Une conjoncture favorable

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Après une fin d'année 1998 marquée par un ralentissement de l'économie, le début d'année 1999 s'inscrit dans une phase de redressement. Amorcée en mai, et confirmée en juin, la reprise a été favorable aux évolutions d'ensemble des indicateurs économiques tant nationaux que régionaux.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La conjoncture en Franche-Comté
NUMÉRO SPÉCIAL
TERRITOIRE DE BELFORT
près une période de re- ménages, a assuré la croissanceAprès une fin d’année 1998
prise, marquée par une en France, comme dans le restemarquée par un ralentissement
activité industrielle en de la zone euro. En mai 1999,
de l’économie, le début d’année hausse depuis début les dépenses de consommation
1999 s’inscrit dans une phase de 1997, la croissance économi- des ménages en produits manu-
que a ralenti en France, en fin facturés progressent de 4,7% par redressement. Amorcée en mai,
d’année 1998, dans de nom- rapport à mai 1998. Limitées au et confirmée en juin, la reprise breux secteurs. La croissance champ commerce, elles aug-
a été favorable aux évolutions modeste (+0,4%) enregistrée au mentent de 4,5%. Selon les in-
premier trimestre 1999 a princi- dustriels, la croissance a été d’ensemble des indicateurs
palement pour origine la sta- portée par la demande interneéconomiques tant nationaux
gnation de l’industrie. Pendant en 1998, alors que les ordres à
que régionaux. cette période de ralentissement l’exportation se sont raréfiés.
industriel, le maintien de la de- Mais l’affaiblissement de la de-
mande intérieure liée au dyna- mande globale constaté début
misme de la consommation des 1999 n’a été que temporaire. ÀNº 29 - JUiLLET 1999
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 29
ESS992918 Prix : 15F (2,29 )Les réponses obtenues ontENQUÊTES
donc un caractère subjectif.D’OPINION
Le plus souvent, trois mo-
dalités sont prévues : parL’INSEE interroge réguliè-
rement les chefs d’entreprise exemple, « hausse », « stabi-
lité », « baisse ». Il faudraitde l’industrie et du bâtiment
donc, en principe, suivresur la marche de leurs affai-
l’évolution de plusieursres. L’objectif est d’obtenir
pourcentages. Ce qui n’estrapidement des renseigne-
pas aisé. D’où la construc-ments sur les tendances ré-
centes et les anticipations. tion d’un indicateur résumé,
appelé solde d’opinions, quiC’est pourquoi les questions
est constitué par la diffé-sont surtout qualitatives : on
rence entre les pourcenta-demande par exemple au
ges de réponses « en haus-chef d’entreprise son avis
se » et « en baisse ». Il traduitsur l’évolution de sa produc-
tion, de ses effectifs ; sur le assez bien les tendances. Il
n’a de signification qu’enniveau de ses stocks et de
évolution.son carnet de commandes.
À l’inverse, les rythmes de pro- a poursuivi son développement
duction se sont détériorés dès le tout au long de l’année 1998,
deuxième trimestre 1998 dans développement qui se confirme
les industries régionales des au premier trimestre 1999. Pour
biens d’équipement. En début la région, les équipementiers ont
l’enquête du mois de juin, les veau élevé. Les perspectives à d’année, l’activité a cessé de bénéficié de cette conjoncture
industriels ont confirmé le re- court terme restent bien orien- ralentir et les industriels sem- favorable dès le second trimes-
dressement de l’activité cons- tées. blent plus confiants pour les tre 1998. La demande interne
taté au mois de mai. Les carnets La conjoncture régionale est en mois à venir. Au niveau natio- est restée bien orientée jusqu’en
de commandes globaux comme phase avec ces tendances d’en- nal, la dégradation n’est appa- fin d’année et accélère au pre-
étrangers se sont regarnis : les semble. Les secteurs d’activité rue qu’au quatrième trimestre. mier trimestre. Les rythmes de
soldes d’opinion correspondants ont suivi sensiblement la même Elle ne devrait être que de courte production devraient encore
restent proches de évolution qu’au durée : au mois de juin, un re- s’accentuer. Le site automobile
leur moyenne de niveau national, dressement certain était cons- Peugeot à Sochaux, pour sa part,Activité soutenue
longue période. parfois avec un taté. Pour l’ensemble des indus- affiche une hausse de produc-dans l’automobile
Les perspectives léger décalage. tries des biens de consomma- tion de 6,3% en 1998. Avecet l’agro-alimentaire.
