Davantage d'accidents toujours aussi graves

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Bilan des accidents depuis 1995. Taux de gravité, nombre d'accidents corporels, nombre de tués, de blessés. Evolutions départementales disparates, les zones accidentogènes, problèmes de sécurité routière.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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société
Davantage d'accidents
toujours aussi graves
En six ans, de 1995 à 2000, Limousin présentaitClaude Mallemanche
720 personnes ont trouvé la traditionnellement jusqu'au
mort et plus de 3 000 ont été milieu des années quatre-vingt-
grièvement blessées sur les dix les caractéristiques propres
routes limousines. L'insécurité aux régions rurales. Moindre
Depuis 1995, la routière vient au troisième rang fréquence des accidents
fréquence des des causes de mort violente corporels qu'au niveau national,
accidents de la derrière les
accidentscirculation s'est accrue
LE LIMOUSIN OCCUPE UNE POSITION MÉDIANEdomestiques eten Limousin.
les suicides. Valeurs extrêmes :L'augmentation du
Île-de-France : 2,5 France : 6,3Afin de
Centre : 10,8 Province : 7,4trafic de transit et le
favoriser une
développement de la
large prise de
périurbanisation qui conscience et
conditionne de fédérer les
l'amplitude des efforts de
déplacements domicile- mobilisation des
travail expliquent en différents
10 7,5acteurs, lagrande partie ce bilan.
8sécuritéSi les jeunes paient un 6
routière a étélourd tribut à la
déclarée grandeviolence routière, les
cause nationale
personnes âgées ne
de l'année 2000.
sont pas épargnées, En matière de
Taux de gravité des accidents par région ;notamment les piétons. sécurité nombre de tués pour 100 accidents corporels en 2000
source : Direction régionale de l'Équipementroutière, le Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière
8 r insee limousin8 r mais gravité plus prononcée, fréquence des accidents s'est
conditionnaient un bilan final accrue tandis que leur gravité
qui le plaçait en position ne diminuait pas.
médiane dans le classement des
Conforme à la France
régions françaises. Depuis 1995,
de province
les résultats se sont détériorés. occupe une place médiane dans
Tandis que l'insécurité routière Alors que le nombre d'accidents le classement des régions
reculait dans l'ensemble de la et de tués diminuait de 9 % françaises.
France, elle se dégradait sur les entre 1995 et 2000 dans Avec 7,5 tués pour 100 accidents
routes de la région. La l'Hexagone, on enregistrait pour corporels, il occupe une position
le Limousin des conforme à la moyenne de la
hausses France de province. Parmi nos
DES ÉVOLUTIONS DIVERGENTES respectives de 6 voisins immédiats, si l'Auvergne
et 13 %. En et l'Aquitaine présentent un
110
Limousin 2000, on a bilan plus favorable, tant Midi-
comptabilisé en Pyrénées que Poitou-Charentes105
Limousin 1 683 et surtout le Centre
accidents apparaissent sensiblement plus
100
corporels qui pénalisés.
ont accasionné Ce sont les régions les plus
95 France 126 tués et 380 urbanisées, au trafic le plus
blessés graves. dense qui occupent la tête du
90
En termes de classement. Le trio de tête1995 1996 1997 1998 1999 2000
Évolution du nombre d'accidents corporels de 1995 à 2000 gravité, le comprend l'Île-de-France,
source : Direction régionale de l'Équipement(indice base 100 en 1995)
Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière Limousin Provence-Alpes-Côte-d'Azur et
LE LIMOUSIN À CONTRE-COURANT GRAVITÉ PLUS PRONONCÉE EN LIMOUSIN
8115
Limousin110
Limousin
105
7France
100
France
95
690
1995 1996 1997 1998 1999 2000 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Évolution du nombre de tués de 1995 à 2000 Évolution de la gravité des accidents (nombre de tués pour
(indice base 100 en 1995) 100 accidents corporels) de 1995 à 2000
source : Direction régionale de l'Équipement source : Direction régionale de l'Équipement
Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière
insee limousin r 9 r 9l'Alsace. Des positions qualité) ou à la concentration leur gravité. Une première
invariables depuis une dizaine de la population, qu'elles ne explication pourrait résider
d'années. Cependant, les reflètent un comportement dans l'accroissement du trafic
comparaisons interrégionales, spécifique des usagers. En effet, de transit. La région se situe sur
