Un plus fort recours à l'innovation technologique en Franche-Comté

De
Publié par

www.insee.fr/fc nº 140insee-contact@insee.fr 09 72 72 4000 (tarif appel local) octobre 2012 Entre 2008 et 2010, 55 % des petites et moyennes entreprises (PME) franc-comtoises ont introduit une innovation sur le marché ou au sein de leur entreprise, soit un point de plus que la moyenne de Province. Les entreprises franc-comtoises ont davantage recours à l’innovation technologique. En revanche, l’ouverture sur l’innovation de marketing, même si elle progresse, reste encore timide en Franche-Comté. Le taux d’innovation technologique des entreprises est déterminé par plusieurs facteurs, le premier étant la dimension du marché. Plus celui-ci est large, c’est à dire plus il est ouvert sur l’international, plus l’entreprise innove. À l’inverse plus le marché est réduit à une dimension locale, moins celle-ci innove. La moitié des entreprises technologiquement innovantes ont rencontré des freins, principalement d’ordre financier. L’innovation au sens large ne repose pas que sur des compétences techniques. Disposer d’un personnel qualifié et créatif favorise l’émergence de nouvelles formes d’organisation et de marketing. L’innovation est l’introduction c’est à dire non technologique publiques régionales. Les PME d’une nouveauté sur le marché (voir encadré Définitions). régionales constituent la prin- ou au sein de son entreprise et Parce qu’elle permet de ren- cipale cible de ces politiques.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 30
Nombre de pages : 8
Voir plus Voir moins

www.insee.fr/fc nº 140insee-contact@insee.fr
09 72 72 4000 (tarif appel local) octobre 2012
Entre 2008 et 2010, 55 % des petites et moyennes entreprises
(PME) franc-comtoises ont introduit une innovation sur le marché
ou au sein de leur entreprise, soit un point de plus que la moyenne
de Province. Les entreprises franc-comtoises ont davantage
recours à l’innovation technologique. En revanche, l’ouverture sur
l’innovation de marketing, même si elle progresse, reste encore
timide en Franche-Comté. Le taux d’innovation technologique des
entreprises est déterminé par plusieurs facteurs, le premier étant la
dimension du marché. Plus celui-ci est large, c’est à dire plus il est
ouvert sur l’international, plus l’entreprise innove. À l’inverse plus
le marché est réduit à une dimension locale, moins celle-ci innove.
La moitié des entreprises technologiquement innovantes ont
rencontré des freins, principalement d’ordre financier. L’innovation
au sens large ne repose pas que sur des compétences techniques.
Disposer d’un personnel qualifié et créatif favorise l’émergence
de nouvelles formes d’organisation et de marketing.
L’innovation est l’introduction c’est à dire non technologique publiques régionales. Les PME
d’une nouveauté sur le marché (voir encadré Définitions). régionales constituent la prin-
ou au sein de son entreprise et Parce qu’elle permet de ren- cipale cible de ces politiques.
regroupe toutes les actions qui forcer la compétitivité des D’une part, leurs décisions
mènent ou visent à mener à sa entreprises et d’assurer de stratégiques se prennent au
mise en œuvre. L’innovation au nouveaux marchés, l’inno- sein même de l’entreprise,
sens large se décline en quatre vation est l’un des facteurs donc sur le territoire régional,
types : innovation de produits essentiels du développement contrairement aux grandes
ou de procédés, regroupées économique et de la crois- entreprises où les centres de
sous le terme d’innovation tech- sance. Créer un cadre favo- décision sont plus larges et
nologique, et innovation d’or- rable à l’innovation est ainsi plus difficilement appréhen-
ganisation ou de marketing, un enjeu majeur des politiques dables. D’autre part, les PME, INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 140 - octobre 2012
2
plus fragiles que les gran- régionale d’innovation en 11 points à celui des entreprises 2008 et 2010, 41 % des PME
des entreprises, ont besoin Franche-Comté »). La Fran- de France de province. Toutefois, franc-comtoises ont introduit
d’un environnement capable che-Comté est la première elles sont peu nombreuses et une innovation technologique,
de leur apporter toutes les région industrielle française largement sous-représentées c’est à dire de produit ou de
ressources nécessaires pour pour la part d’emploi dans dans la région. La part des procédé, contre 37 % pour
mener à bien leurs projets l’industrie. Cette spécificité PME industrielles innovantes leurs homologues de France
d’innovation, besoin accentué influence fortement les ré- de la région est proche de la de province. Cet écart est dû à
par la crise actuelle. sultats présentés dans cette moyenne de la Province (56 % une forte propension à l’inno-
L’enquête communautaire publication sur l’innovation contre 55 %). Inversement, les vation de procédés des entre-
sur l’innovation (CIS 2010, des entreprises franc-comtoi- PME des services intellectuels prises régionales, notamment
voir encadré Source) permet ses. En effet, 85 % des PME ont moins fréquemment innové industrielles. En effet, trois
de mieux connaître la réa- franc-comtoises enquêtées qu’au niveau national (46 % entreprises franc-comtoises
lité de l’innovation au sein appartiennent au secteur de contre 48 %). sur dix ont introduit une inno-
des PME de la région sur la l’industrie contre 71 % en vation de procédé, soit cinq
période 2008-2010. En Fran- moyenne en France de pro- Les PME points de plus qu’en moyenne
che-Comté, ce diagnostic est vince, à champ comparable. franc-comtoises en France de province.
