Un tissu d'établissements en faible évolution

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Entre 1993 et 2003, dans un contexte national de forte progression du parc d'établissements, la région Centre accuse une perte de 1,7 %. Cette situation est principalement liée à l'excédent des disparitions sur les créations. Des facteurs comme le poids de l'industrie ou la faible qualification de la main-d'oeuvre et de la population freinent l'implantation de nouveaux établissements en région Centre. Á l'opposé, les transferts d'établissements sont globalement favorables : les entrées sont supérieures aux sorties. Dans ce contexte, l'emploi salarié augmente moins qu'au plan national.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Un tissu d’établissements en faible évolution
Entre 1993 et 2003, dans un contexte national de forte progression du parc d'établissements, la ré-
gion Centre accuse une perte de 1,7 %. Cette situation est principalement liée à l'excédent des dispa-
ritions sur les créations. Des facteurs comme le poids de l’industrie ou la faible qualification de la
main-d’œuvre et de la population freinent l’implantation de nouveaux établissements en région
Centre. Á l’opposé, les transferts d’établissements sont globalement favorables : les entrées sont su-
périeures aux sorties. Dans ce contexte, l'emploi salarié augmente moins qu'au plan national. L’axe
ligérien, tiré par les deux locomotives d'Orléans et Tours, se distingue du nord et du sud régional par
des créations d'établissements qui l'emportent sur les disparitions. Grâce aux services, l'emploi sala-
rié augmente plus dans ce territoire que dans le reste de la région. Inversement, le nord et le sud ré-
gional connaissent moins de créations et davantage de disparitions mais profitent d'entrées
massives d'établissements en provenance d'Île-de-France et de l'axe ligérien.
Michael Levi-Valensin, Tiffany Khaophone
Taux annuel moyen de création des établissements
entre 2001 et 2005
Au 31 décembre 2003, la région Centre
compte 90 000 établissements, ce qui re-
Nord-Pas-de-Calaisprésente 3 %du parc de la métropole. Elle
12,0 %
eoccupe ainsi la 10 place des régions fran-
çaises. Le tissu productif régional est mar-
PicardieHaute-
11,0 %qué par le poids des établissements de Normandie
Basse- 11,0 %l’industrie (12 % du parc) et de la construc-
Normandie Lorraine
Île-de-France Champagne-tion (15 % du parc). 10,6 % 11,9 %
14,9 % Ardenne
AlsaceBretagne 10,6 %
12,8 %12,0 %Depuis 1993, la région Centre a perdu
1,7 % de ses établissements alors que le Centre
Pays de la Loire 11,4 %
Bourgogneparc national progressait de 5,7 %. Les 12,8 % Franche-Comté
10,4 %
11,0 %pertes se situent surtout dans l’industrie
(- 14 %) et le commerce (- 9 %). Seul le
secteur des services voit le nombre de
Poitou-Charentesses établissements augmenter (+ 10 %), Limousin11,7 %
Auvergne9,8 %mais cette hausse reste d’ampleur
9,5 % Rhône-Alpes
moindre que celle constatée au niveau na- 13,4 %
tional.
Aquitaine
13,6 %Peu d’établissements créés Provence-Alpes-
Midi-Pyrénées Côte d'Azur
13,4 %dans le Centre 16,0 %
Languedoc-
Roussillon
17,0 %Dans la région, les taux de création d’éta-
Taux de création des établissements
blissement sont structurellement faibles : (en %) Corse
12,7 %
ainsi, entre 1997 et 2001, avec un taux de 13,6 - 17,0 Taux de création France : 13,4 %
12,8 - 13,6 Taux de Province : 12,9 %9,5 % (contre 11,9 % au plan national), le 11,9 - 12,8
e 11,0 - 11,9Centre est la 13 région métropolitaine.
