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HIER LA CRISE, DEMAIN LA GUERRE ?

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-11354-1 EAN : 9782296113541

Pierre PASCALLON et Pascal HORTEFEUX

HIER LA CRISE, DEMAIN LA GUERRE ? La crise va-t-elle amener le monde au bord du gouffre ?

L’Harmattan

PUBLICATIONS Dans la collection « Défense »
Défense et renseignement, 1995 Quel avenir pour les drones ?, 1998 Les transmissions militaires, 2000 Quelles perspectives pour le deuxième porte-avions français ?, 2000 Quelles perspectives pour le Transport Aérien Militaire français ?, 2001 Quelle défense pour la France à l’aube du XXIème siècle ?, 2001 Quelles perspectives pour le renseignement spatial et aérien français après le Kosovo ?, 2001 La guerre des missiles, 2001 Les Armées françaises à l’aube du 21ème siècle Tome I : La Marine Nationale, 2002 Tome II : L’Armée de l’Air, 2003 Tome III : L’Armée de Terre, 2004 Tome IV : La Gendarmerie Nationale, 2006 Tome V : Les Armées françaises à l’heure de l’Interarmisation et de la Multinationalisation, 2007 Le bouclier antimissiles américain après les attentats du 11 septembre 2001 ?, 2002 Quelle protection du territoire national contre le terrorisme international ?, 2003 La politique de sécurité de la France en Afrique, 2004 Renforcer l’intégration de la Défense dans la Nation, 2004 Demain, les drones de combat ?, 2004 Satellites et Grands Drones dans le cadre de la politique spatiale militaire française et européenne, 2005 La politique de sécurité autour de la Méditerranée, lac de Paix, 2005 Quelles menaces, demain, sur la sécurité de la France ?, 2005 La dissuasion nucléaire en question(s), 2006 Les zones grises dans le monde d’aujourd’hui : le non-droit grangrène-t-il la planète ?, 2006 Quelle politique de Défense pour la France à l’heure de l’élection présidentielle de 2007 ?, 2007

Quel avenir pour l’OTAN ?, 2007 La défense antimissiles en débat(s), 2008 La Vème République, 1958-2008 : 50 ans de politique de Défense, 2008 Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ?, 2009

Collection « Défense »
• Le moment n’est hélas pas venu – peut-il d’ailleurs venir ? – où la force militaire pourrait être reléguée dans le « linceul de pourpre où dorment les Dieux morts », chers à André MALRAUX. Le monde est en effet constitué de longtemps sinon de toujours « d’Etats-Nations » dont le nombre ne cesse de progresser et progressera sans doute encore au XXIème siècle s’il faut en croire la prophétie du Père Serge BONNET : « Le XXIème siècle sera plus encore que le XXème siècle le siècle des Nations ». • Se pose à ces « Etats-Nations » le problème de leur défense, c’est-à-dire la fonction vitale d’assurer leur sécurité, leur paix, leur indépendance, l’obligation de préserver et de pérenniser les signes forts d’une identité nationale à travers les accidents de l’Histoire, à savoir : un territoire et la communauté consciente des hommes qui l’habitent. On peut convenir en effet d’appeler « politique de Défense » l’ensemble des mesures et dispositions de tous ordres prises par le Pouvoir pour assurer la sécurité et l’intégrité du territoire national dont il a la charge et, par ricochet, la paix du peuple qui y vit. Pour utiliser les termes très voisins retenus par l’ordonnance du 7 janvier 1959, la Défense « a pour objet d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes les formes d’agression, la sécurité et l’intégrité du territoire ainsi que la vie de la population ». • Cette collection entend accueillir les réflexions qui touchent le domaine de la Défense ainsi défini, domaine global, multiforme, en constante évolution, en privilégiant bien sûr le cas de la France et de l’Europe dans un contexte qui est désormais, ici aussi, de plus en plus d’emblée « mondialisé ». Pierre PASCALLON

Quand tout est mauvais, il est bon de connaître le pire » François BRADLEY (Philosophe britannique)

SOMMAIRE

AVANT-PROPOS ……………..………………....……page 11

INTRODUCTION GENERALE…………...……...……...page 13

PARTIE I LA CRISE 2007 – 2008 COMME CRISE EXCEPTIONNELLE DU
CAPITALISME FINANCIER MONDIALISE SOUS DOMINATION AMERICAINE ……………………..…...……….….….page 23

