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BD d'Afrique

128 pages
Etat des lieux et vitalité de la bande dessinée en Afrique francophone : un dossier largement illustré de dessins originaux. Portraits de bédéistes et reportages à Kinshasa, Dakar, Abidjan, Antananarivo et à l'Ile de la Réunion. Colloque et Festival de la BD à Kinshasa et Journées africaines de la bande dessinée à Libreville. L'Afrique dans la BD européenne.
Entretiens avec Grégory Ngbwa Mintsa (Libreville) et l'historien Michel Pierre.
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n032, novembre

2000

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AI'MATA

- ROC

Couverture:

dessin original

d'Hallain Palunku @ Africultures

l'heure où j'écris, attisées par de terribles images reprises sur toutes les télévisions, les haines se déchaînent au Proche-Orient. ComInent ne pas voir dans ces bandes dessinées d'Afrique - dont ce cou11 dossier tente de montrer la vitalité mais aussi l'extrême difficulté de survie - des images d'un autre ordre, celles d'une véritable intervention artistique,

A

ville qui explose de tension, il a le recul nécessaire pour garder son sangfroid.Me viennent en tête les images du filn1 Chej~! du Can1erounais JeanMarie Teno: un voleur de poulets ll1anque de se faire lyncher par les passants. La présence de la caméra cahnera les passions et le spectateur prend lui aussi de la hauteur.

art d'un gème qui se cherche entre volonté de témoignage et exploration des . . paSSIons qUI hantent la vie sociale. Si j' éteins la radio et ouvre la nouvelle revue AfricanissÙno publiée à Kinshasa, les planches Jungle urbaine du Congolais Thembo Muhindo Kashauri "Kash" remettent les pendules à l'heure: le héros Bwana n'est pas seulement le véritable témoin d'une

Alors que les cinéastes, engoncés dans le coût exorbitant du cinélna, peinent à produire, les bédéistes, ces pauvres de l'image et de la plume, touchent toutes les catégories sociales, à COlnrnencerpar les jeunes. Si la littérature de fiction est une philosophi ~ sans philosophe, la BD, c'est le cinéma sans

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le mc ! On aurait tort de négliger ces explorateurs de l'Ï111aginaire, qui offrent aujourd'hui une lumineuse alternative à ces magazines longtemps concoctés à Paris, diffusés à des centaines de milliers d'exemplaires en Amque, et qui sous couvert de sport, de musique, de science ou de traditions amcaines, véhiculaient allégrement les idéologies dominantes par la mythification des pouvoirs en place. Il y a beaucoup à apprendre de la BD africaine, parce que nos visions sont encore à l'école de la BD de gare occidentale nOUITIede l'imaginaire du nègre et de la négresse n1ais aussi de ces planches d'exposition coloniale que continue de nous fournir, sauf quelques bols d'air, la BD d'art franco-belge sur l'Amque. N'enfermons pas la BD dans un amusement pour enfants: elle est une véritable école du soir, jouant un rôle important dans l'apprentissage non seulement de la lecture mais de l'écriture des langues locales. Les initiatives dûment soutenues de Kinshasa et Libreville contribuent efficacement à la faire sortir de la méconnaissance. Elle doit être appuyée, étudiée, collectée, archivée pour s'enrichir et ne pas se perdre dans les sables. Car ces planches d'apparence anodine contribuent elles aussi à la résolution des tensions d'un monde en explosion. Olivier Barlet rf1#,

