Zoom sur quelques secteurs de l'économie picarde

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La hiérarchie des principaux secteurs d'activité picards s'est transformée en dix ans sous l'effet de l'évolution technologique (matériaux composites, électronique et technique de l'information) et de l'ouverture à la mondialisation. La plasturgie a renforcé la spécificité picarde de l'industrie de la chimie, du caoutchoux et du plastique. Ce secteur devient le premier employeur industriel de la région devant la métallurgie à qui les matières plastiques font concurrence. La construction de biens d'équipements mécaniques (hors automobile) en perte de vitesse doit s'adapter aux nouveaux enjeux industriels.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES
SYSTÈMEPRODUCTIF
Zoom sur quelques secteurs de l’économie picarde
La hiérarchie des principaux secteurs d’activité picards s’est transformée en dix ans sous l’effet de l’évolution technologique (matériaux composites, électronique et techniques de l’information) et de l’ouverture à la mondialisation. La plasturgie a renforcé la spécificité picarde de l’industrie de la chimie, du caoutchouc et du plastique. Ce secteur devient le premier employeur industriel de la région devant la métallurgie à qui les matières plastiques font concurrence. La construction de biens d’équipements mécaniques (hors automobile) en perte de vitesse doit s’adapter aux nouveaux enjeux industriels. Les stratégies de gains de productivité de l’industrie ne sont pas sans conséquence sur les activités annexes. Le transport est en expansion mais des ombres planent sur l’avenir. Les services aux entreprises, de plus en plus sollicités, se développent dans la région.
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D e ès le XVII siècle, le travail des métaux est apparu dans le Vimeu avec la fabrication de ferru res et de serrures qui s’est ensuite spécialisée vers d’autres activités de la petite métallurgie, notam ment la fabrication d’articles de robinetterie. Avec la révolution industrielle, métallurgie et travail des métaux se sont développés le long de la vallée de l’Oise et au sud de la région. En continuité avec ces activités, la construction de machines outils et l’aéronautique à Albert, la mécanique dans le bassin de Creil prirent de l’importance.
Chimie, métallurgie, mécanique...
Les secteurs de l’économie, dont il est question ici, sont ceux de la « Nomenclature Économique de Synthèse » au niveau 36 postes qui permet d’approcher les statistiques économiques agrégées de domaines différents (démographie d’entreprises et données financières par exemple). Les agrégations (en 16, 36 ou 114 postes) privilégient le regroupement des agents économiques en fonction de leur comportement confrontés à leur marché (industrie des biens intermédiaires, industrie des biens d’équipement ou services essentiellement destinés aux entreprises). Ainsi, selon cette nomenclature, la serrurerie est classée dans la métallurgie et transformation des métaux (industrie des biens intermédiaires), la robinetterie dans l’industrie des équipements mécaniques s biens d’équipement).
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PICARDI
DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES
L’histoire de l’industrie chimique a commencé en Picardie sous le premier empire avec la construc tion d’une usine de soude à Chauny. Cette indus trie a entrepris son expansion dans les vallées de l’Oise, de l’Aisne et du Thérain.
Entre 1950 et 1970, la Picardie a procédé au re nouvellement de son tissu industriel, avec, notam ment, l’équipement automobile, le pneumatique, la parachimie et la transformation des matières plastiques.
Les difficultés d’un secteur économique peuvent être des opportunités pour d’autres secteurs. La concurrence entre métal et plastique bénéficie à la plasturgie mais pèse sur l’emploi de la métallur gie. La recherche de la baisse des coûts de pro duction nécessite une réorganisation de la construction mécanique. Le recentrage des en treprises sur leur activité principale génère une de mande importante en services.
