La belle histoire des fanfares des Beaux-Arts

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La fanfare des Beaux-arts est née après-guerre entre le boulevard Saint-Germain et la Seine, dans les ateliers d'architecture de l'École. Comment ? Pourquoi ? Le fonctionnement des ateliers, cette sorte de "phalanstère" où ordre et liberté se mêlent avec pas mal de bizarreries, a certainement permis l'éclosion de cette musique qui aimait à se moquer de ses sources. Reste que ces architectes, ces artistes ont, sur un mode potache et sans le vouloir, crée un genre musical à part entière, populaire et bien vivant.
Publié le : vendredi 1 mai 2015
Lecture(s) : 15
EAN13 : 9782336379784
Nombre de pages : 260
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Musiques et Champ social
VéroniqueFLANET
La belle histoire des fanfares des BeauxArts 19481968
La belle histoire des fanfares des Beaux-Arts 1948-1968
Musiques et Champ Social dirigée par Anne-Marie Green  Les transformations technologiques depuis cinquante ans ont bouleversé la place de la musique dans la vie quotidienne. Celle-ci est actuellement omniprésente tant dans l'espace que dans les temps sociaux, et ses implications sociales ou culturelles sont si fortes qu'elles exigent d'être observées et analysées. Cette série se propose de permettre aux lecteurs de comprendre les faits musicaux en tant que symptômes de la société. Déjà parus Nicolas CANOVA,La musique au cœur de l’analyse géographique, 2014. Michelle BOURHIS,La vie musicale à Nantes pendant la seconde guerre mondiale, 2014. Eva VILLAR,Le voyage salsa. Une danse de société par et pour la pluralité, 2012. Guy DUBOIS,Les chansons de cow-boys. Etude sociohistorique, 1840-1910, 2012. Michelle BOURHIS,La musique de chambre à Nantes entre les deux guerres, 2011. Cristina BARBULESCU, Les opéras européens aujourd’hui : comment promouvoir un spectacle ?, 2011.E. BOUTOUYRIE,La musique techno. Une approche sociogéographique, 2010. Jacob ETIENNE,Les Bals populaires des Antillais en région parisienne, 2010. Antoine PÉTARD,L'improvisation musicale. Enjeux et contrainte sociale, 2010. Gérard REGNIER,Jazz et société sous l’Occupation, 2009. Stéphanie MOLINERO,Les publics du rap, 2009. Alfred WILLENER,Le désir d’improvisation musicale, 2008. Vincent SERMET,Les musiques Soul et Funk, 2008. Aude LOCATELLI et Frédérique MONTANDON,Réflexions sur la socialité de la musique, 2007. Gaston M’BEMBA-NDOUMBA,La femme, la ville et l’argent dans la musique congolaise, 2007. Stéphane FRANÇOIS,La musique europaïenne, 2006. Jedediah SKLOWER,». Une histoire ducatastrophe féconde Free jazz, la « monde éclaté du jazz en France (1960 – 1982), 2006. Anne-Marie GREEN,De la musique en sociologie, 2006. Florent BOUSSON,Les mondes de la guitare, 2006. Anne ROBINEAU et Marcel FOURNIER (dir.),Musique, enjeux sociaux et défis méthodologiques, 2006. Elisabeth CESTOR,Les musiques particularistes, 2006. Sylvie SAINT-CYR,Vers une démocratisation de l’opéra, 2005. Sylvie SAINT-CYR,Les jeunes et l’opéra, 2005. Christophe APPRILL,Sociologie des danses de couple,2005. Thomas KARSENTY-RICARD,Dylan, l’authenticité et l’imprévu, 2005.
Véronique Flanet La belle histoire des fanfares des Beaux-Arts
1948-1968
Du même auteur Viviré si Dios quiere, INI, México DF, 1977. La Maîtresse mort – Violence et banalité au Mexique, préfacé par Jacques Soustelle, Berger-Levrault, Paris, 1982. Le Peuple du toro, en collaboration avec Pierre Veilletet, Hermé, Paris, 1986. Le Rire du chien – Petites scènes de vie à Pékin, Jean-Paul Rocher Editeur, Paris, 2004. La RAF – Vie quotidienne d’un groupe terroriste dans l’Allemagne des années 1970,L’Harmattan, Paris, 2009. © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-06353-9 EAN : 9782343063539
« La fanfare correspond bien à l’École des Beaux-Arts, une puissance à l’image de la dureté de l’École », André Roux, cofondateur de la fanfare Madelain en 1948 « Je n’étais pas un chef d’orchestre, mais un chef de bande », Michel Vincent dit Léon Malaquais «Ma première vision de la fanfare fut éblouissante. La sortie sur le Madeleine – Bastille. C’est ça qui a déterminé ma vocation d’architecte», Yves Poinsot dit Octave Callot
Merci les Peillasses, les Taupes Modèles, les Gueules d’anches, la Bigabanda.
La fanfare, c’est physique
On joue sans compter, debout sur ses deux pattes à se faire bousculer par un public joyeux ou indifférent. Sous un soleil brûlant, ou dans le froid. On joue à n’en plus pouvoir, parfois à se faire éclater la peau des lèvres. Alors il y a des couacs. La fanfare des Beaux-Arts ne redoute pas les fausses notes. C’est le propre du genre, c’est inévitable. L’excès fait sa beauté. En 1948 à l’École des Beaux-Arts de Paris, l’atelier d’architecture Madelain est le premier à se donner une fanfare. « C’est venu d’un coup de jalousie entre ateliers », résume André Roux. En effet, son futur rival en le voyant jouer avec quelques comparses sur la place de Saint-Germain-des-Prés lui donnera la réplique à sa manière avec cette phrase fondatrice : « Ces cons-là y arrivent, pourquoi pas nous ! ». Et le défi sera relevé. Dès 1955, la fanfare des Beaux-Arts est installée. Les fanfaristes sont courtisés par le music-hall puis font les fous sur les plages de Saint-Tropez avec des épuisettes pour ramasser des billets, uniquement les billets ! Tandis que le printemps 68 et ses revendications tous azimuts secouent l’École, les institutions et tout un pays. Les fanfares n’en sortent pas indemnes. Pourtant, même si la plupart se dissolvent, le genre explose, s’ouvre à la rue et se déploie dans une diversité extraordinaire. La fanfare des Beaux-Arts est née entre le Boulevard Saint-Germain et la Seine, tout en intuition et en joyeuse énergie. Elle a transmis la passion des cuivres, robustes et puissants, les tubas serrés contre les corps, embrassés, les trompettes portées haut devant, et le souba qui lanceAmarcordsans prévenir, et l’épure du trombone, et les percus qui tentent de mettre de l’ordre dans tout ça. Et surtout quelque chose de l’esprit potache de l’atelier, estampille de son origine.
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