Provence-Alpes-Côte d'Azur : des états de santé comparables avec la France, un recours aux soins plus fréquent

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L'état de santé de la population de Provence-Alpes-Côte d'Azur est en moyenne proche de celui constaté dans l'ensemble de la France. La part plus élevée de personnes reconnues atteintes d'une affection de longue durée dans la région s'explique essentiellement par un poids plus important des personnes âgées. Malgré des états de santé globalement comparables, les recours aux médecins spécialistes sont nettement plus nombreux dans la région. Cette différence peut s'expliquer par la densité médicale particulièrement forte en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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SUD INSEE N° 79  mars 2005 l'essentiel ProvenceAlpesCôte d’Azur : des états de santé comparables avec la France, un recours aux soins plus fréquent
L’état de santé de la population de ProvenceAlpesCôte d’Azur est en moyenne proche de celui constaté dans l’ensemble de la France. La part plus élevée de personnes re connues atteintes d’une affection de longue durée dans la région s’explique essentiellement par un poids plus important des personnes âgées. Malgré des états de santé globale ment comparables, les recours aux médecins spécialistes sont nette ment plus nombreux dans la région. Cette différence peut s’expliquer par la densité médicale particulièrement forte en ProvenceAlpesCôte d’Azur.
Les enquêtes décennales sur la santé et les soins médicaux menées par l’INSEE permettent d’observer l’état de santé des Français et leur comportement en ma (1) tière de recours aux soins. Cette pu blication présente les tous premiers résultats de l’enquête 2003. Elle permet une première comparaison des états de santé en ProvenceAlpesCôte d’Azur et dans l’ensemble de la France, qu’ils soient reconnus par le système de pro tection sociale ou ressentis par les per sonnes ellesmêmes.L’enquête permet
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aussi d’analyser les modes de recours aux soins, notamment le nombre de visi tes auprès des médecins généralistes et spécialistes.
Une proportion plus importante de personnes de plus de 65 ans atteintes d’une affection de longue durée dans la région
En ProvenceAlpesCôte d’Azur, 12,8 % de la population déclarent être atteints d’une affection de longue durée (ALD) soit 1,7 point de plus qu’en France (11,1 %). Ces maladies longues et coû teuses sont prises en charge à 100 % par l’assurance maladie. La proportion de personnes qui en sont atteintes est prise comme un indicateur d’un mauvais état de santé reconnu par le système de pro tection sociale.
L’âge explique une bonne part de la diffé rence entre ProvenceAlpesCôte d’Azur et l’ensemble de la France. Lorsqu’on applique à la région la structure par âge de la France, la proportion de personnes atteintes d’une affection de longue durée passe de 12,8 % à 11,5 %, pourcentage proche de la moyenne nationale. Cepen dant, pour les personnes de plus de 65 ans, il subsiste une différence significative entre la région et la France : 38,6 % d’entre elles sont atteintes d’une affection de longue
(1) L’Observatoire Régional de la Santé ProvenceAlpes Côte d’Azur a mis en œuvre, pour le compte du Conseil régional, un premier travail d’exploitation de l’enquête dont les résultats sont présentés dans cet article.