réalisé auprès des entreprises Au cours de la période 2008- ont davantage recours Les dépenses d’innovation
mono ou quasi-monorégiona- 2010, 55 % des PME franc- à l’innovation de technologique reposent prin-
les de 10 à 249 salariés des comtoises ont déclaré avoir procédés qu’ailleurs cipalement sur la Recherche
secteurs de l’industrie, des introduit une innovation, soit un et le Développement (R&D),
services technologiques et des point de plus qu’en moyenne À structure comparable, la l’acquisition de machines,
services intellectuels. Il vise à en France de province. Avec Franche-Comté est peu diffé- équipements ou logiciels et
enrichir la stratégie régionale un taux d’innovation égal à rente des autres régions pour l’acquisition d’autres connais-
d’innovation (SRI), validée en 84 %, les PME des services l’innovation au sens large sances externes. Le poste de
2010, sur le volet entreprise technologiques présentent un mais se distingue pour l’inno- dépense le plus important est
(voir encadré « La stratégie taux d’innovation supérieur de vation technologique. Entre la R&D (62 % des dépenses
d’innovation). La R&D est
majoritairement effectuée en L’innovation selon les caractéristiques des PME en Franche-Comté
interne. En Franche-Comté, Taux d’innovation (en %)
74 % des entreprises innovan-
Innovation technologique Innovation non technologique
Innovation au tes en technologie ont ainsi ef-
sens large Ensemble Produits Procédés Organisation Marketing fectué des activités de R&D au
Ensemble 554126303521 sein de leur entreprise (70 %
en moyenne en France de Secteur
province). En conséquence, le Industrie (85 %) 56 42 26 31 35 21
recours à d’autres entreprises Services intellectuels (13 %) 46 28 15 18 32 18
ou organismes de recherche Services technologiques (2 %) 84 67 50 37 46 54
pour les activités de R&D est
Effectif salarié
moins fréquent dans la région
De 10 à 19 salariés (46 %) 47 32 18 22 29 20
qu’au niveau national (25 %
De 20 à 49 salariés (35 %) 55 40 26 30 36 19
en Franche-Comté contre
De 50 à 249 salariés (19 %) 76 64 44 48 49 26
30 % en France de province).
Dimension du marché Parmi les PME franc-com-
Régional (20 %) 33 20 9 12 21 9 toises ayant eu des activités
National (23 %) 47 31 14 23 29 18 d’innovation technologique,
International (57 %) 66 52 36 38 42 26 60 % ont perçu une aide
Note de lecture : en Franche-Comté, 85 % des entreprises appartiennent au secteur de l’industrie, 56 % publique pour les financer
d’entre elles ont introduit une innovation au sens large.
contre 57 % en moyenne en Clé de lecture : les entreprises peuvent combiner plusieurs types d’innovation. Par exemple, le nombre d’en-
treprises technologiquement innovantes n’est pas égal à la somme des entreprises innovantes en produits et France de province, soit sous
des entreprises innovantes en procédés mais une combinaison des entreprises innovantes en produits et/ou en
forme de Crédit Impôt Recher-procédés. Les taux d’innovation tiennent comptent de ces combinaisons.
Source : Insee (CIS 2010) che (CIR), soit sous forme de INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 140 - octobre 2012
3
prêts, subventions, avances 27 % des entreprises franc- subventions que leurs homo- également en retrait : 36 % de
remboursables, ... L’aide la comtoises technologiquement logues de France de province ces entreprises ont été aidées
plus fréquemment reçue, en innovantes en ont reçu d’or- (respectivement 64 % contre contre 43 %.