9,4 - 11,0
Entre 2001 et 2005, la région réduit son
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements 2001-2005
INSEE Centre - Service Études et DiffusionDirecteur de la publication : Paul Ahmed Michaux
Le portrait de votre région : www.insee.fr/centreISSN : 0986-976X - Code SAGE : ICI14648
Informations statistiques : 0 825 889 452 (0,15€/mn) - www.insee.fr
© IGN - Insee 2006INSEE CENTRE INFO n°000 novembre 2007
établissements évoluent : quels sont lesécart avec la métropole : sur cette pé- res aux créations pures et réactivations, qu’ils côtoient sur le terri-riode, le taux de création s’élève à 11,4 % engendrant une perte de 2 311 établisse-
toire ? Sont-ils de taille importante ? Exer-en moyenne annuelle, soit 2 points de ments.
cent-ils des activités qui pourraient leurmoins que la moyenne nationale et
Cette situation se retrouve dans l’en- être utiles ?1,5 point de moins que celle de province.
semble des régions voisines deToutefois, le taux de création s’améliore
Une forte densité économique témoignel’Île-de-France, exception faite de lade manière significative depuis 2003,
de l’installation d’entreprises près deChampagne-Ardenne.sous l’impulsion de la hausse des créa-
leurs fournisseurs ou de leurs clients, du
tions pures. Ainsi, en 2005, le taux de L’industrie est le secteur qui a connu, développement de relations de sous-trai-
création s’établit à 11,5 %, à un comme au plan national, la plus forte tance dans leur environnement proche,demi-point de la moyenne nationale. Cet baisse du nombre d’établissements mais aussi du partage de savoirs et de
écart reste stable en 2006. (- 14 % dans le Centre et - 12,6 % en technologies. C’est particulièrement vrai
France). Les secteurs de la construction et pour les établissements secondaires dontLes régions les plus dynamiques en termes
du commerce ont également reculé, mais le marché est plus local.de création d’établissement sont
plus fortement en région Centre qu’enl’Île-de-France, grâce à l’implantation de
Sur ce plan, la région Centre est assezFrance. Seuls les services ont gagné desnombreux sièges, ainsi que le Langue-
établissements depuis 1993, mais là aussi mal placée. Son tissu économique estdoc-Roussillon et la Provence- Alpes-Côte
peu dense : avec 13 postes de travail aumoins qu’au plan national (10 % en régiond’Azur grâce au développement des servi-
km², soit presque deux fois moins qu’auCentre contre 19 % en France).ces sur le littoral méditerranéen.
Évolution du nombre d'établissements entre 1993 et 2003Néanmoins, le Centre est en tête des ré-
gions limitrophes de l’Île-de-France qui
ont, avec le Limousin et l’Auvergne, les
taux de création les plus faibles.
Nord-Pas-de-CalaisPar ailleurs, le taux de disparition d’établis-
0,3 %sement dans le Centre est également très
inférieur à celui constaté au plan national.
PicardieHaute-En moyenne, entre 1993 et 2003, sur -3,0%NormandieBasse-100 établissements, 7,7 ont disparu de la -2,7%Normandie Champagne- Lorrainerégion contre 8,5 sur l’ensemble de la mé- Île-de-France Ardenne3,4 % 4,4 %
7,2 % 0,4 %tropole. AlsaceBretagne
12,1 %5,8 %
Ces deux indicateurs, taux de création et Centre
Pays de la Loirede disparition, caractérisent un tissu pro- -1,7% Franche-Bourgogne10,0 %ductif qui peine à se renouveler. Comté-1,2%
1,9 %
Des transferts favorables à
Poitou-Charentes
la région 1,6 %
Limousin Auvergne
-1,8% -1,5% Rhône-Alpes
6,2 %D’un certain point de vue, le Centre est at-
tractif par rapport aux autres régions car
Aquitaine
les entrées d’établissements y sont supé- 7,0 %
rieures aux sorties : ainsi, entre 1993 et Provence-Alpes-
Midi-Pyrénées Côte d'Azur2003, le solde des transferts est positif et
7,9 % 10,0 %
s’élève à + 736 établissements. Languedoc-
Roussillon
12,1 %Ces transferts viennent à plus de 60 % de
Variation du nombre d'établissements Corse
la région Île-de-France et sont issus pour 12,8 %(en %)
plus de la moitié du secteur des services de10%etplus
de6%àmoinsde10%aux entreprises. Le desserrement du tissu
de0%àmoinsde6%
productif francilien vers la périphérie est gé- de-4%à0%
néral à l’ensemble du Bassin Parisien. Tou-
Évolution nationale : 5,7 %
tefois, parmi les régions situées au Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements 1993-2003
pourtour de l’Île-de-France, la région
Centre est celle qui a le plus bénéficié du plan national, elle ne profite pas assezLa nature de l’appareil
jeu des transferts d’établissements entre des opportunités d’agglomération des en-productif : un frein à la
treprises sur l’ensemble de son territoire.1993 et 2003, devant la Bourgogne création d’établissement
(+ 393 établissements) et la Picardie
De plus, la présence plus forte de l’in-(+ 140 établissements).
