2001 : Le nombre de naissances diminue mais reste à un niveau élevé

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Après une forte reprise à la fin des années quatre-vingt-dix, la fécondité se stabilise en 2001 en Ile-de-France comme dans le reste de la France. Néanmoins, le nombre de naissances diminue légèrement dans la région entre 2000 et 2001. Cette baisse s'observe également, mais de façon moins prononcée, au niveau national. La fécondité demeure élevée après 30 ans et l'âge moyen des mères à la naissance continue à reculer. En 2001, il atteint 30,4 ans en Ile-de-France. Si la fécondité n'augmente plus dans les années à venir, les naissances continueront à diminuer.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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2001 :
le nombre de naissances diminue
mais reste à un niveau élevé
près une hausse continue depuis 1997, le nombre de naissances
diminue dans l’ensemble de la France en 2001. Cette baisse est unA peu plus prononcée en Ile-de-France (- 0,7 % entre 2000 et 2001)
qu’en province (- 0,5 %). Le taux de natalité francilien baisse ainsi de 15,9 à
15,7 enfants pour mille habitants. Cependant, le nombre de naissances reste
Après une forte à un niveau élevé : en 2001, l’Ile-de-France totalise 173 000 naissances, soit
un millier de moins qu’en 2000 mais six mille de plus qu’en 1999.reprise à la fin des
années quatre-vingt-dix,
Plus de 22 % des naissances métropolitaines ont lieu dans la région capitale.
la fécondité se
Cette part n’a quasiment pas varié depuis dix ans : les naissances en Ile-de-
stabilise en 2001 en France ont en fait évolué à peu près au même rythme qu’en province entre
Ile-de-France comme 1991 et 2001 (figure 1).
dans le reste de la
France. Néanmoins, le ne fécondité toujours forte mais... Unombre de naissances
diminue légèrement Les naissances résultent d’une part du nombre de femmes, et d’autre part de
dans la région entre la fécondité de chacune d’entre elles. A partir de 1995, le nombre de fem-
mes de 15 à 49 ans commence à diminuer dans la région. En effet, les pre-2000 et 2001.
mières générations « post-baby-boom », moins nombreuses que les précé-Cette baisse s’observe
dentes, atteignent l’âge fécond. Cependant, l’indicateur conjoncturel deégalement, mais de
fécondité, qui mesure le nombre moyen d’enfants par femme
façon moins prononcée, (cf. Définitions), commence à augmenter parallèlement. Cette hausse de la
au niveau national. fécondité est assez forte pour que le nombre de naissances augmente malgré
La fécondité demeure la diminution de l’effectif des femmes potentiellement fécondes. Ainsi, la
hausse des naissances est continue et particulièrement importante depuisélevée après 30 ans et
1997 en Ile-de-France, comme dans l’ensemble de la France (figure 2). Enl’âge moyen des mères
2000, le nombre des naissances franciliennes atteint le maximum jusque-làà la naissance continue
observé dans la région : 174 000.
à reculer. En 2001,
il atteint 30,4 ans en
...de moins en moins de femmes d’âge fécondIle-de-France.
Si la fécondité
Entre 2000 et 2001, l’effectif des femmes de 15 à 49 ans continue à dimi-
n’augmente plus dans
nuer, quoique de manière moins rapide qu’auparavant. La fécondité, en
les années à venir, les revanche, n’augmente quasiment plus. De fait, elle n’est plus assez élevée
naissances continueront pour compenser la baisse du nombre de femmes d’âge fécond et permettre
à diminuer. encore une augmentation du niveau des naissances (figure 3).
MENSUEL N° 216 - DECEMBRE 2002 - 2,2 €
DémographieFigure 1 - Evolution du nombre de naissances de 1991 à 2001 chez les femmes de 25 à 29 ans et continue à progresser après
30 ans et au-delà de 40 ans. Au total, dans l’ensemble de la(base 100 en 1991)
France, la moitié des naissances ont lieu après 30 ans. Cette
proportion est plus élevée en Ile-de-France : en 2001, 56 % des
nouveaux-nés franciliens ont une mère âgée de 30 ans ou plus.
104 Vingt ans plus tôt, cette proportion atteignait à peine 33 %.
Dans le même temps, la part des naissances avant 20 ans s’est
102
réduite à 1,5 %.
