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Collection « Points de Vue»

Collection

~

Points de vue»

SEKOUTRAORE, Les intellectuels africains face au marxisme, 1983. WOUNGLy-MASSAGA,Où va le Kamerun ?, 1984. J.-P. BIYITIbi ESSAM,Cameroun: complots et bruits de bottes, 1984. P. KOFFI TEYA, Côte-d'Ivoire: le roi est nu, 1985. MlTŒBA-TsHITENGE" Zaïre. Combat pour la deuxième indépendance, 1985. ELOI MESSI METOGo, Théologie africaine et ethno-philosophie, 1985. Victor KAMGA,Duel camerounais: démocratie ou barbarie, 1985. Guy NUMA, Avenir des Antilles-Guyanne .. des solutions existent, 1986. Guy ADJÉTÉ KOUASSIGAN,Révolution ou diversité des possibles, 1986. Sidiki DIAKITÉ, Violence technologique et développement, 1986. E. KENGNE POKAM, La problématique de l'unité nationale au Cameroun, 1985. Mar FALL, Sénégal, l'Etat Abdou Diouf ou le temps des incertitudes, 1986. J.-B. NTANDou, L'Afrique mythifiée, 1986. Babou P. BAMOUNI, Burkina Faso, processus de la Révolution, préface de Mongo Beti, 1986. M. AMONDJI, Côte-d'Ivoire, le PDCI et la vie politique de 1944 à 1985, 1986. Cheick Oumar DIARRAH, Le Mali, de Modibo Keita; préface de Christian Coulon, 1986. Ferdinand DELÉRIS, Ratsiraka: misère et socialisme à Madagascar, 1986.

PIERRE ENGLEBERT

LA RÉVOLUTION BURKINABÈ
Préface de Jean-Pierre Cot

L'Harmattan 5-7 rue de l'École-Polytechnique 75005 - Paris

LE BURKINA FASO A L'HARMATTAN
Paulin B. BAMOUNI, Burkina Faso, processus de la Révolution,

préfacé par Mongo Beti, coll. « Points de Vue », 1986.
BACHY, La Haute-Volta et le cinéma, 1982. DANIEL et BAUDOIN, L'Islam en Haute-Volta à l'époque coloniale. Maurice DUVAL, Un totalitarisme d'État, essai d'anthropologie politique à partir d'un village burkinabè. ETIENNE-NuGUE, Artisanats traditionnels en Haute-Volta, 2 tomes, 1983. J.-M. MIGNON, Afrique: Jeunesses uniques, jeunesse encadrée, 1984. H. ROUlLLÉ-D'ORFEUIL, Coopérer autrement, 1984. J.-P. PABANEL,Les coups d'États militaires en Afrique Noire, 1984. M.P. VAN DIJK, Burkina Faso, le secteur informel à Ouagadougou. TITINGAPACÉRÉ, Refrains sous le Sahel (poésie). Ça tire sous le Sahel (poésie).

@ L'Harmattan,

1986

ISBN: 2-85802-756-0 ISSN : 0761-54248

PRÉFACE
DE Jean-Pierre COT *

Le 4 août 1983, Thomas Sankara et un groupe de jeunes officiers progressistes prenaient le pouvoir à Ouagadougou. Dans une Haute-Volta habituée aux coups d'Etat militaires sans effusion de sang, l'opération pouvait ressembler à un incident, un règlement de comptes au sein des forces armées voltaïques. Après trois aIlS, il faut bien prendre la révolution burkinabè au sérieux. C'est ce que propose Pierre Englebert. Il n'est pas facile de porter une appréciation. L'histoire n'attend pas. Son cours cahotique remet en cause l'équilibre des forces de mois en mois. Ainsi, les relations entre Sankara et les milieux d'affaires, les syndicats ou les fonctionnaires ont singulièrement fluctué et changeront encore. L'histoire immédiate multiplie chausse-trapes et mirages. Elle n'en est pas moins nécessaire pour comprendre l'événement à mesure de son déroulement. Arthur Young ou John Reed apportent à l'analyse des révolutions de 1789 ou de 1917 des éléments de témoignage et d~analyse irremplaçables même si leur jugement global a été cruellement démenti sur certains points essentiels. Aussi, l'intérêt de l'étude de Pierre Englebert réside-t-il davantage dans les questions fondamentales posées que dans les réponses précaires apportées. L'auteur ne cache pas sa sympathie pour le Burkina Faso, sa révolution, son chef d'EtaL On le comprend. Le Burkina Faso séduit le visiteur par l'ancienne culture, le plaisir de la conv~rsation, la recherche d'une identité à base d'authenticité et de dignité. Les cadres de la révolution croient à