De nombreux facteurs peuvent influer sur dustrie (40 % des postes salariés en ré-
le choix d’implantation géographique d’unCette situation favorable des transferts en gion contre 31 % en France) pèse sur les
établissement. Parmi les facteurs corres-région Centre (plus d’arrivées d’établisse- créations, généralement plus faibles dans
pondant à des besoins identifiés des éta-ments que de départs) n’a cependant pas ce secteur. En effet, l’industrie se déve-
blissements, trois catégories se déga-suffi à compenser l’excédent des dispari- loppe principalement à partir d’établisse-gent : la nature de l’appareil productif, lations par rapport aux créations (le solde ments existants et se renouvelle assezqualification de la main-d’œuvre et celledynamique).
peu (moins de créations et de dispari-de la population.
tions). En outre, l’industrie s’est déve-En effet, entre 1993 et 2003, les dispari- La nature de l’appareil productif renvoie
- loppée au détriment des services,tions d’établissements ont été supérieu surtout à l’environnement dans lequel les
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© IGN - Insee 2006INSEE CENTRE INFO n°000 novembre 2007
situation, les étudiants étant fortement atti-notamment aux entreprises, qui sont Les créations
rés par la région parisienne.moins nombreux sur le territoire. d’établissements sont
favorables à l’axe ligérienLa qualification de la main- d’œuvre dispo- Des conséquences mitigées
nible peut aussi attirer ou non les établis-
sur l’emploi L’axe ligérien concentre près de la moitiésements : les secteurs de pointe,
des établissements de la région. La répar-fournissant des prestations de service à
Entre 1993 et 2003, l’emploi salarié a aug- tition des activités ressemble plus à celleforte valeur ajoutée (informatique, nouvel-
menté de 13,5 % dans la région, une observée au plan national, qu'au planles technologies de l’information et de la
hausse inférieure à celle de métropole régional : comme en métropole, la moitiécommunication, …), recherchent une
(+ 16 %). Tous les secteurs sont concer- des établissements sont des établisse-main-d’œuvre qualifiée. Á l’opposé, les
nés par cette évolution moins favorable, ments de services.établissements industriels sont deman-
excepté la construction qui bénéficiedeurs d’une main-d’œuvre plus tech- Entre 1993 et 2003, le nombre d’établisse-d’une augmentation légèrement supé-nique, du type ouvrier et notamment, ments a augmenté sur l’axe ligérienrieure. Jusqu’en 1999, l’emploi a crû en ré-ouvrier spécialisé. (+ 0,5 %) grâce à l’essor des services et àgion Centre au même rythme qu’en
un moindre déclin dans l’industrie. CetteOn observe par suite que le niveau de qua- France. Depuis 2000, suite à l’aggrava-
hausse s’est produite principalementlification va de pair avec le taux de créa- tion des pertes industrielles, la hausse de
grâce aux créations d’établissements :tion d’établissement : toutes les régions l’emploi s’est fortement ralentie, creusant
l’axe ligérien est le seul espace régionaldont le taux de création est faible ont des un écart de deux points avec la moyenne
dans lequel les créations d’établisse-proportions d’emplois qualifiés inférieures nationale. Á la suite de ce décrochage, l’é-
ments ont été supérieures aux dispari-à la moyenne. cart s’est stabilisé depuis 2002.
