La santé au travail des salariés de plus de 50 ans

De
Publié par

Les salariés quinquagénaires déclarent souvent des troubles de santé qui sont plus fréquents, et ne coïncident que partiellement avec les pathologies diagnostiquées par les médecins du travail. Ces troubles sont en partie induits par l'histoire de travail, mais ils ont pu aussi infléchir les itinéraires professionnels. Leur caractère plus ou moins « gênant » dépend bien sûr de la nature des problèmes et de leur gravité, mais aussi des caractéristiques du travail lui-même. Quand il devient difficile de travailler avec des problèmes de santé, les médecins du travail ont souvent à intervenir, mais les solutions reposant sur des aménagements de poste, des réaffectations sont limitées. Avec notamment la limitation des préretraites et les conditions plus restrictives d'indemnisation du chômage, les possibilités de sortir prématurément de l'activité dans des conditions financièrement acceptables se restreignent fortement.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 45
Nombre de pages : 11
Voir plus Voir moins

Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Santé et protection sociale 7
La santé au travail
des salariés de plus de 50 ans
Anne-Françoise Molinié*
Les salariés quinquagénaires déclarent souvent des troubles de santé qui
sont plus fréquents, et ne coïncident que partiellement avec les pathologies
diagnostiquées par les médecins du travail. Ces troubles sont en partie
induits par l’histoire de travail, mais ils ont pu aussi infléchir
les itinéraires professionnels. Leur caractère plus ou moins « gênant »
dépend bien sûr de la nature des problèmes et de leur gravité, mais aussi
des caractéristiques du travail lui-même. Quand il devient difficile de
travailler avec des problèmes de santé, les médecins du travail ont souvent
à intervenir, mais les solutions reposant sur des aménagements de poste,
des réaffectations sont limitées. Avec notamment la limitation
des préretraites et les conditions plus restrictives d’indemnisation du
chômage, les possibilités de sortir prématurément de l’activité dans des
conditions financièrement acceptables se restreignent fortement.
e constat de « réduction cisément les enjeux de la santé 50 ans (SVP 50), réalisée dans le
des possibilités d’esquive au travail des salariés en fin de cadre de la médecine du travailL de la fatigue et de l’usure vie active (Omnès, Bruno, 2004). en 2003, auprès d’un échantillon
pour les travailleurs vieillis- C’est l’objectif de l’enquête Santé de 11 200 salariés de 50 ans ou
sants » incite à évaluer plus pré- et vie professionnelle après plus (encadré 1).
* Anne-Françoise Molinié est ingénieur de recherche au centre d’étude de l’emploi et travaille au centre de recherches et d’études sur l’âge
et les populations au travail (CRÉAPT-CEE).
Données sociales - La société française 543 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:42Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
7 Santé et protection sociale
Encadré 1
« SVP 50 » : une enquête de médecins du travail
sur les enjeux de santé au travail des salariés de plus de 50 ans
L’enquête SVP 50 est née du cons- tion d’aptitude, etc., et indique si, à Structure par âges
tat des difficultés des salariés en son avis, il serait souhaitable que
fin de vie active, liées aux exigen- « ce salarié cesse de travailler ». Il si- La structure par âges laisse penser
ces de leur travail actuel et passé, gnale si le salarié est (ou sera) pris qu’un certain nombre de départs ont
et à l’évolution de leur santé. en compte dans un processus de dé- déjà eu lieu à partir de 56-57 ans
part anticipé : dispositif spécifique (figure 1). Les générations d’avant le
Pour attirer l’attention sur ces dif- des travailleurs exposés à l’amiante, baby-boom, qui avaient au moins
ficultés, évaluer leur ampleur, et dispositif collectif non lié à l’état de 58 ans en 2003, sont donc aussi des
mieux repérer les modalités d’ac- santé (mesures sociales de branche générations qui ont commencé à
tion en ce domaine, les médecins ou d’entreprise, préretraite progres- quitter le travail. Ceux qui sont en-
du groupe «épidémiologie» du sive, etc.), dispositif collectif lié à l’é- core au travail à 60 ans ou au-delà
Cisme (Centre interservices de san- tat de santé ; autre processus de présentent des caractéristiques parti-
té et de médecine du travail en en- départ anticipé pour raison médicale culières : les cadres sont surrepré-
treprise) – qui coordonne les en coursouinitiélejour del’en- sentés parmi les hommes de 60 ans
services interentreprises de méde- quête. ou plus (35 %, contre 23 % dans l’en-
cine du travail, en collaboration semble des hommes de l’échantil-
avec des chercheurs du Le plus souvent, le questionnaire lon), alors que pour les femmes, ce
Créapt-CEE (Centre de recherches « salarié » a été rempli par l’enquêté sont les ouvrières non qualifiées et
et d’études sur l’âge et les popula- avant la visite médicale, et a servi les personnels de services qui sont
tions au travail-Centre d’études de pour la discussion avec le médecin un peu plus nombreuses (26 %,
l’emploi) – ont pris l’initiative du travail. Il a parfois été rempli contre 21 % dans l’ensemble). Ce
d’une enquête baptisée SVP 50 : avec le médecin pendant la visite. Le sont beaucoup plus souvent des fem-
Santé et vie Professionnelle après médecin remplissait ensuite la mes qui ont eu un parcours mouve-
50 ans. partie du questionnaire qui le menté, qui n’ont pas leurs 40 années
concernait. de cotisations et ont encore besoin
L’échantillon de travailler.