PARTIE II LA CRISE 2007 – 2008… SE PROLONGEANT EN UNE LONGUE ET DIFFICILE PERIODE DE TRANSITION JUSQU’AUX ANNEES 2030……………………..…...………….…….…...…page 81

PARTIE III LA CRISE 2007 – 2008… A L’ISSUE INCERTAINE DANS LES ANNEES 2030……….…..…...………….…….….… page 175

CONCLUSION GENERALE ..…...…………..…..….…page 251

ANNEXES ………………………………….…....…..page 255 ORIENTATIONS BIBLIOGRAPHIQUES ………………page 273 TABLE DES MATIERES ...…..…………………...…..page 293

AVANT PROPOS
Notre réflexion n'est pas facile malgré le déluge de publications sur la question de la crise… et de sa suite. Il n'y a pas lieu de s'en étonner. Jean JAURES observait déjà de longtemps l'exercice plus que difficile qui consiste à aller fouiller dans la « marmite de l'avenir ». On se propose ici - pour donner un peu d'assurance à notre démarche : « en route vers l'inconnu », pour paraphraser le titre de l'ouvrage de Nicolas BAVEREZ -, sans se laisser égarer par la poussière des évènements et le bruit médiatique de l'instant, de s’appuyer à plein sur les leçons de l'Histoire. N'est-ce pas Claude LEVY-STRAUSS qui, du haut de l'autorité qui est la sienne, nous y invitait pour son centenaire en déclarant (je le cite), le 28 novembre 2008 : « il faut, si l'on s'intéresse à la vie des sociétés, se plonger dans l'Histoire ». Oui, essayer de trouver une lumière de vérité dans le brouillard de l'avenir en faisant appel à l'éclairage de la « longue période », de la « longue durée » à la BRAUDEL-PERROUX, comme paradigme fondamental des sciences sociales, la dynamique du temps long, de l’Histoire de l’Homme, étant marquée, à leurs yeux, par la dynamique des pôles de domination et des rapports de puissance, à travers les « Empires », les « Blocs », les « Economiesmonde », les « Civilisations »,…

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INTRODUCTION GENERALE

Il convient de s’arrêter d'abord, puisque c'est le point de départ de notre réflexion, sur la notion de « crise ». On peut sans doute essayer, intuitivement, de saisir cette notion de crise en la rapprochant et en l'opposant à la notion de « noncrise ». « Non-crise » ? Cela fait penser à « l'ordre », « l'harmonie », « l'équilibre », la « cohérence », la « continuité », la « stabilité ». La « crise » ? Le terme vient du vocabulaire médical et est donc, par rapport à la « non-crise », un moment crucial de « désordre », de « rupture », de « déséquilibre », de « désorganisation », de « trouble ». On peut - à partir de cette première approche succincte de la notion de « crise » sous l'idée de « rupture » -, bien marquer que les crises ainsi comprises sont de toujours. On ne peut pas, en effet, imaginer parvenir un jour à une évolution ordonnée, stable, régulière, sans ruptures et sans déséquilibres. La vie de l'Homme - c'est consubstantiel à son statut d'être humain - est marquée par les ruptures, les discontinuités, les déséquilibres. Cela reste vrai dans la période contemporaine, dans le cadre du capitalisme industriel contemporain. Il est vrai, en effet, que la dynamique du capitalisme industriel contemporain XIX-XXèmes siècles est une dynamique instable, rythmée par les ruptures et les déséquilibres, les crises inhérentes à ce système : certains n'hésitent pas à parler de « la respiration » du capitalisme. On en prend pleine conscience en suivant la présentation que nous apporte les théoriciens par excellence de la dynamique économique du capitalisme, Fernand Braudel (La dynamique du capitalisme, 1985), François Perroux (Le capitalisme, 1962) et Joseph SCHUMPETER (L’histoire de l’analyse économique, 1954) (cf. encart n°1). 15