tions, créant 123
Or, les ouvriers sont plus nombreux dans la ré- établissements
Évolution de l'emploi salarié entre 1993 et 2003gion Centre qu’en province et qu’en France : de plus entre
en %
ils représentent près de la moitié des postes 1993 et 2003. En
en région contre un peu plus d’un tiers en Centre France effet, même si le
métropole. Cette main-d’œuvre disponible solde des trans-
Industrie - 11,2 - 9,7aurait comme effet d’attirer de nouveaux éta- ferts y est positif,
blissements industriels et de renforcer le l’axe ligérien neConstruction 14,3 13,1
poids de l’industrie déjà important dans la ré- contribue qu‘à un
Commerce 16,5 20,9gion. Cette situation est identique pour tou- dixième du solde
tes les régions du pourtour de de la région.Services 24,7 26,4
l’Île-de-France.
Ensemble 13,4 16,9 Depuis 1998,
En outre, la population résidente, qui pour- date de premièreSource : Insee, Estimations d'emploi salarié 1993-2003
rait être employée, est aussi moins qua- disponibilité pour
lifiée qu’en moyenne : les diplômés de Dans la région, moins d’emplois ont été les estimations d'emploi infra-régionales,
créés dans les établissements nouveauxl’enseignement supérieur représentent l'emploi salarié a augmenté dans tous les
moins de 14 % de la population âgée de ou en croissance (moins d’un sur deux), espaces régionaux. Mais c'est sur l'axe li-
15 ans et plus. De surcroît, ces personnes et davantage d’emplois ont été perdus gérien que cette hausse a été la plus
dans les établissements disparus ou enplus qualifiées ne travaillent pas forcé- forte, atteignant près de 7 % entre 1998 et
ment dans la région : il existe en effet d’im- déclin. 2003, favorisée par la progression de l'em-
portants flux de déplacements quotidiens ploi dans les services et par des pertes li-
Toutefois, cette situation est analogueentre la région Centre et la région pari- mitées dans l'industrie. L'axe ligérien a
dans les autres régions du pourtour desienne. aussi bénéficié de créations d'emplois
l’Île-de-France.
plus nombreuses dans les nouveaux éta-
Une population étudiante importante cons- blissements.D’autre part, les mouvements d’emploi setitue aussi un atout pour les régions et
sont surtout produits dans les établisse-ouvre des possibilités de partenariat pour Le dynamisme des établissements ligé-
ments existants : plus des deux tiers desla recherche aux universités. riens est porté par les deux seules zones
mouvements concernent une variation
d’emploi d’Orléans et de Tours qui font fi-
Or, les étudiants ne représentent que des effectifs dans les établissements pé- gure de locomotives de la région. En cu-
2,3 % de la population en région Centre, rennes. Le développement économique
mulant les deux tiers des établissements
du Centre passe donc plus par la crois-une des proportions les plus faibles de mé- de l’axe, elles déterminent ses principales
tropole (derrière la Picardie et la Corse). sance d’établissements existants que par activités économiques, puisque ce sont
Les autres régions limitrophes de le jeu des mouvements démographiques
les seules zones de l’axe dans lesquelles
(créations et disparitions d’entreprises).l’Île-de-France se trouvent dans la même les services sont plus nombreux que la
moyenne. C’est aussi dans ces deux seu-
les zones que le parc des établissementsFacteurs agissant sur le taux de création des établissements
a progressé entre 1993 et 2003, et que les
Centre Province France créations l’ont emporté sur les dispari-
tions. Toutefois, ce sont également les zo-Densité économique (en postes/km²) 13 18 23
nes dans lesquelles l'emploi s'est le moins
Poids industrie (en % des postes salariés) 40,0 35,3 31,3 développé entre 1998 et 2003.