ou -pire- internationales, la densité de la population et le le passage des itinéraires reliant
doivent s'appréhender avec degré d'urbanisation permettent la péninsule ibérique à l'Europe
prudence. Elles révèlent bien de synthétiser des variables du Nord. En outre,
plus une variété de comme la part du trafic en l'amélioration des
caractéristiques structurelles agglomération ou sur autoroute, infrastructures (telle l'A20
tenant à la configuration du ou le recours aux transports portion autoroutière gratuite en
réseau routier (densité et collectifs qui ont un impact Limousin) a favorisé la
déterminant récupération d'un trafic
sur national qui s'était détourné de
LA HAUTE-VIENNE PAYE SON URBANISATION l'accidentologie. la région. Par ailleurs, les flux
La région de poids lourds représentent
1 200 rassemble les jusqu'à 25 % du trafic sur
1 014
948940 935 caractéristiques certaines portions de la route9471 000
841 inhérentes aux Centre Europe Atlantique, laHaute-Vienne
800 zones RN145, encore majoritairement
583542 544 550 urbanisées avec bidirectionnelle. Or, si l'on sait600 527 512
Corrèze la fréquence qu'à kilométrage égal, les
400 des accidents, camions ne sont pas plus
200 192178 159 157146 et celles des souvent impliqués dans un200
Creuse régions à faible accident que les autres
0 densité de véhicules, les dégâts causés sont1995 1996 1997 1998 1999 2000
population pour beaucoup plus graves. Un tué deÉvolution du nombre d'accidents corporels de 1995 à 2000
pour les trois départements du Limousin
source : Direction régionale de l'Équipement ce qui concerne la route sur huit, trouve en effet
Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière
LE NOMBRE DE BLESSÉS GRAVESTENDANCE PRÉOCCUPANTE EN CREUSE
DIMINUE DANS LES TROIS DÉPARTEMENTS
80 300
282273 269250 Haute-Vienne26060 59
60 5554 55 22651 Haute-Vienne 214 214 Corrèze200 20847 16744 1954345 42 181
3740 Corrèze 150 156
2826
10022 21
Creuse1620 Creuse15 82 7569 71 6950 57
00
1995 1996 1997 1998 1999 2000 1995 1996 1997 1998 1999 2000
Évolution du nombre de tués de 1995 à 2000 Évolution du nombre de blessés graves de 1995 à 2000
pour les trois départements du Limousin pour les trois départements du Limousin
source : Direction régionale de l'Équipement source : Direction régionale de l'Équipement
Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière
10 r insee limousin10 r la mort dans un accident où un accrus, les déplacements évolutions différenciées. La
poids lourd est impliqué. domicile-travail ont pu produire Haute-Vienne, département le
La périurbanisation pourrait un impact sur la nature des flux plus urbanisé, a vu la fréquence
constituer un deuxième facteur de circulation. Le trafic qui des accidents corporels
explicatif. Avec des parcours rayonne autour des augmenter de 20 % ; elle s'établit
agglomérations se caractérise en 2000 à 286 pour 100 000
par sa densité et sa fluidité et il habitants, soit le taux régional le
Définitions s'écoule sur des voies de plus élevé. À l'inverse, le nombre
Un accident corporel (mortel et non configuration très variables d'accidents a diminué en
mortel) de la circulation routière : (des sections autoroutières aux Corrèze, et surtout en Creuse où- provoque au moins une victime ;
routes départementales ou le recul dépasse 20 %. Si la- survient sur une voie ouverte à la
circulation publique ; vicinales). Autant de conditions situation s'est améliorée en ce
- implique au moins un véhicule. susceptibles de créer des effets qui concerne le nombre deSont donc exclus tous les accidents
négatifs sur l'accidentologie : la blessés graves pour les troismatériels ainsi que les accidents cor-
porels qui se produisent sur une voie densité accroît la fréquence des départements, il n'en va
privée ou qui n'impliquent pas de vé- accidents, la fluidité (ou la malheureusement pas de mêmehicule.
vitesse) en aggrave les pour les tués. Seule la CorrèzeUn accident corporel implique un
certain nombre d'usagers. Parmi conséquences. affiche un bilan stable sur la
ceux-ci, on distingue : totalité de la période, compte- les indemnes impliqués non décé- Des évolutions
tenu des fluctuations aléatoiresdés dont l'état ne nécessite aucun départementalessoin médical ; observées annuellement. Après
- les victimes impliqués non indem- disparates avoir connu une hausse jusqu'ennes.
