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Demain, je t'écrirai en majeur

De
386 pages
La correspondance d'Émile Goué (1904-1946), constituée très majoritairement de lettres qu'il écrivit à son épouse durant sa captivité à l'Oflag XB, est d'un intérêt triple : elle permet de pénétrer la vie du compositeur et de découvrir un homme profondément attaché à la musique, à sa famille et à son métier d'enseignant ; elle offre une description de ses activités artistiques et du monde musical de son époque troublée ; elle est enfin un témoignage remarquable sur la vie dans les camps de prisonniers de guerre durant la Deuxième Guerre mondiale.
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captivité à l’Oflag XB dure de juillet 1940 à avril 1945. Cet internement
de prisonniers. Libéré en avril 1945, il retourne à la vie civile ; fragilisé
La correspondance d’Émile Goué est constituée très majoritairement
famille et à son métier d’enseignant ; elle offre ensuite une description
cette période troublée ; elle est enfin un témoignage remarquable sur
Émile Goué
Demain, je t’écrirai en majeur
Correspondance choisie et présentée par Bernard Goué et Damien Top, assistés de Françoise Goué-Danis
mus ques en question(S)
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La collectionMusiques en question(s) a pour vocation de mettre en lumière des compositeurs, musicologues et interprètes souhaitant enrichir la réflexion sur la musique savante par des propositions originales ou innovantes. La collection souhaite notamment participer activement au débat sur l’évolution de l’art musical en invitant les auteurs à manifester leur engagement critique par une approche argumentée et pertinente. Les ouvrages de la collection adoptent des configurations très diverses : esthétique, histoire, théorie, analyse, correspondance, biographie, mémoires, essai, roman, etc.
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Anthony Girard,Minos, les dédales de l’expérience créatrice, 2016. Louis-Noël Belaubre,Pour un cinquième âge de la musique, préface de Philippe Malhaire, 2016.
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© L’HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique - 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10077-7 EAN : 9782343100777
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Nous remercions Philippe Malhaire non seulement d’avoir inscrit cet ouvrage dans la collection dont il a la responsabilité aux éditions l’Harmattan mais aussi pour son travail sur sa mise en page et sa présentation.
1 Nous remercions aussi Marc Lerique-Koechlin, Patrick Seurat , Bernard Gordien, Chantal Gordien-Gauthier, Pierre-François Truys, Hervé Kerangueven et le personnel de la Médiathèque Musicale Mahler pour l’aide qu’ils nous ont apportée.
Enfin, nous remercions Michèle Goué-Lentillon accompagnés tout au long de notre travail.
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1 Source principale des informations complémentaires sur les officiers français qui ont séjourné à l’Oflag XB, fichier établi par Patrick Seurat à partir des documents officiels allemands (mouvements d’officiers, registre des officiers captifs à l’Oflag XB fin 1944).
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La correspondance extra-familiale conservée par la famille Goué fut déposée en juillet 1998 à la Médiathèque Musicale Mahler (11 bis rue de Vézelay, 75008 Paris) où le fonds Émile Goué peut être consulté. Ce dépôt fut transformé en don par Bernard Goué le 8 février 2002.
Les lettres de son épouse Yvonne à Émile Goué furent, par lui-même, 2 brûlées en juin 1940 ou perdues lors de la libération des camps. Au décès d’Yvonne Goué, une boite pieusement conservée, contenant les lettres d’Émile Goué dont celles écrites en captivité à son épouse, avait constitué une heureuse découverte. Elles sont essentielles car nous n’avions alors que peu d’éléments. Des lettres provenant de la succession des sœurs et belles-sœurs d’Émile Goué ont rejoint le fonds familial en juin 2008.
Nous avons choisi dans la correspondance d’Émile Goué les lettres faisant la part belle à son œuvre de compositeur, mais nous ne pouvions négliger les lettres se rapportant à son activité de professeur et celles faisant état de sa vie de famille. En effet, comme Émile Goué l’a lui-même écrit : «je suis toujours étonné – et gêné – losqu’on me dit "Je ne savais pas que vous fussiez professeur de physique. Comment pouvez-vous arriver à faire, en plus, de la musique ?". C’est comme si l’on me disait : "Comment pouvez 3 vous, en plus, dormir, boire et manger ?"de plus, il a toujours fait état» ; de son amour pour sa femme et ses trois enfants.
Ces lettres, même dans leur concision, sont d’un intérêt primordial pour la connaissance de la vie, de la carrière, et de l’évolution de la pensée musicale d’Émile Goué.
4 /HV GLIIpUHQWHV SpULRGHV GH FRUUHVSRQGDQFH 1. Enfance, adolescence, vie civile adulte : Émile Goué n’écrivait pas beaucoup sauf à son épouse. Les premières lettres sont peu nombreuses car 2 Cf.lettre du 13 septembre 1940. 3 Émile Goué. Chaînon manquant de la musique française, Philippe Malhaire, (éd. et dir.), Paris, L’Harmattan, coll. « L’Univers musical », 2014, p. 111. 4 Des détails sur le vie d’Émile Goué au cours des différentes années de sa vie seront donnés dans le corps de l’ouvrage, en particulier sur la période de la captivité. Pour les conditions générales d’existence des prisonniers, nous nous sommes référés auMémorial de l’Oflag XB avec l’aimable autorisation de Bernard Gordien, Président de l’Amicale de l’Oflag XB.