Poids ouvriers (en % des postes salariés) 45,3 42,8 37,9
Ces territoires présentent de nombreux
Proportion Bac+2 (en % de la population âgée de 15 ans et plus) 13,9 15,4 17,7 atouts en termes d’agglomération des acti-
vités, ou encore, de qualification des em-
Proportion d'étudiants (en % de la population) 2,3 3,3 3,7
plois. Bénéficiant d’un réseau d’infras-
Sources : Insee, DADS 2000, Recensement de la population de 1999 et Ministère de l 'Éducation Nationale, de l'Enseignement Supérieur
et de la Recherche tructures performant (réseau routier et au-
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tants transferts, notammentÉvolution du nombre d'établissements entre 1993 et 2003
dans les franges francillien-
par zone d'emploi
nes. On assiste ainsi depuis
1993 à une déconcentration
du tissu productif de l'axe li-
gérien et de l'Île-de-France,
territoires plus dynamiques
Dreux du point de vue de la création
- 4,4 %
pure d'établissement, vers
l'espace périphérique qu'est
ChartresNogent-le- le nord régional.
0,1%Rotrou
L'emploi salarié du nord ré-- 6,1 %
Pithiviers gional a progressé de 5 %
Châteaudun
- 5,3 % entre 1998 et 2003. Cette- 6,8 %
hausse a été limitée par les
Montargis
importantes pertes d'emplois
2,6 %Orléans
Vendôme industriels, alors que le déve-2,3 %
- 1,9 % loppement des emplois dans
le commerce a été plus queGien
Blois - 2,2 % marqué. L'emploi traditionnel-
- 1,6 % lement industriel du nord se
Amboise RomorantinTours tertiarise fortement.
Aubigny- 0,3% 0,6 %0,8 % Cet espace régional apparaît- 5,8 %
pourtant dans une situation
contrastée.
VierzonChinon
- 12,2 % Bourges0,4 % Les zones de Châteaudun et
Loches - 4,2 %
de Nogent-le-Rotrou, à forteIssoudun- 2,7 %
identité industrielle, ont per-- 6,5 %
Châteauroux du de nombreux établisse-
- 6,3 % ments. Mais, c'est dans les
Saint-Amand-
zones d'emploi de Dreux etMontrond
Argenton-sur-Creuse de Pithiviers, que l'écart- 4,5 %
La Châtre
- 9,8 % entre créations et dispari-
- 6,2 %
tions s'est le plus creusé
(- 282 établissements à Pithi-
viers).
On assiste à un recul de l'em-
Variation du nombre d'établissements Limites ploi salarié à Nogent-le-Ro-
(en %)
trou, mais surtout à DreuxRégion
positive (- 6,8 %) qui ne tire pas avan-
de-3%àmoinsde0% Les trois espaces régionaux tage de l'essor des emplois
de-7%àmoinsde-3% dans le commerce (+ 21 %),Zone d'emploi-7%etmoins annulé par des pertes impor-
tantes dans l'industrie.Évolution nationale:8% Évolution régionale:6%
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements 1993-2003 Les zones de Chartres et
Montargis sont les seules
Malgré une forte densité des emplois et de dans lesquelles le nombre d'établisse-
bonnes infrastructures, la nature indus- ments a augmenté entre 1993 et 2003.
