//img.uscri.be/pth/6c70bc087a19089611c633cc0aa3abaf51d934cc
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

De l'eau potable au robinet ?

De
420 pages
En France, la qualité de l'eau potable est globalement conforme aux normes sanitaires. A défaut d'agir sur la source d'une contamination inquiétante des ressources en eau, principalement par l'activité agricole, les collectivités ont fait le choix coûteux du perfectionnement technique. L'ouvrage propose une lecture sociologique de ce paradoxe à travers une étude de la gouvernance de l'eau depuis les années 2000, particulièrement en Ariège, dans les Hautes-Pyrénées, et sur le bassin Adour-Garonne.
Voir plus Voir moins
Aurélie Roussary
DE L’EAU POTABLE AU ROBINET ?
Santé, environnement et action publique
Préface de Bernard Barraqué Postface de Marc Benoît
SOCIOLOGIESETENVIRONNEMENT
DE L’EAU POTABLE AU ROBINET ?
Sociologies et environnement Collection dirigée par Salvador JUAN  Le« progrès » est aussi progrès d’une menace de plus en plus exportée vers les pays les plus dépendants. Trop peu de travaux sociologiques émergent pour rendre intelligibles les tendances profondes d’une société à la fois plus inhumaine, plus dangereuse pour les équilibres du milieu et plus riche. La collectionSociologies et environnementest née de ce constat. Certes, selon le mot du poète Hölderlin,avec la menace croît ce qui sauve, mais seule une conscience informée des risques et de ce qui provoque la dégradation tant de la qualité que des conditions de vie est susceptible de se concrétiser en réformes humainement supportables et socialement admissibles... Dans une perspective socio-anthropologique et critique tant des ques-tions d’environnement global que d’écologie urbaine, en articulant les interprétations théoriques et les résultats empiriques, la collectionSociologies et environnemententend participer à l’émergence de cette conscience sociale. Elle présente aussi les alternatives portées par les mouvements sociaux et les pratiques de résistance contestant le produc-tivisme ou la domination des appareils technocratiques. Ouvrages parus Jean-Michel PANOFF (dir.),Le risque biologique. Une approche transdisciplinaire,2013. Frédéric GOULET, Danièle MAGDA, Nathalie GIRARD et Valeria HERNANDEZ (dir.),L’agroécologie en Argentine et en France. Regards croisés, 2012.Abdelhamid ABIDI et Jacques FIALAIRE (dir.),Quelle gouvernance au service de la mobilité durable ?2011. Michelle DOBRE et Salvador JUAN (dir.),Consommer autrement, 2009. Igor BABOU,Disposer de la nature: enjeux environnementaux en Patagonie argentine, 2009. Sylvia BECERRA et Anne PELTIER,Risques naturels et environnement. Recherches interdisciplinaires sur la vulnérabilité des sociétés, 2009. Corinne BERGER et Jean-Luc ROQUES,La terre comme objet de convoitise, 2007. Salavador JUAN (dir.),Actions et enjeux spatiaux en matière d’environnement, 2007. Maxime PREVEL,L’usine à la campagne : une ethnographie du productivisme agricole, 2007 Denis DUCLOS (dir),Pourquoi tardons-nous tant à devenir écologistes ?, 2006 Salvador JUAN,Critique de la déraison évolutionniste, 2006 Céline VIVENT,Chasse PêcheNature Traditions, entre écologisme et poujadisme ? Socio-anthropologie d’un mouvement des campagnes, 2005.
