Le leadership du Brésil en Amérique du Sud

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La question centrale de cet ouvrage porte sur le rôle joué par la puissance brésilienne dans son espace régional et la manière dont elle participe à la construction d'un nouveau schéma intégrationniste. L'auteur s'attache aussi à comprendre la place occupée par le sous-continent dans la stratégie d'insertion internationale du Brésil.
Publié le : samedi 15 août 2015
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EAN13 : 9782336387857
Nombre de pages : 210
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Bruno MUXAGATO
Le Leadership du BrÉsiL en amÉrique du sud d E l à c o N t E S t à t I o N â l’é M E R g E N c E D’U N E H é g é M o N I E c o N S E N S U E l l E
A R E C H E R C H E S MPréface d’Yves SAINT-GEOURS É dE là coNtEStàt IoN â l’éMERgENcE D’UNE HégéMoNIE coNSENSUEl lE R I Q U E S L AT I N E S
LE LEADERSHIP DU BRÉSIL EN AMÉRIQUE DU SUD De la contestation à l’émergence d’une hégémonie consensuelle
Recherches Amériques latines Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin
La collectionRecherches Amériques latinespublie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques sur cet espace qui s’étend du Mexique et des Caraïbes à l’Argentine et au Chili.
Dernières parutions Javier PEREZ SILLER et Jean-Marie LASSUS,Les Français au Mexique, XVIIe-XXIe siècle (vol. 1), Migration et absences, 2015. Javier PEREZ SILLER et Jean-Marie LASSUS,Les Français au Mexique, XVIIe-XXIe siècle (vol. 2), Savoirs, réseaux et représentations, 2015. Angelica MONTES-MONTOYA, La représentation du sujet noir dans l’historiographie colombienne. Le cas de Carthagène des Indes (1811-1815), 2015. Hélène FINET et Francis DESVOIS,Chili 1973-2013. Mémoires ouvertes, 2014. Pénélope LAURENT,L’œuvre de Juan José Saer. Unité, cohérence et fragmentations, 2014. Françoise LESTAGE et Maria-Eugenia OLAVARRIA,Adoptions, dons et abandons au Mexique et en Colombie. Des parents vulnérables, 2014. Bernard GRUNBERG et Julian MONTEMAYOR,LAmérique espagnole (1492-1700). Textes et documents, 2014. Clara ALVAREZ,Les petits cultivateurs de coca et de pavot en Colombie. Entre illusion et misère, 2014. Alain KONEN,La mano de Orula,2014. Lucia OZORIO,Penser les périphéries, une expérience brésilienne. Pour un nouveau type de politique publique de construction du commun, 2014. Robert CABANES,Economie morale des quartiers populaires de São Paulo, 2014. Tamar HERZOG,Rites de contrôle et pratiques de négociation dans l’Empire espagnol. Dialogues distants entre Quito et Madrid (1650-1750), 2014. e Guyonne BLANCHY,Le vignoble argentin de Mendoza et l’influence française, XIX -e XXI siècle, 2014. Jose Maria TAVARES DE ANDRADE,Une mythologie brésilienne, 2014. German A. DE LA REZA,En quête de la confédération. Essais d’intégration des e républiques hispano-américaines au XIX siècle, 2014. Alexandra ANGELIAUME-DESCAMPS, Elcy CORRALES, Javier RAMIREZ, Jean-Christian TULET (dir.),La petite agriculture familiale des hautes terres tropicales. Colombie, Mexique, Venezuela, 2014. Marcio de Oliveira,Brasilia entre le mythe et la nation, 2014.
Bruno MUXAGATOLE LEADERSHIP DU BRÉSIL EN AMÉRIQUE DU SUD De la contestation à l’émergence d’une hégémonie consensuelle Préface d’Yves SAINT-GEOURS
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2343--06459-8 EAN : 9782343064598
PRÉFACE Émergent, membre du G20, B de BRICS, acteur global… le Brésil a changé de statut dans les quinze dernières années. Cette évolution a été permise par la consolidation démocratique (une alternance politique de Fernando Henrique Cardoso à Lula, puis une continuité paisible de Lula à Dilma Rousseff), par la stabilité financière définitivement établie avant la fin du siècle dernier, par une politique économique qui a su concilier ouverture extérieure sachant profiter de cours élevés des matières premières et de liquidités internationales pouvant s’investir, et conquête du marché intérieur à partir d’une vigoureuse aide à la consommation intérieure (programmes sociaux commebolsa familia) qui a fait sortir de l’extrême pauvreté près de 40 millions de Brésiliens.
