Envoûtement ou forme ultime de l'amour

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extrait du livre de Martina Charbonnel : l'être aimé invisible

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Envoûtement ou forme ultime de l’amour
Je suis recroquevillée en moi dans un monde sans désir, puisque je ne peux même plus l’exprimer.Le dire, c’est le faire exister même s’il est devenu sans objet. Et si l’écriture n’était rien d’autre que le besoin de perpétuer le désir ? J’ai cessé de vouloir être belle pour lui et ça me fait de la peine, mais depuis ce billet de train pour un voyage que je n’ai pas effectué, je sens bien que je ne le verrais jamais. Il me semble qu’à nouveau déjà, je n’habite plus mon corps délesté de ce désir qui l’habillait d’ombres et de lumières.
Je ne pensais pas rougir de mon désir pour lui, mais il a tellement détricoté les liens qui nous unissaient que c’est comme s’il était devenu un étranger pour moi. Nos rares contacts ressemblent une plage après le passage d’une pelleteuse venant d’effacer sur le sable, les traces de pas, les châteaux en ruine érodés par la marée, et les cris joyeux des vacanciers, laissant pour seule empreinte, le sillon, de ses roues et les marques d’un ratissage professionnel. Comme si le rêve d’autre chose n’avait jamais existé...
C’est peut-être une histoire aux tiroirs multiples aux portes se dérobant vers l’infini. Il serait vain d’imaginer le voir surgir dans l’embrasure d’un porche. Il ne s’y trouve pas et pourtant, il semble être partout ailleurs. Nos pensées se rencontrent parfois simulant un lien qui ne se dit plus, si fragile qu’il romprait si des mots cherchaient à le définir. Au-delà du sens, les mots ne sont-ilsque la sève du
désir ? Faire taire les mots, tient le désir à distance, mais en ai-je vraiment envie ? Depuis que j’ai ôté de mon esprit l’idée qu’un jour, peut-être, nous pourrions offrir au désir, un bref instant de nous deux réunis, je retrouve mes esprits sans trop savoir quelle direction prendre. Je vois ressurgir des pans de ma vie oubliés pendant cette parenthèse où j’étais absorbée par cette passion. Curieusement mes rêves nocturnes ont pris la relève. Pendant tout ce temps, je n’avais jamais rêvé de lui. Il squattait tant mes pensées, que pendant mes brèves heures de sommeil, je me reposais de lui. Depuis que je me sens libérée du désir, de lui, il revient dans mes rêves comme si une petite voix en moi me demandait de ne pas l’oublier, Est-ce un envoûtement ou la forme ultime de l’amour ? » Martina Charbonnel: L’être aimé invisible/mck editionset The Book Edition
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marcha

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mardi 21 septembre 2010 - 12:46