ENCART N°1

Joseph A. SCHUMPETER 1883-1950
Economiste autrichien 1908 : premier poste à l'Université de Vienne 1932 : s'installe aux Etats-Unis à Harvard A un rôle central dans l'histoire de l'économie politique au XXème siècle Son œuvre : - Nature et contenu principal de la théorie économique, 1908 - Théorie de l'évolution économique, 1912 - Doctrines économiques et méthode, 1914 - Impérialisme et classes sociales, 1927 - Business cycles (2 volumes), 1939 - Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942 - Histoire de l'analyse économique, 1954
Source : construction personnelle

Pour ce dernier, en particulier, nous sommes en présence, avant le capitalisme, du « circuit ». Le « circuit » ? Les phénomènes dans ce cadre sont répétitifs, s’enchaînent sous la forme d’une boucle fermée. C’est une économie stationnaire, avec de simples « exploitants ». Il n’y a pas d’innovation, pas de crédit. Avec le capitalisme, on passe à « l’évolution », à la « dynamique ». Le personnage central est l’entrepreneur, pionnier de la dynamique capitaliste puisque c’est à lui qu’appartient la mise en œuvre de l’innovation. Il va, pour ce faire, avoir besoin du banquier et du crédit. Le banquier est bien un acteur tout à fait indispensable pour SCHUMPETER. En effet, la réalisation des innovations nécessite certes les fonds d’épargne préalables, mais plus généralement des crédits : le pari économique appelle le pari bancaire. 16

Au total, on le voit, le cœur de la dynamique capitaliste se joue, pour SCHUMPETER, autour de l’entrepreneur, de l’innovation, du crédit, du risque et du profit (ou de la perte). Il y a, à ses yeux, plus avant, des « grappes d’innovation » et un processus de « destruction créative » – « l’ouragan perpétuel de destruction créative » – qui donne l’impulsion au système, engendre les fluctuations et le changement social ; fait, au vrai, de la dynamique capitaliste une dynamique inévitablement instable et discontinue. Les économistes - SCHUMPETER, encore et surtout -, mais aussi les historiens - BRAUDEL,… -, se sont attachés de longtemps à présenter cette dynamique capitaliste instable dans le cadre de mouvements périodiques indéfiniment recommencés : les cycles ; et ils ont proposé d’appréhender les crises dans ce contexte. On n’entend pas reprendre par le détail les différentes représentations cycliques de l’évolution économique du capitalisme industriel. A dire vrai, les mouvements cycliques qui sont, aujourd’hui, le plus communément reconnus sont au nombre de deux : - le mouvement cyclique long KONDRATIEFF, surtout, - le mouvement cyclique court JUGLAR. On donne une première présentation sommaire de ces deux mouvements dans le schéma n°1.

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SCHEMA N°1 Présentation des deux mouvements cycliques les plus significatifs de la dynamique du capitalisme industriel : KONDRATIEFF et JUGLAR

KONDRATIEFF
PRODUCTION PRIX (indices)

JUGLAR
PRODUCTION PRIX (indices)

Phase descendante de baisse « B »

Phase de baisse dite des « vaches maigres »

Phase ascendante de hausse «A»

Phase de hausse dite des « vaches grasses »

Temps

Temps

0 ◄
cycle d’une durée temps moyenne de 40 à 60 ans



0 ◄ cycle d’une durée temps moyenne►
de 6 à 11 ans

1819-1905 Médecin et économiste français "Les crises commerciales et leur retour Article de base en allemand en 1926. périodique en France, en GrandeTraduction anglaise : The long waves in Bretagne et aux Etats-Unis", 1862 economic life », 1935.

Nicolas D. KONDRATIEFF (ou KONDRATIEV) 1892-1938 ou 39 (fusillé) Economiste russe

Clément JUGLAR

Cycle considéré comme le mouvement Mouvement long essentiel décelable pour central touchant l’ensemble des branches certains même avant le capitalisme économiques du capitalisme

Source : construction personnelle

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On doit donner quelques éléments de plus du cycle long KONDRATIEFF tant il est le mouvement par excellence du capitalisme dans le temps long et qu'on va tout spécialement s'appuyer, pour la suite de cette réflexion, sur ce mouvement long englobant, prenant en compte tous les aspects du développement : les technologies, les dominations, …. ; ces ondes longues ayant scandé l'évolution de la période contemporaine (XIX-XXèmes siècles) avec, à ce jour, quatre cycles longs KONDRATIEFF derrière nous, selon le tableau que voici (cf. encart n°2).
ENCART N° 2 Les 4 cycles longs KONDRATIEFF déjà écoulés

