette année, c’est 1 % del’emploi s’est ralenti
lente, l’année 2001 est jugée moins qu’en 2000. En 2001, les
au fil des trimestres globalement médiocre par les constructions de maisons indi-
mais sur un an dépasse la industriels bretons. Dès le début viduelles ont été un peu moins
de l’année, la dégradation de la nombreuses qu’en 2000 ; maismoyenne nationale. Dans le
conjoncture mondiale a pesé les constructions de logements
même temps, le chômage a sur l’activité industrielle. Dans collectifs en recul depuis la fin
connu une hausse supérieure ce contexte peu porteur, les in- du dispositif « Périssol » ont re-
dustriels ont réduit très rapide- trouvé un peu de dynamisme.à la France entière.
4 Octant n° 89 - Avril 2002 Bilan économique 2001Synthèse régionale
Le ralentissement de la cons- secteur tertiaire, 13 500 em- progresser à un rythme soutenu,
truction en non-résidentiel a plois ont été créés dont 3 600 bien qu’un peu ralenti par rap-
toutefois freiné le développe- dans le secteur du commerce. port à l’année 2000. Sur
ment d’ensemble du secteur de Au niveau national la consom- l’année, les effectifs du tertiaire
la construction. mation des ménages a progres- se sont accrus de 3,9 % après
sé comme en 2000 de 2,9 %. 4,8 % l’année précédente.
Dans la promotion immobi- Les achats en biens durables
lière, les ventes de logements (électronique grand public et France entière sur l’année,
ont progressé de 11 % par rap- automobiles) ont largement l’emploi salarié dans les sec-
port à l’année 2000. contribué à la progression d’en- teurs privés non agricoles a pro-
semble. Le marché automobile gressé moins vite (1,4 %). Il
a atteint le meilleur niveau de la avait progressé de 3,8 % en
Agriculture : décennie France entière et en 2000.
dans l’ensemble Bretagne, le plus haut des cinq
une situation incertaine dernières années. Pour la deuxième consécutive,
la croissance de l’emploi intéri-
Après deux années plutôt som- maire ralentit. De janvier à oc-
Tourisme :bres suivies d’une année de tobre 2001, le nombre de mis-
crise, l’agriculture bretonne a re- une saison 2001 moyenne sions comptabilisées en fin de
trouvé en 2001 un peu de calme mois a progressé de 6,7 %
même si toutes les difficultés ne Après une saison 2000 mé- contre 12 % sur la même pé-
sont pas aplanies. Sur le marché diocre, la saison 2001 n’a pas riode de l’année passée.
des gros bovins, la situation reste répondu à toutes les attentes
difficile tant pour les cours que des professionnels. Elle reste
Chômage :les abattages qui ne parviennent globalement inférieure à celle
pas à atteindre le niveau d’avant de 1999. La fréquentation dans aggravation assez rapide
la crise. Sur les marchés du porc l’hôtellerie de plein-air a pro-
et de la volaille, l’année 2001 gressé par rapport à la saison Après trois années de baisse, le
s’est avérée être un bon millé- précédente (+ 5,3 %) et dans les chômage est reparti à la hausse
sime en raison d’un excellent meublés labellisés Clévacan- en 2001. L’augmentation du
début d’année. En fin d’année, ces, une légère reprise a été ob- chômage a d’abord touché les
ces marchés sont orientés moins servée. En revanche, l’hôtellerie publics les plus sensibles aux
favorablement. Concernant les classée enregistre à nouveau fluctuations du marché du tra-
productions végétales, l’hiver une diminution des nuitées en vail avant de s’étendre à la qua-
pluvieux a été préjudiciable aux raison d’une baisse de fréquen- si-totalité des publics. Fin dé-
céréales d’hiver ; en revanche, le tation de la clientèle française. cembre 2001, 96 212 deman-
maïs a bénéficié de bonnes deurs d’emploi étaient inscrits à
conditions. l’ANPE, soit 6 300 de plus
Emploi : la croissance qu’un an plus tôt. L’augmenta-
Pour la pêche en Bretagne, le se poursuit mais ralentit tion du nombre de demandeurs
bilan de l’année 2001 est globa- d’emploi dans la région s’établit
lement positif. Les prix de vente Conséquence directe du ralen- à7%etestplus accentuée que
des poissons et crustacés dans tissement de la croissance, France entière (+ 2,5 %).
les principaux quartiers mariti- l’emploi a progressé plus modé-
mes se sont appréciés de 7 % rément en 2001 dans la région Le taux de chômage a ainsi aug-
sur l’année. Cette progression comme au niveau national. menté de 0,2 point entre dé-
des cours a permis de dégager cembre 2000 et décembre
un chiffre d’affaires en légère Dans la région, l’emploi salarié 2001. Fin décembre 2001, le
hausse. Par ailleurs, l’année privé non agricole – intérim chômage touche 8,6 % de la
2001 s’est révélée excellente compris – s’est accru de 2,5 % population active et reste infé-
pour la pêche à la coquille St- cette année, soit l’équivalent de rieur au taux de chômage
Jacques. La progression très im- 15 500 emplois supplémentai- France entière (9,0 %).
portante des quantités débar- res. C’est 10 000 créations
quées a autorisé une augmenta- d’emplois en moins qu’en Les jeunes sont les premiers
tion très nette du chiffre 2000. Le ralentissement des concernés par la remontée du
d’affaires, malgré la baisse des créations d’emploi a concerné chômage. En un an, le nombre
cours. tous les secteurs d’activité à des de demandeurs d’emploi de
degrés divers. Avec une qua- moins de 25 ans s’est accru de
si-stagnation de ses effectifs, 20,6 %. Les demandeurs d’em-
La consommation l’industrie contribue peu à la ploi de longue durée, pour qui
des ménages a résisté progression de l’emploi. La le repli du chômage s’était révé-
croissance de l’emploi dans la lé plus tardif, restent les seuls à
Le commerce et les services ont construction s’est poursuivie à bénéficier d’une baisse du
enregistré de bons résultats au un rythme plus modéré qu’en chômage.
cours de l’année 2001. La pro- 2000. Les effectifs de ce secteur
gression de l’emploi dans ces ont augmenté de 2,1 % après
secteurs témoigne de ce dyna- 4,5 % en 2000. Dans le ter-
Marie-Paule LE BRISmisme. Dans l’ensemble du tiaire, l’emploi a continué de
Bilan économique 2001 Octant n° 89 - Avril 2002 5
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