La seconde alternance sénégalaise à l'épreuve de l'impunité

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Le présent ouvrage défend la thèse selon laquelle l'impunité et l'opacité ont de beaux jours devant elles au Sénégal et en Afrique. En particulier quant aux "affaires" Karim Wade et Hissein Habré impliquant respectivement la Cour de Répression de l'Enrichissement Illicite (CREI) et les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE). Quoique ces organismes aient d'abord suscité l'espoir des citoyens, les deux procès sont loin de tenir la gageure lorsqu'on y regarde de plus près.
Publié le : mardi 1 septembre 2015
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EAN13 : 9782336390284
Nombre de pages : 260
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LA SECONDE ALTERNANCE SÉNÉGALAISE À L’ÉPREUVE DE L’IMPUNITÉ Équations Karim Wade et Hissein Habré, CREI et CAE
La Seconde Alternance Sénégalaise à l’épreuve de l’Impunité
Malick N’diaye La Seconde Alternance Sénégalaise à l’épreuve de l’Impunité Equations Karim Wade et Hissein Habré, CREI et CAE
© L'HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07215-9 EAN : 9782343072159
Table des matières  Pages Introduction : Impunité et conscience historique............................ 9 PREMIERE PARTIE : OFFRE DE JUSTICE OU BUSINESS POLITIQUE ?.................................... 13Problématique : Comment se pose la question ? ............................... 13 ChapitreI: Equations Karim et Habré, CREI et CEA : une homologie troublante ........................................................................ 17  1. La Seconde Alternance entre CREI et CAE ............................. 23  2. Deux poids, deux mesures ? ..................................................... 25 ChapitreII: le processus de renaissance ............................................ 27  1. Des sociétés « dessaisies »......................................................... 28  2. La question de l’Impunité et la lutte contre la corruption ......... 29 et maintenant ? ......................................................................... 30  3. C’est au tour de l’Afrique ! Eléments de Stratégie et de méthode pour un leadership continental et mondial......... 32 ChapitreIII:les enjeux sous-jacents de la lutte contre l’impunité en Afrique ..................................................................... 33  1.L’Afrique entre impérialisme, néo-impérialisme et terrorisme . 35  2. Impunité, corruption et développement ..................................... 35 ChapitreIV: avenir de l’Afrique : l’ «Africa Must Unite» de Nkrumah et le............................................................ 37  1. Supplément d’âme de Senghor .................................................. 37  2. Par où commencer ? La question judiciaire : la souveraineté judiciaire commence par le rejet du Tutorat étranger et la prise en charge de la lutte contre l’Impunité interne ......................... 38  3. La question Hissein Habré : la revitalisation judiciaire de l’Afrique commencera à Dakar ou ne sera pas ......................... 39
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DEUXIEME PARTIE : CRITIQUE DES EXTERNALITES..... 83 ChapitreI: Le problème..................................................................... 83 ChapitreII: comment la question s’est-elle posée historiquement ? . 85 ChapitreIII: Objectifs ........................................................................ 92 ChapitreIV:Hypothèses ..................................................................... 94 ChapitreV: Le sentiment de l’Afrique et des diasporas : la Négritude et le Panafricanisme...................................................... 102 ChapitreVI: De la méthode de traitement des Utopismes ............... 115 ChapitreVII: Utopismes, effectivité et potentialité.......................... 155 ChapitreVIII:Utopismes du futur et Société de l’Avenir ................ 159 TROISIÈME PARTIE : L’AFRIQUE DANS LA GOUVERNANCE JUDICIAIRE MONDIALE.......................... 163 ChapitreI : : rôle et place de l’Afrique dans laCadre théorique gouvernance mondiale .............................................. 165 ChapitreII: Problématique............................................................... 