Franche-Comté comme en ganismes nationaux, 20 % 58 %). En revanche, seule-
France de province, est le de collectivités territoriales et ment 35 % des entreprises Ouverture sur le
CIR (43 %). Les autres aides 9 % de l’Union Européenne régionales des services tech- marché international :
publiques proviennent de la (respectivement 25, 20 et nologiques ont reçu une aide. premier facteur
Direccte, du FUI, d’Oseo... 12 % en moyenne en France Elles sont proportionnellement favorisant l’innovation
pour les aides nationales ; et de province). Les entreprises moins nombreuses que leurs
du FEDER, du FSE, des PCRD... industrielles franc-comtoises homologues nationales. Les Quel que soit le lieu d’im-
pour les aides européennes. sont proportionnellement plus entreprises des services intel- plantation de l’entreprise en
Parmi ces aides publiques, nombreuses à recevoir des lectuels franc-comtoises sont France, le premier déterminant
La dimension du marché est le principal déterminant de l’innovation
Taux d’entreprises innovantes selon les principaux déterminants de l’innovation technologique (en %)
41
Dimension du marché
International National Régional
20
31
52
Taux d’investissement
Secteur d’activité
Effectifs
1438 1742 35 24
67 Moins de 1 %47 10 % Entre 1
Chimie, Services IAA, textile, et plus et 10 %technologiquespharmacie, bois,
Entre 50 informatique, et intellectuels métallurgie
et 249 Entre 10 machines,
salariés et 49 Plastique,
electrique,salariés
Nombre d’entreprises
transport,
technologiquement innovantes
autres
Taux d’innovation (en %)
418
10910-19 20-29 30-39 40-49 50-59 60-69
Méthodologie : cet arbre de segmentation permet de représenter une hiérarchie de variables explicatives par rapport à l'innovation. Le modèle identifie, à chaque
étape, la variable la plus discriminante pour le groupe d'entreprises étudiées. Ainsi, dans l'arbre présenté, le premier facteur permettant de distinguer les entreprises
innovantes des autres est la dimension du marché. Le second facteur explicatif est variable en fonction de la dimension du marché. Par exemple, pour les entreprises
dont le marché est international, le facteur explicatif est la taille de l'entreprise.
Note de lecture : 41 % des entreprises franc-comtoises enquêtées ont introduit une innovation technologique au cours de la période 2008-2010. Le premier
déterminant de l'innovation est la dimension du marché sur lequel intervient l'entreprise. Ainsi, le taux d'innovation des entreprises franc-comtoises dont le marché est
uniquement régional est de 20 % contre 52 % pour celles dont le marché s'étend au niveau international.
Source : Insee (CIS 2010)INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 140 - octobre 2012
4
de l’innovation technologique moyenne globale franc-com- (ENSMM, lycée TecBois et In- dépassant ce seuil d’investisse-
est la dimension du marché (ré- toise (42 %). Les secteurs des novalim) dans le but de conso- ment. Ces dernières présentent
gional, national, international) industries agro-alimentaires lider les secteurs industriels un taux d’innovation supérieur
et le second facteur favorisant (IAA), du bois, du textile, sec- traditionnels de la région par la de 14 points à la moyenne
l’innovation dépend de la di- teurs dits « technologiquement recherche de nouvelles activités de France de province. Ces
mension de ce marché. Plus le faibles », et dans une moindre plus innovantes. entreprises sont toutefois peu
marché est large, plus la pro- mesure, des services techno- Le taux d’innovation des en- nombreuses. Elles représentent
pension à innover augmente. logiques et intellectuels sont treprises à marché régional 4 % de l’ensemble des entrepri-
En revanche, le second facteur les moins innovants. Parmi les est égal à 20 % dans la ré- ses enquêtées.
