Les services de santé en Haute-Normandie :Beaucoup plus de communes équipées en 1998

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En près de vingt ans, les principaux services de santé ont fortement progressé en Haute-Normandie, contrairement à ce qui s'observe au niveau national. Dans la région, de plus en plus de communes sont mieux équipées. La population, surtout en milieu rural, est ainsi mieux desservie. Cependant, il existe localement des niveaux d'équipement différents, notamment entre l'Eure et la Seine-Maritime. Globalement, les distances moyennes que les habitants doivent parcourir pour accéder à un service de santé, lorsque celui-ci n'est pas présent dans leur commune de résidence, sont restées à peu près stables entre 1980 et 1998.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INVENTAIRE COMMUNAL
Les services de santé
en Haute Normandie
Beaucoup plus
de communes
12
équipées en 1998
ntre 1980 et 1998, les six de population desservie ont doncEn près de vingt ans, les
professions de santé réper légèrement diminué pour cinq ser principaux services de santé Etoriées dans l’inventaire vices sur six. Le médecin généra-
ont fortement progressé en
communal (voir encadré ci contre) liste est le seul service de santé
Haute Normandie, ont connu un fort développement en dont la part ne régresse pas. Par
contrairement à ce qui Haute-Normandie, notamment en contre, à l’échelon national, les
s’observe au niveau national. parts de communes équipées dans parts de population desservie sur
la région. Ceci est d’autant plus re- place sont en légère augmetationnDans la région, de plus en
marquable qu’au niveau national, pour les six services de santé,plus de communes sont
l’évolution est souvent négative. notamment pour les trois servi-
mieux équipées. La
Les progrès les plus sensibles con ces intermédiaires (ambulance,
population, surtout en milieu cernent d’abord les médecins gé- dentiste et masseur-kinésithéra-
rural, est ainsi mieux néralistes (+35% de communes peute), en hausse de 3 à 10 points
desservie. Cependant, il équipées), suivis par les mas- par rapport à 1980.
seurs kinésithérapeutes (+27%) et Le Haut Normand qui, en 1980,existe localement des
les pharmacies (+21%). La Haute trouvait déjà moins fréquemmentniveaux d’équipement
Normandie dépasse ainsi la France sur place l’un ou l’autre des servi-
différents, notamment entre
en parts de communes équipées
l’Eure et la Seine Maritime. pour ces trois services. Les écarts de
LES ÉQUIPEMENTS DE SANTÉGlobalement, les distances taux se sont sensiblement réduits
DANS L’INVENTAIRE COMMUNAL
moyennes que les habitants pour les trois autres services (den-
Les inventaires communaux detiste, infirmier, ambulance). Toute doivent parcourir pour
1980, 1988 et 1998 recensent huitfois, les écarts entre taux de com-accéder à un service de équipements de santé, répartis dans
munes équipées dans les deux
les gammes d’équipementssanté, lorsque celui ci n’est
départements haut normands res- prédéfinies (voir encadré page 8).pas présent dans leur tent importants. Ils sont de 4 à 6 La gamme de proximité compte les
commune de résidence, sont points pour chacun des six équipe- trois services "médecin généraliste",
restées à peu près stables "infirmier" et "pharmacie", la gammements en faveur de la Seine Maritime.
intermédiaire, les trois servicesAinsi, l’Eure se situe en dessous de laentre 1980 et 1998.
"dentiste",France pour les six services de santé,
"masseur kinésithérapeute" etla Seine Maritime au dessus.
"ambulance", la gamme supérieure
En Haute Normandie, au cours
regroupe les services "hôpital non
des vingt dernières années, la po-
spécialisé" et "laboratoire
pulation desservie sur place (1) par d’analyses médicales".
les services de santé s’est accrue, Dans cette étude, le terme
"profession de santé" désigne les sixmais moins rapidement en général
premiers équipements cités. Lesque la population totale. Les parts
deux derniers sont traités
(1) Quand une commune possède un équipement, ses
séparément.habitants sont considérés comme "population desser-
vie sur place".
AVAL 84 1er TRIMESTRE 1999INVENTAIRE COMMUNAL
ces de santé est encore plus défavo rural, les évolutions sont nettement (+6 points) et les pharmacies (+6
risé en 1998. plus favorables et toutes positives, points). En milieu urbain, les taux
Néanmoins, au niveau local, la notamment pour les médecins gé- de population desservie sur place
situation est contrastée. En milieu néralistes (+9 points), les infirmiers sont stables ou légèrement positifs.
TAUX DE COMMUNES ÉQUIPÉES EN 1998
Médecin
Infirmier 13
Pharmacie
Seine Maritime
Eure
Ambulance
Haute Normandie
France
Dentiste
Masseur kinésithérapeuthe
Hôpital
Laboratoire
0 5 10 15 20 25
Unité : % Source : INSEE Inventaire communal 1998
PART DE LA POPULATION DESSERVIE SUR PLACE EN 1998
Médecin
Infirmier
Pharmacie
Ambulance
Dentiste
Masseur kinésithérapeuthe
Seine Maritime
Hôpital
Eure
Haute Normandie
Laboratoire
France
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Unité : % Source : INSEE Inventaire communal 1998
AVAL 84 1er TRIMESTRE 1999INVENTAIRE COMMUNAL
Cette situation peut paraître para- vient de signaler que les commu- 1998, c’est le cas pour la totalité des
doxale mais résulte en fait d’un ef- nes déjà bien équipées en 1980 ont 118 communes équipées des trois
fet de structure dû à l’accroisse- renforcé leurs équipements depuis services intermédiaires. Si l’on ne
ment du poids des zones rurales vingt ans. Les services existant en retient que les communes équipées
fortement sous équipées par rap- 1980 ont attiré de nouvelles im- de deux services intermédiaires sur
port aux zones urbaines. plantations. Par contre, si la com- trois, on constate encore que celles
Au niveau départemental, les mune ne disposait que d’un seul ci possèdent aussi très souvent les
évolutions des parts de population service de santé en 1980, elle ris- trois services de proximité sur leur
desservie sur place s’opposent : quait fort de le perdre dans les territoire (80% en 1980 et 90% en
l’Eure fait nettement mieux que la vingt années suivantes (56%). Par 1998).