Description de l’échantillon
Près de 650 médecins du travail Secteurs et taille d’établissement
volontaires ont participé au re- L’échantillon de l’enquête SVP 50
cueil. L’enquête s’est déroulée sur présente des particularités liées à Le champ est celui de la médecine du
plusieurs mois de 2003. Chaque son objet (restriction aux salariés de travail, donc couvre principalement les
médecin enquêteur a interrogé 50 ans ou plus) et aux caractéristi- salariés du privé hors agriculture, mais
tous les salariés de 50 ans ou plus ques des services de médecine du aussi quelques rares services relevant
qu’il a reçus en visite annuelle, ou travail qui ont réalisé l’enquête. de l’État ou des collectivités locales.
un échantillon aléatoire de ceux-ci,
sur une période de quelques se-
maines.
Figure 1 - Structure de l’échantillon par âge selon le sexe
Au total, 11 223 questionnaires ont
en %été recueillis et 11 213 question-
naires ont pu être exploités. 30
Le questionnaire
25
Le comporte des in-
20formations sur : l’itinéraire profes-
sionnel du salarié, les principales
contraintes auxquelles il est exposé 15
et celles il a été
dans le passé, des appréciations
10sur l’intérêt et le sens de son tra-
vail, sa perception de la retraite et
ses intentions en termes d’âge de 5
départ, et divers aspects de son
état de santé, avec leur évolution
0récente et les gênes éventuelles oc-
50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 anscasionnées dans le travail. En fin
ans ans ans ans ans ou +de questionnaire, le médecin men-
Hommes Femmestionne (s’il y a lieu) l’existence de
Source : Cisme, Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.pathologies, d’invalidité, de restric-
Données sociales - La société française 544 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:43Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Santé et protection sociale 7
Encadré 1 (suite)
De plus, les médecins enquêteurs ap- Comparé aux données issues de l’en- privéde50ans ouplus.En
partiennent à des services interentre- quête Emploi de 2002 (Source Insee, revanche, 45 % des salariés quin-
prises, qui suivent la grande majorité exploitation spécifique), l’échantil- quagénaires enquêtés dans SVP 50
des salariés relevant de la médecine lon SVP 50 a une structure par travaillent dans des établissements
du travail, mais de façon différenciée grands secteurs d’activités (in- de moins de 50 salariés, contre
selon les secteurs et les tailles d’éta- dustrie, construction, tertiaire) rela- 29 % pour les salariés du privé de
blissement (les grands établissements tivement proche de ce qu’on trouve même âge dans l’enquête emploi,
ayant plus souvent des services auto- quand on restreint le champ de l’en- cet écart étant particulièrement
nomes de médecine du travail). quête emploi aux seuls salariés du fort dans le tertiaire.
survenue de maladies. Ces évolu- 26 % des femmes) et cardio-Les quinquagénaires en
tions restent cependant modérées vasculaires (17 % des hom-activité travaillent très
avant 65 ans, et présentent une mes, 12 % des femmes), dont
souvent en ayant des
très grande variabilité selon les la fréquence s’accroît avec
problèmes de santé individus et selon les fonctions l’âge (figure 2).
physiques ou mentales.