diffère d’une région à l’autre. cinq filières stratégiques sur gion, soit quatre points de plus
En Franche-Comté, 57 % des lesquelles l’économie franc- qu’en moyenne en France de Coût de l’innovation
entreprises sont présentes comtoise repose, les filières province. Pour ces entreprises et difficultés de
sur un marché international bois et agroalimentaires dé- franc-comtoises, le facteur financement :
contre 44 % en moyenne en pendent d’entreprises de ces favorisant l’innovation est le premiers freins
France de province. Dans la secteurs moyennement ou peu taux d’investissement. Plus à l’innovation
région, un tiers de ces entre- innovants. Quelle que soit leur taux d’investissement est technologique
prises appartient au secteur la dimension du marché, les élevé, c’est-à-dire plus leur
de la métallurgie, notamment PME de Franche-Comté de ces capacité financière est robuste, Parmi l’ensemble des entrepri-
du traitement de surfaces. Ce deux secteurs-clés sont moins plus leur propension à innover ses franc-comtoises, 49 % ont
secteur est une des spécialités innovantes qu’en moyenne en augmente. Ainsi, le taux d’inno- rencontré au moins un facteur
de la Franche-Comté avec France de province. Face à vation, égal à 16 % en moyenne important ayant freiné leurs
l’usage de microtechniques. ce constat, la SRI de Franche- pour les entreprises dont le taux activités d’innovation technolo-
Le taux d’innovation des en- Comté, a initié la création de d’investissement est inférieur à gique ou ayant contribué à les
treprises franc-comtoises à plateformes technologiques 10 %, atteint 38 % pour celles dissuader d’en engager (46 %
marché international est in-
férieur de deux points à celui
de France de province (52 % Le manque de moyens financiers internes est le frein
à l’innovation le plus fréquentcontre 54 %). Dans la région,
Freins d’importance élevée rencontrés par les entreprises pour leurs activités d’innovation technologique (en %)c’est la taille de l’entreprise
qui favorise l’innovation de ces
Innovantes en technologie Manque de moyens financiers internesPME ouvertes à l’international. Franche-Comté
35Non innovantesUne entreprise de 50 à 249
Franche-Comté Incertitude 30 Manque de moyenssalariés a une propension à de la demande financiers externes
25France de provinceinnover plus élevée qu’une
Non innovantes 20entreprise de 10 à 49 salariés F
15(67 % contre 47 %).
10Dans la région, le taux d’in- Marché dominé Coûts d’innovation
par les entreprises établies 5 trop importantsnovation des entreprises à
0marché national est égal à
31 %, soit un point de plus que
la moyenne de France de pro-
vince. Le secteur d’activité de
Difficultés à trouver des partenaires Manque de personnel
de coopération pour l’innovation qualifiéces entreprises est un facteur
déterminant leur innovation.
Les secteurs de la chimie-
Manque d’information Manque d’informationpharmacie, de la fabrication
sur les technologiessur les marchés
de machines, des plastiques,
des transports et autres sec-
Note de lecture : en Franche-Comté, 29 % des entreprises technologiquement innovantes ont rencontré des freins
teurs dits « technologiquement à l’innovation d’importance élevée liés au manque de moyens financiers internes.
Parmi les entreprises non innovantes de la région, 21 % ont rencontré ce type de freins.moyens ou forts », ont un taux
Source : Insee (CIS 2010)d’innovation très proche de la INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 140 - octobre 2012
5
D’une enquête à l’autreen France de province). Comme
au niveau national, les entrepri-
Lors de l’enquête précédente (CIS 2008), la Franche-Comté avait également bénéficié d’une extension de ses de l’industrie et des services
l’enquête sur le champ de l’industrie, des services intellectuels et des services technologiques. technologiques franc-comtoises
Entre les deux enquêtes, le taux d’innovation de ces entreprises a augmenté de quatre points, notamment grâce ont rencontré plus d’obstacles
à un développement de l’innovation de marketing. Que ce soit sur l’innovation au sens large ou l’innovation que celles des services intellec-
technologique, l’évolution est particulièrement notable pour les entreprises des services technologiques. Elle
tuels (respectivement 53 et 50 %
résulte d’une augmentation des taux d’innovation en produit et en marketing. L’évolution est également
contre 26 %). favorable, dans une moindre mesure, pour les entreprises industrielles. L’augmentation est effective quel que
Les freins rencontrés sont soit le type d’innovation. En revanche, le taux d’innovation des entreprises des services intellectuels recule.
d’abord d’ordre financier : coûts Seul, le taux d’innovation en marketing est en hausse entre les deux périodes pour ce secteur.
d’innovation trop importants ou Entre les deux enquêtes, la part des entreprises ayant reçu des aides publiques pour financer leurs activités
difficultés à trouver des finance- d’innovation a globalement augmenté. Elle concerne plus particulièrement les secteurs de l’industrie et des
ments. À l’opposé, le manque services technologiques. Le crédit impôt recherche a été réformé en 2008, afin de le rendre plus facile d’accès et
d’information sur les technolo- plus attractif. Cette réforme explique sans doute en partie la hausse considérable de la part d’entreprises ayant
eu recours à ce dispositif, les autres aides publiques (subventions, prêts...) n’augmentant que modérément.gies ou sur les marchés sont des
freins très peu évoqués.