personnelles de C’est le cas du tion, le ralentissement est ap- 236 800 véhicules produits,
production permettent d’antici- secteur des biens intermédiai- paru en fin d’année. Dans les l’année 1998 rompt avec la ten-
per une accélération de l’acti- res qui, au plan national, a été industries agroalimentaires, dance à la baisse enregistrée
vité dans les prochains mois. touché dès le début de l’année l’activité est toujours restée dy- depuis 1996. La 106 n’est pas
Dans le bâtiment, l’activité est par la dégradation du contexte namique et n’a été que peu af- étrangère à cette évolution, sa
restée très dynamique au cours international, alors que le ralen- fectée par le ralentissement sai- production mensuelle moyenne
de l’année 1998. Interrogés en tissement régional n’est apparu sonnier du premier trimestre. ayant doublé entre 1997, année
avril 1999, les entrepreneurs ont qu’au troisième trimestre. Dans Dopé par la reprise des imma- de sa mise en circulation, et
jugé que le rythme de produc- ce secteur, l’activité est restée triculations sur le marché fran- 1998. Toutefois, cette croissance
tion se situe toujours à un ni- atone jusqu’en début d’année. çais, le secteur de l’automobile de la production est inférieure à
celle du groupe Peugeot
(+8,6%). En quantité de véhi-
cules, le site sochalien repré-
sente, maintenant, 21,5% de la
production du groupe, contre
près de 30% en 1990.
Les entrepreneurs du bâtiment
franc-comtois ont le moral au
beau fixe. Depuis juillet 1997,
les carnets de commandes sont
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 29supérieurs à trois mois de tra- appartements ainsi autorisés
vail d’avance. Il faut remonter à trouvent acheteurs avant le 31
l’année 1991 pour trouver pa- août 1999. Un taux d’abandon
reille série sur longue période. reste donc probable.
En janvier 1999, les carnets ont En 1998, l’emploi total a béné-
atteint le niveau historique de 4 ficié de la vigueur de l’activité
mois de travail en moyenne. La jusqu’à l’automne mais a été
progression d’activité est plus affectée par le ralentissement
nette dans le second œuvre que de fin d’année et de début 1999.
dans le gros œuvre. Selon les En France, 400 000 postes de
chiffres de la direction régio- travail ont été créés en 1998. Un
nale de l’Équipement, après une tiers de ces emplois sont des
année 1998 marquée par une emplois-jeunes. L’intérim par-
hausse des ouvertures de chan- ticipe pour sa part à 60 000 pos-
tiers, le nombre de logements tes, soit 1/5 du secteur tertiaire
commencés perd de son am- marchand. C’est l’emploi sala-
pleur. L’année 1998 avait vu rié qui profite de l’embellie. À
une recrudescence des mises en l’inverse, l’emploi non salarié
chantiers dans le collectif, tan- se serait dégradé au même
INVESTISSEMENT des ménages progresseraitdis que le pavillonnaire mon- rythme qu’en 1997 (– 10 000
ET DÉSTOCKAGE moins vivement cette année,trait quelques postes). En En France, le principal sou- revenant comme le revenusignes d’es- Progression de l’emploi Franche-
tien de la consommation des réel vers un rythme de crois-
soufflement. Comté, selonsalarié dans les ménages reste la croissance sance proche de 2%. Ce
Le premier tri- les statistiquesactivités tertiaires des revenus d’activité liée au mouvement reposerait sur
mestre 1999 est provisoires de développement de l’emploi. une hypothèse prudente de
Celui-ci, affecté par le ralen- stabilisation du taux d’épar-marqué par une régression dans l’Assedic, l’emploi salarié ré-
tissement passé de la crois- gne. Il serait en outre contre-les mises en chantiers d’appar- gional aurait augmenté de 2,2%
sance augmente un peu balancé par un investisse-tements, alors que l’individuel pour les établissements de 10
moins fortement. Cette an- ment des ménages excep-
stagne. Seul le département du salariés ou plus du secteur mar- née, 200 000 emplois mar- tionnellement dynamique.
