Densités médicales et cosommation de soins

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Un peu plus de 4 900 médecins généralistes et spécialistes exercent en Picardie. Pour la première fois en 2007, l'effectif des généralistes diminue. Le nombre de médecins spécialistes progresse, quant à lui, faiblement. Avec une densité médicale parmi les plus faibles de France, la Picardie souffre réellement d'un manque de médecins.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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SANTÉ
Densités médicales
et consommation de soins
Un peu plus de 4 900 médecins généralistes et spécialistes
exercent en Picardie. Pour la première fois en 2007, l'effectif
des généralistes diminue.
Le nombre de médecins spécialistes progresse,
quant à lui, faiblement.
Avec une densité médicale parmi les plus faibles de France,
la Picardie souffre réellement d'un manque de médecins.
eru 1 janvier 2007, 2 665 médecins gé- cantons les plus pourvus étant surtout ceux des âgés sont les moins représentés (28 % dansA néralistes exercent en Picardie, soit une principales villes picardes. la Somme contre 31 % dans l'Oise et 34 %
densité de 140 médecins généralistes pour En Picardie, 31 % des médecins généra- dans l'Aisne). La population des médecins est
100 000 habitants dans la région contre 164 listes libéraux ont 55 ans ou plus, proportion vieillissante. Ainsi, la part des médecins géné-
praticiens dans l'hexagone. L'Aisne et l'Oise égale à la moyenne nationale. Le département ralistes libéraux âgés de 55 ans ou plus pro-
sont encore plus défavorisés (respectivement le plus favorisé en termes de densité, la gresse, passant de 23 % en 2005, à 27 % en
129 et 131) alors que la Somme (165) avoi- Somme, est également celui où les praticiens 2006 pour atteindre 31 % en Picardie en 2007.
sine la moyenne hexagonale.
Par rapport à 2006, la Picardie a perdu
39 médecins généralistes (-1 %) alors que $
dans l'hexagone, le nombre de médecins gé-
néralistes continue de progresser faiblement
(+0,3 %). L'Aisne et l'Oise affichent une dimi- G # "(
nution égale à la baisse régionale moyenne
(-1 %) alors que dans la Somme, la diminution

du nombre de médecins généralistes atteint
-2 %.
G "(
Un peu plus de deux médecins généralis-
tes sur trois exercent dans le secteur libéral en
Picardie comme en France. Dans le secteur
libéral, la densité médicale picarde est infé-

rieure de 15 % à celle de l'hexagone (95 mé-
# ’ # *$ -decins généralistes libéraux pour 100 000
habitants en Picardie contre 111 en moyenne).
Par rapport à 2006, la Picardie a perdu 8 mé- ( 2 4339 ! 233 333 #
decins généralistes libéraux (soit -0,4 % con-
+ "( ’ "(
tre +0,2 % en moyenne nationale). Par
département, la Somme enregistre une dimi-

nution du nombre de médecins généralistes li-
béraux (-2 %), contre une stagnation pour
l'Oise et une faible augmentation pour l'Aisne
(+1 %).