trielle et la faible qualification des emplois
Ces zones, profitant de l'envol des servi-
pénalisent le renouvellement du tissu pro- ces (notamment aux entreprises) pour la
ductif de ce territoire. première, et de l'économie résidentielle
(commerce et construction) pour la se-Comme dans l’ensemble de la région, lesToutes les zones d’emploi sont concer- conde, sont relativement épargnées.créations d’établissement ont été inférieu-nées par l'augmentation de l'emploi entre Montargis est la seule zone d’emploi du
res aux disparitions.1998 et 2003, mais celle de Gien a connu
nord régional qui a profité de créations
En revanche, les transferts d'établisse-une évolution particulièrement favorable d'établissement supérieures aux dispari-
(+ 17,5 %) grâce à un développement re- ment offrent une vision tout à fait tions. Elle bénéficie également d'un
marquable des services et du commerce. différente. En effet, sur l'ensemble de la ré- solde de transferts très favorable (+ 107
gion, les transferts entrants sont supé- établissements). Dans la zone de Char-
rieurs aux sortants. Mais, le soldeDéplacement des tres, les pertes sont restées modestes.
globalement positif de la région est essen-établissements dans le L'emploi a fortement progressé dans les
tiellement dû au nord, qui a gagné 391 éta- zones de Chartres et Montargis qui, à l'i-nord
blissements. Sous les influences croisées mage du nord régional, connaissent un
de l'axe ligérien et de l'Île-de-France, le développement plus soutenu des servi-Dans le nord régional, le nombre d’établis-
ces et du commerce.nord régional a en effet profité d'impor-sements a légèrement baissé (- 1,9 %).
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© IGN - Insee 2006INSEE CENTRE INFO n°000 novembre 2007
négatif. Entre 1998 et 2003, elle a connu
Contributions sectorielles au solde des transferts une évolution de l'emploi inférieure à la
moyenne régionale et une baisse de sesnombre de transferts
500 emplois non seulement dans l'industrie
Industrie Construction Commerce Services (- 7 %) mais aussi dans le commerce
400 (- 3 %).
Bourges et Châteauroux font partie des zo-300
nes les moins dynamiques du sud régio-
nal. Les pertes liées au solde dynamique200
sont supérieures à 200 établissements et
100 elles ont un solde de transferts quasi nul
voire négatif. Quant à l'évolution de l'em-
0 ploi elle ne dépasse pas les 5 %. Dans ces
deux zones, l'emploi lié aux services a aug-
-100 menté à un rythme plus lent que dans les
Axe ligérien Nord régional Sud régional autres zones.
Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements 1993-2003
Romorantin est la seule zone du sud régio-
les services qui se déploient sur le terri- nal avec Chinon a n'avoir pas perdu d'éta-
Le sud : entre maintien des toire du sud sont surtout des services à la blissements entre 1993 et 2003,
activités existantes et déve- essentiellement grâce à des transferts enpersonne peu créateurs d'emploi.
loppement de l’économie provenance de l'axe ligérien. Mais c'est
résidentielle Deux zones d'emploi ont été particulière- également la seule zone dans laquelle
ment touchées par les pertes d'établisse- l'emploi salarié a baissé. En effet, malgréLe sud régional est le territoire qui a connu ments : il s’agit de celles d’Argenton-sur- de fortes augmentations d'emplois dansles plus grosses pertes d’établissements
(- 5 % entre 1993 et 2003).
Les services y ont progres-
sé, mais de manière
moins soutenue que
L’axe ligérien sedans les autres territoi-
res (deux fois moins renouvelle plus grâce à la
que dans le nord et création d’établissements
trois fois moins que sur
l’axe).
Sur cette période, le
Nord régional Axe ligérien Sud régionalsud a surtout connu
des disparitions qui - 791 + 123 - 1 643
l'emportent nettement (créations - disparitions) (créations - disparitions) (créations - disparitions)
sur les créations : avec + 391 +81 + 264
une perte globale de (solde des transferts) (solde des transferts) (solde des transferts)
1 643 établissements,
la moitié des dispari-
= - 400 = + 204 = - 1 379tions d'établissement
de la région liées au
solde dynamique s'est
produite dans le sud.
De plus, les créations
Le nord et le sud profitentont été moins importan-
de l’arrivée d’établissementstes qu'au nord et sur
l'axe avec un taux de existants
création annuel qui os-
cille entre 6 % et 7 %.