En Franche-Comté, 61 % des
entreprises technologiquement d’autres entreprises est ressentie innovantes, 33 % ont coopéré supérieure de huit points dans
innovantes ont rencontré des dans les mêmes proportions que pour leurs activités d’inno- le secteur des services intellec-
freins dans leurs activités d’in- pour les entreprises innovantes, vation (35 % en moyenne en tuels. Ces entreprises ont par
novation. Au-delà des difficultés les autres freins sont, en revan- France de province). La coo- ailleurs eu recours à des ac-
d’ordre financier, les principaux che, rencontrés moins souvent. pération a été plus fréquente tions de formations pour leurs
sont l’incertitude de la demande, au sein des entreprises des activités d’innovation de façon
le manque de personnel qualifié Un tiers services intellectuels ou tech- plus marquée qu’en moyenne
et la domination du marché par des entreprises nologiques que de l’industrie en France de province (81 %
d’autres entreprises. Le manque franc-comtoises ont (44 % contre 32 % en Fran- contre 69 %).
de moyens financiers, internes coopéré pour leurs che-Comté). Dans les secteurs Parmi les entreprises régionales
ou externes, est ressenti moins activités d’innovation de l’industrie et des services qui ont coopéré pour leurs
fréquemment dans la région technologique technologiques, la fréquence activités d’innovation techno-
qu’en moyenne en France de des coopérations est globa- logique, huit sur dix l’ont effec-
province. Inversement, le man- Parmi les entreprises franc- lement équivalente au niveau tué avec leurs partenaires de
que de personnel qualifié, axe comtoises technologiquement national. En revanche, elle est marché, principalement avec
prioritaire de la SRI, est ressenti
par une part légèrement plus
Fournisseurs et clients : principaux partenaires de coopérationimportante dans la région (16 %
Proportion d’entreprises technologiquement innovantes qui coopèrent
contre 14 %). selon le type de partenaire de coopération
Parmi les entreprises non inno-
Partenariat Autres entreprises du groupevantes franc-comtoises, 38 %
ou réseau d'enseigneinterne
ont déclaré avoir rencontré des
Fournisseurs
freins les ayant dissuadé d’en-
Clients ou consommateursgager des activités d’innovation
Partenariat
Concurrents ou autres entreprises(34 % en moyenne en France de marché
du secteur d'activité
de province). Il semblerait ainsi
Consultants, laboratoires commerciaux
ou organismes privés de R&Dque plus de six entreprises non
Franche-Comté
Universités, établissements
France de provinceinnovantes sur dix n’aient pas Partenariat d’enseignement supérieur
institutionnelinnové par « choix ». Pour les
Organismes publics de R&D
entreprises non innovantes, les
0 10 20 30 40 50 60 70
principaux freins rencontrés
En %
sont de même nature que pour Note de lecture : parmi les entreprises franc-comtoises technologiquement innovantes ayant coopéré pour leurs activités
d’innovation, 58 % ont coopéré avec leurs fournisseurs.les entreprises innovantes. Si
Source : Insee (CIS 2010)la domination du marché par INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 140 - octobre 2012
6
leurs fournisseurs et clients. La possèdent au moins un emploi moins marqué pour l’industrie, pour la France de province) ou
coopération institutionnelle avec en conception-recherche (36 % les parts sont inférieures quel internes à l’entreprise (46 %
des universités ou organismes contre 33 % en France de pro- que soit le secteur. Le lien en Franche-Comté comme en
publics de R&D, bien que moins vince). Les taux d’innovation de entre innovation et ressources France de province).
fréquente, a été développée ces entreprises sont plus élevés humaines a été relayé dans
par une sur deux. La coopé- dans la région. En revanche, le la SRI dont l’axe prioritaire Une ouverture
ration interne avec d’autres taux d’innovation non techno- est le renforcement du capital sur l’innovation
entreprises du groupe ou du logique des entreprises sans humain. de marketing
réseau d’enseigne, est présente emploi en conception-recher- Au-delà de professions et fonc- encore timide en
dans 35 % des coopérations en che est plus faible en Fran- tions définies comme dédiées à Franche-Comté
Franche-Comté. Elle est plus che-Comté qu’en moyenne l’innovation, les compétences
fréquente dans les entreprises en France de province (21 % propres aux employés des Bien que le facteur techno-
de grande taille. contre 27 %). entreprises favorisent l’inno- logique soit un élément-clé
Le déficit global d’emploi vation. Les entreprises ayant de l’innovation, il ne peut
Un déficit de cadres dans la conception-recherche mobilisé ces compétences ont être considéré ni comme une
et d’emplois en provient d’un déficit dans un taux d’innovation largement condition nécessaire, ni com-
conception-recherche les services technologiques supérieur à celles n’en ayant me une condition suffisante.