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Plaidoyer pour une bande' dessinée africaine n
Si la bande dessinée existe en Afrique, elle n'a pas encore atteint sa pleine maturité.. On trouve pourtant sur le continent nombre de bons auteurs, et le public semble être "assoiffé".. Que manque-t-il donc? Peut-être simplement une prise de conscience de ce que pourrait devenir la bande dessinée.. "L'alliance de l'utile et du futile". La bande dessinée répond au plus juste à la définition d'Amadou Hampâté Bâ. Existe-t-il de nombreux supports culturels qui soient aussi facilement accessibles, aussi synonymes de distraction et de loisir, mais qui aient la capacité de tout dire, dans le détail et avec subtilité, comme peut le faire la bande dessinée ? La bande dessinée, facile à transporter, peu onéreuse si les éditeurs le désirent, facile d'accès, pourrait faire entendre une "musique" africaine peu audible jusqu'à maintenant: la voix des peuples. Certes, la BD a déjà une belle vitalité dans certains pays d'Afrique. Car encore faut-il s'entendre sur les productions que l'on peut ranger derrière le terme générique de bande dessinée. Ainsi, les caricatures d'hommes politiques présentes dans de nombreux journaux ne sont pas à proprement parler des bandes dessinées : elles correspondent plus à du dessin de presse. La bande dessinée peut se définir comme une forme d'art populaire (ce qui sous-entend une diffusion de masse), qui s'attache à raconter des histoires, réelles ou fictives, au fil des cases et des planches, en faisant interagir dessins et textes au sein d'un même espace narratif. Cette définition, à la fois large et restrictive, souffre de nombreuses exceptions, mais elle englobe la majeure

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partie de ce que l'on peut appeler bande dessinée. La mauvaise réputation de la BD

En Afrique, comme souvent en Europe, la bande dessinée continue d'avoir Inauvaise presse. On estime généralement qu'elle ne s'adresse qu'aux enfants, pour leur raconter des histoires légères sans réel intérêt culturel. "Mon enfant ne lit pas, il ne fait que lire des bandes dessinées", entend-on souvent dans la bouche de parents désespérés. Les enfants qui lisent des bandes dessinées lisent, et surtout, ils liront. Des enquêtes le prouvent: l'enfant qui ne lit que des bandes dessinées lira beaucoup plus facilement romans et autres ouvrages que celui qui ne lit rien. Et si la bande dessinée apparaît COlnme un mediu1l1 attrayant pour les enfants, elle ne l'est pas moins pour les adultes. De nOTI1breusesBD traitent, sérieusement ou non, de sujets intelligents, intimes, spirituels, ou subtils, et TIe s'adressent certainement pas à des enfants, souvent incapables de les comprendre. Si la bande dessinée est apte à tout dire, et à tous les types de public, pourquoi ne s'impose-t-elle pas aussi largement en Afrique comme elle a pu le faire dans d'autres aires géographiques et culturelles? On peut penser que, contrairement à d'autres formes d'art la musique, la sculp6

ture, la peinture... -, la bande dessinée n'a pas lIDelongue tradition en Afrique. Le problème vient-il des artistes ou de leur public, des dessinateurs ou des lecteurs, des producteurs ou des consommateurs? L'absence de tradition dans le domaine a engendré en Afrique un problème d'identité de sa bande dessinée. L' Afrique francophone regarde particulièrement vers la France et la Belgique, grands pays de bande dessinée, mais où la production apparaît atypique lorsqu'on la compare au reste du monde. La BD y est chère, et est considérée comme un produit de "luxe", alors que partout ailleurs, c'est un produit de consommation courante, qui s'acquiert à moindre coût. De même pour le graphisme, notamment pour la couleur: l'Afrique ne doit pas suivre aveuglément le modèle occidental du 48 planches couleurs cartonnées. D'un point de vue stylistique, la fameuse ligne claire d'Hergé n'est pas un modèle indépassable: c'est une façon de faire, ni meilleure ni pire que les autres. AUer à la rencontre de son public LaBD africaine doit trouver son public local, et pour ce faire lui parler des choses qui l'intéresse, sous la forme qui l'intéresse, à un prix qui ne le repousse pas. Car pour l'instant, les bandes dessinées ne peuvent pas atteindre le grand public faute de structures aptes à stin032 / novembre 2000