* Ministre de la Coopération

française de 1981 à 1982. 5

leur entreprise. S'ils n'échappent pas toujours à la langue de bois, ils mettent à l'ouvrage une ardeur, une sincérité et une intégrité remarquables. Enfin, le Capitaine Sankara construit son charisme sur une personnalité faite d'habileté et d'innocence à la fois, d'intelligence vive, de séduction de l'interlocuteur et d'une modestie surprenante chez un chef d'Etat. On comprend qu'Englebert n'ait pas résisté et que son ouvrage, sans être hagiographique, soit souvent indulgent. Au-delà de cette relation personnelle et sentimentale entre l'auteur et le sujet, que je comprends et partage dans une large mesure, Englebert met en application une grille d'analyse des régimes militaires progressistes en Afrique. Or, ce type de démarche n'échappe pas toujours à un double anachronisme. En premier lieu, l'anachronisme de l'objet. Qu'est-ce qu'un régime militaire progressiste? Est-ce un régime qui se baptise tel ? Le Burkina Faso entre alors sans conteste dans la catégorie. Les autorités burkinabè se complaisent dans une rhétorique qui fleure les couloirs de la Sorbonne dans la période post soixante-huitarde. Les débats idéologiques entre factions rivales au pouvoir portent sur des points d'un raffinement dialectique qui paraît fort éloigné des enjeux du pays. N'est-on pas en présence d'un «remake» des régimes progressistes des années soixante? La question n'est pas aisée lorsqu'on constate la dérive de la plupart de ces régimes, qui
ne conservent de progressiste que l'étiquette

-

et les votes

à

l'Assemblée générale de l'O.N.U. Dans nombre de cas, l'idéologie brandie camoufle une politique de confiscation du pouvoir politique et économique par une bourgeoisie militaire sans qu'on puisse déceler un quelconque bénéfice pour la condition des rares ouvriers ou des nombreux paysans exploités par le système. Sur ce point, le Burkina Faso semble faire exception. La modestie du train de vie de la classe dirigeante, la vigueur de la lutte contre la corruption, l'option en faveur du développement rural indiquent une volonté démocratique de mise en place d'une société par le peuple et pour le peuple. Le fait est suffisamment original pour être signalé. L'acquis, fragile, ne sera pas facile à consolider. Il )). tranche, pour l'heure, sur le lot des régimes « progressistes En second lieu, l'anachronisme touche la grille de classement elle-même. Que vaut la distinction entre« régimes progressistes et «régimes conservateurs)) après un quart de siècle d'indépendance? Le discours anti-impérialiste et la relative indulgence pour les positions prises, par l'Union soviétique et ses alliés, soit! Mais
))

6

au-delà, quelles économiques?

conséquences

peut-on

tirer quant

aux options

Certains régimes « progressistes» recherchent avec assiduité et souvent avec succès les investissements capitalistes. Je songe par exemple au Congo ou à l'Angola, qui a su tisser des liens étroits et ambigus avec la Gulf Oil. D'autres n'y songent point... parce qu'ils n'ont rien à offrir! Quant à la politique sociale, qui se confond dans une large mesure avec la politique de développement rural ou du déséquilibre urbain, est-elle si différente dans le camp progressiste et dans le camp conservateur? Le problème ethnique, dont personne ne parle mais auquel tout le monde songe, n'est pas traité d'une manière particulièrement progressiste d'un bord ou conservatrice de l'autre. Et il n'est pas jusqu'à la stratégie d'indépendance nationale qui échappe à ce clivage trop simple.
Le temps est venu de renoncer à ces classements faciles que ne sous-tend même plus une ardeur tiers-mondiste aujourd'hui mise à rude épreuve. Ayons le courage d'analyser sans fard une vérité qui ne se laisse pas facilement cerner. Nous rendrons service, ce faisant, à la cause de la solidarité Nord-Sud mieux que par des automatismes intellectuels qui ne correspondent plus à la réalité du terrain. Au demeurant, le Burkina Faso n'a rien à craindre au jeu de la vérité. Il serait plutôt renforcé dans sa détermination si on le débarrassait de certains modèles encombrants. En faisant cette constatation d'ordre épistémologique et méthodologique, je ne méconnais pas le pouvoir d'attraction que continue d'exercer le modèle soviétique en Afrique. Les chercheurs occidentaux ont aujourd'hui tendance à sous-estimer l'image de l'Union soviétique, naguère patrie du socialisme et devenue aujourd'hui la caricature du socialisme avec sa nomenklatura, sa violation des droits de l'homme, son armée d'occupation en Afghanistan. Mais pour nombre de pays du tiers-monde, l'U.R.S.S. reste le pays sous-développé de 1917 qui, malgré l'hostilité du monde capitaliste, a réussi à devenir une superpuissance et à conquérir l'espace. Plus encore, les Soviétiques sont restés fidèles dans leur soutien aux mouvements révolutionnaires et dans la lutte contre l'apartheid alors que les démocraties occidentales ont fluctué et continuent d'être ambiguës dans leur démarche. Enfin, la faiblesse de l'effort de coopération soviétique avec le tiers-monde est passée par pertes et profits, d'autant que la coopération occidentale voit ses efforts plus que compensés par la variation erratique des cours des matières premières et l'accroissement de la charge de la dette. 7