Mais les enjeux pour les différents secteurs d’acti vité sont de même nature : adaptation, innovation, et ouverture du marché. Les huit systèmes pro ductifs locaux, auxquels ont adhéré de nombreu ses entreprises picardes, mettent les deux derniers objectifs à portée des plus petites d’entre elles. Les deux ôles de compétitivité ouvrent les por vation. Le développement des struc nsports rapproche la région des ernes. Ces divers chantiers sont por ir pour le rayonnement économique
dustrie chimique diversifiée l’emploi salarié, l’industrie de la chi  tchouc et du plastique est le premier ur industriel de Picardie presque à égalité la métallurgie et la transformation des mé rtion des salariés du secteur mar nt dans la chimie est le double de ationale. Cette spécificité picarde à la présence massive d’une indus e, mais résulte de l’implantation ré
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gionale d’un ensemble d’établissements couvrant une large gamme d’industries du secteur. Dans le domaine de la chimie, la fabrication de peintures et vernis est l’activité qui emploie le plus de per sonnes avec BASF Coatings et ACZO Nobel Coatings. Goodyear Dunlop et Continental repré sentent le caoutchouc. Enfin, la fabrication de pla ques, tuyaux et emballages en plastique ainsi que la plasturgie emploient la moitié des salariés du secteur. La filière n’est pas représentée dans la fabrication des explosifs, des produits chimiques pour la photographie et des supports de données.
Répartis sur l’ensemble de la région, les quelques trois cents établissements picards du secteur affi chent néanmoins une prédilection pour les zones d’emploi de Compiègne, SudOise et Amiens. La présence de l’industrie chimique dans les deux premières zones s’est renforcée depuis 1997 sous l’effet du développement de la plasturgie (Faurecia interieur industrie, Inergy Automotive Systems France).
Le développement de l’activité autour du plasti que a non seulement enrayé la diminution des ef fectifs salariés du secteur à partir de 1997, mais entraîné une remontée importante des effectifs entre 1999 et 2002. Malgré le recul des années 2003 et 2004, l’emploi salarié demeure supérieur à son niveau de 1994, résultat notable pour une activité industrielle.
Résultat combiné d’une orientation des activités vers des produits à forte valeur ajoutée et de la hausse de la productivité, la valeur ajoutée déga gée par l’industrie de la chimie du caoutchouc et du plastique a davantage augmenté de 1993 à 2002 que la moyenne du secteur marchand en Picardie. Cette croissance est aussi plus rapide en Picardie que la moyenne nationale depuis 1998. Malgré une conjoncture moins favorable en 2003 et 2004, ce secteur de l’industrie picarde conserve une marge d’avance sur la métropole.
La décennie écoulée montre la capacité d’évolu tion dans ce domaine d’activité en fonction des
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Données de cadrage du secteur chimie, caoutchouc, plastiques
01/01/1994 01/01/2004 Effectif salarié 23 600 24 800 Nombre d'établissements employeurs 305 297 dont appartenant à une entreprise de moins de 10 salariés 29 19 de 10 à 99 salariés 43 47 de 100 salariés ou plus 29 34 Effectif salarié moyen des établissements employeurs 77 83 Source : Insee, REE Sirene
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rapides évolutions technologiques et, plus que pour d’autres activités, des règlements en matière d’écologie, de sécurité et de santé publique. La taille modeste des entreprises est en ce sens un facteur favorable, néanmoins sans une taille suffi sante les entreprises peuvent se trouver limitées pour élargir leur marché. Dans ce compromis, la Picardie apparaît dans une situation favorable : la proportion d’établissements de moins de 10 sala riés est moindre que la moyenne métropolitaine sans que les établissements les plus importants soient disproportionnés.
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ement en quelques années de la ns la région montre que l’avenir peut  vite. Les capacités d’innovation et des entreprises sont les clefs de l’ave teur face à la concurrence des pays e maind’œuvre et aux enjeux du dé t durable. C’est pourquoi l’innovation e des objectifs du pôle de compétiti ries et Agroressources » qui associe e et la ChampagneArdenne.
ns de productivité r dans la métallurgie
et le travail des métaux est le se industriel régional pour l’emploi sa de peu, depuis quelques années, de la chimie, caoutchouc et plasti
rt des emplois salariés de la métallurgie et du travail des métaux est concentré dans la zone d’emploi du SudOise en raison de la présence de trois des dix plus grands établissements régionaux du secteur : Sollac, Montupet SA et Norfond. Mais c’est le Vimeu qui détient la palme de la spéciali sation, dans le domaine de la serrurerie. La part de la métallurgie dans l’emploi de cette zone est cinq fois plus élevée que la moyenne régionale, alors qu’aucun des dix plus grands établissements du secteur d’activité n’y est implanté. Les établissements du secteur de la métallurgie et du travail des métaux sont de taille fort diverse
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selon l’activité exercée. Parmi les 750 établisse ments picards, ces fortes disparités sont un peu moins marquées, les établissements de grande taille comme les plus petits sont relativement moins fréquents que dans le reste de la métropole.
