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Sape et appropriation technologique

De
234 pages
Comment l'appropriation des technologies de l'industrie légère peut-elle contribuer à l'épanouissement économique du Congo Brazzaville? Règne dans ce pays le principe du "je suis bien habillé donc je suis", si cher aux "sapeurs". Aux sommes dépensées par ces dandys s'ajoutent celles exorbitantes investies pour l'importation des uniformes et autres produits vestimentaires afin d'habiller les agents des services publics et privés. Or, les technologies mises en œuvre pour élaborer ces produits restent largement accessibles et abordables pour les Africains et les États. Reste à décomplexer les décideurs, les élites, les artistes musiciens et les "sapeurs" afin que les marques créées sur le continent s'imposent par le biais d'une valorisation sans faille. Conscient de la superficialité de la "sape", l'auteur y décèle pourtant aussi un fort potentiel économique. Le savoir-faire artisanal existant en la matière dans les pays d'Afrique ne demande en effet qu'à être amélioré par le biais de la formation et d'un outil adapté pour une production de qualité et de grande série qui correspondrait aux exigences du marché. Mêlant présentation sociologique du phénomène et perspectives économiques, entre études de marché et stratégies de développement, cet ouvrage riche d'initiatives met ainsi en évidence les atouts du phénomène de la sape pour créer une industrie de l'habillement au Congo, capable de créer des emplois et donc des richesses tant la demande est importante.
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Sape et appropriation technologique
Du même auteur
Du kikongo au shimaore en passant par le français, Pédagogie, Éditions Publibook, 2012
Richard Zingoula Sape et appropriation technologique
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook :http://www.publibook.comCe texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur.Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0119785.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
Préface. Prévisions, progrès et utopies Les fins de siècles sont propices aux bilans, les débuts aux pronostics. Ces derniers n’ont pas manqué au tournant e e desXIX etXX siècles. Considérer la manière dont nos aînés se représentaient l’Afrique d’aujourd’hui au sortir des indépendances est amusant et instructif. Encourager l’émergence d’une industrie de l’habil-lement créatrice d’emplois et de richesses dans les pays d’Afrique devrait être la démarche normale de tout consommateur africain des produits vestimentaires, produits vendus par les grandes maisons françaises ou italiennes qui sont d’ailleurs pour la plupart confectionnés en Chine. Si le Français moyen peut se contenter de deux jeans, de deux paires de baskets, de cinq chemises, de deux pulls, de deux blousons, d’une paire de chaussures (prévue pour quatre ans, sa garde-robe ne dépassera pas 1 000 euros) ; l’investissement prend des proportions grandioses chez le Congolais. En effet, la garde-robe du Congolais moyen peut facilement s’estimer à 2 000 euros sur quatre ans en moyenne. Lorsque ce dernier se dit sapeur (ou fait partie de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes), ce montant peut se chiffrer à 6 000 euros sur quatre ans. Montant qui inclut l’achat des vêtements, chaussures, montres, accessoires et parfums. C’est dire les sommes d’argent mises en jeu. Si vous avez l’occasion de discuter avec les gérants des grands magasins parisiens, ces
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derniers vont vous confirmer ce comportement hédoniste des sapeurs. Pour ne citer que la maison J.M. Weston, les Congolais occupent une place importante dans les ventes réalisées par l’enseigne. Quand on sait que le prix moyen d’une paire de chaussures chez J.M. Weston est de 300 euros, on a vite compris l’économie réalisée par l’enseigne et ses sous-traitants. Je ne vous conseille surtout pas de convertir ces chiffres en francs CFA. À titre indicatif, le salaire minimum au Congo est de 60 000 francs CFA. D’ailleurs certains sapeurs sont gênés lors de leur médiatisation car ils sont conscients des dépenses somptueuses qu’occasionne cette société des sapeurs. 1 euro = 655 francs CFA, monnaie de la plupart des pays où la sape est une véritable institution. À cela, il faut ajouter les sommes vertigineuses dépensées par l’État en important les uniformes et accessoires de différents services (armées, douanes, police, gendarmerie, hôpitaux, habillements profes-sionnels, chaussures de sécurité, gants et autres accessoires) ainsi que les achats effectués par les sociétés privées pour leurs besoins. On n’a pas les données sur les dépenses de l’État congolais en la matière. On peut quand même imaginer que cela représente un budget important. L’objet du livre n’est pas de critiquer ou de porter un jugement de valeur sur tel ou tel comportement. Mais plutôt de constater avec un minimum de bon sens, qu’il y a là de l’argent à donner aux créateurs et fabricants congolais – pour ne pas dire africains. Puisqu’il s’agit pour certains, de produits vestimentaires raffinés et de grandes marques qui donnent
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