L'astre socialiste de Moscou, qui nous paraît éteint à l'Occident, continue encore de briller dans le tiers-monde pour quelques années-lumière. La persistance d'un modèle radicalement rejeté par tous les secteurs de l'opinion occidentale pose un problème qui mérite invC?stigation. Au-delà de l'influence de la grande puissance, qui se comprend aisément et se mesure sans trop de mal, le pouvoir de séduction des héritiers de la révolution d'octobre dans une bonne part du tiers-monde devrait être analysé avec plus de précision qu'on ne l'a fait à ce jour. L'analyse d'Englebert pose un autre problème, plus récent et plus connu, celui de l'influence exercée par la Libye en Afrique noire. Certes, l'étoile du Colonel Khadafi a pâli pour diverses raisons, dont la baisse brutale des recettes pétrolières n'est pas la moindre. On reste cependant confondu devant l'habileté et l'entregent de la diolomatie libyenne. Un mélange de ruse et de brutalité, un réseau d'information remarquablement renseigné ont permis à ce petit pays, avec des ressources limitées, de manifester sa présence sur tout le continent africain et bien au-delà. Ces explications de nature technique ne suffisent pas. Il faut y ajouter le message politique, idéologique, religieux de Khadafi, l'aspiration à la dignité, la dénonciation des élites occidentalisées et de leur corruption. En une période où reviennent en force les analyses de realpolitik et où l'on enterre bien vite les idéologies, les succès incontestables de la Jamahirya libyenne apportent un démenti troublant. L'étreinte libyenne peut être étouffante. Le Burkina Faso en a fait l'expérience après d'autres et a pris ses distances vis-à-vis de Tripoli plus tôt que d'autres. La volonté intransigeante d'indépendance, la soif de dignité ont sans doute joué dans cette relation ambiguë, aujourd'hui distendue. «Le Pays des Hommes Dignes », telle est la traduction approximative de «Burkina Faso », l'aspiration à une dignité retrouvée est peut-être la clef qui permet de comprendre Thomas Sankara, son peuple, sa politique. La politique de Faso est d'abord une morale. On s'explique ainsi la sincérité et la sévérité des condamnations portées à l'encontre du colonialisme, du néo-colonialisme et surtout de l'apartheid, négation de la dignité de l'Africain. On s'explique encore l'importance de la lutte contre la corruption, qui ne se traduit pas seulement par des procès spectaculaires, mais par une conduite irréprochable de l'appareil d'Etat, rare dans ces latitudes. La modestie du train de vie 8

du gouvernement qui symbolise la promotion de la Renault 5 au rang de limousine présidentielle, participe de la même rigueur morale, comme l'appel constant au civisme de chacun. Peu habitués à cette discipline, bercés plutôt par des dictatures indolentes que par des hymnes révolutionnaires, les Burkinabè n'en reviennent pas encore tout à fait. Pourtant, une révolution est en cours. Pierre Englebert nous en donne un aperçu. Jean-Pierre COT

9

Remerciements A Mme Paule Bouvier, professeur à la faculté des Sciences économiques, politiques et sociales de l'Université Libre de Br\lXelles ; au Conseil de la Coopération de l'Université Libre de Bruxelles.

à tous ceux qui ont facilité mes recherches, mes contacts et la réalisation de ce livre, à Bruxelles, à Paris et à Ouagadougou.

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SQurce : BOURGES (H.) et WAUTHIER (C.), Les 50 Afriques, Paris, Seuil, 1979.

12

SIGLES ET ABRÉVIATIONS

AE.V.O.

AS.O. CA.M. C.A.T.C. CD.R. C.M.R.P.N. C.N.A.M. C.N.R. CN.T.B. CP.M. C.R.E.S. C.S.B. C.S.P. C.S.V. D.O.P. E.P.I. F.E.D. F.P.V. G.C.B. LIP AD M.D.V. M.L.N. M.N.R. M.P.A O.C.V. O.M.R. O.N.S.L.