Depuis 1993, la progression de la valeur ajoutée est supérieure à la croissance régionale, sauf en 1996. Mais les gains sont longtemps restés infé rieurs, en Picardie, à la progression nationale du secteur de la métallurgie. Ce n’est qu’à partir de 1999 que la région rejoint la moyenne française avec un nouveau décrochage en 2001. La faible valeur ajoutée de ce secteur d’activité, pèse sur l’emploi, qui après une embellie au début des an nées 2000, retrouve une tendance à la baisse.
La métallurgie et le travail des métaux étant intrin sèquement une activité vouée à la soustraitance, dans le contexte de la mondialisation, la concur rence internationale influence fortement le mar ché. Pour compenser le handicap du coût de la maind’œuvre, les entreprises ne peuvent miser que sur le développement d’activités à forte va leur ajoutée et l’innovation. Un second enjeu porte sur la structure des entreprises, qui doivent attein dre une taille suffisante et s’organiser pour s’as surer une notoriété et faire face aux exigences des donneurs d’ordre.
Selon les activités du secteur, ces chantiers sont plus ou moins avancés. Ainsi dans le Vimeu, les entreprises de la serrurerie se sont structurées en système productif local pour faire face aux défis des produits à bas coût de production. Mais les synergies ainsi mises en œuvre n’en demandent pas moins de mener un combat quotidien pour maintenir un haut niveau de technicité et offrir des produits innovants.
La construction mécanique en panne de croissance
Les industries de biens d’équipement mécanique (hors automobile) comptent 19 000 salariés début 2004 contre 22 000 il y a 10 ans. Depuis 2000,
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Données de cadrage du secteur de la métallurgie et du travail des métaux
01/01/1994 01/01/2004 Effectif salarié 26 800 24 700 Nombre d'établissements employeurs 805 750 dont appartenant à une entreprise de moins de 10 salariés 50 48 de 10 à 99 salariés 39 39 de 100 salariés ou plus 11 12 Effectif salarié moyen des établissements employeurs 33 33 Source : Insee, REE Sirene
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Une « délocalisation »… vers Beauvais
L’actualité médiatique conjugue la délocalisation sur le mode pessimiste. Le cas de AGCO S.A. (anciennement MasseyFerguson ) à Beauvais infirme que ces mouvements s’effectuent toujours au détriment de l’emploi en France. Sous la pression économique (livre sterling trop haute), le site industriel de Coventry (GrandeBretagne) qui emploie 800 salariés cesse son activité en 2002. Le site de Beauvais reprend la production des tracteurs de gamme moyenne du site anglais, avec à la clef une augmentation des effectifs salariés de l’ordre de 300 personnes. L’ajustement de la production s’effectue dans un premier temps par l’emploi d’intérimaires, mais au cours des années 2003 et 2004, ce sont bien 300 emplois stables qui ont été créés par l’entreprise, sans compter les emplois induits. Les articles de l’époque soulignent les synergies qui se sont mises en œuvre entre l’entreprise, les institutionnels (la région, le département et surtout la mairie) et les prestataires de services pour faciliter cette opération.
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Données de cadrage du secteur des industries des équipements mécaniques
01/01/1994 01/01/2004 Effectif salarié 21 900 18 700 Nombre d'établissements employeurs 672 706 dont appartenant à une entreprise de moins de 10 salariés 48 80 de 10 à 99 salariés 42 40 de 100 salariés ou plus 10 9 Effectif salarié moyen des établissements employeurs 33 26 Source : Insee, REE Sirene
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l’évolution de l’emploi est plus défavorable en Pi cardie que dans l’ensemble de la métropole. La reprise économique du début du siècle a eu un effet amorti sur les établissements régionaux et la baisse de l’emploi est importante ces dernières années.