Les salariés eux-mêmes, les fem-L’avancée en âge, par elle-même,
Bien que les problèmes de santé mesplussouventencoreque lesest un facteur de transformation
aient déjà contribué à l’éloigne- hommes, se plaignent d’un cer-de l’organisme humain ; elle ac-
ment de l’emploi d’une partie des tain nombre de troubles de san-croît la probabilité que survienne
hommes et des femmes qui attei- té : près des deux tiers desun amoindrissement des capaci-
gnent ou dépassent la cinquan- femmes et 57 % des hommestésfonctionnellesdansplusieurs
taine, la plupart de ceux qui sont travaillent en ressentant des dou-domaines : force musculaire
encore en activité travaillent en leurs ; 61 % des femmes et 48 %maximale, amplitude des mouve-
ayant des problèmes de santé. Le deshommesont lasensationdements des articulations, vue et
médecin du travail a identifié se fatiguer vite ; 54 % des fem-audition, régulation du sommeil,
certains de ces problèmes meset37 % deshommesontperformances relevant de la mé-
comme des pathologies graves. des troubles du sommeil. Les dif-moire immédiate ou de la prise
Les plus répandues dans l’échan- férences entre hommes et fem-de décisions nombreuses en
tillon sont les pathologies rhuma- mes sont moins marquées pourtemps très limité, etc. Avec l’âge
tologiques (22 % des hommes, les troubles de la vision. Malgrés’accroît également le risque de
Figure 2 - Pathologies graves diagnostiquées par le médecin du travail, par sexe et âge
en % du groupe d'âge
80
Cardiologique
70
Respiratoire
60
Rhumatologique
50
40 Psychologique
30 Neurologique
20
Cancer
10
Autre pathologie grave
0
50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans 50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans
ans ans ans ans ans ou + ans ans ans ans ans ou +
Hommes Femmes
Champ : salariés de 50 ans ou plus.
Source : CISME, CRÉAPT-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
Données sociales - La société française 545 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:44Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
7 Santé et protection sociale
le handicap a priori que cela ves indiquées par le médecin ne n’ont pas de pathologie rhumato-
pourrait représenter, plus d’un sont pas simplement des degrés logique ; en revanche un tiers de
tiersdesfemmesetprèsd’un plus ou moins sévères sur une celles pour lesquelles une telle pa-
tiers des hommes expriment des même échelle de gravité. Ils ex- thologie a été diagnostiquée ne si-
difficultés à effectuer certains priment des points de vue diffé- gnalent pas de difficultés gestuelles.
gestes ou mouvements. rents. Ainsi par exemple, la
moitié des personnes qui ressen- La plupart de ces troubles de
Troubles de santé ressentis par tent des difficultés à effectuer santé sont de plus en plus fré-
les personnes et pathologies gra- certains mouvements ou gestes quents avec l’âge ; le maximum
Figure 3a - Troubles de santé déclarés par les salariés, par sexe et âge
en % du groupe d'âge
80
Douleurs
70
Fatigue
60
Besoin
50 de plus de temps
40 Difficultés à récupérer
Difficultés30
à certains mouvements
20
Troubles auditifs
10
Troubles de mémoire
0
50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans 50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans
ans ans ans ans ans ou + ans ans ans ans ans ou +
Hommes Femmes
Champ : salariés de 50 ans ou plus.
Source : CISME, CRÉAPT-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
Figure 3b - Troubles de santé déclarés par les salariés, par sexe et âge
en % du groupe d'âge
80
70 Troubles du sommeil
60
Troubles digestifs
50
Troubles de la vision
40
Nervosité
30
Découragement20
10 Du mal à faire face
0
50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans 50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans
ans ans ans ans ans ou + ans ans ans ans ans ou +
Hommes Femmes
Champ : salariés de 50 ans ou plus.
Source : CISME, CRÉAPT-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
Données sociales - La société française 546 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:45Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Santé et protection sociale 7
est observé vers 56-57 ans. C’est sont cependant invitées à préci- s’il est déficient, il peut rendre
le cas notamment des douleurs, ser des contraintes de travail plus sensibles certaines con-
de la fatigue, du besoin de plus rencontrées au cours de leur vie traintes présentes ou passées ;
de temps, ou encore des difficul- de travail actuelle ou passée, s’il est jugé satisfaisant, il peut
tés gestuelles (figure 3a). Cette avec une indication sur les du- au contraire inviter à une vision
évolution résulte des effets com- rées d’exposition. Cette appré- plus positive de sa vie de tra-
binés de l’avancée en âge, des ciation rétrospective dépend vail, voire à « oublier » certai-
possibilités de continuer à tra- bien sûr du parcours profes- nes contraintes passées
vailler avec ces troubles, et du sionnel, mais probablement (Molinié, 2003). Les liaisons sta-
«tri »opéré parlamiseen aussi de l’état de santé actuel ; tistiques entre le travail et la
œuvre des dispositifs de sortie
d’activité vers la fin de la
Figure4- Troubles de santé en fonction de l'exposition à un travailcinquantaine. La fréquence d’au-
physiquement exigeanttres troubles comme la nervosité
ou les troubles du sommeil varie
en %
peu avec l’âge, voire diminue,
90
comme les problèmes de vision Douleurs Fatigue Sommeil Nervosité Besoin de
80(figure 3b). plus de
temps
70
60La santé porte les traces
50du travail antérieur
40
Cestroublesdesanté peuvent
30
être pour partie induits par le
20travail : le port de charges
lourdes renforce les risques de 10
douleurs et de limitations arti-
0culaires ; les effets du travail en HF H F HF HF H F
équipes alternantes ou en horai- Travail physiquement exigeant Jamais Passé Actuel
res de nuit se cumulent avec Champ : salariés de 50 ans ou plus.