Association des Étudiants Voltaïques de Ouagadougou Association des Scolaires de Ouagadougou Comité d'Administration Ministériel Confédération Africaine des Travailleurs Croyants Comité de Défense de la Révolution Comité Militaire de Redressement pour le Progrès National Comité National d'Administration Ministériel Conseil National de la Révolution Confédération Nationale des Travailleurs Burkinabè Commission du Peuple chargée des Secteurs Ministériels Conseil Révolutionnaire Économique et Social Confédération Syndicale Burkinabè (ex-C.S.V.) Conseil de Salut du Peuple Confédération Syndicale Voltaïque Discours d'Orientation Politique Effort Populaire d'Investissement Fonds Européen de Développement Front Progressiste Voltaïque Groupe Communiste Burkinabè Ligue Patriotique pour le Développement Mouvement Démocratique Voltaïque Mouvement de Libération Nationale Mouvement National pour le Renouveau Mouvement Populaire Africain Organisation Communiste Voltaïque Organisation Militaire Révolutionnaire Organisation Nationale des Syndicats Libres (exO.V.S.L)

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Organisation Voltaïque des Syndicats Libres Parti Africain pour l'Indépendance Parti Communiste Révolutionnaire Voltaïque Parti Démocratique Unifié Programme Populaire de Développement Parti du Regroupement Africain Parti Républicain de la Liberté Parti Social pour l'Émancipation des Masses Africaines RD.A. Rassemblement Démocratique Africain RD.P. Révolution Démocratique et Populaire S. N. E. A. H .-Syndicat National des Enseignants Africains de V. Haute-Volta S.N.E.B. Syndicat National des Enseignants Burkinabè (exS.N.E.A.H.V.) S.N.E.S.S. Syndicat National des Enseignants du Secondaire et du Supérieur (ex-S.U.V.E.S.S.) S.N.P. Service National Populaire S.U.V.E.S.S. Syndicat Unique Voltaïque des Enseignants du Secondaire et du Supérieur S.V. Solidarité Voltaïque SYN .T .S. H. -Syndicat des Travailleurs de la Santé Humaine et A. Animale T.P.R. Tribunaux Populaires de la Révolution U.C.B. Union des Communistes Burkinabè U.F.B. Union des Femmes Burkinabè U.G.E.B. Union Générale des Étudiants Burkinabè (exU.G.E.V.) U.G.E.V. Union Générale des Étudiants Voltaïques U.G.T.A.N. Union Générale des Travailleurs d'Afrique Noire U.L.e. Union de Lutte Communiste U.N.A.B. Union Nationale des Anciens de Burkina U.N.D.D. Union Nationale pour la Défense de la Démocratie U.N.1. Union Nationale des Indépendants U.N.T.B. Union Nationale des Travailleurs du Burkina (exU.S.T.V.) U .N . S .T . H .-Union Nationale Syndicale des Travailleurs de V. Haute-Volta U.P.V. Union Progressiste Voltaïque U.S.T.V. Union Syndicale des Travailleurs Voltaïques U.V. Union Voltaïque

O. V.S.L. P.A.I. P.C.RV. P.D.U. P.P.D. P.RA. P.RL. P.S.E.M.A.

14

INTRODUCTION

«

Le Président du Conseil National de la Révolution, chef

de l'État, ordonne: Article premier: le territoire libre d'Afrique limité - au Nord et au Nord-Ouest par la République du Mali ; - au Sud par les Républiques de Côte-d'Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin; à l'Est et au Nord-Est par la République du Niger et dénommé Haute-Volta, s'appelle désormais le Burkina Faso. Article 2: Le Burkina est un État démocratique et populaire, de forme républicaine. Il est un et indivisible. Article 3 : Le Faso est l'entité juridique et politique, le foyer inextinguible où souffle le vent vivifiant de la liberté et de la dignité qui redonne au peuple toute sa grandeur et fait de lui l'allié naturel de tous les peuples du monde qui partagent les mêmes idéaux de liberté et de dignité. Le Faso est la patrie du peuple révolutionnaire du Burkina. Article 4 : Les habitants du Burkina s'appellent les Burkinabè.

-

Article 5 : ... La devise est « La Patrie ou la Mort, nous vaincrons! Ouagadougou, le 2 août 1984 Capitaine Thomas Sankara » 1
1. Ordonnance p.804. 84-43-CNR-PRES, Journal

»