Doubs enregistre une évolution chand, au cours du premier tri- chands seraient créés, ce qui En liaison avec la meilleure
plus favorable qu’au premier mestre 1999. Cette améliora- correspondrait à une pro- orientation des anticipations,
gression de 300 000 pour la demande des entreprisestrimestre 1998, sur l’ensemble tion vient en prolongement de
l’emploi total et permettrait se réanime. L ’investissement,des logements. Cependant, le celle constatée au cours de l’an-
une réduction de 0,4 point qui n’a jamais cessé de pro-volume des autorisations de née 1998 (+1,4%). Elle con-
sur l’année du taux de chô- gresser, réaccélère tandis
construire laisse présager une cerne exclusivement le secteur mage. Par ailleurs, le pou- que le comportement de
meilleure orientation des mises tertiaire où 4 500 postes ont été voir d’achat ne bénéficie plus stockage s’inverse. Ainsi, la
en chantiers pour les prochains créés au cours du premier tri- de la désinflation. Du fait du croissance du PIB se re-
redressement des prix des dresse progressivement. Enmois. Par rapport au premier mestre. Sur un an, le secteur a
matières premières, le glis- moyenne annuelle, elle at-trimestre 1998, 130 autorisa- engendré près de 8 000 emplois
sement annuel des prix se- teindrait 2,2%.tions supplémentaires ont été nouveaux régionaux. Comme au
rait de 0,8% à la fin de 1999, Extrait de la « note de con-
délivrées, avec une reprise im- plan national, la multiplication contre 0,3% l’année dernière. joncture » de juin 1999, pu-
portante dans le collectif. Tou- des recours à l’emploi intéri- Au total, la consommation bliée par l’INSEE
tefois, cette évolution ne pour- maire explique en grande partie
rait être qu’apparente. Tout
d’abord car plusieurs permis
déposés en décembre n’ont été
pris en compte qu’au mois de
janvier. D’autre part, les pro-
moteurs immobiliers ont pu réa-
liser un stock d’autorisations en
vue de profiter de la fin des
avantages fiscaux de la loi
Périssol. Ces autorisations abou-
tiront en activité réelle si les
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 29HÔTELS : DES SÉJOURS TOUJOURS PLUS COURTS
En 1998, les hôtels francs- dans le Territoire de Bel-
comtois ont accueilli fort. Elle augmente sensi-
1 374 500 clients. Ces der- blement dans le Jura. Elle
niers s’y sont arrêtés pour baisse dans le Doubs, dé-
un séjour court : 1,34 jour, partement où les hôtels de
contre 1,36 jour en 1997. catégorie économique sont
Ce nouveau rétrécissement les plus nombreux. En dé-
de la durée de séjour n’a but d’année 1999, l’activité
pas été favorable à l’acti- s’est renforcée. Au cours
vité d’ensemble de l’hôtel- du premier trimestre, et par
lerie qui perd 1% en terme rapport au premier trimes-
de nuitées par rapport à tre 1998, plus de 50 000
cette hausse. Celle-ci est artifi- le marché du travail. Le nombre 1997. Les hôtels de caté- nuitées supplémentaires
gorie économique enregis- ont été comptabilisées. Lacielle, car tous les emplois inté- d’offres d’emplois enregistré à
trent une baisse d’activité progression touche les hô-rimaires sont classés dans le ter- l’ANPE a été plus élevé en 1998
voisine de 13%. Par contre, tels de 0 à 2 étoiles. Pourtiaire. Par contre, l’emploi sala- qu’en 1997. Tous types confon-
les hôtels 2 étoiles ont ac- les 3 et 4 étoiles, l’activité
rié se détériore dans l’industrie dus, 41 200 offres ont été enre- cueilli près de 30 000 visi- est stabilisée. L’abondance
et le secteur de la construction. gistrées en 1998 soit presque teurs de plus que l’année de neige aux congés d’hi-
En ce qui concerne les emplois- 10% de plus qu’en 1997. La dernière. Et, dans les hô- ver n’est sûrement pas
tels de catégories supérieu- étrangère à cette évolution.jeunes, et selon le premier bilan progression se poursuit en 1999,
res, la fréquentation aug- Et les étrangers sont venusdressé à la demande du ministre et, au premier trimestre, 11 300
mente de 6%. L’activité est en plus grand nombrede l’Emploi et de la solidarité, offres nouvelles étaient enre-
stable en Haute-Saône et (9 000 arrivées de plus).