Seine Maritime avec des hausses mi les 169 communes possédant un
14 pour cinq services sur six. A l’in- ou deux services de santé en 1980,
verse, la Seine Maritime voit ses seulement une sur quatre a conser En Haute Normandie,
parts de population desservie sur vé le même nombre d’équipements les distances aux services
place diminuer dans cinq cas sur sanitaires en 1998. En revanche, les de santé n’ont guère évolué
six. De plus, la période 1988 1998 communes qui possèdaient au
marque un ralentissement par rap moins trois services de santé sont En 1998, les distances moyen
port à celle de 1980 1988, notam- passées de 166 à 210 (+27%). D’au nes (2) aux services de santé en
ment pour les dentistes en Seine tre part le plus entraîne le moins : Haute-Normandie sont restées à
Maritime ( 5%) et les infirmiers "la hiérarchie gamme intermédiaire peu près inchangées par rapport à
dans l’Eure ( 4%), ce qui n’était pasimplique la gamme de proximité" celles de 1980. Elles ont cependant
le cas entre 1980 et 1988. ne souffre pratiquement pas d’ex- diminué aussi bien en zone rurale
ceptions. Ainsi en 1980, sur les 93 qu’en zone urbaine. Ceci semble
communes équipées des trois servi paradoxal mais n’est, là encore,
ces de santé intermédiaires (ambu qu’un effet de structure. En effet,Un service en appelle d’autres
lance, dentiste, masseur kinésithé- entre 1980 et 1998, d’une part, les
Outre les nombreuses créations rapeute) 98% possédaient aussi les
(2) La distance moyenne à un équipement, ici à un ser
vice de santé, correspond à la distance moyenne quede services de santé entre 1980 et trois services de santé de proximité
doit parcourir un habitant d’une commune qui ne dis
pose pas sur son territoire du service concerné.1998 en Haute Normandie, il con- (médecin, infirmier, pharmacie). En
DISTANCE MOYENNE AUX ÉQUIPEMENTS EN 1998
Médecin
Infirmier
Seine Maritime
Eure
Pharmacie
Haute Normandie
France
Ambulance
Dentiste
Masseur kinésithérapeuthe
Hôpital
Laboratoire
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Unité : kilomètre Source : INSEE Inventaire communal 1998
AVAL 84 1er TRIMESTRE 1999INVENTAIRE COMMUNAL
services de santé se sont nettement ral, pour accéder aux principaux des vingt dernières années. Seules
développés en zone rurale où les services de santé. En 1980, les des questions différentes d’un in-
distances aux équipements sont écarts étaient minimes sauf pour ventaire communal à l’autre ont pu
largement supérieures aux distan- les services d’ambulance. Au ni- introduire des réponses différentes.
ces moyennes en zone urbaine, veau départemental, les distances Les distances d’accès aux hôpitaux
d’autre part, les populations rura sont, elles aussi, à peu près stables. restent de loin les plus importan-
les ont progressé plus vite que les La Seine Maritime se situe à des ni-tes de tous les équipements de
populations urbaines, notamment veaux proches des moyennes natio santé en Haute Normandie
dans l’Eure. En revanche, à l’éche nales. Par contre pour l’Eure, les comme en France (8,4 km).
lon national, on enregistre des bais distances aux services de santé sont Les laboratoires d’analyses mé
ses sensibles des distances aux ser- deux à trois fois supérieures aux dicales se sont décentralisés en
15vices de santé qui s’échelonnent de moyennes nationales et les écarts créant des antennes locales qui ser
20% pour le médecin généraliste à se creusent. Les distances en zones vent surtout à rapprocher les pa-
50% pour l’ambulance. urbaines haut normandes vont en tients de la collecte de sang, mais
déclinant et se situent, en 1998, trèsles lieux d’analyses proprement
nettement en dessous des moyen- dits n’ont pas changé et restent
Avertissement nes nationales. cantonnés dans les grandes unités
Les populations desservies sur place ont été calcu
lées avec les chiffres du recensement de la popu urbaines. Ainsi en 1998, sur les 24
lation de 1975 pour les équipements de 1980 et
avec ceux du recensement de la population de laboratoires d’analyses médicales
1990 pour les équipements de 1998. De même, les
distances moyennes qui séparent les populations Peu d’évolution pour déclarés par seize communes de
des équipements ont été calculées en 1980 avec
les chiffres du recensement de la population de les hôpitaux et laboratoires l’Eure, seuls quatre d’entre eux réa
1975 et en 1998 avec ceux du recensement de la
population de 1990. lisent effectivement des analysesd’analyses médicales
médicales : deux à Évreux et deux
En 1998, les Haut Normands Les implantations d’hôpitaux autres à Vernon et Bernay
ont à parcourir des distances plus n’ont pas connu de modifications
grandes que les Français en géné- notables dans la région au cours Francis COUVOUT
AVAL 84 1er TRIMESTRE 1999

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