Officiel,

16 août

1984,

15

C'est ainsi que la Haute-Volta devint le Burkina Faso 2. Un an plus tôt, le 4 août 1983, ce pays avait connu son sixième coup d'État en vingt-trois années d'indépendance. Un groupe de jeunes officiers progressistes conduits par le capitaine Thomas Sankara prenait le pouvoir. Dans les mois qui suivirent, le nouveau régime procéda, sous la direction du Conseil National de la Révolutio.n, à de nombreux bouleversements qui touchèrent autant les institutions politiques, le système économique et social, la vie quotidienne que les relations extérieures. Il importe de garder en mémoire que le Burkina est un pays particulièrement pauvre dont l'état d'enclavement aggrave le faible développement économique. Le Nord du pays, situé dans la zone sahélienne, connaît peu de pluies. Et si le Sud, en région soudanienne, connaît une pluviosité normale, elle est toutefois inéquitablement répartie dans le temps. Par ailleurs, les sols sont arides. Près de la moitié du pays est recouverte d'une couche de latérite qui rend la terre difficilement cultivable. Le Burkina tire l'essentiel de ses devises de l'exportation de bétail sur pied et du coton. La sécheresse a toutefois fortement affecté la qualité du bétail et les exportations de viande sudaméricaine sont sévèrement concurrentielles. Les 90 %. de la population qui travaillent la terre produisent donc principalement du mil, du sorgho, des arachides, des noix de karité et du maïs pour la consommation locale. Encore ne parviennent-ils pas à éviter un déficit alimentaire presque chronique. Une série d'indicateurs économiques et statistiques sont iIIustratifs de la faiblesse du pays. Avec 171 médecins en 19843, soit un pour 45 000 habitants, le Burkina lutte difficilement contre une
2. Le mot «Burkina» provient de la langue moré et signifie «les hommes dignes» ou « intègres ». Quant à « Faso », c'est du dioula qui traduit autant d'idée de «maison », que de « village », «pays» ou « république ». Le Faso étant la forme de l'État, c'est donc une erreur de parler de République du Burkina Faso. De même, le Capitaine Sankara n'est pas le Président de la République, mais le Président du Faso. On désignera communément le pays sous le nom de Burkina, comme il est d'usage pour la Belgique au lieu du Royaume de Belgique ou pour la France de République française. Notons encore que .au lieu aussi l'adjectif relatif au Burkina, est invariable.le terme Burkinabè, qui est

3. Statistiques de la D.E.P.S.S. Carrefour Africain, n° 892, 19 juillet 1985, p. 28. 16

mortalité infantile de 208 %04. Quant à son produit intérieur brut par habitant, il ne dépasse pas 860 FF S. En 1982, le Burkina exportait ses produits agricoles pour 18 milliards de francs CFA tandis que dans le même temps, il importait des produits alimentaires, pharmaceutiques et pétroliers et du matériel d'infrastructure pour 90 milliards de francs CFA 6. Son commerce extérieur est donc lourdement déficitaire mais sa balance des paiements reste positive grâce à l'envoi de fonds des travailleurs émigrés et à l'aide extérieure. Le service de la dette atteignait 15 milliards en 1985 pour un total des dépenses budgétaires de 76, 67 milliards de francs CFA 7.
Mais, avec presque 8 millions d'habitants au dernier recensement de 1985, le Burkina détient un potentiel de développement considérable. Bien que la migration vers les pays frontaliers soit importante (principalement vers la Côte-d'! voire), le volume de la population reste un atout pour le Conseil National de la Révolution. C'est pourquoi, à défaut de moyens financiers, la mobilisation de la population et l'investissement humain sont devenus des objectifs prioritaires. Cette population est par ailleurs, bien qu'hétérogène, nettement moins divisée que dans de nombreux autres pays d'Afrique. Sur le plan ethnique d'abord, les conflits sont absents, bien qu'il soit possible, mais dans une très faible mesure seulement, de trouver une connotation ethnique à certains conflits de nature fondamentalement différente. L'ethnie Mossi représente à elle seule quelque 50 % de la population totale. Les principales autres ethnies sont les Gourounsi, les Gourmantché, les Lobi, les Bobo ainsi que les Samo et les Dioula, ces deux dernières appartenant à la famille Mandé 8. On trouve aussi des Peul et des Touareg surtout dans le Nord. Sur le plan religieux, la pratique de l'animisme reste très importante et touche environ 80 % de la population. Le catholicisme est pratiqué par 5 % des Burkinabè seulement mais son incidence politique est nettement supérieure à ce que ce chiffre 4. L'État du monde, Paris, La Découverte, 1984, p. 294. 5. Le P.I.B. s'élevait à 347 milliards de F. CFA en 1982 (HAGGBLADE, Steve, Profil macro-économique du Burkina Faso, Ouagadougou, USAID, décembre 1984, p. 3). 6. Année politique et économique africaine, 1985, p. 27. 7. Marchés tropicaux, n° 2045, 18.1.1985, p. 142. 8. Voir la carte des groupes ethniques, p. 22.
17