1997, la Haute-Vienne s'estParmi les victimes, on distingue : Au cours de la période 1995-
- les tués, victimes décédées sur le stabilisée depuis, à un niveau2000, les trois départementscoup ou dans les six jours qui sui- supérieur de 8 % à celui de 1995.limousins ont connu desvent l'accident ; pour obtenir le
C'est en Creusenombre de tués à 30 jours (défini-
tion internationale de la circula- que la situation est
tion routière), on utilise un coeffi-
la plusDES ACCIDENTS TOUJOURS PLUS NOMBREUXcient multiplicateur de 1,057 ;
EN AGGLOMÉRATION préoccupante,- les blessés : victimes non tuées
1 200(ces blessés peuvent décéder après puisque le nombre1 116
les six jours, mais ils sont considé- 1 077
1 022 1 023 de tués a1 014rés comme blessés). 9831 000
quasiment doubléParmi les blessés, on distingue :
- les blessés graves : blessés dont entre 1995 et 2000.
800l'état nécessite plus de six jours Avec 18 tués pour679d'hospitalisation ;
621600 607 606 100 accidents- les blessés légers : blessés dont 600 567
l'état ne nécessite qu'un soin mé- corporels, le taux
dical ou pas plus de six jours d'hos-
400 de gravité y estpitalisation.
respectivementOn entend par milieu urbain, l'en-
200semble des réseaux situés à l'inté- deux fois et trois
rieur d'une agglomération définie au fois plus importantsens du code de la route (parties de 0
1995 1996 1997 1998 1999 2000 que ceux observésroutes situées entre les panneaux de
agglomération hors agglomérationdébut et de fin d'agglomération). Le en Corrèze et en
reste du réseau hors agglomération Évolution du nombre d'accidents en Limousin Haute-Vienne.de 1995 à 2000 source : Direction régionale de l'Équipementconstitue la rase campagne.
Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière L'évolution de
insee limousin r 11 r 11l'accidentologie selon le type de parapets, talus, arbres, parois accidents sont moins nombreux,
lieux explique ces disparités. Le rocheuses) ce qui accentue la leur gravité s'avère plus
nombre d'accidents corporels en gravité. Ce réseau au trafic peu prononcée. En effet, moins de
agglomération est passé de 983 dense, est en outre assez peu 30 % des accidents surviennent
à 1 116 entre 1995 et 2000, surveillé, ce qui incite trop la nuit, mais ils causent 40 % des
tandis qu'il régressait souvent les usagers à y pratiquer tués.
légèrement hors agglomération. des vitesses excessives. Un Les fins de semaine présentent
Dans le même temps le nombre accident sur cinq a lieu sur une la plus forte dangerosité : les
de tués augmentait de 80 à 95 route nationale. Plusieurs vendredi, samedi et veilles de
hors agglomération, alors qu'il véhicules sont souvent fêtes en agglomération ; les
se stabilisait dans les zones impliqués (chocs frontaux ou samedi, dimanche, veilles de
urbaines autour de 30. Si le tiers latéraux dans des carrefours) fêtes et fêtes en rase campagne.
des accidents corporels se d'où une gravité encore En outre, on relève des
produit en dehors des villes, on y supérieure à celles des fluctuations saisonnières, liées à
déplore les trois quarts des tués. départementales, puisqu'on y l'intensité du trafic et au
dénombre trois tués sur dix. rallongement des plages
Plus d'une victime sur
Avec 11 % des accidents et 6 % nocturnes. En agglomération, le
deux sur le réseau
des tués, alors qu'elles mois de mai et la période
secondaire
rassemblent 20 % du trafic, les automnale d'octobre à décembre
En rase campagne, les routes autoroutes constituent les voies sont les plus accidentogènes.
départementales sont les plus les plus sécurisées. Hors agglomération, la
accidentogènes. Plus de la Les accidents corporels se fréquence maximale s'observe
moitié des accidents et des produisent essentiellement lors des migrations estivales en
morts s'y produisent. La plupart pendant les heures ouvrables : juillet et septembre.
des chocs ont lieu contre des 72 % d'entre eux surviennent
Des fins de semaine
obstacles fixes (poteaux, entre 8 heures et 20 heures.
meurtrières
Cependant on
constate un pic La répartition du nombre de
correspondant aux victimes selon la classe d'âge et
TROIS FOIS PLUS DE TUÉS EN RASE CAMPAGNE
déplacements de la catégorie d'usagers, révèle
100 retour au domicile que les 14-17 ans et les 18-24
98
95 après la journée de ans sont de loin les plus93
91
80 84 travail, compris exposés. Ils représentent parmi
80
entre 16 et 19 les victimes graves, un poids
60 heures en deux à trois fois supérieur à
agglomération, et celui qu'ils détiennent dans
40 entre 16 et 21 l'ensemble de la population.