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les deux membres du couple, unis dans la vie quotidienne comme professionnelle et musicale du mari, eurent peu d’occasions d’être séparés. 5 2. La « drôle de guerre » : donnant des indications sur la vie dans les défenses de la ligne Maginot, les lettres d’Émile à son épouse écrites alors montrent le soutien indéfectible que celui-ci prodigue à son épouse, à savoir un soutien sur le plan de la vie courante, de l’éducation des enfants, mais aussi soutien psychologique par l’entretien de l’espoir d’une victoire des Alliés, espoir entretenu encore, en dépit de toute vraisemblance nous semble-t-il, jusqu’au 12 juin 1940, avant d’annoncer l’abandon de la ligne Maginot deux jours plus tard, le 14 juin. 3. La captivité : malgré l’influence qu’ait pu avoir la censure à laquelle était soumis tout document sortant du camp, cette correspondance jette un éclairage particulier sur cinq ans d’existence d’Émile Goué. Au-delà du témoignage sur la Deuxième Guerre mondiale, sur la captivité et indirectement sur la vie en zone occupée, ces textes révèlent l’homme Émile Goué, et particulièrement le musicien qu’il était, partageant sa passion pour la musique avec ses camarades de captivité, mais surtout nous apprenant les détails de la conception et de l’évolution de l’écriture des compositions conçues dans les conditions anormales de la captivité et dont les dernières peuvent être considérées comme la synthèse de son esthétique.
Tous les envois du camp ou vers le camp étaient très réglementés dans le fond, la forme et le nombre.Par exemple, le mémorial du camp indique qu’en 1941, les prisonniers de l’Oflag XB purent écrire deux lettres de 26 lignes et deux cartes de 7 lignes par mois. Le 7 octobre 1942, Émile Goué écrivit : «nous n’aurons plus hélas que quatre correspondances par mois (plus une lettre par mois pour les pères de 3 enfants). Donc 14 cartes et 2 6 lettres de moins par an» . Ce nombre ainsi que le type de missives autorisées pouvaient varier : il arrivait aussi qu’une carte supplémentaire soit donnée à tous, à certains, voire à un prisonnier pour une occasion particulière. Les prisonniers de guerre pouvaient recevoir deux colis de cinq kilogrammes par mois avec des interdictions d’envoi telles qu’envoi de 7 vêtements civils (hors chaussettes, bonnets) . Par la suite, ces colis devaient être munis d’une étiquette rouge pour les vêtements, d’une étiquette bleue 8 pour les colis de vivres . Tous les colis étaient fouillés à l’expédition comme 5 L’absence de lettres en archives entre le 3 et le 21 mars 1940 étant imputable à la permission d’Émile Goué pendant cette quinzaine de jours. 6 Cf.lettre du 7 octobre 1942. 7 Cf.lettre du 2 décembre 1940. 8 Cf.lettre du 19 février 1941.
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à la réception. En mars 1941, les autorités allemandes avaient autorisé l’envoi aux prisonniers de guerre internés en Allemagne de certains journaux édités à Paris :Paris-Soir,Le Matin, La France au Travail,Dernières Les Nouvelles de Paris,Le Signal,La Gerbe,L’Illustration,Le Journal Officiel. Mais seuls les exemplaires déposés à Paris par les éditeurs étaient 9 acheminés .
4. Après le retour en France : les quelques lettres que nous possédons marquent une intense reprise des activités professionnelles et musicales d’Émile Goué, activités qui se concluent par une dernière lettre consacrée à la musique écrite le jour de son décès à son maitre Charles Koechlin, moins de 18 mois après ce retour.
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La très grande majorité des lettres de cette correspondance fut rédigée par Émile Goué, à l’attention de son épouse, alors qu’il se trouvait stationné à Raville durant la « drôle de guerre », puis lorsqu’il fut prisonnier à l’Oflag XB. Nous indiquons par le signe”les lettres dont Émile Goué fut le toutes destinataire, ou plus généralement celles dont il n’est pas l’auteur. La présentation des lettres a été unifiée. Les informations détaillées sur leurs provenance, apparence, format, etc. se trouvent en annexe. Lorsque la date ou l’année n’était pas spécifiée, nous l’avons indiquée entre crochets, en précisant au besoin la façon dont il nous fut possible de l’établir dans les notices de lettres en annexe.
Les fautes, orthographiques ou autres, ont été corrigées lorsqu’elles nous paraissaient liées à un état de fatigue compréhensible, ou bien elles sont reproduites à l’identique mais indiquées par un [sic]. De même, nous avons conservé diverses abréviations dont la signification ne pose pas de difficultés. Lorsque c’est le cas, le mot est rétabli entre crochets.
Afin de ne pas alourdir l’appareil de notes, les informations sur les correspondants et les personnes citées se trouvent en annexe (sauf pour les auteurs de livres et les compositeurs cités qui sont sans interférence sur une action définie dans une lettre, ou encore ceux pour lesquels nous ne sommes pas parvenus à avoir plus de renseignements hormis les informations données par le texte de la lettre elle-même, et enfin les personnes indiquées 9 Voir <http://www.apra.asso.fr/APRA/Articles/HS9-PrisonnierGuerreFrancais-1.pdf>, site internet consulté en juillet 2016.