les contrats comptabilisés en gistrées (+8,5% par rapport au
Franche-Comté se situeraient à premier trimestre 1998). Toute-
hauteur de 2 500 fin 1998. Ils fois les offres d’emplois dura- marché du travail et de l’em-
ont été conclus par les associa- bles (plus de 6 mois), en aug- ploi : toutes les conditions sont
tions, les collectivités locales et mentation également d’environ réunies pour une amélioration
les établissements publics ou 10% en 1998, régressent au pre- du taux de chômage. Établi à
dans les services dépendants des mier trimestre (– 5%). Au 31 8,8% de la population active au
ministères de l’Éducation na- mai 1999, les demandeurs d’em- 1er trimestre 1999, le taux de
tionale et de l’Intérieur. ploi de catégorie 1 sont au nom- chômage régional reste l’un des
Cette meilleure orientation de bre de 37 500. Sur un an, la plus faibles en France. Sur un
l’emploi salarié trouve écho sur baisse est plus forte qu’au ni- an, il baisse de un point. Le taux
veau national (– 9,6% de chômage diminue
Amélioration ducontre – 5%). Elle pour toutes les ré-
marché du travailprofite à toutes les ca- gions, mais c’est en
tégories de deman- Franche-Comté que
deurs quel que soit leur sexe ou la baisse est la plus importante.
leur âge, mais est plus favorable Le département du Jura affiche
aux moins de 50 ans. L’amélio- le taux le plus faible de la région
INSEE Franche-Comté
ration du marché du travail con- avec 7,1% de la population ac- "le Major" 83, rue de Dole
BP 1997 25020 BESANÇON Cedexcerne plus fortement le Jura et tive. La Franche-Comté est
Tél : 03 81 41 61 61 Fax : 03 81 41 61 99le Territoire de Belfort. Le chô- d’ailleurs coupée en deux. Pour
mage de longue durée baisse les zones d’emploi au sud de Directeur de la publication : Bernard Le Calvez
Rédacteur en chef : Jean-Éric Placeégalement. Avec 2 700 deman- Montbéliard, Besançon et Dole,
Composition, mise en page :
Maurice Boguet, Sylvie Cudeydes en moins sur un an, les chô- les taux de chômage sont infé-
Imprimerie : Éblé Besançon
meurs de longue durée repré- rieurs à 7%. Au nord, ils varient
Abonnement annuel (4 numérossentent 35% de la population à de 8,7% pour la zone de Dole à +3 numéros de INSEE Franche-Comté
LE MAGAZiNE + lettres d'information) :la recherche d’un emploi à temps 10,1% pour Gray.
France : 150F
Étranger (normal) : 188Fplein et à durée indéterminée,
Étranger (urgent) : 240F
contre 38% un an auparavant. Rédaction achevée le 2 juillet 1999 Nº de CPPAP : 3 021 AD
ISSN : 1248-2544Conjoncture économique favo- Évelyne Dony © INSEE 1999
dépôt légal : juillet 1999rable, meilleure orientation du (dossier préparé par Gilles Collin)
INSEE Franche-Comté - L'ESSENTiEL Nº 29
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