La construction mécanique en Picardie comprend de nombreux établissements de taille modeste dont le marché est essentiellement axé vers les industries locales. L’exemple le plus marquant est celui de la chaudronnerietuyauterie dont l’implan tation coïncide avec celle des établissements de l’industrie chimique. Contrecoup d’une recherche de baisse des coûts de production dans cette der nière, les petits fournisseurs autrefois privilégiés ne peuvent pas faire face à la concurrence de pro duits standardisés de grande série. Leur marché local s’en trouve réduit aux produits très spéciali sés ou de très haute technicité, ce qui explique un moindre bénéfice de la reprise économique au début des années 2000 et une réduction des ef fectifs les années suivantes économiquement moins prospères : la taille des entreprises dimi nue mais moins vite que celle de leurs établisse ments ; ainsi, entre 1994 et 2004, la part des établissements de moins de 10 salariés du sec teur est passée de 51 à 56 %.
Cette situation n’est toutefois pas le lot commun de ce secteur d’activité. De nombreuses entrepri ses n’ont pas une stratégie basée sur le marché local, mais sur un créneau de produits. Les plus grands établissements du secteur se situent dans ce cadre, tels que Goss International Montataire SA dans le domaine des machines d’impression, AGCO SA pour le matériel agricole ou encore Poclain hydraulics industrie pour le matériel de levage. Des établissements de taille plus modeste peuvent aussi travailler dans ce sens, c’est le cas de la robinetterie dans le Vimeu. Les établisse ments organisés autour d’un système productif local s’ouvrent ainsi l’accès à un marché plus vaste même sans atteindre la taille critique de 100 salariés.
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Les établissements du secteur du transport em ploient en Picardie plus de 31 000 salariés. Cet effectif a augmenté rapidement entre 1997 et 2 sous l’effet de l’embellie économique puis s’ stabilisé ces dernières années. L’emploi a menté d’un tiers depuis 1994 alors que pou semble du pays la hausse de l’emploi est de l’ de 20 %.
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Les enjeux de la construction mécanique r gnent ceux de l’ensemble de l’activité industri s’ouvrir sur le marché mondial et y trouver pla sur des produits innovants et à forte val ajoutée.
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La Picardie perd de sa spécificité en matière de construction mécanique dans la mesure où celle ci s’appuyait sur l’implantation régionale des autres activités industrielles. Or, l’industrie des biens d’équipements mécaniques se remodèle en fonc tion de nouvelles priorités économiques et la pr mité géographique avec les clients n’est plu critère stratégique primordial. Ce n’est pas l de certains secteurs particuliers, comme la netterie dans le Vimeu, où l’implantation l demeure forte. Face à la concurrence inter nale, c’est vers les produits de luxe que cet tivité se tourne pour se maintenir face concurrence des pays émergents.
Les transports dans un tournant économique délicat
Sous l’effet de la croissance économique, l leur ajoutée du secteur des transports a, elle fortement augmenté. Toutefois, en dépit de l’ mentation de l’emploi plus forte en Picardie q métropole, les gains de valeur ajoutée son même ordre. En effet, l’augmentation de l’activ dans la région s’est concentrée sur des activité faible valeur ajoutée, en particulier l’entreposage, le transport routier local de marchandises qui re présente le quart des établissements et des sala riés du secteur. Pris entre le coût du carburant et la pression des donneurs d’ordre, le secteur du transport picard apparaît, de ce fait, fragilisé,
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SYSTÈMEPRODUCTIF
Données de cadrage du secteur des transports
01/01/1994 01/01/2004 Effectif salarié 23 300 31 300 Nombre d'établissements employeurs 1 703 1 370 dont appartenant à une entreprise de moins de 10 salariés 54 54 de 10 à 99 salariés 20 25 de 100 salariés ou plus 26 21 Effectif salarié moyen des établissements employeurs 14 23 Source : Insee, REE Sirene
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DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES
captif des marchés locaux et sensible aux aléas de la conjoncture économique.