permettrait de conclure car, au travers des écoles missionnaires, il a formé les premières générations d'hommes politiques. Si l'importance du catholicisme tend quelque peu à diminuer aujourd'hui, la pénétration de l'Islam reste par contre constante; il est actuellement pratiqué par 15 % de la population. Toutefois, cette diversité religieuse n'entraîne pas plus de conflits que la diversité ethnique. L'africanisation rapide des responsables de l'Église catholique lui a très tôt fait perdre son image d'instrument de la colonisation. Peut-être, comme le pense F.-D. Bassolet, cette absence de tensions provient-elle de ce que l'animisme reste le principal fondement religieux des Burkinabè et que, « dans une certaine mesure, les autres croyances (ne sont que) du vernis sur l'âme voltaïque» 9. C'est ainsi que ni .a religion, ni le tribalisme ne sont des facteurs déterminants dans l'analyse politique de l'évolution du Burkina. Cela constitue certainement une originalité en Afrique. Par contre, comme cela apparaîtra dans ce livre, le syndicalisme occupe une place importante dans la société burkinabè. Il s'agit en effet d'un syndicalisme très diversifié et très combatif. Fort d'une trentaine de syndicats de base, regroupés en quatre grandes centrales, le mouvement syndical et la vigueur de son opposition aux régimes en place sont une des causes principales des nombreux coups d'État survenus dans l'histoire du Burkina. Toutefois, l'action syndicale revêt suivant le cas des dimensions différentes: ici, elle défend les intérêts corporatistes; là, elle se fait le relais des partis politiques; ailleurs encore, ses objectifs sont véritablement révolutionnaires. Ce livre est divisé en deux parties. La première concerne le monde d'accession au pouvoir, c'est-à-dire le coup d'État JO.Elle tente, par une comparaison avec les coups d'État antérieurs, de discerner les originalités de l'avènement du Conseil National de la Révolution. Cet aperçu des
9. Bassolet (François-Djoby), Évolution de la Haute-Volta de 1898 au 3 janvier 1966, Ouagadougou, Imprimerie nationale, 1968, p. 49. 10. Nous avons choisi, avec quelque entorse à la science politique, de désigner par Coup d'État tout changement ou clarification de direction politique qui se fonde sur l'emploi de la force armée ou dont la réalisation est permise du fait que l'auteur possède cette force sans qu'il lui soit nécessaire d'y recourir et qui viole la constitutionnalité au sens large du régime précédent. 18

différents coups d'État offre par la même occasion la possibilité de récapituler les principaux événements de t'histoire politique anté~ rieure à la révolution. La deuxièroepartie est relative au régime actuel. Après une approche des fondements idéologiques et politiques, elle cherche, à travers la pratique du pouvoir, à donner un aperçu des rapports sociaux au Burkina et de la politique extérieure du Conseil National de la Révolution. La proximité chronologique des événements rend difficiles l'observation et l'analyse. Par ailleurs, tout phénomène révolutionnaire revêt un caractère passionnel considérable et le séjour de terrain implique le chercheur dans les événements. La distanciation vis-à-vis du sujet qu'impose la démarche scientifique n'exclut pas qu'il puisse exister des affinités envers les phénomènes étudiés.

19

PREMIÈRE MODE D'ACCESSION

PARTIE AU POUVOIR:

COUP D'ÉTAT OU RÉVOLUTION?

(Source: Institut géographique 22

burkinabè).

CHAPITRE

I

LA PRATIQUE DU COUP D'ÉTAT DANS L'HISTOIRE DE LA HAUTE-VOLTA

L'étude de la pratique des coups d'État en Haute-Volta ne peut être isolée de l'évolution politique générale du pays, celle-ci expliquant ceux-là. C'est pourquoi seront envisagés à la fois les régimes qui précèdent les coups d'État, ou ceux que ces coups mettent en place ainsi que leur évolution propre.

I . BREF APERÇU DE LA PÉRIODE CIVILE
(1944-1966)

10 La formation des élites politiques

1

Afin de mieux saisir les composantes de l'évolution antérieure au premier coup d'État, il convient de choisir comme point de départ, plutôt que l'indépendance en 1960, la conférence de Brazzaville de 1944. A cette date, en effet, fut prise la décision d'accorder une représentation des colonies au Parlement métropolitain. Elle marque dès lors les débuts de la vie politique en Haute-Volta. Parmi les événements qui se succéderont ensuite, l'accession' du pays à l'indépendance ne représente somme toute qu'un épisode mineur pour notre propos.

1. Cette première section s'inspire principalement des ouvrages de Bassolet (François-Djoby), Évolution de la Haute- Volta de 1898 au 3 janvier 1966, Ouagadougou, Imprimerie Nationale, 1968 et Balima (Salfo-Albert), Genèse de la Haute-Volta, Ouagadougou, Presses africaines, 1970. 23