35 33 heures, hors Chez les 14-17 ans, la plupart31 3129
20 agglomération. Si des victimes utilisent des
20
au cours des deux roues légers
0 autres plages (cyclomoteurs, scooters) tandis
1995 1996 1997 1998 1999 2000
horaires, que les 18-24 ans se déplacentagglomération hors agglomération
Évolution du nombre de tués en Limousin de 1995 à 2000 notamment majoritairement en voitures
source : Direction régionale de l'Équipement
Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière nocturnes, les particulières. Pour ces derniers,
12 r insee limousinpar les problèmes de sécuritékilométrage
DES ROUTES DÉPARTEMENTALES MEURTRIÈRES
routière. Ils sont 86 % à estimerinférieur, et se
que le comportement desdéplacent
55,6Routes usagers constitue le premiersurtout en
départementales
55,8 facteur de risques sur la route.agglomération
Mais lorsqu'ils prennent lene saurait
22,4Routes volant, ces bonnes dispositionsexpliquernationales
29,5
s'estompent largement. La règlel'ampleur de
11,3 devient trop souvent une simplecet écart ...
Autres voies
indication, dont on peut8,4 Depuis 1995,
s'affranchir en fonctionle thème de
10,8
Autoroutes d'éléments d'appréciationla sécurité
6,3 propres à chacun. Ainsi 30 % desroutière est
0 10 20 50 6030 40 conducteurs déclarent dépasserinscrit dans le
accidents tués les limitations de vitesses, 26 %baromètre de
Répartition des accidents et des tués hors agglomération ne pas boucler leur ceinturecommunicationen 2000 par type de voies en Limousin (en %)
source : Direction régionale de l'Équipement pour des courts trajets, 9 % àdu
Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière
prendre des risquesgouvernement.
volontairement et autantla moitié des accidents ont lieu Des sondages réalisés deux fois
téléphoner en conduisant ...lors des sorties de week-end. par an auprès d'un échantillon
En Limousin, la réalisation deL'inexpérience se conjugue représentatif de la population
l'autoroute A89, et la poursuitesouvent avec la fatigue, la prise française permettent
de la mise à deux fois deux voiesd'alcool et la volonté d'affirmer d'apprécier l'évolution de
de la RN 145 et 141, devraientdes talents surévalués. Les l'opinion publique sur
contribuer à réduire lamotocyclistes présentent un l'insécurité routière, sa
fréquence et la gravité desrisque quatre fois supérieur à perception des nouvelles
accidents sur les grands axes decelui des automobilistes. Chez mesures ainsi que ses attentes
transit. Mais là comme ailleurs,les plus de 65 ans, les piétons et motivations.
seule la mise en applicationapparaissent particulièrement
Comportement perçu dans la conduite quotidiennevulnérables. Enfin, quel que soit
et pratiqué des règles et principes pourtantl'âge, les femmes sont trois fois
largement admis, permettra desmoins souvent victimes de la En novembre 2000, 84 % des
progrès substantiels et durables.circulation que les hommes. Le Français déclarent être
L'enjeu est de taille. L'INRETSfait qu'elles parcourent un beaucoup ou assez intéressés
(Institut National de la
Recherche sur les Transports et
LES USAGERS DE DEUX-ROUES ET LES PIÉTONS EXPOSÉS AUX ÂGES EXTRÊMES
leur Sécurité) évalue à un
million d'euros le coût d'un tué,65 ans0-13 ans 14-17 ans 18-24 ans 25-64 ans et plus
celui d'un blessé grave à 150 000
7deux-roues légers 2 42 11 28
euros et d'un blessé léger à1motos 0 3 17 38
72VL + VV 3,5 T* 19 17 74 154 22 000 euros. Sur cette base, le
35piétons 9 6 3 14
coût global pour la région seVictimes graves (tués + blessés graves) selon l'âge
et le moyen de locomotion en Limousin en 2000 serait élevé à 227 millions
*voitures particulières et véhicules utilitaires inférieurs à 3,5 tonnes
source : Direction régionale de l'Équipement - Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière d'euros en 2000.
insee limousin r 13 r

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