ceux de l’âge pour accroître les Source : Cisme, Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
troubles du sommeil. À l’in-
verse, des conditions de travail
bien adaptées peuvent avoir un
Figure5- Troubles de santé en fonction de l'exposition à du travail
effet protecteur vis-à-vis de cer- en horaires décalés
taines dégradations de la santé
(Derriennic et coll., 1996). Les en %
relations entre le travail et la 90
Douleurs Fatigue Sommeil Nervosité Besoin desanté peuvent aussi jouer en
80 plus desens inverse : l’état de santé
temps
70influe sur les parcours profes-
sionnels des personnes, leur af- 60
fectation à tel ou tel poste de
50
travail, et la possibilité de s’y
40maintenir.
30
L’enquête SVP 50, enquête trans-
20
versale, ne permet pas cette lec-
10ture longitudinale, nécessaire
pour mettre en évidence des 0
HF H F H FH F H Fprocessus de fragilisation ou
Horaires décalés Jamais Passés Actuelsd’exclusion, ou,acontrario,de
construction de la santé au tra- Champ : salariés de 50 ans ou plus.
Source : Cisme, Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.vail. Les personnes interrogées
Données sociales - La société française 547 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:46Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
7 Santé et protection sociale
santénepourront pasêtrelues mais qui en sont sortis disent ou moins limitées, eu égard au
dans une optique causaliste presque aussi souvent que ceux caractère plus ou moins contrai-
stricte. qui y sont actuellement soumis gnant des consignes, des procé-
qu’ils éprouvent des douleurs, la dures à respecter, du partage des
Des travaux scientifiques ont éta- sensation de se fatiguer vite ou tâches, des systèmes d’horaires,
bli que certaines contraintes de de la nervosité. Ces résultats re- et des butées temporelles (délais,
travail peuvent avoir des effets joignent l’état des connaissances normes quantitatives, cycles
durables et à long terme sur la sur les effets de ce type d’horai- courts, urgences, etc.) (Volkoff et
santé (Lasfargues, 2005). Parmi res, comme à la fois sélectifs sur coll., 2000).
celles repérées par l’enquête l’âge (ceux qui restent sont plutôt
SVP 50, c’est le cas du travail en meilleure santé que ceux qui Un tiers de ceux qui expriment
physiquement exigeant et du partent) et en partie non réversi- des difficultés à effectuer certains
travail en horaires décalés. Les bles, même pour ceux qui en mouvements ou gestes ne se sen-
troubles de santé de ceux qui sont sortis (figure 5). tent pourtant pas gênés dans leur
ont exercé un tel travail dans le travail ; cette proportion est de
passé se situent à un niveau in- l’ordre de 40 % lorsqu’ils souf-
termédiaire entre ceux qui le su- frentdedouleursoudesensationLes troubles de santé ne
bissent encore actuellement et de se fatiguer vite, pour atteindreperturbent pas toujours
ceux qui n’y ont jamais été expo- 60 % pour ceux qui se plaignent
le travail
sés. Les écarts en fonction de de troubles du sommeil ou de
ces différences d’exposition sont nervosité (figure 6). Les troubles
particulièrement marqués pour Les troubles de santé ne consti- lesmoins «gênants »sontles
les douleurs, la sensation de se tuent pas obligatoirement une troubles sensoriels.