100
Ainsi, le phénomène de récupération des naissances se poursuit,
98 les naissances après 30 ans suppléant à celles qui n’ont pas eu
lieu avant cet âge. Il en résulte un recul continu de l’âge moyen96
à la maternité. Cet âge s’élève aujourd’hui à 30,4 ans dans la
94 région, soit presque trois ans de plus en vingt ans. Toutefois, ce
mouvement tend à se ralentir. Son rythme de progression est
92
deux fois moins important pour les cinq dernières années. L’âge
90 moyen des mères à la naissance de leur enfant a augmenté d’un
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 mois par an entre 1996 et 2001. Il progressait de deux mois par
an au cours des quinze années précédentes.
Ile-de-France Province
Champ : Il s'agit des naissances vivantes domiciliées, c'est-à-dire rapportées au lieu de
domicile de la mère.
Source : Insee, Etat-civil
D éfinitions
Taux de natalité : nombre de naissances vivantes rapporté à la popula-
epuis 1998, remontée de la fécondité tion moyenne de la période considérée.D
des Franciliennes les plus jeunes
Taux de fécondité par âge : rapport du nombre de naissance survenues
chez des femmes d’âge donné à l’effectif moyen des femmes du même
La fécondité est toujours maximale pour les femmes âgées de âge.
30 à 34 ans, conséquence du décalage dans le calendrier des
Indicateur conjoncturel de fécondité : somme des taux de fécondité parnaissances. Cependant, le retard des maternités, observé depuis
âge observés pendant la période considérée. Il indique le nombre moyenle début des années quatre-vingt, tendrait à se réduire. Après
d’enfants que mettrait au monde une femme si elle avait, à chaque âge, letrente ans de baisse, une hausse de la fécondité chez les femmes
comportement de fécondité observé pendant cette période. Cet indicateur
de moins de 25 ans s’est amorcée en 1998 dans la région. Cette
synthétise les comportements de femmes de générations différentes, il ne
augmentation se produit également au niveau national à partir mesure pas la fécondité d’une génération donnée.
de 1999. Parallèlement, la fécondité reste relativement stable
Figure 2 - Naissances par département
1997 1998 1999 2000 2001 Taux de
natalité en 2001
(pour mille) *
Paris 29 742 30 465 31 187 31 940 31 977 15,0
Hauts-de-Seine 22 907 22 729 23 579 24 699 24 577 17,0
Seine-Saint-Denis 22 256 23 340 23 918 25 082 25 281 18,2
Val-de-Marne 18 689 18 907 18 964 19 759 19 351 15,7
Petite couronne 63 852 64 976 66 461 69 540 69 209 17,0
Seine-et-Marne 16 491 17 074 17 028 17 851 17 551 14,4
Yvelines 19 376 19 712 19 408 20 304 19 827 14,5
Essonne 16 524 16 556 16 595 17 162 17 149 15,0
Val-d'Oise 16 026 16 137 16 616 17 378 17 283 15,5
Grande couronne 68 417 69 479 69 647 72 695 71 810 14,8
Ile-de-France 162 011 164 920 167 295 174 175 172 996 15,7
Province 563 412 571 566 576 043 599 078 596 294 12,4
France métropolitaine 725 423 736 486 743 338 773 253 769 290 13,0
Champ : Il s'agit des naissances vivantes domiciliées, c'est-à-dire rapportées au lieu de domicile de la mère.
* provisoire
Source : Insee, Etat- civilMarne. Globalement, la natalité diminue plus fortement dans laFigure 3 - Nombre de naissances et indicateur de fécondité
grande couronne.(ICF) par année
A un niveau infra-départemental, une majorité de cantons
enregistrent une baisse des naissances (figure 4). C’est le cas
Milliers ICF
pour 60 % d’entre eux, inégalement répartis sur tout le terri-
toire francilien. Ainsi, les naissances augmentent dans la moi-180 2
tié des cantons de Paris et de Seine-Saint-Denis, mais dans seu-
1,95 lement 16 % des cantons du Val-de-Marne. De 1997 à 2000,
175
la hausse concernait la majeure partie des cantons d’Ile-de-1,9
France (82 %).
170
1,85
D’une manière générale, les cantons dans lesquels les naissances
1,8
165 avaient le plus augmenté entre 1997 et 2000 connaissent une
1,75 baisse en 2001.
160
1,7
Parmi les 34 communes qui comptaient plus de mille naissances
155 1,65 en 2000, seules 19 enregistrent une augmentation en 2001.