Seul le taux de reprise est
plus élevé, signe d'un renou-
vellement par des structures productives les autres secteurs (+ 36 % dans le com-
Creuse et de Vierzon. La zone d’Argen- merce), la zone de Romorantin a souffertexistantes.
ton-sur-Creuse a connu de nombreuses de très importantes pertes dans l'industrie
disparitions d’établissements (un surComme le nord, le sud régional a souffert en 2002 et 2003, à la suite de la fermeture
quatre dans l’industrie et un sur six dans lade fortes pertes industrielles, liées notam- de l'usine Matra.
construction) dans des secteurs plus pré-ment aux restructurations ayant touché
sents qu’aux plans national et régional. Á l'opposé, deux zones d'emploi du sud
l'industrie lourde. Malgré ces importantes
Également concernée par les restructura- ont connu des progressions très favora-
pertes d'établissements, l'emploi salarié a bles en matière d'emploi salarié : Lochestions industrielles (un tiers des établisse-
progressé dans toutes les zones d'emploi et La Châtre. Les secteurs de l'économiements en moins), Vierzon est la seule
du sud régional, excepté celle de Romo- résidentielle, comme la construction, sezone à avoir perdu des établissements
rantin. Mais le développement de l'emploi sont particulièrement développés dansdans les services. Elle possède égale-
ces zones rurales. Ainsi, entre 1998 etdans les services y a été plus modéré, car ment un solde des transferts légèrement
5INSEE CENTRE INFO n°000 novembre 2007
2003, un quart des emplois ont été créés
dans les services à Loches et dans le com-
merceàLaChâtre.
Évolution de l'emploi salarié entre 1998 et 2003
(base 100 en 1998)
120
Industrie Construction Commerce Services Ensemble
115
110
105
100
95
90
Nord régional Axe ligérien Sud régional Région Centre
Source : Insee, Estimations d'emploi salarié 1998-2003
Méthodologie
CHAMP
erLes données sont issues du répertoire des entreprises et établissements (REE) et couvrent la période du 1 janvier 1993 au
31 décembre 2003.
L’étude porte sur le champ ICS à l’exclusion de l’intérim et des grandes entreprises nationales : l’appellation champ ICS désigne
l’ensemble des secteurs marchands de l’industrie, de la construction, du commerce et des services. Ce champ ne prend donc pas
en compte l’agriculture, les services financiers, l’administration, les activités associatives et la location de biens immobiliers.
Au niveau des zones d’emploi, les estimations d’emploi salarié ne sont disponibles que sur la période 1998-2003.
ESPACES RÉGIONAUX
En accord avec le zonage défini dans le contrat de projets État-Région, et validé par l’État et le Conseil régional du Centre, la mise
en oeuvre du volet territorial se décline selon trois sous espaces régionaux : Nord régional, Axe Ligérien, Sud régional.
Dans l’étude, ces espaces regroupent plusieurs zones d’emploi :
le nord régional est constitué des zones d’emploi de Dreux, Chartres, Pithiviers, Montargis, Nogent-le-Rotrou et Château-
dun. À l’intérieur, on peut isoler les quatre premières, qui forment les franges franciliennes ;
l’axe ligérien est composé des zones d’emploi de Tours, Amboise, Vendôme, Blois, Orléans et Gien ;
le sud régional regroupe les zones d’emploi situées en-dessous de l’axe : Chinon, Loches, Argenton-sur-Creuse, Château-
roux, Romorantin, La Châtre, Issoudun, Vierzon, Saint-Amand-Montrond, Bourges et Aubigny-sur-Nère.
Pour en savoir plus
Cette étude fait suite aux dossiers :
«Les dynamiques du tissu productif par zone d'emploi dans la région Centre», Tiffany Khaophone, dossier d'études, octobre
2007, réalisé en partenariat avec le SGAR.
«Créations d'établissements : une approche de l'attractivité économique», Tiffany Khaophone, Gilles Valaison, dossier d'études,
octobre 2007.
Ces dossiers sont disponibles sur le site internet : www.insee.fr/centre, rubrique «publications».
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