fatiguer vite, ou le fait d’avoir gêne dans le travail. Leur carac-
besoin de plus de temps pour ef- tère plus ou moins « gênant » L’évaluation des facteurs qui con-
fectuer certaines tâches. Ils sont dépend bien sûr de la nature des tribuent à ce qu’un trouble de
plus faibles pour les troubles troubles et de leur gravité, mais santé soit, ou non, gênant dans
du sommeil ou la nervosité aussi des exigences du travail le travail a été tentée à l’aide de
(figure 4). lui-même et des marges de ma- modèles de régression logistique
nœuvre dont le salarié dispose polytomique (Afsa, 2003). Pour
Les quinquagénaires, hommes pour adapter ses gestes, ses ryth- chacun des troubles de santé, ces
ou femmes, qui ont travaillé en mes, ses façons de faire. Ces modèles ont servi à examiner le
horaires décalés dans le passé marges de manœuvre sont plus rôle respectif, « toutes choses
égales d’ailleurs », de différents
Figure 6 - Troubles de santé et gêne au travail par sexe
facteurs qui peuvent influer sur
la santé : l’âge, la catégorie socio-
en %
professionnelle, les caractéristi-
100 ques du travail qui peuventDouleurs Fatigue Sommeil Nervosité Difficultés Besoin de
90
de plus de générer des effets durables et à
80 mouvement temps long terme sur la santé (y com-
70 pris lorsqu’on n’y est plus expo-
sé), les marges de manœuvre60
dans le travail (encadré 2).
50
40 Leseffetsdel’âge sont peuper-
30 ceptibles, une fois prises en
20 compte les variables socioprofes-
sionnelles et de travail. Cepen-10
dant, les résultats confortent
0
l’idée qu’à partir de 56-57 ansHFHF HFHF HFFH
Gêne dans le travail Pas de gêne s’enclenchent des possibilités de
mise à l’abri ou de sortie d’activi-
Champ: salariés de 50 ans ou plus.
té dessalariésrencontrant desli-Lecture : 57 % des hommes se plaignent de douleurs : 33,5 % de douleurs qui les gênent dans leur travail,
23,6 % de douleurs qui ne les gênent pas. mitations de leur activité liées à
Source : Cisme, Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
leur santé.
Données sociales - La société française 548 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:47Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Santé et protection sociale 7
Les effets de la catégorie socio- aux troubles du sommeil, à la sent la possibilité de travailler
professionnelle ne disparaissent nervosité, ou au fait d’avoir be- après 50 ans, y compris avec des
pas complètement. Ainsi, pour soin de plus de temps pour effec- déficiences de santé, ne relèvent
les gênes liées à des douleurs, à tuer certaines tâches. donc pas de la seule réduction
la sensation de se fatiguer vite ou des pénibilités physiques du tra-
à des difficultés à effectuer cer- Leshorairesdécalésactuels, vail, même si ce volet est impor-
tains mouvements ou gestes, les mais aussi passés, ne semblent tant.
différences entre les cadres et les jouer un rôle aggravant significa-
ouvriers restent très importantes, tif que pour la gêne liée à des
pour les hommes comme pour troubles du sommeil chez les Les troubles de santé
les femmes. hommes. et les dispositifs
« protecteurs »
Le travail physiquement exi- Travailler en situation de forte
ou de sortie d’activité
geant, qu’il soit présent ou passé, « demande » sans « latitude déci-
pèse très fortement sur la gêne sionnelle » accroît sensiblement
liée à ces troubles de santé, ceci le risque de troubles de santé qui Unepartimportantedes salariés
d’autant plus que la durée d’ex- gênent le travail. Ce risque est de plus de 50 ans présente des
position (actuelle ou passée) a encore accru par l’absence de déficiences de santé, liées ou non
été longue. Plus étonnant peut possibilité d’entraide ou le déficit à la pénibilité de leur parcours
être est le rôle joué par ces exi- de reconnaissance (« soutien so- professionnel antérieur ; les ca-
gences physiques sur la gêne liée cial »). Les facteurs qui favori- ractéristiques de leur travail et de
l’organisation du travail peuvent
contribuer à renforcer ou au
Encadré 2
contraire à atténuer les difficultés
Les facteurs psychosociaux au travail liées à ces déficiences. Ces mê-
mes facteurs renforcent aussi leIdentifier les contraintes de travail blème de santé physique (maladie
désir de partir avant l’âge de lales plus « fortes » est insuffisant cardiovasculaire, problème muscu-
pour comprendre les relations losquelettique) ou mentale (dépres- retraite à taux plein (Volkoff,
entre le travail et la santé ; les sion, détresse psychologique, Bardot, 2004).
conditions et l’organisation du tra- épuisement professionnel). Ces
vail peuvent aussi y contribuer en problèmes seraient accrus par un
Quand il devient difficile de tra-favorisant – ou au contraire en en- manque de soutien social au travail.