et intellectuels, la part dans mobilisé aucune (70 % contre L’innovation, c’est aussi anti-
Par nature, les activités d’in- le secteur industriel étant lé- 28 % en Franche-Comté). ciper sur les besoins du mar-
novation requièrent des res- gèrement supérieure dans la Ces compétences « créatives » ché, organiser efficacement,
sources humaines hautement région. Par ailleurs, les PME peuvent concerner la concep- maîtriser les délais, contrôler
qualifiées. Cette condition, qui franc-comtoises présentent tion d’objets ou de sites Web, les coûts...
peut paraître nécessaire, n’est également un déficit en ingé- l’ingénierie, les arts graphi- L’innovation organisationnelle,
cependant pas suffisante. Glo- nieurs et cadres techniques. ques, ... Par rapport à ces com- qui désigne à la fois les nou-
balement, la part des emplois Ils représentent en effet 4,9 % pétences plus « abstraites », la velles formes d’organisation
en conception-recherche dans des emplois régionaux contre Franche-Comté ne semble pas des procédures, du travail,
les entreprises franc-comtoises 6,7 % en France de province. en retrait. En effet, les entrepri- des prises de décision et les
du champ de l’enquête est infé- De même, la part des cadres ses franc-comtoises ont mobi- nouvelles formes de relations
rieure à la moyenne de France et professions intellectuelles lisé autant ces compétences entre les entreprises et leur
de province (2,8 % contre supérieures est plus faible qu’en moyenne en France de environnement économique,
3,4 %). Cependant, bien que dans la région (9,3 % contre province, qu’elles soient issues sont considérées comme une
ce taux soit faible, davantage 12,9 % en France de pro- de ressources externes (53 % clé de réussite dans le proces-
d’entreprises franc-comtoises vince). Bien que le constat soit pour la Franche-Comté et 52 % sus d’innovation. En Franche-
Comté, 35 % des entreprises
ont déclaré avoir introduit L’absence d’emploi en conception-recherche pénalise les entreprises
une innovation d’organisation franc-comtoises dans leurs activités d’innovation non technologique
Taux d’entreprises innovantes selon la présence d’emploi en conception-recherche (36 % en moyenne en France
En %
de province). C’est le type 80
d’innovation le plus souvent
70
Franche-Comté mis en œuvre. Les deux objec-
60 France de province tifs principaux de ces nouvelles
50 formes d’organisation sont
40 d’améliorer la qualité des
biens et des services et de 30
réduire le délai de réponse
20
aux clients.
10
Pour finaliser le processus
0 d’innovation, la commerciali-Innovation Innovation Innovation Innovation Innovation Innovation
sens large technologique sens large technologique non technologiquenon technologique sation est une étape cruciale,
Au moins un emploi en conception-recherche Sans emploi en conception-recherche sa qualité influençant directe-
Sources : Insee (CIS 2010, DADS 2009) ment les ventes et la réussite INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 140 - octobre 2012
7
de l’entreprise. En Franche- chiffre d’affaires des entrepri- œuvre d’innovation de mar- France de province (respective-
Comté, en 2010, la vente de ses ayant combiné innovations keting, cette part est inférieure ment 14 et 11 %). Pour autant,
biens ou services nouveaux sur de produit et de marketing. de six points. Le constat est seulement 21 % des entreprises
le marché a dégagé 16 % du Pour celles n’ayant pas mis en moins marqué en moyenne en franc-comtoises ont déclaré
avoir introduit une innovation
de marketing contre 24 % en La stratégie régionale d’innovation en Franche-Comté :
moyenne en France de pro-des atouts pour une dynamique d’innovation efficace
vince. Seules, les entreprises
des services technologiques Créer une économie de la connaissance, par le développement de l’éducation, de la recherche, des tech-
nologies de l‘information et de la communication, tel est l’objectif affiché au plan européen par la stratégie de la région présentent un
de Lisbonne (2000). Cette nouvelle dynamique, reposant sur l’innovation, est le fil conducteur du Contrat de taux supérieur à la moyenne
Projets État-Région et du Programme de France de province.