Pourtant, depuis une dizaine d’années, la struc ture des établissements s’est transformée pour mieux répondre aux exigences du marché. La taille des établissements s’est accrue passant de 14 à 23 salariés en moyenne entre 1994 et 2004, les établissements de très petite taille (moins de 10 salariés) qui formaient 73 % du secteur en 1994, n’en représentent plus que 64 %. Cette évolution a été plus rapide que pour l’ensemble de la mé tropole. Géographiquement aussi, l’activité s’est davantage concentrée dans les zones du SudOise et de Compiègne pour le transport routier et dans la zone de ChaunyTergnierLa Fère, spécialisée dans le transport ferroviaire. Derrière ces regrou pements, les enjeux de notoriété et d’optimisation des coûts annexes, qui valent pour l’industrie, sont transposables au transport.
Dans l’industrie, cette stratégie vient en complément de la recherche des gains de productivité. Pour le transport, les gains de productivité sont par nature limités par des contraintes techniques telles que la taille des véhicules et le temps de transport. Aussi, les entreprises ont moins de possibilités de s’ouvrir au marché international pour se développer sur les demandes à valeur ajoutée élevée.
Une stratégie axée sur le transport multimodal peut faire sauter le verrou de la productivité. Dans ce domaine, les chantiers picards autour de la plate forme aéroindustrielle de Méaulte, de la liaison fluviale canal SeineNord ou encore du pôle de compétitivité « Itrans, le ferroviaire au cœur des systèmes de transports innovants » ouvrent des opportunités pour un avenir moins dépendant du marché local.
Les services opérationnels ont rattrapé leur retard
Activité stratégique dans la recherche de l’optimi sation des coûts de production, les activités de services aux entreprises se développent dans la
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DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES
région. Les services opérationnels (nettoyage, sécurité, recherche et prêt de personnel, location, traitement des déchets..) représentent environ 40 % des services aux entreprises, ils occupent plus de 21 000 salariés en Picardie, soit une pro gression de 7 500 emplois depuis 1994. Cette a mentation, deux fois plus rapide que la moye nationale, doit être attribuée à un rattrapa retard de la région dans ce domaine.
En 1994, la part des services opérationnels l’emploi avoisinait la moyenne nationale dan tre zones d’emploi : le SudOise qui comptai du quart des salariés du secteur et les zon Laon, Soissons et SaintQuentin. Cette impla tion résultait de pratiques industrielles locale matière d’externalisation de tâches. Dans le r de la région, les services opérationnels étai quasiment inexistants sauf dans la zone d’em d’Amiens qui était cependant peu équipée.
Le recentrage des entreprises, non seulement in dustrielles, sur leur activité principale a généra lisé le recours aux services opérationnels. Aujourd’hui, la répartition des établissements de services opérationnels sur le territoire régional est plus homogène. Les zones d’emploi d’Amiens et de Compiègne viennent au premier plan et les zones qui restent peu nanties sont le Vimeu, ChaunyTergnierLa Fère et la Thiérache.
La première place d’Amiens est confortée par les centres d’appel téléphoniques (Intracall center, Coriolis France), mais c’est bien l’ensemble des activités de services, telles que la sécurité, le net toyage ou le traitement des déchets, qui a pro gressé dans la région.