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muler la production, à fabriquer les revues ou les albums, et à les pron1ouvoir. Y a-t-il un éditeur spécialisé dans la BD en Afrique? Malgré ses recherches, la rédaction d'Africultures n'en a pas trouvé, en Afrique sub-saharienne du moins. Ainsi, la bande dessinée se trouve dans des journaux, des magazines, spécialisés ou non, mais qui sont rarement édités par des spécialistes du domaine. En Europe, aux EtatsUnis ou au Japon, les éditeurs de bande dessinée sont spécialisés dans ce produit culturel, ils ont acquis une compétence particulière que ne possède pas obligatoirement un éditeur de journaux ou de romans. On trouve également une autre BD, sous forme d'albums cette fois: la bande dessinée pédagogique, souvent subventionnée, qui a pour but de sensibiliser contre les risques du SIDA, ou d'enseigner comment on cultive un chalnp, par exemple. Ces efforts sont intéressants, mais, dans ce cas précis, la bande dessinée n'est pas considérée comme une fin, malS comme un moyen. Les institutions culturelles pourraient désormais

tenter d'aider le développement d'une B.D de fiction dans les pays africains, en soutenant par exemple le lancement des projets d'édition les plus solides. Il s'agirait là plutôt d'amorcer la pompe, pour que l'on puisse entrer dans le cercle vertueux de l'industrie culturelle, qui permettrait de faire vivre les différents acteurs de la bande dessinée. Et c'est seulement lorsque la production sera suffisante, que les auteurs se trouveront dans une saine position de concurrence, que pourra enfin s'exprimer pleinement une BD africaine libre et créative. Elle trouvera alors son (ou ses) stylees) propre(s).Les auteurs sont prêts, comme vous pourrez le découvrir dans ce dossier ; on peut penser que le public l'est aussi; c'est désormais à la charnière centrale, l'édition, de se mettre au travail pour que l'Afrique prenne, en temps et heure, sa place dans le jeu mondial des bulles et des cases. Sébastien Langevinest journaliste, rédacteur en chef du magazine en ligne Le Virus BDnet
(www.bdnelcom).
Non, ce n'est pas Sébastien Langevin! C'est Apolosa, l'un des premiers et des plus célèbres personnages de la SO congolaise. Dessin original pour Africultures de Ojemba (ROC).

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Etat des lieux de la bande dessinée en Afrique
Lumbala
Lorsqu'on consulte des ouvrages de référence sur la bande dessinée, on est tenté de croire que la BD d'origine africaine n'existe pas, car aucune mention n'en est faite. Tel est le cas de l'Histoire mondiale de la SD et du Dictionnaire de la SD (Ha fillipini).. Et pourtant, il existe une BD véritablement africaine, dans certains pays, depuis plus de trente ansa C'est de cette BD que parle JeanPierre Jacquemin1 et à laquelle Annie BaronCarvais fait allusion dans son "Que sais-je" consacré à la BD2a Il n'y a plus de doute. La BD africaine est devenue aujourd'hui une réalité. Elle existe, elle se vend, elle se lit. Elle est l'objet de plusieurs organisations et manifestations (associations, congrès, prix, salons, festivals, expositions, travaux de recherche...). Elle possède, comme partout ailleurs, ses héros. A titre illustratif, citons Yrmoaga au Burkina Faso; Zoba Moke au Congo, Mata Mata, etPili Pili, Apolosa, Mohuta et Mapeka au Congo Démocratique; Dago et Monsieur Zézé en Côte d'Ivoire; Bibeng et Tita Abessolo au Gabon; Tekoué en République Centrafricaine; Boy Melakh et Goorgoolou au Sénégal, etc. Sera présenté ici sOlnmairement le champ africain de la BD en précisant d'un côté, la division du travail (éditeurs, auteurs, et associations), et de l'autre, l'appareil de production (magazines, salons, expositions, festivals). Les éditeurs Personne n'ignore le rôle que les éditeurs jouent dans le processus d'institutionnalisation de la bande dessinée ou de la littérature en