Source : L'Expansion, 4/17 mars 1993

Ce qu'il y a lieu de souligner - sans aller plus loin dans la présentation de ces deux cycles - c'est - durée différente mise à part - qu’ils nous invitent à regarder tous les deux la dynamique du système capitaliste industriel sous la forme de phases récurrentes et alternées : d'abord phase d'essor, phase ascendante, phase de hausse ; et après, phase de déclin, phase descendante, phase de baisse. Le système capitaliste industriel suit - si l'on ose dire - ce sentier « normal » et « obligé » d'évolution. Et l'on peut - l'on doit - faire apparaître la crise dans cette perspective de la dynamique du capitalisme industriel. La crise, dans cette perspective ? La crise stricto sensu ? Elle est un moment du mouvement cyclique, la phase courte,
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très aigue, de « rupture », de « retournement ». C'est ce que les Anglo-Saxons appellent les « zones » ou les « points de retournement » (cf. schéma n°2).
SCHEMA N° 2 La crise dans la perspective cyclique : la crise stricto sensu
La crise dans la perspective mouvement cyclique long KONDRATIEFF La crise dans la perspective mouvement cyclique court JUGLER

Crise « plage ou zone pluriannuelle de retournement »

Crise « point de retournement »

Dans le cadre « sommet » de cycle plutôt en ogive

Dans le cadre « sommet » de cycle plutôt en pointe ou en triangle

Source : construction personnelle ** *

On peut, dès lors, à partir de cet « outillage » élémentaire sur lequel on prendra appui pour toute la suite sur le thème : « Hier, la crise ; demain, la guerre ? », tenter de répondre à la

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question sous-jacente au fond de notre réflexion : « La crise va-t-elle amener le monde au bord du gouffre ? »1. Il est sûr, premièrement, que nous venons de vivre, hier, en 2007-2008, une crise stricto sensu exceptionnelle, celle du capitalisme financier mondialisé sous domination américaine. On persuadera, dans un deuxième temps, si besoin est, que cette crise va être suivie – est suivie – d'une longue et difficile période de transition jusqu'aux années 2030. Le tout nous amènera à déboucher - ce sera le troisième point - sur une issue incertaine pour ces années 2030.

On paraphrase le titre du journal The Economist, repris par François FILLON, Premier Ministre, le 05 octobre 2008.

1

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PARTIE I

La crise 2007 – 2008 comme crise exceptionnelle du capitalisme financier mondialisé sous domination américaine

• Nous venons de connaître, en effet, sur 2007-2008, une crise stricto sensu violente, particulièrement pathétique, sans équivalent historique. Une crise stricto sensu chronologiquement limitée sur ces deux années 2007-2008, mais qui déborde, sans aucun doute, sur 2009 - la « zone » ou « plage de retournement » du KONDRATIEFF, au-delà du « point de retournement » du JUGLAR -, si bien que, à dire le vrai, il vaudra sans doute mieux parler - lorsqu'on aura le recul temporel suffisant pour le faire avec assurance - de la crise stricto sensu 2007-2008-2009, pour prendre donc en compte les « prolongements » en 2009 avec, en particulier, la très sévère rechute des grandes places boursières mondiales en février-mars 20092. Ce qu’on peut affirmer, dès maintenant, c'est que, si le capitalisme a été particulièrement « secoué » durant les deux années 2007-2008 - voire, donc, peut-être, en plus, sur 2009 -, il est clair, dès aujourd'hui (début 2010), que le point culminant de cette crise stricto sensu a bien été les mois de septembre-octobre 2008 où l’on a eu l'impression que le système capitaliste était « KO » debout, à deux doigts du néant. Si l'on veut faire écho à nos notations précédentes sur les cycles, on a bien eu, en effet, semble-t-il, en septembreoctobre 2008, la conjonction et la superposition des « sommets » liés d'un cycle long KONDRATIEFF et d'un cycle court JUGLAR, ce qui explique que « l'explosion » du système capitaliste ait été aussi forte (cf. schéma n°3).