Opérationnel FEDER « compétitivité Un des objectifs des politiques
régionale et emploi » sur la période publiques consiste à ouvrir sur Créer
2007-2013. Afin de mener à bien la de l’activité nouvelle Diffuser les formes non technologiques
stratégie de Lisbonne, la Commission par l’innovation la culture de l’innovation et à développer européenne a demandé à chaque et l’entrepreneuriat d’innovation
une culture de l’innovation, dans région d’Europe de définir une Stra-
les entreprises et dans la société. tégie Régionale d’Innovation (SRI).
Apprendre aux PME innovantes La Région Franche-Comté s’est ainsi
Renforcer leassociée à l’État pour élaborer sa comment maîtriser le risque in-
capital humain
SRI, adoptée en 2010. Cette stratégie hérent aux projets d’innovation ValoriserFavorisers’inscrit dans la dynamique régionale l’effet (domaine technique, financier, les partenariats
« frontières »d’innovation déjà en place : pôles commercial...) est nécessaire et la coopération
de compétitivité, rapprochements mais leur apprendre à tirer Accroître
universitaires, acteurs agissant déjà l’efficacité parti de leur environnement
largement sur le champ de l’innova- du système public
(sources d’information, com-d’accompagnementtion (OSEO, INPI...), outils au service
à l’innovation pétences, ouverture du marché, du territoire (Fonds régional d’inno-
coopérations, projets collabo-vation, crédit impôt recherche...). Six
ratifs, recherche partenariale...) orientations majeures ont été retenues
Source : SRI de la Franche-Comté(voir ci-contre). passe par un apprentissage de
nouveaux comportements. Cet
apprentissage est également
Synthèse de la stratégie régionale d’innovation de Franche-Comté
visé au sein des entreprises non-
Atouts Faiblesses innovantes afin de stimuler leur
Seule région avec la Basse-Normandie à connaître capacité d’innovation.Tradition industrielle : une forte dégradation économique au cours région française la plus industrielle Et parce que l’innovation est des dernières années
Peu de services de haute technologie et faiblesse avant tout un état d’esprit, un
Forte représentation de la R&D privée : de la R&D publique : une des régions les moins
volet important de la SRI repose 86 % de l’effectif total (principalement dotées par rapport au nombre d’habitants ;
dans la plasturgie et l’automobile) 77 % de la DIRDE réalisée par des entreprises sur la formation. L’éducation re-
de plus de 1 000 salariés
çue détermine la manière dont PME peu innovantes : peu de brevets ; Proximité du laboratoire FEMTO-ST faible organisation interne ; chacun valorise la créativité, (Université de Franche-Comté) avec l’industrie peu de collaborations avec les universités
la science, ou encore la prise
Aides assez bien connues mais inadaptées ; Lauréat des « Investissements d’Avenir » : frilosité des institutions bancaires et financières ; de risque. Elle peut stimuler Equipex (Equipement d’Excellence) difficulté d’accès au capital-risque l’envie d’essayer des approches
Formation / Ressources humaines : difficulté Filières stratégiques : de recrutement de main-d’œuvre qualifiée ; inédites et de lancer des projets, Automobile, Plasturgie, Micromécaniques, Bois, désaffection des jeunes diplômés pour l’industrie Agroalimentaire (filières prioritaires du CPER) ainsi que la capacité à travailler au profit du tertiaire ; manque de profils techniques
de façon transversale avec des Rapport avec la Suisse : Importance du phénomène frontalier concurrence sur la main-d’œuvre et la formation personnes de profils et de for-
Présence de grands donneurs d’ordre mations différents. 
(Alstom, PSA, General Electric, Solvay)
Source : DATAR
Florence MAIREYINSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 140 - octobre 2012
8
Définitions
Les définitions sur l’innovation sont issues du Manuel d’Oslo, principale source internationale de principes directeurs en matière de collecte et
d’utilisation d’informations sur les activités d’innovation.
 L’innovation au sens large regroupe l’innovation technologique (produit ou procédé) et l’innovation non technologique (organisation et
marketing).
 L’innovation technologique comprend l’innovation en produits, en procédés de production ou une action d’innovation dans ces domaines,
même si elle n’a pas abouti :
 l’innovation en produit correspond à l’introduction sur le marché d’un produit (bien ou service) nouveau ou significativement amélioré par
rapport au produit précédemment élaboré ;
 l’innovation en procédé correspond à l’introduction dans l’entreprise de procédé de production, de méthode concernant la fourniture de service
ou la livraison de produits, d’activités de supports nouveaux ou significativement modifiés.