172 ChapitreIII: Méthodologie et approche (s) :l’Afrique et le monde face à la CPI....................................................................... 176 ChapitreIV: Objectifs et résultats de la Conférence d’Addis Abeba sur la CPI..................................................................... 190 ChapitreV: Sur la nature de la CPI : Organe judiciaire ou Instrument politique ?.................................................................... 197 ChapitreVI: l’Afrique et le monde noir : Civilisation ou barbarie ? 202 ChapitreVII: l’Afrique et les prétentions de l’Occident à imposer ses normes spécifiques de civilisation au monde entier et les conséquences qui découlent de cette option aventureuse .............................................................. 207 Conclusion........................................................................................ 213 Annexes ............................................................................................ 223
Introduction : Impunité et Conscience historique  Les peuples ayant subi dans l’Histoire des hommes, et ce, sans discontinuer, les formes de domination les plus sévères et humiliantes, qui vont du mercantilisme de Colbert et du Code noir, des Comptoirs à la Traite, de l’Annexion et au Protectorat à la Colonisation, ensuite de la Colonisation à l’Impérialisme, avant d’éprouver la ségrégation sociale et morale, culturelle et raciale, sans compter les politiques d’assimilation, peuvent-ils vraiment le même contenu à la notion ou au concept d’Impunité ? Autant le reconnaître dès le départ, afin d’éviter les malentendus qui s’autorisent de l’histoire des cinq derniers siècles, en particulier de la période d’accumulation primitive du capital à l’échelle mondiale, qui aura impacté de manière durable sinon le conscient, le vécu et l’atavisme des peuples – en particulier – d’Afrique noire et des Diasporas africaines, du moins leur inconscient. Si encore, les fautes indélébiles dont témoignent encore le site de Gorée et la Maison des Esclaves comme tant de monuments littéraires, funéraires de légendes, tant de contes, de sagas ou d’odyssées, à l’image de Thiaroye 44, etc., avaient fait l’objet des réparations sinon de la repentance que l’exigence universelle de Justice commande aux Hommes, aux Peuples et aux Nations épris de paix sincère et durable ? Mais voilà que tous les crimes premiers contre l’Humanité ont été absous - tout de go et sans autre forme de procès - toute honte bue et en toute allégresse ! Et tout cela, nous le voyons, par les tours de passe-passe de prestidigitateurs du Concept et du Droit, du Logos et du Verbe, qui après avoir violé les règles élémentaires de l’intégrité des Hommes et de tout l’Homme, en reviennent au nom de prétendues idéologies des Droits de l’Homme, proclamer la fin des poursuites qui eussent dû être engagées contre l’Europe et l’Amérique ! Des poursuites pour, sinon reprendre l’Histoire à l’envers, du moins atténuer à défaut de les effacer, les effets constants et les séquelles de l’Inacceptable mort lente des cultures, des civilisations et des savoirs comme des sciences.  A qui fera-t-on donc croire que la magie d’un discours convenu peut apaiser ou éponger les mémoires douloureuses des siècles d’enfer ? Et que des règles de droit sans esprit ni authenticité et sincérité de l’âme, de l’esprit et du corps, peuvent effacer les traces des chemins d’errance d’une Humanité stupide à force d’être cupide, animale et inconsciente ? Si donc « Plus jamais çà » est le protocole nouveau des Sages et des Gourous prêcheurs de bonne cause,
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l’étiquette exige au moins de demander Pardon et de faire pénitence ! Mais voilà que partout des voix autorisées s’élèvent pour condamner toute Repentance, en Europe comme en Amérique tout comme dans les instances et les conférences internationales comme à Durban. Mais, si la Justice ne sert pas la Paix dans le cœur ni l’esprit ou les consciences des Hommes, quelle peuvent être le sens et la portée des campagnes contre l’Impunité, quand bien même elles concerneraient des Chefs d’Etat d’Afrique présentés comme de vulgaires bandits et criminels de grands chemins, et qui plus est, pendards devant l’éternel !  