Le contexte de la conférence de Brazzaville est celui de la fin de la deuxième guerre mondiale, période ou prévaut parmi les gouvernements alliés, le sentiment que la victoire est proche. Elle a pour but principal d'élaborer des recommandations en vue d'une modification du statut des colonies françaises. L'influence croissante des États-Vnis et de l'U.R.S.S. opposés à la colonisation, la reconquête gaullienne au départ de l'Afrique et la dette morale contractée à l'égard des milliers de soldats noirs ayant combattu pour la France sont autant d'éléments qui sont intervenus en faveur d'une telle conférence. Elle réunit donc, à Brazzaville, du 30 janvier au 8 février 1944, l'ensemble des gouverneurs des colonies, sous la présidence de René Pléven, commissaire aux Colonies du Gouvernement provisoire de la République. Aucun Africain n'y assiste. Les principales recommandation'Si adopté~ portent 'Siurl'aménagement des droits et libertés des indigènes, la suppression du travail forcé (remplacé, cependant, par le travail obligatoire) et la représentation des colonies au Parlement français. Après la libération, ces recommandations furent adoptées par le Gouvernement du Général De Gaulle en août et septembre 1945, par voie d'ordonnances qui fixèrent à soixante-trois le nombre des

députés d'Outre-Mer, tous territoires compris 2. Sur base de ces
ordonnances, des élections eurent lieu le 21 octobre 1945 en vue de la formation d'une Assemblée Constituante. Les premiers élus africains siègent donc alors à l'Assemblée française, sous les couleurs des partis métropolitains: la S.F.I.O. (Section Française de l'Internationale Ouvrière) pour Léopold Senghor et Lamine Gueye, le Parti Communi'Site pOUT Félix Houphouët-Boigny, etc. Ces réformes provoquent bientôt la réaction des secteurs conservateurs de la société française qui convoquent eO juillet 1946 les États Généraux de la Colonisation française en réponse au 'libéralisme' du Gouvernement. Face à cette réaction, les élus africains se sentent solidaires et décident de créer un «intergroupe parlementaire de députés autochtones »3 sous la présidence de Lamine Gueye. C'est le
2. Borella (François), L'évolution politique et juridique de l'Union française depuis 1946, Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1958, p. 37. 3. Milcent (Ernest), L'A.O.£' entre en scène, Paris, Témoignage chrétien-Bibliothèque de l'homme d'action, 1958, p. 35. 24

premier pas vers l'idée d'un groupe plus vaste, susceptible de constituer la base d'un véritable parti africain. Mais cette initiative inquiète le gouvernement français et les pressions exercées par les socialistes et le M.R.P. (Mouvement Républicain Populaire) découragent Léopold Senghor et Lamine Gueye. La conférence de Bamako d'octobre 1946, qui s'était assignée comme objectif la concrétisation de ce parti africain ne rassemble plus dès lors que les élus apparentés au groupe communiste. Cette conférence sera pourtant à l'origine de la création du premier grand parti d'Outre-Mer, le Rassemblement Démocratique Africain (R.D.A.) dont le programme, alors radical, s'oppose à l'assimilation, au colonialisme et à l'impérialisme. L'influence du Parti communiste français y est sensible et le groupe parlementaire issu du R.D.A. maintient son apparentement au P.C.F. En 1946 eurent lieu de nouvelles élections 4. Sur le territoire de la Haute-Volta, ces élections furent l'occasion d'un affrontement entre le candidat de la chefferie mossi, soutenu par l'administration coloniale, et le candidat du R.D.A. C'est ce dernier qui l'emporta. Il importe de préciser ici que la Haute-Volta n'existait plus alors en tant que colonie. Elle avait été partagée en 1932 entre le Niger, le Soudan français (actuel Mali) et principalement la Côte-d'Ivoire. Le but alors poursuivi par le colonisateur était de rendre plus facile l'émigration des Voltaïques vers les plantations ivoiriennes ou vers l'Office du Niger au Mali, vaste périmètre irrigué, le long du fleuve. Mais face à la montée du R.D.A., après les élections de 1946, le gouvernement français revient sur sa décision, soutenu par la chefferie Mossi, et le 4 septembre 1947, l'Assemblée Nationale française vote une loi recréant la Haute-Volta. Une partie du territoire reste toutefois au Niger. Comme le précise Hervé Bourges, « la création d'une Haute.Volta autonome, anti-R.D.A. et donc anti-communiste, [était) considérée comme une politique utile» 5. Cette même année, un nouveau gouverneur, MouTagues, est envoyé à Ouagadougou avec pour mission d'enrayer la percée du

4. Le projet de Constitution élaboré par l'Assemblée élue le 21 octobre 1945 ayant été rejeté par référendum le 5 mai 1946, on procédé! à l'élection d'une nouvelle Constituante le 2 juin 1946 (Borella François, op. cit., p. 39-41). 5. Bourges (Hervé) et Wauthier (Claude), Les 50 Afriques, vol. 1, Paris, Seuil, 1979, p. 441.