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général. Le problème de l'édiAssimba Barthy, tion se pose, en Afrique, pour RDC tous: les difficultés financières et la mauvaise diffusion rendent encore la BD africaine trop dépendante de l'étranger .Elles représentent les principaux obstacles au développement de l'édition en Afrique. Malgré ces difficultés, quelques maisons se sont lancées dans l'aventure éditoriale de la Bd africaine. En Europe: L'Harmattan, Segedo en trois catégories d'auteurs corresFrance; Eur-AfEditions en Bel- pondant ainsi à trois types de BD gique. En Afrique: Ed. CLE qu'on rencontre en Afrique: la BD faite par les Européens, la BD (Yaoundé), Nouvelles editions mixte (métisse) co-produite par Africaines (Dakar et Lomé), NouEuropéens et Africains, et laBD velles Editions Ivoiriennes (Abidjan), Medias Pau, ex. Ed. S1. Paul faite par les Africains. (Kinshasa, Lubumbashi, KisangaLes auteurs européens ni), Afrique Editions (Kinshasa), pour Africains Achka (Libreville), Inetr Afrique Ce sont généralement des auteurs Presse (Abidjan), Horaka (Antanaeuropéens dont les travaux ne sont narivo), Sogedit (Dakar), Archevêpas repris dans le catalogue euché de Bangui et .Mission de coropéen de la BD, et qui sont totaleopération française (Bangui), etc. ment diffusés en Afrique pour les Cette liste n'est pas exhaustive car, Africains. On pense par exemple à à cause de la mauvaise diffusion, il Serge Saint-Michel et B. Duffossé, nous est impossible de réunir les qui ont animé pendant plusieurs données sur l'état de la BD dans années, comme scénariste et dessitous les pays francophones. nateur, les magazines Calao et Kouakou qui ont cessé de paraître. Les auteurs Les co-signataires Le terme auteur est appliqué, sans La co-production d'une œuvre distinction, aux dessinateurs et scédestinée aux seuls Africains réunisnaristes qui ont publié ou contisant le travail d'un Européen et nuent à publier des œuvres desd'un Africain donne une BD mixte tinées à l'Afrique. Distinguons caractérisée par le mélange d'une

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"pensée du nord" et d'un "Crayon du sud". Quelques exemples: en Côte d'Ivoire, Maïga (le Français Labo) a signé avec Apolos Les aventures de Dago ; les Français Bréal et Karul (scénaristes), associés au dessinateur ivoirien Salia, ont publié chez L'Harmattan Quand les flamboyants fleurissent et Les Blancs dépérissent. En République Centrafricaine, Ph. Garbal et B. Nambana ont co-signé La chaîne et l'anneau. Le Congolais Barly Baruti publie avec le scénariste Franck Giroud deux séries parues en France: Eva K., et Mandrill. La co-production n'est pas en soi mauvaise, car elle permet aux artistes africains de s'exprimer et par conséquent d'être légitimés par certaines instances compétentes de la BD. Le danger est le risque de laisser passer de vieux clichés et stéréotypes de l'Afrique et de l'Africain. Les talents africains Ce sont des auteurs qui travaillent d'une manière autonome et qui publient des œuvres d'une grande originalité : une BD faite par des Africains, parfois avec des moyens africains, pour Africains, et qui peut être cataloguée comme une expression africaine! A titre d'exemple, quelques figures ont émergé par la qualité de leur œuvre. Au Burkina

Faso: Raya Sawadogo (Yirmoaga) etA. Kiba (Maître Kanon). Au Congo/Brazzaville, autour du journal Ngouvou (J.Bhain, Bob Salco, J. Bindika, G. Bamba, Y.Kandza, C.Mambou et Ken), et T. Lokok qui publie Zoba Moke dans La Semaine africaine. En Côte d'Ivoire: Salia (Folbay), Lacombe (Monsieur Zézé), Mïgas et Apolos (Dago). Au Gabon: Hans Kwaaitaal (Bibeng), Laurent Levigot, alias Richard Amvame-Memiaghes (Tita Abessolo). En République Centrafricaine : o. Bakouta-Batakpa (Tatara, avec son célèbre personnage Tekoué). En République Démocratique du Congo: Boyau (Apolosa), Mongo Sissé (Mata Mata et Pili Pili),Barly Baruti (Mohuta et Mapeka), Tchibemaba Ngandou (Cap sur la capitale), Assimba Bathy, Lepa Mabila Saye, et tous les jeunes qui constituent la relève, à savoir Thembo, Makonga, PatMa-