1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
Nombre de naissances ICF n maintien des naissances au niveau actuel U
suppose une hausse de la fécondité
Champ : Il s'agit des naissances vivantes domiciliées, c'est-à-dire rapportées au lieu de
domicile de la mère. La variation du nombre de naissances dépend à la fois de l’effec-
Source : Insee, Etat-civil et estimations localisées de population tif des femmes potentiellement fécondes et de leur comporte-
ment en termes de fécondité. Le nombre de femmes âgées de 15
à 49 ans est en partie déterminé pour les années à venir, puisqu’il
aisse des naissances dans la majorité s’agit de générations déjà nées. La seule incertitude pour cetteB
population porte sur les éventuels mouvements migratoires.des cantons franciliens
Quelles que soient les hypothèses retenues pour des projections à
court terme, les effectifs de femmes d’âge fécond vont continuerEntre 1999 et 2000, l’augmentation des naissances concernait
à diminuer. Seule une hausse de la fécondité permettrait alors letous les départements d’Ile-de-France. Entre 2000 et 2001, la
maintien ou l’augmentation du nombre de naissances dans lesbaisse touche tous les départements sauf Paris et la Seine-Saint-
prochaines années (cf. encadré). Une fécondité stable, identique àDenis, ce dernier affichant une hausse de 0,8 %. Les plus fortes
celle observée en 2000, entraînerait une baisse des naissances.diminutions apparaissent dans les Yvelines et dans le Val-de-
Figure 4 - Evolution du nombre de naissances dans les cantons franciliens
Entre 2000 et 2001 Entre 1997 et 2000
Baisse dans 6 cantons sur 10 Hausse dans 8 cantons sur 10
Source : Insee, Etat-civilV ers une baisse des naissances ?
Une projection est le résultat mécanique d’hypothèses formulées sur les Evolution du nombre de naissances en Ile-de-France
différents phénomènes démographiques. Les projections présentées ici
Milliersont en commun l’hypothèse de baisse de la mortalité parallèlement à la
tendance métropolitaine.
185
Si on reconduisait les quotients migratoires calculés pour la période 1990-
1999, le maintien de la fécondité observée en 2000 dans la région (indica-
175teur conjoncturel de fécondité égal à 1,94), aboutirait à une baisse des
naissances de l’ordre de 4 % entre 2000 et 2005, et de 6 % pour la pério-
de 2000-2010. L’Ile-de-France totaliserait alors 167 000 naissances en
2005 et 165 000 en 2010. Si la fécondité augmentait (+ 0,3 point en 2015 165
par rapport au niveau de 2000), les naissances augmenteraient de 0,6 %
de 2000 à 2005 et de 4,3 % entre 2000 et 2010.
155
Si on appliquait pour toute la période de projection les quotients migratoi-
2000 (1) 2005 (2) 2010 (2)
res par âge de la période 1982-1999, correspondant à un déficit
re moins important, la population des femmes de 15 à 49 ans baisserait
Fécondité stable, migrations 90-99
moins vite. Ainsi, avec une fécondité stable, le nombre de naissances dimi-
Fécondité stable, migrations 82-99
nuerait moins. De la même façon, une fécondité haute conduirait à une
Fécondité haute, migrations 90-99
augmentation plus importante des naissances.
Fécondité haute, migrations 82-99
(1) naissances observées, (2) naissances projetées
Attention : le nombre de naissances en 2000 est historiquement élevé.
Source : Insee, Etat-civil et modèle Omphale 2000
Une hausse de l’indicateur conjoncturel serait possible si l’aug-
mentation de la fécondité se poursuivait à la fois aux âges les plus
jeunes et aux âges élevés.
P our en savoir plus
Un autre facteur peut intervenir dans l’évolution des
naissances : la situation économique. En effet, si la conjonctureDoisneau L : « Bilan démographique 2001 : le regain des naissances et
démographique ne suit pas obligatoirement les variations de lades mariages se confirme », Insee première, n° 825, février 2002.
conjoncture économique, les comportements en termes de
Héran F. : « La démographie française, une exception européenne », fécondité peuvent être liés à la situation économique. Tel avait
Problèmes économiques, n° 2.769, juillet 2002.
été le cas pour la baisse des naissances des années 1993-1994.
Toulemon L., Mazuy M. : « Les naissances sont retardées mais la fécon- Comme le remarque F. Héran (2002), « Tout indique que cette
dité est stable », Population n°4, juillet-août 2001. chute est liée à la crise économique de 1992-1993, crise d’am-
pleur mondiale […]. Dans un récent bilan sur la basse fécondi-Pison G. : « La population de la France en 2000 », Population et Sociétés,
n°366, mars 2001. té, la division de la population des Nations unies a noté que le
minimum historique de la fécondité atteint dans les dernières« Population et modes de vie », Atlas des Franciliens, tome 3, Insee - Iaurif,
décennies par les pays occidentaux coïncidait le plus souvent2002, pp. 10-13.
avec l’année 1993 ».
Nadine Laroche
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