Désormais plus puissant, c’est-à-dire non seulement par son immensité e e (la 5 du monde) ou sa population (la 5 aussi), le Brésil fait aujourd’hui 2 partie d’un club extrêmement restreint : plus de 8 millions km , plus de 200 millions d’habitants, plus de 2 000 milliards de dollars de PIB, à côté des États-Unis et de la Chine. Quels que soient les avatars que puissent connaître la croissance et le développement du pays, le Brésil est aujourd’hui « émergé », même s’il reste, par ses inégalités sociales et spatiales, un État qui continue d’appartenir à la fois au Nord et au Sud, si ces mots ont encore un sens dans le monde global.
Il est bien naturel que ce changement de statut, ces nouvelles capacités aient eu une influence sur la politique extérieure du Brésil, dans le monde où, par ailleurs, les choses changent rapidement avec l’avènement de la Chine, mais aussi dans son environnement latino-américain où le différentiel de puissance s’est rapidement accru par rapport à des pays qui, comme le Mexique, et surtout l’Argentine, avaient pu être considérés comme des leaders dans le continent.
C’est à cet environnement latino-américain que Bruno Muxagato consacre cet ouvrage, à partir d’un ambitieux travail de thèse qui analyse les relations du Brésil avec le monde. Et c’est l’Amérique du Sud qui assure au Brésil le premier et indispensable échelon de sa nouvelle influence dans les relations internationales.
Plus fort, le Brésil a fait évoluer sa politique extérieure sans en changer les fondamentaux, fondés sur la critique d’un ordre international gouverné par les puissances installées, sur les principes de souveraineté et de non-
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ingérence, sur le souci constant de l’arbitrage et, de ce point de vue, sur la promotion du multilatéral dont on attend toujours que les règles changent. Par une diplomatie économique aussi, toujours soucieuse de veiller aux intérêts du pays. Mais il a dû, d’une part, prendre de nouvelles initiatives pour se projeter au dehors, avec la souriante et active diplomatie tous azimuts de Lula, particulièrement vers l’Afrique, et avec le souci d’être présent sur les théâtres pour lesquels une action multilatérale pouvait être attendue : Haïti ou le nucléaire iranien par exemple, dans deux ordres d’idée bien différents.
Parallèlement, le Brésil lutte pour accroître sa place dans l’ordre international, avec la revendication de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU ou des institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale), et consolide son influence pour le traitement des questions globales comme le climat, dont il détient une des clefs pour la planète. Ce nouveau rôle est difficile car il implique, pour un pays prudent, pacifique et toujours soucieux de souveraineté, des prises de responsabilité dans un monde en crise, voire en convulsion. Or ces actions, quelles qu’elles soient, ne sont vraiment possibles que parce que le Brésil a dû, d’autre part, assurer son hégémonie, ou tout au moins sa suprématie, à son entour, par le jeu composé du mille-feuille des intégrations auxquelles participent les États d’Amérique latine. Après les premières structures intégrées d’Amérique centrale et du Pacte andin dans les années 1970, le Brésil a été au cœur de la première tentative vraiment structurée, le MERCOSUL, dont il est, depuis sa création en 1991, la puissance dominante, mais très asymétrique, et dont les difficultés ont peu à peu réduit le rayonnement et l’efficacité interne. Dans ces conditions, Bruno Muxagato montre bien comment et pourquoi le Brésil a été, à partir de 2000 et après l’échec provoqué de la Zone de Libre échange des Amériques (ZLEA) sous emprise des États-Unis, le promoteur de l’UNASUL (Union des Nations d’Amérique du Sud) qui s’avère être la véritable et naturelle zone d’influence du pays, celle où peut se développer une intégration flexible, autour de la sécurité collective (Conseil de défense) et de divers projets, dont ceux d’infrastructures. Cela n’empêche nullement le Brésil de s’intéresser à la poursuite du MERCOSUL ou à la création de la CELAC, l’association panaméricaine (hors États-Unis et Canada) en 2010. Mais c’est effectivement sur l’UNASUL que le Brésil peut mettre en œuvre ses principes d’« hégémonie consensuelle », comme dit l’auteur, faite de concessions et de recherches d’accords.
Or cette hégémonie ne va pas sans problèmes, car les autres pays d’Amérique du Sud ne voient pas le Brésil comme un leader naturel, aussi fort et gros soit-il. Il s’agit donc d’une œuvre en construction, liée aux aléas de l’insertion de ces pays dans la mondialisation, de la capacité du Brésil à
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relever ses propres défis, dans une Amérique latine pacifique et démocratique. C’est ce que montre et démontre bien Bruno Muxagato.
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Yves SAINT-GEOURS
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