Le problème de fond est, par suite, le suivant : Qui doit Juger qui dans ce domaine chargé de l’Impunité (universalisée par les dynasties impériales anglo-américaines et européennes) ? Au nom de quoi de quelle (s) légitimité (s) et de quelle (s) légalité (s) ? Va-t-on reconduire le procès de Béhanzin Roi d’Abomey ou de Toussaint e Louverture en terre sénégalaise en plein XXI siècle ? Et plus près de nous encore, quelles sont et la légitimité et la légalité des arrêts du Tribunal deBorom Ndaren exil Cheikh Ahmad Bamba au envoyant Gabon, ou celle de l’Apartheid convoyant Mandela au bagne de Robben Island, compte non tenu de l’Almamy Samory dénigré au pénitencier de Ndjolé ?  En d’autres termes, il y a des raisons de penser que le vieux droit bourgeois anglo-américain et européen, qui aura connu ses heures de gloire entre l’époque Innocence III marquée par laControverse de Valladolid,les guerres coloniales et impériales d’Algérie et et d’Indochine, d’Angola, du Mozambique et de Guinée Bissau, etc., ne dispose plus du capital de confiance indispensable pour pouvoir instruire et juger, demanière essentielle, fondamentale et crédible, des crimes réels ou allégués contre l’Humanité commis en Afrique par des Africains, tant qu’elle n’aura pas avoué sa faute et acquitté sa dette ou épongé ses déficits colossaux en ce domaine. En l’occurrence, répondre devant qui de droit des propres crimes premiers qualifiés contre cette même Humanité à laquelle il est demandé présentement de reconduire les mêmes dénis de Justice contre des Africains, leurs victimes historiques.  Partant, à considérer qu’il y ait crimes commis à l’encontre de leurs peuples par des Chefs d’Etat d’Afrique, c’est affaire aux peuples d’Afrique d’en connaître, mais nullement aux anciens maîtres qui sont appelés à rendre des comptes de leurs inconduites par le passé lointain et récent, de se substituer aux Africains eux-mêmes, de quelque
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manière que ce soit. Sous ce rapport, la protection est due aux Africains - Chefs d’Etat ou non - traînés selon les mêmes procédés par les mêmes acteurs historiques devant des Juridictions Spéciales, actant et légiférant au nom de principes (contestés et contestables) de légitimité et de légalité prétendument universels !  De fait, on ne saurait comprendre autrement la formule du Workshop d’Addis Abeba que l’Afrique juge l’Afrique. Elle signifie que l’Afrique doit instruire elle-même ses propres affaires judiciaires, non en mettant des Noirs à la place des «Blancs», ou une «Justicecomposée d’Africains en lieu et place d’une Justice composée de «Blancs», mais que les instruments juridiques internationaux comme la CPI, mise en place par le Statut de Rome en Juillet 1998, sont viciés par un détournement sans précédent de leur objet et de leur substance. Moyennant quoi, l’Afrique est tenue de protéger ses ressortissants et ses Justiciables, quelle que soit leur statut ou leur qualité contre la CPI ou les organismes similaires. Peu importe que les employés et fonctionnaires de ces juridictions soient des Noirs ou des Blancs ! Ce n’est donc pas parce qu’un Africain noir sera à la tête de la CPI ou une Africaine procureure à La Haye que les questions préjudicielles de l’Afrique tombent. Mais, au contraire, il faudrait d’abord le contentieux nés de l’absolution unilatérale des crimes premiers contre l’Humanité soit examiné sur le fond et la forme, pour que la nouvelle Afrique daigne encore une fois se reposer sur laNatte des autres!  Partant, le devoir de protection et de veille qui est dû aux Africains traînés devant les Juridictions présentant le même profil judiciaire que les anciens maîtres de l’Afrique n’implique aucunement l’Impunité des crimes de ces mêmes Africains, mais c’est tout le contraire. Car, une instruction et des procès justes et équitables s’autorisent du vécu même de l’Afrique durant les cinq siècles derniers. Un vécu qui met l’Afrique aux avant-postes de la nouvelle gouvernance judiciaire mondiale que le bilan du passé et présent commande mettre en chantier tout de suite et maintenant.  Aussi, de même qu’il ne convient pas de parler de corde dans la maison d’un pendu, il serait loisible à l’Afrique et aux Africains de tenir pour du mauvais goût, de gloser, en effet, sur le Droit et ou la Philosophie du Droit en feignant d’oublier le vécu mémoriel du Continent tel qu’il est inscrit dans nos cultures vivantes et actives. Et cela, dans le dessein inavoué ou inconscient de faire table rase de cette Subjectivité historique et politique attestée par nos Arts et nos cultures, tout comme nos attitudes et nos comportements. Des
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