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Le cinéma de Pierre Granier-Deferre

De
164 pages
Pierre Granier-Deferre a su créer quelques œuvres sensibles et avouer à demi-mot un penchant pour les univers troubles et dérangeants, assurer à demi-image un attrait pour les personnages pervers et une attirance de bon aloi pour les comédiennes, dans toute leur beauté. Granier-Deferre est trop vite passé sous silence. Cet ouvrage, le premier du genre, est proposé pour suivre ses chemins parce qu'il est temps d'en finir avec une absence, un mutisme immérités.
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Jacques Layani
Le cinéma de Pierre Granier-Deferre
Pierre Granier-Deferre a su créer quelques œuvres sensibles et avouer à
demi-mot un penchant pour les univers troubles et dérangeants, assumer à
demi-image un attrait pour les personnages pervers et une attirance de bon
aloi pour les comédiennes, dans toute leur beauté. Ce livre s’appuie sur son
œuvre et sur de nombreuses sources, indiquées en annexe. On n’y trouvera
pas de données biographiques, hormis dans la chronologie fi gurant en fi n
de volume et dans de brèves allusions, faites au cours du texte.
Granier-Deferre est trop vite passé sous silence. Cet ouvrage, le premier
du genre, est proposé pour suivre ses chemins parce qu’il est temps d’en
fi nir avec une absence, un mutisme immérités. Où il n’existait rien, cette
somme, dans l’immédiat, prendra date.
La modestie du cinéaste dût-elle, même à titre posthume, en souffrir, il Le cinéma de
convenait d’ouvrir la porte du commentaire deferrien.
Pierre
Jacques Layani est né en 1952. Il a publié deux autres livres de cinéma,
Les Films de Claude Sautet (Séguier, 2005) et Jacques Demy, un portrait
personnel (L’Harmattan, 2014). Il est aussi l’auteur d’essais, de biographies,
de nouvelles, de poèmes et de trois pièces de théâtre.
GranierDeferre
Essai
En couverture : Illustration de l’auteur.
ISBN : 978-2-343-04801-7
16,50 €
Le cinéma de Pierre Granier-Deferre Jacques Layani








LE CINÉMA
DE PIERRE GRANIER-DEFERRE






Jacques Layani











LE CINÉMA
DE PIERRE GRANIER-DEFERRE
Essai



















































































Du même auteur

ESSAIS
Léo Ferré, la mémoire et le temps, Seghers, 1987.
Écrivains contemporains (Madeleine Bourdouxhe, Paul Guimard, Maurice Pons, Roger
Vailland), L’Harmattan, 1999.
Léo Ferré, une mémoire graphique, (en collaboration), La Lauze, 2000.
Avec le livre, L’Harmattan, 2003.
Les Chemins de Léo Ferré, Christian Pirot, 2005.
Les Films de Claude Sautet, Atlantica-Séguier , 2005.
Règlement intérieur, un acte d’indiscipline à l’École normale supérieure de jeunes filles de
Fontenay-aux-Roses en 1961, L’Harmattan, 2008.
Ian Fleming, on ne lit que deux fois, Écriture, 2008.
Rien n’existe qui ne soit un livre, L’Harmattan, 2014.
Jacques Demy, un portrait personnel, L’Harmattan, 2014.

POÈMES
Cabaret baroque (avec des encres originales de Jacques Barthélémy),
Le Bruit des autres, 1994.

NOUVELLES
On n’emporte pas les arbres, L’Harmattan, 1998.
Spectacle total, éditions du Petit Véhicule, 2002.
Le Château d’utopie, D’un noir si bleu, 2007.

THÉÂTRE
Dix femmes, éditions du Laquet, 2001.
Manon suivi de Guillemine, L’Harmattan, 2006.

BIOGRAPHIE
Albertine Sarrazin, une vie, Écriture, 2001.

PROSE
Apostrophes insolites, une correspondance imaginaire avec…, L’Harmattan, 2009.

TÉMOIGNAGE
Jean-Marie Girardey, professeur de lettres, 1934-1971, L’Harmattan, 2011






© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04801-7
EAN : 9782343048017







Pour Émile Harlay






Plus un sentiment est fort, plus je
le contiens. Pour le restituer estompé,
voilé de retenue.

Pierre Granier-Deferre






Note liminaire



Ce livre veut traiter du cinéma de Pierre
GranierDeferre. Il s’appuie sur l’œuvre elle-même et sur de
nombreuses sources, indiquées en annexe. On n’y trouvera
donc pas de données biographiques, hormis dans la
chronologie figurant en fin de volume et dans de brèves
allusions, faites au cours du texte.
L’absence, en librairie, de toute étude antérieure impose
une vue panoramique – cependant la plus détaillée possible –
de la filmographie du réalisateur. Plus tard, viendront des
travaux spécialisés qu’on devra à d’autres auteurs. La
modestie du cinéaste dût-elle, même à titre posthume, en
souffrir, il convenait d’ouvrir la porte du commentaire
deferrien.
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Première partie

ÊTRE PERSONNEL ?






« Ce “cinéaste de chambre”, qui préférait l’intime à
l’action, savait peindre avec justesse et acuité “la folie
ordinaire des hommes”, les drames de la vie quotidienne,
l’intériorité du couple avec ses médiocrités et ses ivresses.
C’est notamment dans les romans d’Alphonse Boudard, de
René Fallet, de Pierre Drieu La Rochelle, de Jean-Marc
Roberts qu’il trouve la matière pour exprimer au cinéma la
complexité psychologique des êtres humains et leur
profonde ambivalence », déclare, au décès de Pierre
GranierDeferre, Véronique Cayla, alors présidente du Centre
national de la cinématographie (CNC).
Les étiquettes, les appellations contrôlées sont toujours
simplificatrices, réductrices, mais « cinéaste de chambre »
n’est pas faux, si l’on veut bien conserver les nécessaires
guillemets, qui introduisent, dans le propos, une
indispensable distance. Car, au vrai, Le Train, pour ne parler
que de cette œuvre dont le personnage premier est un grand
convoi tiré par une locomotive à vapeur, n’est pas
précisément un film de chambre. Les scènes d’exode, de
foule dans une gare, d’accueil des réfugiés, ne relèvent pas
exactement de l’intimisme et Granier-Deferre, qui domine
parfaitement ces questions, dirige à son gré un grand
nombre d’acteurs et de figurants.
Peut-on parler d’un « cinéaste de chambre » lorsqu’on
voit, dans Le Toubib, de constants ballets d’hélicoptères
militaires, des passages de blindés et des corps mutilés ?
Estce un « cinéaste de chambre » qui filme les cascades
automobiles d’Adieu poulet, de L’Homme aux yeux d’argent et de
Noyade interdite ? Qui affectionne les grands plans filmés d’un
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