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N° 79  mars 2005
Après 65 ans, une proportion plus importante de personnes atteintes d’une affection de longue durée en ProvenceAlpesCôte d’Azur Personnes atteintes d'une maladie de longue durée % 60
50
40
30
20
10
France ProvenceAlpesCôte d’Azur
0 80 ans et plus Moins de 15 ans16 à 39 ans40 à 64 ans65 à 79 ans Source : INSEE, enquête décennale sur la santé en 2003  exploitation ORS PACA
Une forte densité de spécialistes en ProvenceAlpesCôte d’Azur Nombre de médecins spécialistes pour 100 000 habitants en 2003 135 124 87 63
© IGNINSEE 2005 Source : Direction régionale des affaires sanitaires et sociales
durée en ProvenceAlpesCôte d’Azur,d’anciens cadres et de professions inladie par le système de soins. Un élé contre 35,7% au niveau national (cf.termédiaires et de personnes à revenusment d’explication pourrait résider graphique “Après 65 ans...”).élevés est plus importante en Prodans le fait que la proportion de per venceAlpesCôte d’Azur. Ces dersonnes à bas revenus parmi les moins niers semblent mieux faire reconnaîtrede 40 ans est plus importante dans la Les personnes de moins leur maladie par le système de protecrégion. de 40 ans se déclarent en tion sociale: davantage de recours au moins bonne santé dans la système de soins, meilleur suivi par lesEn ProvenceAlpesCôte d’Azur comme région spécialistes... dansl’ensemble de la France, les inéga lités sociales de santé sont importantes. En ProvenceAlpesCôte d’Azur, 31 %A l’inverse pour les moins de 40 ans, laLes personnes les plus démunies sont de la population déclarent que leur étatpart des personnes se déclarant plutôtcelles qui se sentent les plus malades de santé est “moyen”, “mauvais”, ouen mauvaise santé est supérieure à celle(cf. graphique “Les personnes les plus “très mauvais”. Cette proportion est side la France alors que la part des perdémunies...”). A âge et sexe identiques, (3) gnificativement supérieure à celle de lasonnes de cette tranche d’âge atteintesles personnes à bas revenusont (2) France (27 %). d’uneaffection de longue durée est (3) Les personnes à bas revenus sont celles qui ap proche du niveau national. Les plus partiennent à un ménage dont le revenu par unité de A la différence de l’état de santé reconjeunes auraient donc plus de difficultés consommation est inférieur à la moitié de la médiane. Dans l’enquête, au niveau national, ce seuil est de 554 nu, l’écart entre la région et la moyenneà faire traiter et reconnaître leur maeuros par unité de consommation et par an. française semble s’atténuer avec l’âge : Avant 40 ans, une proportion de personnes se déclarant plutôt en mauvaise les 65 ans et plus se déclarent en aussisanté plus importante en ProvenceAlpesCôte d’Azur Part des personnes se déclarant plutôt en mauvaise santé bonne santé dans la région qu’en France % (cf. graphique “Avant 40ans...”). Or, 70 dans cette tranche d’âge, la proportion France 60 de personnes atteintes d’une maladie ProvenceAlpesCôte d’Azur reconnue est supérieure à celle du ni 50 veau national. Tout se passe donc comme si, à état de santé “ressenti” 40 comparable, la population de Provence AlpesCôte d’Azur des 65 ans et plus 30 obtenait une meilleure protection pour prendre en charge ses maladies. Un élé 20 ment d’explication pourrait résider dans le fait que parmi les personnes 10 âgées de plus de 65 ans la proportion (2) Cinq réponses étaient proposées aux personnes in 0 terrogées sur leur état de santé : très bon, bon, moyen, mauvais, très mauvais. Pour les états ressentis moyen,80 ans et plus65 à 79 ans40 à 64 ans16 à 39 ans mauvais ou très mauvais on a employé l’expression “plutôt en mauvaise santé”.Source : INSEE, enquête décennale sur la santé en 2003  exploitation ORS PACA
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Les personnes les plus démunies se déclarent plus souvent plutôt en mauvaise santé Part des personnes se déclarant plutôt en mauvaise santé % 45 France 40 ProvenceAlpesCôte d’Azur 35 30 25 20 15 10 5 0 Bas revenusRevenus intermédiairesRevenus supérieurs à la médiane Source : INSEE, enquête décennale sur la santé en 2003  exploitation ORS PACA
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tion cet écart équivaut à environ 1 mil lion de consultations supplémentaires par an dans la région.
Les nombres moyens annuels de re cours auprès d’un médecin généraliste sont à peu près équivalents en Provence AlpesCôte d’Azur et au niveau natio nal, que ce soit pour les personnes at teintes d’une affection de longue durée (6,9) ou pour les autres (3,2).
Le nombre de recours auprès des mé decins spécialistes est, lui, nettement plus élevé: 2,3 dans la région contre 1,9 au niveau national.
Cet écart se vérifie aussi bien pour les personnes atteintes d’une affection de longue durée (3,9 contre 3,3 en France) que pour les autres (2,1 contre 1,7).
