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10 artistes sur le divan

De
204 pages
Dans cet ouvrage inédit, dix artistes de renommée internationale s'expriment sur le divan à propos des quatre grandes énigmes de notre Humanité : le père – la femme – le sexe – la mort. Les séances ont été transcrites sans aucune censure et un apport théorique psychanalytique complète le propos. Voilà les ingrédients qui font la richesse et l'originalité de cet ouvrage. Là où l'inconscient se tait, les artistes peuvent-ils éclairer la psychanalyse ?
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1 0a rt i s t e ss u rl ed i va n
D um ê m ea u t e u r:
«La pédophilie, analYse psYchanalYtique de la structure perverse» (Luc Pire – EMC).
« Réussirses examens à l’Université ou dans l’Enseignement supérieur, une méthode simple et efficace» (Iph Éditions).
« Qu’est-ceque la pédophilie? »avec Serge André (Que).
« LaFranc-MaÇonnerie au risque de la psYchanalYse» avec Jacques Demoulin (Que).
« ArmandSimon, un surréaliste singulier. L’œuvre d’une jouissance, la jouissance d’une œuvre» avec Jacques Demoulin (Éditions La Muette).
10 artistes sur le divan
GuidinoGOsselin
Ce livre a été publié grâce au soutien de
Mise en page : CW Design
D/2013/4910/32
© Academia-L’Harmattan s.a. Grand’Place, 29 B-1348 Louvain-la-neuve
ISBN : 978-2-8061-0115-0
Tous droits de reproduction, d’adaptation ou de traduction, par quelque procédé que ce soit, réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
www.editions-academia.be
À ma mère, Qui nous a transmis le sens de l’hospitalité.
Avant-propos
Notre passion conjointe pour la psychanalyse et l’art nous a permis de réaliser ce fabuleux projet d’inviter une dizaine d’ar-tistes de renommée internationale à s’exprimer lors d’une séance d’analyse au sein de notre modeste cabinet de consultation. La situation de celui-ci dans un petit village campagnard de la Botte du Hainaut, éloigné de toute ville et dépourvu des plus élé-mentaires moyens de communication ne semblait pas au départ de bon augure. Si établir la liste des principaux artistes habitant en Belgique ou dans la région parisienne ne présentait aucune difficulté, trou-ver leurs coordonnées privées s’est révélé déjà moins évident, malgré l’aide d’Internet. Heureusement, nos contacts privilégiés avec certains amis proches du milieu de l’art, responsables de musées, éditeurs… ont facilité les choses. Il nous restait à choisir le moyen d’annoncer notre projet. Nous avons opté le plus souvent pour un premier contact par courrier électronique et ensuite, si des explications supplémentaires se révélaient nécessaires, par téléphone. À notre grande surprise, sur la vingtaine d’invitations lancées, très peu d’artistes n’ont pas répondu, une s’est excusée par manque de disponibilité, deux ont refusé par peur de la psycha-nalyse, et la plupart se sont montrés enthousiastes à la réserve près d’être assurés de la réputation internationale des autres. Nous avons fixé la durée de la séance à quarante-cinq minutes maximum, celle-ci devant se dérouler impérativement sur le divan de notre cabinet afin d’immerger l’artiste complètement dans l’ambiance psychanalytique et éviter ainsi toute confusion avec une interview. L’artiste était bien entendu prévenu que la séance serait enre-gistrée et retranscrite telle quelle, ce qui pouvait entraîner, nous en sommes conscients, un certain frein à la libre expression. Cette
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réserve ne semble cependant pas avoir été pour la plupart un handicap majeur. Afin d’éviter toute approche clinique s’attachant à la person-nalité singulière de l’artiste, nous avons choisi de proposer quatre thèmes particulièrement intéressants d’un point de vue analy-tique. Après avoir énoncé la consigne de l’association libre: «Dites tout ce que vous voulez, tout ce qui vous passe par la tête, n’importe quoi »,ce qui permet assurément de diminuer le jugement, de fairevaciller les semblants et d’éviter les tabous imposés par le dis-cours social, nous dévoilions au fur et à mesure du déroulement de la séance chacun des thèmes, tenus jusqu’alors secrets, favorisant ainsi au maximum la spontanéité. Pour rendre notre livre accessible à un large public, nous nous sommes limité parfois aux premiers enseignements de Lacan, évitant ainsi de devoir aborder la clinique des nœuds borroméens et ses nécessaires prérequis théoriques. Chaque lecteur pourra donc, nous l’espérons, y trouver intérêt: les psychanalystes en utilisant le matériel livré pour de futures élaborations théoriques, les amateurs d’art en découvrant l’origi-nalité d’une parole déposée lors de séances analytiques bien dif-férente des propos recueillis lors d’interviews.
Quelques arcanes psychanalytiques
Afin d’éclairer le lecteur non rompu aux arcanes de la psycha-nalyse, tentons une très brève synthèse et un éclairage sur cer-tains concepts lacaniens. 1 Si l’Évangile de Saint Jeandébute par «Au commencement était le Verbe», nous pourrions introduire la pensée lacanienne par «Au commencement il y avait le langage». Tout humain subit du fait de son entrée dans le langage une perte de jouissance, de vivant; le signifiant mortifie la chose, le corps. Cette opération universelle est appelée castration. L’appa-rition du langage est simultanée au refoulement constitutif de l’inconscient. Non seulement ce signifiant premier qui fait choir le sujet est irrémédiablement perdu, il fera trou dans le symbo-lique, ombilic, impossible à dire, mais il sera aussi la source, le point d’émergence de toute création. Par cette division, le sujet est irrémédiablement exclu de la chaîne signifiante, il y a donc manque-à-être, il ne peut plus qu’y être représenté. L’individu, le parlêtre, mis dans l’impossibilité de faire référence à soi, à son désir, se trouve contraint de passer alors par la médiation du symbolique susceptible de mensonge, de distorsion, d’aliénation. L’ordre symbolique ne pouvant se soute-nir que de lui-même, il n’a pas accès au réel, à la chose. Il ne peut le représenter que par fiction. Cette castration par le langage sépare irrévocablement l’animal de l’homme; chez ce dernier, plus rien de naturel, à l’exception de certains besoins primaires. Tout autre besoin se transforme en désir. En dehors des périodes de grande famine, par exemple, on choisit ce que l’on va manger. Ce fait n’a pas échappé aux restau-
1.Évangile de Saint Jean, Prologue,Le Verbe divin, 1,1, inLa Sainte Bible, moines de Maredsous, Brepols, Charleroi, 1965, p. 1204.