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RD.A. Ses méthodes relèvent principalement de la répression, mais laissent aussi une place à la tactique politique; c'est ainsi qu'il obtient de l'Église qu'elle lance l'anathème sur le RD.A. 6. D'autre part, la formation des partis politiques est autorisée aux fins de contrebalancer l'influence du RD.A. Le gouverneur Mouragues est à l'origine d'un nouveau parti, l'Union Voltaïque (U.V.), sur lequel il exerce une influence très marquée. Dès 1950, cette politique porte ses fruits et la majorité des leaders du RD.A., Félix Houphouët-Boigny à leur tête, se désapparente du P.C.F. et choisissent l'apparentement à l'U.D.S.R. de François Mitterrand. Une minorité d'orthodoxes fidèles aux principes constitutifs de Bamako, refuse ce ralliement. La tendance houphouëtiste du RD.A. est alors réhabilitée aux yeux de l'administration coloniale. En 1951, l'Union Voltaïque comte déjà 4 représentants à l'Assemblée Nationale: le Docteur Joseph Conombo, Henri Guissou, Nazi Boni et Mamadou Ouédraogo. Joseph Conombo restera un personnage de premier plan jusqu'aux années 1980. Mais l'U. V. ne survivra pas au départ du gouverneur Mouragues en 1953. Ses deux principaux leaders, Joseph Conombo et Henri Guissou, formeront en 1955 le P.S.E.M.A. (Parti Social pour l'Émancipation des Masses Africaines), toujours lié à l'administration coloniale. D'autres anciens de l'U.V. créeront la même année le M.P.A. (Mouvement Populaire Africain), lui aussi dans les bonnes grâces du nouveau gouverneur Yvon Bourges. Toujours en 1955, le M.D.V. (Mouvement Démocratique Voltaïque) voit le jour. Dirigé par Gérard Kango Ouédraogo, relativement progressiste, il jouit d'une certaine audience parmi les jeunes et la paysannerie dans les régions où le RD.A. est mal implanté. Mais ces partis, sans véritables doctrines, ne sont en définitive que des rassemblements d'individus autour d'une ou deux personnes. Le seul véritable parti politique structuré reste la section voltaïque du RD.A. 7.
6. Il ne faut pas négliger l'impact de cette décision. En effet, la plupart des scolarisés sortaient de l'enseignement missionnaire catholique et restaient sensibles aux avis de l'Église. 7. Le R.D.A. avait une structure fédérale pour l'ensemble de l'Afrique occidentale française. Ses responsables n'étaient ainsi pas nécessairement attachés à leur territoire d'origine. La section voltaïque prendra le nom d'Union Démocratique Voltaïque (U.D.V.-R.D.A.). Nous en parlerons comme du R.D.A.

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Ces quatre partis - P.S.E.M.A., M.P.A., M.D.V.et RD.A. - s'affronteront aux élections législatives de 1955-19568. Le P.S.E.M.A. y obtient deux sièges, le M.P.A.et le M.D.V. en obtiennent un chacun. Quant à la section voltaïque du RD .A., elle est victime d'irrégularités et n'obtient aucun représentant 9. Ce fait doit être relevé dans la mesure où, ailleurs, la victoire du RD.A. est nette et reconnue par le gouvernement français. Ainsi, Félix Houphouët-Boigny est appelé à Paris et devient Ministre d'État sous le gouvernement de Pierre Mendès-France et de Guy Mollet. On constate donc que l'administration coloniale voltaïque reste sensiblement plus conservatrice que dans les autres territoires coloniaux et qu'en Métropole. On peut se demander dans quelle mesure cette opposition locale tardive au RD.A., typique de la Hautre-Volta, a pu contribuer au foisonnement de groupes politiques, évolution fort différente des pays voisins où la polarisation sur le R.D.A. comme mouvement dominant peut être considérée comme un prélude à la constitution du parti unique, au lendemain de l'indépendance (Guinée, Côte-d'Ivoire ). A partir de 1956, la vie politique voltaïque va se développer davantage. En effet, cette année est celle de l'adoption de la loi-cadre de Gaston Defferre. Elle donne plus d'autonomie aux différents territoires coloniaux, augmente les pouvoirs des assemblées territoriales et crée les Conseils de gouvernement, organes exécutifs locaux. De nouvelles élections auront alors lieu le 31 mars 1957 pour désigner les représentants qui siègeront à l'Assemblée territoriale devant laquelle le Conseil de gouvernement est responsable 10. En prévision de ces élections, le R.D.A. et le P.S.E.M.A. vont faire alliance et créer ainsi le Parti Démocratique Vnifié (P.D.V.) dont le président est Joseph Conombo et le vice-président Ouezzin Coulibaly, personnage issu du RD.A., déjà député de Côted'Ivoire et homme de grande envergure que la maladie emportera
8. Comme pour les élections passées, un siège de député était attribué par groupe de 500 000 Voltaïques alors qu'en métropole le même siège était attribué pour 50 000 voix (Bassolet F.D., op. cit., p. 63). 9. « Certains [chefs de bureau de vote] poussèrent le zèle jusqu'à marquer plus de voix en faveur de la liste administrative qu'il n'y avait d'inscrits» (Id. Ibid., p. 66). 10. Conséquence de la loi-cadre du 23 juin 1956, ces élections ont lieu au suffrage universel.

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