Recours à un médecin selon l’état de santé Ces différences de recours peuvent Nombre annuelNombre annuelTotal s’expliquer par une densité médicale moyen de recoursmoyen de recours à un médecinà un médecin plus importante de médecins spécialistes. généraliste spécialiste En 2003, on compte 135 spécialistes Toutes populations confondues pour 100 000habitants en Provence ProvenceAlpesCôte d’Azur3,70 2,295,99 AlpesCôte d’Azur contre 88 pour France 3,661,90 5,56 100 000habitants en France. Dans la Personnes atteintes d’une maladie reconnue longue et coûteuse par la Sécurité sociale ProvenceAlpesCôte d’Azur6,87 3,8510,72région ChampagneArdenne où on dis pose de données similaires, le résultat France 6,823,27 10,09 Personnes sans maladies reconnueslongues et coûteuses par la Sécurité sociale est inversé avec une faible densité de ProvenceAlpesCôte d’Azur3,24 2,065,30 médecins spécialistes (58 pour 100 000 France 3,261,72 4,98 habitants) et un moindre recours à ces Source : INSEE, enquête décennale sur la santé en 2003  exploitation ORS PACA derniers (1,65). deux foisplus de risques que les per sonnes aisées (revenu supérieur à la médiane) de se déclarer plutôt en mauLes recours aux spécialistes augmentent avec le niveau de revenu Nombre annuel moyen de recours aux médecins en ProvenceAlpesCôte d’Azur par consommant vaise santé. Elles recourent en outre moins souvent aux médecins spécialis 12 tes que les autres. Généralistes Spécialistes 102,96 Des recours auprès des 3,82 4,85 spécialistes plus fréquents 8 en Provence-Alpes-Côte d’Azur 6 Le nombre moyen annuel de visites chez le médecin est de 6,0 en Pro 8,34 6,516,37 venceAlpesCôte d’Azur contre 5,6 4 au niveau national (cf. tableau). En ap pliquant à la région la même structure 2 par âge et sexe que celle de la France, le nombre moyen de visites en Provence AlpesCôte d’Azur est de 5,8, toujours 0 supérieur de 0,26 point à celui de laBas revenusRevenus intermédiairesRevenus supérieurs à la médiane France. Ramené à la taille de la popula Source : INSEE, enquête décennale sur la santé en 2003  exploitation ORS PACA
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(1) Relativement moins de personnes obèsesen ProvenceAlpesCôte d’Azur Le calcul de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) permet de définir les différents degrés d’obésité. L’IMC est le rapport du poids (exprimé en kilogrammes) sur le carré de la taille (exprimée en mètres). Un adulte de moins de 65 ans sera considéré comme obèse si son IMC est supérieur ou égal à 30. Pour les enfants, le seuil de l’obésité diffère selon l’âge et le sexe. Les chiffres de taille et de poids sont ceux déclarés par les individus enquêtés ; cette méthode de col lecte est susceptible d’introduire quelques biais dans le calcul de prévalence de l’obésité dans la me sure où les déclarations sont parfois tournées “à l’avantage” des individus : taille surestimée et poids sousestimé. En 2003, en ProvenceAlpesCôte d’Azur d’après l’enquête santé, 6,7 % de la population âgée de 10 à 64 ans est obèse soit une proportion inférieure de plus de deux points à celle constatée au niveau national (8,8 %). Alors que sur l’ensemble du territoire national la part des personnes obèses dans la population de 10 à 64 ans croît nettement avec l’âge, dans la région cette proportion se stabilise entre 8,3 et 8,7 % entre 30 et 64 ans. Audelà de quarante ans la prévalence de l’obésité est nettement inférieure dans la région. Les facteurs déclenchant la prise de poids avec l’âge, comme les mauvaises habitudes alimentaires et la sédentarisation, semblent moins présents en ProvenceAlpesCôte d’Azur qu’en France. Cepen dant on ne peut en conclure que ce différentiel de prévalence de l’obésité va persister au cours du temps. (1) L’obésité est la seule maladie que l’on peut analyser à ce jour, la codification des autres maladies n’est pas terminée. Après 30 ans, la proportion de personnes obèses ne croît pas avec l’âge dans la région Part de la population obèse % 18 16France ProvenceAlpesCôte d’Azur 14 12 10 8 6 4 2 0 10 à 19 ans20 à 29 ans30 à 39 ans40 à 49 ans50 à 64 ans Source : INSEE, enquête décennale sur la santé en 2003  exploitation ORS PACA
Le recours aux soins diffère selon le niveau de revenu
Les stratégies d’accès aux soins diffè rent suivant le niveau de revenu. Les classes de revenu les plus aisées (dont le revenu est supérieur à la médiane) recourent plussouvent aux spécialis tes. Cet écart est très marqué dans la ré gion (cf. graphique “Les recours aux spécialistes...” page précédente).