Aurélie ROUSSARY DE L’EAU POTABLE AU ROBINET ? Santé, environnement et action publique Préface de Bernard Barraqué Postface de Marc Benoît L’Harmattan
© L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01047-2 EAN : 9782343010472
REMERCIEMENTS Cet ouvrage est la résultante de mon travail de thèse, c’estpourquoi je tiens tout d’abord à exprimer ma reconnaissance à mon directeur, Denis Salles, pour son appui et ses conseils. Je remercie le laboratoire CERTOP (UMR 5044, Université Toulouse Le Mirail) et les énergiques membres du pôle Politiques Environnementales et Pratiques Sociales pour les multiples ressources et la dynamique scientifique. Des remerciements particuliers vont à Sylvia Becerra, Didier Busca et Christelle Manifet pour leur soutien, ainsi qu’à Jean-Yves Nevers et Bernard Barraqué pour leur regard aiguisé et leurs suggestions avisées. Je tiens à dire un grand merci également à Julia Barrault, Olivier Notte, Audrey Parron et Marion Vidal pour la forte solidarité dans ce trajet commun.  Jeremercie aussi profondément mes proches pour leurs encoura-gements tout au long de mon parcours. Ce travails’inscrit dans différents programmes de rechercheconduits au sein du CERTOP : (CNRS, PIDUD, Politiques territoriales et développement« EVEC » durable) en partenariat avec le LATTS et IRSTEA, sous la direction de Denis Salles, Bernard Barraqué, Didier Busca et Patrice Garin. « Pratiques agricoles phytosanitaires améliorées » (GIS-ECOBAG, FEDER, GRAMIP, Agence de l’eau Adour Garonne)partenariat avec enl’École d’ingénieur dePurpan. « AQUADEP »: IRSTEA, CNRS,(programme Eaux et Territoires MEDDTL) en partenariat avecl’ENGEES, IRSTEA Bordeaux, AgroParis Tech-Engref Montpellier, ART’Dev(UMR 5281/Univ. Montpellier 3), sous la coordination de Rémi Barbier (ENGEES). «ACT’eau» en partenariat avec l’Agence de l’eau Adour Garonne.Je remercie vivement les membres des équipes de recherche ayant participé à ces projets pour les nombreux échanges et pourl’enrichissement apporté par ces expériences interdisciplinaires. Mes remerciements vont également àl’Agence de l’eau Adour Garonne pour son soutien financier, les diverses ressources documentaires et les observations qu’il m’a été permis d’effectuer au sein de ses instances de décision. Je remercie également le groupe de travail Santé-Environnement de l’Agence Régionale de Santé Midi-Pyrénéespour l’accueil reçu.Par ailleurs, ce travail de thèse a pu être réalisé grâce à l’accueil et à la disponibilité de l’ensemble des personnes rencontrées dans le cadre de mes investigations de terrain. Je les en remercie vivement.
PRÉFACE These experiences have demonstrated that investing in natural capital rather than built capital can make both economic and policy sense…1 James Salzman Le livre d’Aurélie Roussary est un aboutissement, et un approfondissement sociologique, de la problématiqueEau des villes, Eau des Champs, du nom d’un partenariat financé par le CNRS et le ministère de l’écologie (Plan UrbainService de la Recherche): ensemble le CERTOP (Toulouse), l’UMR G-Eau (Montpellier) et le LATTS (Marne-la-Vallée), ont étudié une douzaine de cas où des collectivités distributrices d’eau ont essayé de faire baisser les taux de nitrates et/ou de pesticides dans les nappes où elles s’alimentaient, en négociant avec les agriculteurs une réduction de l’usage d’intrants. Presque tous ces cas n’avaient obtenu que des résultats limités.Nous étions partis d’une question simple: comment se fait-il qu’en métropole, il n’y ait pratiquement pas d’arrangements coopératifs de ce genre ayant réussi, alors qu’il y en aplus de 400 en Allemagne ; on trouve aussi de bons exemples bien que moins nombreux en Suisse et aux Pays-Bas, mais beaucoup moins en Angleterre. Donc dans certains pays d’Europe, les mesures réglementaires de protection des captages, ainsi que les mesures agro-environnementales (MAE) encadrées par la PAC, tendent à être complétées par des arrangements volontaires locaux compensés à partir d’augmentations de prix des services publics d’eau potable. Aux Etats-Unis, en Australie, il y a également des politiques de protection de la biodiversité et des milieux aquatiques naturels, qui s’appuient sur des paiements pour services environnementaux. En France, diverses expériences de ce type ont été réalisées, et elles ont été suivies et analysées par certains chercheurs de l’INRA comme Marc Benoît. Mais dans la littérature internationale, on ne mentionne guère la France que pour la protection des eaux minéraleset en particulier avec le cas de Vittel, initié en 1987. Or, malgré un prix très inférieur, les volumes d’eau produits par les réseaux publics, (autrement plus importants que dans le cas des eaux minérales ou de source), permettraient de compenser en partie le différentiel de prix entre l’eau potable et l’eau en bouteilles. De toute façon, la valeur économiquede l’eau du robinet est incommensurablement plus grande que le surcroît de revenu apporté aux
1 J J. Salzman (2005), ‘Creating markets for ecosystem services: notes from the field’, inNew York University Law Review,Vol. 80-3, pp 870-961.L’auteur, après avoir passé en revue les cinq types de mesures envisageables pour protéger la biodiversité ou des ressources naturelles (Prescription, Pénalité, Persuasion, Propriété, et Paiement), légitime le recours à ce dernier outil, du moins d’une manière temporaire, pour accompagner le changement de pratiques agricoles.
9