travant – la mise en œuvre de stra- vailler avec des problèmes de
tégies de travail protectrices de la L’enquête SVP 50 ne comporte pas santé, les médecins du travail
santé. le questionnaire établi par Karasek. ont souvent à intervenir, mais
À partir des variables de l’enquête,
les solutions sont limitées. LesLes travaux épidémiologiques utili- nous avons construit une approxi-
demandes de changement ousent fréquemment dans ce do- mation des concepts proposés par
maine la notion de « facteurs Karasek et Theorell : la demande a d’aménagement de poste, les res-
psychosociaux », qu’ils évaluent en été considérée comme forte lorsque trictions d’aptitude ou les inapti-
s’appuyant principalement sur le les personnes caractérisent leur tra-
tudes temporaires (au cours des
modèle de Karasek et Theorell vail actuel à la fois comme « com-
cinq dernières années ou lors de(Karasek, Theorell, 1990). Ce mo- pliqué » et « sous pression », et
dèle comporte trois dimensions : la faible si aucune de ces deux carac- la visite de 2003) concernent
demande psychologique, associée téristiques n’est présente ; la lati- 15 % des salariés de 50-51 ans et
principalement à la quantité et à la tude a été considérée comme faible jusqu’à20 % deshommesde
complexité des tâches et aux con- lorsque les personnes répondent
56-57 ans de l’échantillontraintes de temps ; la latitude déci- négativement aux deux questions
(figure 7). L’inaptitude médicalesionnelle, qui recouvre la sur « travail permet d’apprendre »
possibilité de choisir ses modes et « pouvoir choisir la façon de pro- est le recours ultime, car elle si-
opératoires et la capacité à peser céder », et forte si la réponse est gnifie ensuite le licenciement du
sur les décisions ; et le soutien so- positive aux deux. Le soutien social
salarié. Lors de la visite médi-
cial, défini par l’aide et la recon- a été considéré comme fort s’il y
cale de 2003 cette décision a éténaissance des collègues et des avait à la fois « des possibilités suf-
supérieurs hiérarchiques. L’hypo- fisantes d’entraide, de coopéra- prise pour 2 % des salariés de
thèse de Karasek est que la combi- tion » et « l’impression d’être 56-57 ans et 3 % de ceux de
naison d’une forte demande reconnu à sa juste valeur dans son 58-59 ans.
psychologique et d’une faible lati- travail », et comme faible si les ré-
tude décisionnelle peut augmenter ponses aux deux questions sont né-
Les dispositifs collectifs de sortiele risque de développer un pro- gatives.
anticipée, qu’ils soient formelle-
Données sociales - La société française 549 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:48Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
7 Santé et protection sociale
ment ou non liés à la santé (voir présence de contraintes tempo- penser l’effet de déficiences
les dispositifs pris en compte relles fortes atténue la probabilité éventuelles.
dans l’encadré 1), constituent aussi d’une intervention du médecin
parfois – de fait – un mode de du travail. C’est probablement le Enfin, « toutes choses égales
sortie pour des salariés âgés signe de situations favorables au d’ailleurs », la probabilité d’inter-
« usés » ou dont la santé serait développement et à la mise en vention du médecin du travail est
très déficiente. Les hommes en- œuvredestratégiesdetravail plus importante quand les sala-
trent plus souvent dans ce type de permettant de limiter ou de com- riés présentent des troubles de
dispositif que les femmes, et la
proportion de ceux qui sont Figure 7 - Intervention du médecin du travail : proposition
concernés passe de 8 % à d'aménagement de poste ou restriction d'aptitude au cours des
50-51 ans à un maximum de 16 % cinq ans ou restriction d'aptitude lors de la visite de 2003
dans la tranche d’âge 56-57 ans
en % du groupe d'âge(contre4%à 12 %pourles fem-
25
mes des mêmes âges) (figure 8).
20Le recours à des modèles de ré-
gression logistique (séparément
pour les hommes et les femmes)
15
permet d’identifier des caractéris-
tiques personnelles et profession-
10nelles du salarié qui renforcent la
probabilité d’être concerné, d’une
part par une intervention du mé- 5
decin du travail, d’autre part par
un processus de sortie anticipée.
0Les variables « explicatives » re- H F H F HF HF HF HF
tenues sont les mêmes que pré- 50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans
ans ans ans ans ans ou +cédemment : l’âge, la catégorie
socioprofessionnelle, les caracté- Champ : salariés de 50 ans ou plus.
ristiques du travail, mais aussi la Source : Cisme, Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
santéàtraverslavariable«dou-
leurs », avec ou sans gêne dans
le travail (figure 9).