D’après les observations effectuées sur les “dépenses en médecins” des Fran (4) çais ,toutes choses égales par ailleurs (à âge, sexe et état de santé identiques notamment), “ne pas détenir d’assurance complémentaire” ou “avoir un faible re venu” diminuent la valeur des recours aux médecins d’environ 10 %. Les per sonnes à bas revenu dépensent donc moins que les autres en santé, ce qui suggère un phénomène de “renonce ment aux soins” pour raison financière.
(4) D’un point de vue économique, pour agréger les chiffres de recours par individu (aux médecins spécialistes et généralistes), il est plus rigoureux de passer par une évaluation monétaire en terme de “dépenses”. Ensuite, les dé penses en médecins sont analysées en fonction de leur classe de revenu et de leur couverture santé complémen taire, pour des personnes à profils identiques (sexe, âge, état de santé, région).
© INSEE 2005 Dépôt légal : mars 2005 N° CPPAP : 0904B05336 N° ISSN : 1287292X Prix : 2,20 euros Code Sage : SIE057932
L’enquête décennale santé 2003
Depuis 1960, les enquêtes décennales sur la santé et les soins médicaux (EDS) menées par l’INSEE permettent d’étudier le comportement des Français face au risque maladie. L’EDS 2003 a bénéficié d’extensions régionales dont une en ProvenceAlpesCôte d’Azur grâce au concours du Conseil Régional. Ces extensions permettent des analyses plus fiables au niveau régional et des comparaisons avec le niveau national.
35 073 personnes ont été interrogées réparties en 14 813 ménages dont 3 224 personnes en ProvenceAlpesCôte d’Azur.
L’échantillon redressé est représentatif des 58 438 795personnes résidant en France en 20022003 et des 4 211 077 personnes résidant en ProvenceAlpesCôte d’Azur à la même époque (d’après les sources utilisées à l’INSEE au moment de l’enquête). Ainsi, dans l’enquête les plus de 65 ans représentent 19,4 % en Pro venceAlpesCôte d’Azur contre 16,0 % au ni veau national. La part des personnes âgées est donc plus importante dans la région.
Les populations ont été suivies en cinq vagues d’enquête, réparties sur l’année entière. Les chiffres de recours aux soins donnés dans cette synthèse sont donc assimilables à des données annuelles. A noter que l’enquête fournit une éva luation inférieure aux données administratives na tionales qui est de sept consultations ou visites par année et par personne en médecine ambu latoire. Ceci est vraisemblablement lié à un phé nomène d’oubli de certaines consultations lors de l’enquête.
Cette relation est moins nette en Pro venceAlpesCôte d’Azur, où il semble que les plus démunis maintiennent leurs recours (à des généralistes principale ment). Ceci soulève, pour la France, la question de l’efficacité du dispositi CMUComplémentaire (couverture ma ladie universellecomplémentaire), et montre la nécessité, pour la région Pro venceAlpesCôte d’Azur, d’une étude plus ciblée (à venir) sur la santé et les re cours aux soins des bas revenus.
Bruno Ventelou, Bérengère Saliba ORS ProvenceAlpesCôte d’Azur, INSERM U379
Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques ProvenceAlpesCôte d'Azur 17, rue Menpenti Directeur de la publication : François Clanché 13387 Marseille Cedex 10 Chef du service Etudes et Diffusion : Pascal Oger Téléphone : 04 91 17 57 57 Rédacteur en chef : Annie Mulard Fax : 04 91 17 59 60 Internet : www.insee.fr/paca
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