Quelques établissements de taille moyenne sont présents en Picardie dans le domaine de la sécu rité (SIN&STES, Société Oise Protection), du con ditionnement (société de conditionnement Bayer) et des centres d’appel téléphonique. Pour des rai sons de proximité et de flexibilité, les petites struc tures sont le plus souvent la règle dans ces activités de service, néanmoins la taille des éta
SYSTÈMEPRODUCTIF
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Les besoins en services des établissements picards
Le recours aux services, pratiqué dans l’industrie, s’est étendu au tertiaire. Les établissements confient les fonctions opérationnelles à des prestataires alors que les fonctions plus stratégiques sont réalisées en interne. La taille, le secteur et l’autonomie de l’établissement définissent les modes de réalisation de ces services.  En Picardie, les chefs d’entreprise trouvent leurs prestataires à proximité de leur établissement ou se dirigent vers l’ÎledeFrance. Les critères de choix du prestataire dépendent de la nature même du service recherché. L’offre locale en Picardie est diversifiée mais les chefs d’entreprises de la région attendent un essor des services à plus forte technicité. Les perspectives de développement laissent présager une reconduction de la situation actuelle : ils envisagent de développer davantage en interne les services qu’ils gèrent déjà euxmêmes et de soustraiter encore plus des services déjà fortement externalisés. Ainsi, la collecte et traitement des déchets, le transport de marchandises et la maintenance de matériel informatique sont à la fois les services les plus externalisés et ceux que les établissements souhaitent davantage soustraiter. Certains services ont un potentiel d’expansion à la fois interne et externe : la formation, la maintenance de matériel de production, les contrôles techniques. Résultats d’une enquête publiée dans « Les services aux entreprises, besoins et perspectives » INSEE PICARDIE Dossiers n°38  2005.
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SYSTÈMEPRODUCTIF
Données de cadrage du secteur des services opérationnels
01/01/1994 01/01/2004 Effectif salarié 13 900 21 400 Nombre d'établissements employeurs 968 1 060 dont appartenant à une entreprise de moins de 10 salariés 61 46 de 10 à 99 salariés 20 25 de 100 salariés ou plus 19 29 Effectif salarié moyen des établissements employeurs 14 20 Source : Insee, REE Sirene
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DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES
blissements tend à s’accroître, la part des établis sements de moins de 10 salariés a baissé de 77 à 70 % entre 1994 et 2004. Dans le même temps, l’offre de services s’est davantage structurée autour d’entreprises ayant atteint une taille suffi sante pour asseoir leur notoriété. Près de 30 % des établissements de services picards appartien nent à une entreprise d’au moins 100 salariés, soit une progression de 10 points en une décennie.
Les enjeux de la région dans le domaine des ser vices aux entreprises dépassent les enjeux pro pres à cette activité. Les services constituent un volet complémentaire indispensable pour l’orga nisation des systèmes productifs locaux. L’affi chage d’une offre locale de services est un facteur d’attractivité de la région visàvis des investisseurs industriels entre autres. La proximité de Paris, qui peut expliquer le faible développement de certains secteurs de services (recherche et développement par exemple), offre un atout supplémentaire en élargissant l’éventail de l’offre régionale.
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DYNAMIQUES ÉCONOMIQUES
SYSTÈMEPRODUCTIF
Un secteur en perte de vitesse mais une filière omniprésente : l’automobile
La filière automobile comprend d’une part le secteur de la construction automobile constitué des constructeurs et des équipementiers en lien direct avec les constructeurs, d’autre part des fournisseurs d’équipements et des sous traitants dont l’activité dépend de la nature de leur propre production : métallurgie (Valéo), construction mécanique ou électrique (Ressorts de l’Oise), plastiques (Faurecia, Plastique Forme Automobile), verre (St Gobain), caoutchouc (GoodyearDunlop)... Le secteur de la construction automobile est bien identifié, il emploie environ 6 000 salariés en Picardie, effectif en baisse de plus de 40 % depuis 1994. Suite à la fermeture des établissements Chausson en 1996, ce secteur d’activité n’entre plus dans les activités spécifiques de la Picardie malgré la présence d’équipementiers de renom international tels que Valéo ou Bosch. Mais l’effectif du secteur ne représente qu’une minorité de l’emploi de la filière automobile. Une étude de 2004 de la Semoise, pour le département de l’Oise, dénombre 9 500 emplois dans la filière automobile auxquels s’ajoutent 6 000 emplois dans des établissements qui travaillent au moins en partie pour l’industrie automobile. Au total, la filière représente quatre fois plus
d’emplois que le secteur de la construction automobile au sens restrictif de la nomenclature et emploie près d’un quart des salariés de l’industrie.
Pour l’ensemble de la région, la filière automobile représente au moins 2 fois et demi d’emplois de plus que la construction automobile au sens strict. Des investigations plus précises sur la filière seraient nécessaires pour mesurer le poids dans l’économie locale et la dépendance des autres secteurs économiques visàvis de l’automobile.
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