Figure8- Salariés concernés par un processus de départ anticipé,
lié ou non à la santé
La probabilité d’une intervention
protectrice du médecin du travail en % du groupe d'âge
est pour partie liée à l’âge ; pour 25
les hommes, elle est significative-
ment plus élevée entre 54 et
20
59 ans qu’entre 50 et 53 ans ; elle
semble également très liée à la
15catégorie socioprofessionnelle,
augmentant régulièrement des
cadres aux ouvriers, pour les hom- 10
mes comme pour les femmes.
5Elle dépend bien sûr aussi des
caractéristiques de travail, et no-
tamment des exigences physi- 0
H F H F HF HF H F HFques de ce travail. Par contre,
50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ansavoir une latitude forte dans son
ans ans ans ans ans ou +
travail (travail qui permet d’ap-
Champ : salariés de 50 ans ou plus.prendre ou pouvoir choisir la fa-
Source : Cisme Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
çon de procéder), même en
Données sociales - La société française 550 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:49Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
Santé et protection sociale 7
Figure 9 - Intervention du médecin du travail et processus de départ anticipé
Odds ratios issus de régressions logistiques, pour les hommes et pour les femmes.
Intervention du médecin du travail* Processus de départ anticipé**
Femmes Hommes Femmes Hommes
Âge
50-51 ans Réf. Réf. Réf. Réf.
52-53 ans 1,09 1,09 1,51 1,55
54-55 ans 1,29 1,37 2,35 1,84
56-57 ans 1,17 1,45 3,04 2,23
58-59 ans 1,26 1,41 3,20 1,97
60 ans ou plus 0,90 1,20 1,26 1,44
Catégorie socioprofessionnelle
Employés Réf. Réf. Réf. Réf.
Cadres 0,55 0,48 0,88 0,64
Professions intermédiaires 0,99 0,86 1,49 0,97
Ouvriers 1,67 1,36 1,20 0,99
Caractéristiques du travail (actuel et passé)
Travail en horaires décalés
Jamais Réf. Réf. Réf. Réf.
Actuel <10 ans 1,15 1,24 1,31 0,81
Actuel 10-20 ans 1,15 1,21 0,86 1,18
Actuel >20 ans 1,99 1,18 2,08 1,85
Passé <10 ans 1,04 1,47 1,16 1,21
Passé >10 ans 1,06 1,39 1,72 1,37
Travail physiquement exigeant
Jamais Réf. Réf. Réf. Réf.
Actuel <10 ans 2,04 1,96 0,63 0,84
Actuel 10-20 ans 2,33 1,84 1,12 0,78
Actuel >20 ans 2,02 1,61 1,62 1,01
Passé <10 ans 1,58 1,07 0,81 0,96
Passé >10 ans 2,10 1,65 1,13 1,13
« Demande psychologique » et « latitude décisionnelle » ***
Autres situations Réf. Réf. Réf. Réf.
« Demande forte », « latitude faible » 1,34 0,77 1,27 0,97
« forte », « latitude forte » 0,83 0,59 0,78 0,70
« Demande faible », « latitude forte » 0,82 0,79 0,96 0,85
Douleurs
Pas de douleurs Réf. Réf. Réf. Réf.
Douleurs gênantes dans le travail 4,86 5,61 2,05 1,70
Douleurs non gênantes dans le travail 1,49 1,62 1,07 1,07
* En proposant une mutation ou un aménagement de poste, ou en prononçant une restriction d’aptitude ou une inaptitude temporaire (au cours des cinq dernières
années, ou lors de la visite 2003).
** « Le salarié est ou sera concerné par un processus de départ anticipé » : 1/ dispositif spécifique des travailleurs exposés à l’amiante ; 2/ dispositif collectif non lié à
la santé (mesures sociales de branche ou d’entreprise, préretraite progressive, etc.) ; 3/ dispositif collectif lié à l'état de santé.
*** Voir encadré 2.
Champ : salariés de 50 ans ou plus.
Lecture : les régressions logistiques ont été réalisées séparément pour les hommes et pour les femmes, soit deux pour chacun des domaines présentés dans ce
tableau. Dans une régression logistique, l’odds-ratio évalue l’effet d’une modalité donnée de la variable « explicative », sur la probabilité de survenue de la
variable « expliquée » (ici, le fait que le médecin du travail soit intervenu ou le fait d’être dans un processus de départ anticipé). Une modalité « de référence » est
choisie, dont l’odds ratio est 1. L’effet est d’autant plus net que l’odds-ratio diffère de l’unité : soit très supérieur (la modalité étudiée renforce la probabilité d’être
concerné), soit très inférieur (elle atténue au contraire cette même probabilité). Le seuil de significativité permet de vérifier si la liaison constatée peut être simplement
l’effet du hasard. Nous avons indiqué en gras les liaisons qui apparaissent significatives, au seuil de 5 %.