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des associations ayant connne obj ectif principal la promotion de la BD sous toutes ses fonnes, afin d'assurer l'épanouisselnent culturel, social et intellectuel des jeunes, et d'initier des ateliers pour leur apprendre les techniques et le langage de la BD. Ainsi, à Madagascar, ont été créées les associations: AMI ou Artista Mioray (les artistes associés), animée parR. Rabesandratana, en collaboration avec des spécialistes de la narration graphique sioni, Fifi Mukuna,Luva, badika, comme R. Max, Roddy, Barry ; etc. A Madagascar, R. RabesondraABEDEMA (Association des nata, Ain1é Razafy, Anselme Ra- bédéistes malgaches), créée en IniandrisoaRatsavalka,Lawrence 1985 sous la direction de Razafy et Ralimihanta, Christian Bazafindrad' A.Ramiandrisoa, après le festikoto. Au Sénégal: Sambal Fall, val de Nairobi (c'est l'ABEDEMA (L 'onlbre de Boy Melach et Sangoqui a publié Sarigasy et Le Cri du Inar), Salioune Sene (Keur Boulnargouillat) ; SOIMANGA (petit gouma et Le MarabÔÜt de Bari oiseau passereau malgache dont le Xam-Xanl), T. T. Fons (Pour la dé- mâle porte un plulnage à reflets pense quotidienne, Goorgoorlou et bleu), une association créée en Sérigne Maranl0kho Guissane et 1987 par A.Ramiandrisoa, et dont l'objectif est la promotion de la Bd L'année Goorgoorlou), Ibrahim Mbengue (Nlaxureja Ge~v,Chal{f- et de l'image. feur de taxi), S.-P.Kiba (Les avenEn ROC, seule une association tures de Lieutenant Hann). très jeune, devenue même une école de BD, la Création recherche iniCette liste est loin d'être exhaustiation à l'art (CRIA), a été fondée tive, tant il est clair que samauvaià Kinshasa en 1990 autour de Barse diffusion ne permet pas d'avoir accès à toutes les informations sur ly Baruti, devenue Atelier de la création, recherche et initiation à laBO africaine. l'art (ACRIA). Les associations Pour mieux promouvoir la BD, certains bédéistes, bédéphiles ou bédélogues se sont regroupés dans L'appareil de production

Les magazines de SD En Europe, Segedo a publié Ca-

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lao et Kouakou (Paris), où certains dessinateurs africains ont publié quelques planches, souvent en quatrième de couverture (au dos du magazine). En Afrique, il existe (ou a existé) quelques magazines
:

Gabon Cocotier: un bimestriel créé en 1985 par Hans Kwaaaitaal, qui n'a connu que cinq numéros. Cocotier est devenu aujourd'hui une maison d'édition, Achka, qui publie la "Collection équateur". En 1997, est néBDBoom, Magazine explosif des bandes dessinées. Côte d'Ivoire Ce sont des journaux comme Ivoire Dimanche ou Fraternité Matin qui ont lancé la publication de la BD. Les magazines sont venus après, comme Zazou, créé en 1979, qui n'a vécu que dix numéros.
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Madagascar Fararano-Gazety, créé en 1981, est édité par l'Office du livre Malgasy. BD Madagasikara, diffusé par les éditions Alpha, à partir de 1986. Sarigasy, devenu Sa rigasmes, animés par les dessinateurs Anselme Ralniandrisoa et Aimé Razafy. A noter également l'existence d'un magazine, fruit d'une expérience internationale, conçu avec la collaboration d'un groupe d'artistes de l'Océan Indien dont le siège se trouve à l'lIe de la Réunion. Il s'agit du Cri du margouillat, créé en 1986, qui vient de cesser de paraître mais est remplacé par une nouvelle formule. RDC Il faut remonter jusqu'en 1959, année de la création du journal Antilope (Sambole), par les éditions St Paul, où A.Mongita, sur dessins

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Trois magazines à noter: Tatara, Balao, et Dounia. Tatara (Iniroir, en sango), Journal de la lutte contre les mauvaises mœurs de la société, est publié par l' Archevêché de Bangui à partir de 1983, et a connu 12 numéros. Balao, créé en 1985 avec le concours du Centre culturel français à Bangui; et Dounia, Le journal des Jeunes, écrit par des jeunes de Notre Dame d'Afrique et publié avec le concours de l'Archevêque de BanguI. 12

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