La densité de généralistes inégale
selon les territoires -


La Picardie est la troisième région la moins

dotée en termes de médecins généralistes et
la seconde en ne tenant compte que des libé-
" : " " : "
raux. Des écarts importants en termes de den- 1 " ) ’"("
sité médicale sont observés dans la région, les # ’ # *$ - ’
Insee Picardie - Bilan économique et social 2008 59SANTÉ
Dans l'hexagone, cette proportion était de 24 % nombre de médecins spécialistes a progresséPour en savoir plus
en 2005. Le vieillissement est plus prononcé de 1 % en Picardie comme en France. DansInternes de Picardie, quel devenir dans
dans l'Aisne, avec une proportion ayant pro- l'Aisne et la Somme, cet effectif a augmentéla région ?, mars 2008.
gressé de 11 points entre 2005 et 2007 contre de 2 %, alors que dans l'Oise, il a faiblementRetrouvez toutes ces informations
7 points dans l'Oise et 6 points dans la Somme. diminué (-0,3 %).sur les sites :
www.or2s.fr Ce constat pose le problème du renouvelle- La Picardie est la région la moins dotée en
ment des praticiens et notamment de la diffi- termes de médecins spécialistes. Comme pourwww.or2s.fr/Portals/0/
culté à trouver un successeur dans certaines les généralistes, d'importantes disparités enautres%20sanitaire/Rap%20Internes.pdf
zones considérées comme moins attractives termes de densités médicales sont observées
par les jeunes diplômés (voir encadré). au sein de la région.
Les praticiens de 55 ans ou plus représen-
La plus faible densité en médecins tent 35 % des médecins spécialistes en Picar-
spécialistes de l'hexagone die, soit un peu moins qu'au niveau national
Numerus Clausus (38 %). Comme pour les médecins généralis-
Concernant les médecins spécialistes, ils
tes, c'est dans la Somme que cette part est laDepuis 1971, la mise en place du numerus sont au nombre de 2 243 en Picardie, soit une
plus faible (29 % contre 38 % dans l'Aisne etclausus limite le nombre d'étudiants admis en densité de 118 médecins spécialistes pour
e 37 % dans l'Oise). Par rapport à 2006, cette2 année de médecine. Ce dernier s'élevait à 100 000 habitants dans la région contre 173
part a progressé de 3 points en Picardie comme8 500 au début des années soixante-dix et a praticiens dans l'hexagone. Le déficit picard
en France, avec des évolutions départemen-diminué jusqu'au seuil de 3 500 pour l'année
est davantage marqué pour les spécialistes
1993. Il a été relevé progressivement depuis, tales proches (+3 points dans l'Aisne, +2 points
(-32 %) que pour les généralistes (-15 %). Au
étant fixé à 7 100 pour l'année 2007, 7 300 en dans l'Oise et +4 points dans la Somme).
niveau des départements, la hiérarchie est la
2008 et 7 400 en 2009. Mais les effets de ces
même avec une densité maximale pour lavariations sont lents à se faire sentir du fait de Diminution des dépenses
Somme (153) et moindre pour l'Aisne (105) etla longueur des études. Pour la faculté de moyennes de visites
l'Oise (102).médecine d'Amiens, le numerus clausus de généralistes
Par rapport à 2006, la Picardie a gagné 31s'élève à 172 en 2007, 188 en 2008 et 197 en
médecins spécialistes (soit +1 %, identique à Au 31 décembre 2006, le pourcentage de2009.
1la progression nationale). Alors que le nombre consommants parmi l'ensemble de la popula-
de médecins spécialistes a progressé dans tion s'élève à 77,7 % en Picardie. Ce pourcen-
l'Oise et dans la Somme (+3 %), il a régressé tage a peu évolué par rapport à l'année
dans l'Aisne (-2 %). précédente (78,3 %). Les dépenses moyennes
2Deux médecins spécialistes sur cinq (un remboursables s'élèvent à 1 032 euros par
sur deux en France) exercent dans le secteur consommant en 2006, en diminution de 3,5 %
libéral. Pour ce secteur, la densité picarde est par rapport à 2005. Une opposition nette entre
inférieure de 45 % à la densité moyenne (48 le nord et le sud de la région se dessine, avec
médecins pour 100 000 habitants en Picardie des dépenses en médicaments, en consulta-
contre 87 en moyenne). Par rapport à 2006, le tions et visites de généralistes plus élevées au
nord qu'au sud. Les dépenses en consultations
de spécialistes et en actes dentaires ne s'ins-Dépenses moyennes remboursables (en euros) par consommant en 2006
crivent toutefois pas dans cette opposition du
Aisne Oise Somme Picardie
fait de la répartition inégale de ces profession-
Consultations de généralistes 102 96 114 103
nels sur le territoire. Les dépenses en trans-
Visites de généralistes 24 17 34 24
port, répondant à une logique différente,
Consultations de spécialistes 42 44 38 41 augmentent à mesure que l'on s'éloigne des
Médicaments 516 447 518 488 grandes agglomérations. Par rapport à 2005,
Transport 65 53 76 63 notons une progression des dépenses de trans-
Actes dentaires 68 61 56 61 ports (+5,9 %), de consultations de généralis-
Sources : CPAM, MSA, RSI tes (+1,9 %) et d'actes dentaires (+3,3 %). À
l'inverse, les dépenses moyennes de visites de
Installations de jeunes praticiens en zones sous-médicalisées généralistes, de consultations de spécialistes
et de médicaments ont diminué, de respecti-Diverses mesures ont été prises depuis 2004 pour inciter les jeunes praticiens à s'installer
dans les zones sous-médicalisées, sans effet significatif. Ces mesures étaient essentiellement vement 9,1 %, 1,0 % et 6,2 %.
des incitations financières à l'installation ou au maintien dans les zones prioritaires (bourses d'étu-
Sophie DEBUISSERdes, allocations, exonérations de charges sociales ou de taxe professionnelle etc.). Ces mesures
se sont montrées insuffisantes car l'aspect financier ne constitue pas le principal critère de choix Or2s
du lieu d'exercice mais plutôt l'épanouissement personnel et familial, la compatibilité avec le tra-
1vail du conjoint et la possibilité d'exercer au mieux sa discipline (Attentes, projets et motivations Consommants : personnes ayant eu au moins un
remboursement de soins (consultation, visite, etc.) dansdes médecins face à leur exercice professionnel, Sondage BVA, mars 2007). L'enquête Depi
l'année.(Devenir En Picardie des Internes) réalisée dans la région auprès des internes en 2007 aborde
2Consultations de généralistes, consultations de spécialistes,les projets à court et long termes des internes et confirme l'importance accordée à la famille, qui
visites de généralistes, radios, actes techniques, actes
constitue la raison principale avancée par les internes pour guider leur choix de rester en Picardie infirmiers, actes de kinésithérapeutes, médicaments, biologie,
ou d'en partir. En outre, cette étude a souligné la faible connaissance de ces aides à l'installation. transports et actes dentaires.
Insee Picardie - Bilan économique et social 200860

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