Source : Cisme, Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
Données sociales - La société française 551 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:50Profil couleur : Profil d’imprimante CMJN gØnØrique
Composite 150 lpp 45 degrØs
7 Santé et protection sociale
santé (notamment des douleurs), 60 ans et au-delà). Il prend en dans lesquelles le médecin ne voit
et nettement plus encore, lorsque compte les mêmes caractéristi- pas de possibilités d’aménagement,
ces troubles constituent une gêne ques du travail que celles évo- et/ou dans lesquelles son interven-
dans le travail. quées à propos des interventions tion pourrait contribuer à fragiliser
du médecin du travail : travail la situation du salarié, notamment
Les liens entre ces mêmes carac- physiquement exigeant (« de- en termes d’emploi. Les possibilités
téristiquesetlefaitd’êtredans vraient cesser de travailler » : de départ anticipé de ces salariés
un dispositif de départ anticipé 20 % en cas de travail physique- jugés « usés » ne sont pas négli-
évoquent un mode d’intervention ment exigeant actuel, 11 % pas- geables, mais elles sont loin d’être
différent de ces dispositifs dans sé, et 5 % jamais), troubles de majoritaires : la proportion de
les relations âge-santé-travail. Le santé gênants (« devraient cesser ceux qui sont dans un tel proces-
lien est très fort avec l’âge mais de travailler » : 20 % en cas de sus varie entre 22 % à 50-51 ans
faible avec la catégorie sociopro- douleurs gênantes, 5 % en cas et 41 % dans la tranche d’âge
fessionnelle (à l’exception des de non gênantes, et 56-57 ans (figure 10).
femmes professions intermédiai- 3 % en cas d’absence de dou-
res) ; le lien est assez fort avec leur). Ce panorama des enjeux de santé
les expositions longues (actuel- des quinquagénaires d’aujourd’hui
les ou passées) à du travail en Mais ce jugement du médecin per- invite à enrichir la réflexion sur
horaires décalés, mais plus met de cerner les limites des régu- les dispositifs de sortie d’activité
faible avec les exigences physi- lations protectrices pour prendre pour permettre d’une part,
ques du travail. Cette relation en charge la situation de ces sala- comme la réforme des retraites y
forte avec les horaires décalés riés « usés ». Pour 43 % des sala- incite (art. 12 de la loi du 21 août
traduit probablement la mise en riés, qui d’après le médecin 2003 portant réforme des retrai-
œuvre dans certaines branches « devraient cesser de travailler », tes), de prendre en compte la
(telles que l’automobile) de sys- il n’y a pas eu de changement ou « pénibilité » du travail passé,
tèmes de départ anticipé pre- d’aménagement de poste, de res- lorsque celle-ci peut être poten-
nant explicitement en compte triction d’aptitude ou d’inaptitude tiellement porteuse d’atteintes à
cette exposition. temporaire. Cela renvoie probable- long terme à la santé (Struillou,
ment à des situations de travail 2003), et d’autre part de prendre
Que deviennent Figure 10 - Jugement du médecin du travail « ce salarié devrait
cesser de travailler » et possibilité de prise en charge du salariéles salariés « usés » ?
dans un processus de départ anticipé.
en % du groupe d'âgeCependant dans le monde du
25travail, il existe aujourd’hui des
salariés de plus de 50 ans
« usés », quels que soient les fac- 20
teurs professionnels ou extra
professionnels à l’origine de cette
15
situation. Cette notion d’usure
peut être approchée à travers le
10jugement du médecin du travail
en réponse à la question « indé-
pendamment de l’avis d’aptitude, 5
considérez-vous que cette per-
sonne devrait cesser de travail-
0ler ? ». Cet avis est très lié à l’âge H F H F HF HF HF HF
du salarié, passant de 3 % pour 50-51 52-53 54-55 56-57 58-59 60 ans
ans ans ans ans ans ou +les hommes et les femmes de
50-51 ans à 23 % pour les hom- Devrait cesser de travailler mais pas de processus de départ anticipé
mes et 17 % pour les femmes de Devrait cesser de travailler et dans processus de départ anticipé
58-59 ans (et encore près de
Champ : salariés de 50 ans ou plus.20 % pour les hommes et les
Source : Cisme, Créapt-CEE, enquête Santé et vie professionnelle après 50 ans, 2003.
femmes toujours au travail à
Données sociales - La société française 552 édition 2006
030.ps
N:\H256\STE\t90mgr\donnØes sociales\030\030.vp
mardi 21 mars 2006 14:43:51

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.