 L’innovation non technologique comprend :
 l’innovation en marketing qui concerne la mise en œuvre de nouvelles stratégies de ventes ;
 l’innovation organisationnelle qui regroupe les nouveautés ou les améliorations significatives apportées dans l’activité de l’entreprise (gestion
des connaissances, méthode de travail, relation externe...).
 Entreprise mono ou quasi-mono régionale : une entreprise est dite mono régionale lorsque l’ensemble de ses effectifs salariés est situé
dans la même région ; elle est quasi-mono régionale si au moins 80 % de ses effectifs salariés sont localisés dans des établissements d’une même
région.
 Le secteur des services technologiques comprend l’édition, la production de films, de vidéos ou de musique, la programmation et la diffusion,
les télécommunications, le conseil et les activités informatiques, les services d’information, la recherche et le développement scientifique.
 Le secteur des services intellectuels comprend les activités juridiques et comptables, le conseil de gestion, les activités d’architecture et d’in-
génierie, les activités de contrôle et d’analyses techniques, la publicité et les études de marché.
 Conception-recherche : la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles identifie 486 professions permettant de répartir les
actifs occupés en catégories homogènes selon leurs statut, métier et qualification. Parmi ces 486 professions, redéfinies en 2003, 13 correspondent
plus spécifiquement à des postes de conception, recherche et/ou innovation.
 Les industries manufacturières sont classées par l’OCDE en quatre niveaux de technologie :
 haute technologie : aérospatial, électronique, machines de bureau et ordinateurs, pharmacie, instruments médicaux, de précision, d’optique
et d’horlogerie ;
 moyenne-haute technologie : transport, machines électriques (hors communication) et non électriques (hors bureau) ;
 -faible technologie : caoutchouc et plastiques, raffineries de pétrole, métaux non ferreux, produits minéraux non métalliques, sidérurgie,
ouvrages en métaux, construction navale, autres industries manufacturières ;
 faible technologie : papier, imprimerie et édition, textiles, habillement et cuir, alimentation, boissons et tabac, bois et meubles.
Source
Les résultats de cette étude sont issus des déclarations réalisées par les entreprises dans le cadre de l’enquête communautaire sur l’innovation (CIS
2010) enrichie par des sources complémentaires.
Cette enquête, régie par un cadre européen et menée dans l’ensemble des pays membres, est réalisée en France par l’Insee. Elle permet notamment
de décrire le processus d’innovation, d’en mesurer les effets et d’apprécier ses mécanismes (coopérations, moyens, freins...). L’édition 2010 porte
sur l’innovation des entreprises des secteurs marchands non agricoles de 10 salariés ou plus au cours de la période 2008-2010.
Dans le cadre d’un partenariat entre la préfecture de région et la direction régionale de l’Insee, la Franche-Comté a bénéficié d’une extension
d’échantillon qui a permis d’interroger l’exhaustivité des entreprises du champ. Au total, 1 022 entreprises mono ou quasi-mono régionales sur le
champ de l’industrie manufacturière, des services technologiques et des services intellectuels ont été enquêtées parmi lesquelles 855 ont répondu.
Contrairement à la définition usuelle des PME, cette publication porte exclusivement sur les entreprises de 10 à 249 salariés sans restriction sur leur
chiffre d’affaires ou leur bilan.
Pour en savoir plus
 Sont également disponibles les résultats nationaux de l’enquête CIS 2010 (Bouvier A., « Innover pour résister à la crise ou se développer
à l’export », Insee Première n° 1420, octobre 2012) et les données régionales relatives aux extensions réalisées en Bretagne, Guadeloupe,
Île-de-France, Languedoc-Roussillon, Martinique, Haute-Normandie, Poitou-Charentes, Réunion et Rhône-Alpes.
 Bruley F., « L’innovation bénéficie principalement à l’environnement », Insee Franche-Comté, L’essentiel n° 124, octobre 2010.
 Manuel d’Oslo, édition 2005, OCDE.
 Stratégie Régionale d’Innovation de la Franche-Comté.
 Synthèse des stratégies régionales d’innovation des régions françaises, DATAR, janvier 2012.
INSEE Franche-Comté 8 rue Louis Garnier - CS 11997 - 25020 BESANÇON CEDEX Tél : 03 81 41 61 61 Fax : 03 81 41 61 99
Directeur de la publication : Patrick Pétour Rédactrice en chef : Nellie Rodriguez Mise en page : Lauris Bouillon, Sophie Gille-Meignier, Yves Naulin
ISSN : 1248-2544 © INSEE 2012 - dépôt légal : octobre 2012

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.