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Et la nouvelle alerte sur la « planète financière », avec la chute de Dubaï (« Dubaï world »), le 25 novembre 2009.

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SCHEMA N°3 Le sommet de la crise stricto sensu en septembre-octobre 2008 comme « sommets » liés d'un cycle long KONDRATIEFF et d'un cycle court JUGLAR Septembre-octobre 2008

«A»
«B»

Phase de hausse

Phase de baisse

« Point de retournement » du cycle JUGLAR
« Zone » ou « plage » de « retournement » du cycle KONDRATIEFF

Source : construction personnelle

• Ce dont il s'agit, c'est bien de « l'explosion » du capitalisme dans sa configuration présente de nos années 2000, qui marque l'hégémonie de la finance comme son trait le plus saillant : on a cru pouvoir exprimer cette identité la plus véritable du système en ce début de XXIème siècle en parlant de « capitalisme financiarisé » ou, plus brièvement, de « capitalisme financier ». On a bien assisté, en effet, dans ces années 2007-2008, à la plus grande crise du capitalisme financier mondialisé qui s’est mis en place à partir des années 1980, sous l’impulsion et la domination américaines. Nulle surprise, par suite, que cette crise financière exceptionnelle se soit déclenchée sur la
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principale place financière du moment, qui est alors aussi le cœur économique et politique du monde : les Etats-Unis d’Amérique qui sont, dans nos décennies 1990-2000 - après la fin de la guerre froide et la disparition de l’URSS (198991) -, la puissance hégémonique - « l’hyperpuissance mondiale » (H. VEDRINE)3 - dont la domination sans partage va être remise en question pour la première fois depuis près d’un siècle. • Pour aller plus loin dans la présentation de cette crise exceptionnelle du capitalisme financier globalisé sous hégémonie américaine, on peut persuader que cette crise stricto sensu - qui a donc commencé en 2007, qui a révélé toute sa violence en 2008 - est, en première analyse, l'une des crises du capitalisme contemporain et - à y regarder plus en détail - sans doute La Crise la plus forte et la plus significative à ce jour de ce capitalisme contemporain.

3

Cf. VEDRINE (H) : Face à l’hyperpuissance, que faire ?, Fayard, 2003.

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I–1 LA CRISE 2007-2008, COMME L'UNE DES CRISES
DU CAPITALISME CONTEMPORAIN

• L'évolution du capitalisme industriel contemporain (XIX-XXèmes siècles) n'a cessé d'être rythmée par des cycles, par des cycles JUGLAR en particulier, durant tout le XIXème siècle et au-delà (cf. tableau n°1).
TABLEAU N°1 Cycles JUGLAR ou cycles majeurs classiques de 1819 à 1913 (prix et production)
EUROPE ETATS-UNIS

Durée du cycle

Point de rupture

Phase B

Durée du cycle

Point de rupture

Phase B

1819-1832

1825

1825-1832

1818-1822

1819

1819-1822

1832-1842

1836

1836-1842

1822-1830

1826

1826-1830

1842-1851

1848

1848-1851

1830-1835

1834

1834-1835

1851-1861

1857

1857_1861

1835-1839

1837

1837-1839

1861-1869

1867

1867-1869

1839-1845

1842

1842-1845

1869-1878

1873

1873-1878

1845-1850

1849

1849-1850

1878-1886

1882

1882-1886-87

1850-1860

1857

1857-1860

1887-1895

1890

1890-1895-96

Guerre de Sécession et reconstruction

1896-1908

1907

1907-1908

1868-187677

1873

1873-187677

1908-1913

1913

1913

1877-1886

1883

1883-1886

1886-1896

1892

1892-1896

1896-1908

1907

1907-1908

1908-1911

1910

1910-1911

Source B. MARCEL (B) et J. TAIEB (J) : Crise d'hier, crise d'aujourd'hui, Nathan, 1989 – p188

Et, dans le cadre de ces cycles JUGLAR, la crise - comme « rupture » - apparaît comme une crise financière avec chute des cours de bourse, contraction du crédit, baisse des prix,… Il n'y a pas lieu d'en être surpris. On a vu déjà, avec SCHUMPETER, la place du banquier et du crédit dans sa « théorie » de la dynamique du capitalisme. Et, de fait, les
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