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Les Aventures de Mercure, 1924

De
204 pages
Le travail individuel et la coordination entre les artistes et avec leur commanditaire sont mis en relief. De la commande à la réalisation scénique de Mercure, voici replacée l'oeuvre dans son contexte historique, social et culturel. Comment Satie introduit-il la musique de music-hall ? Comment Picasso, par les décors, donne les prémices du Surréalisme ? Pourquoi la chorégraphie de Massine se rapproche plus du mime que de la danse ?
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Les Aventures de Mercure, 1924 Raphaëlle Doublier
Ballet sous forme de « Poses plastiques en trois tableaux »
Pablo Picasso, Éric Satie, Léonide Massine
De la commande à la réalisation scénique de Mercure,
cet ouvrage replace l’œuvre dans son contexte historique, Les Aventures social et culturel. Il met en relief le travail individuel et la
coordination entre les artistes et avec leur commanditaire, de Mercure, 1924 souligne les références au passé dans le livret, la chorégraphie
et la musique tout en présentant les idées avant-gardistes
de trois artistes : Comment E. Satie introduit-il la Ballet sous forme
musique de music-hall ? Comment Picasso, par les décors,
de « Poses plastiques en trois tableaux »les costumes, les portiques et le praticable donne les prémices
du Surréalisme ? Pourquoi la chorégraphie de L. Massine Pablo Picasso, Éric Satie, Léonide Massine
se rapproche plus du mime que de la danse ? Comment
l’œuvre a-t-elle été perçue et ses prolongements.
Professeur certifiée d’éducation musicale
et chant chorale, Raphaëlle DOUBLIER
enseigne en collège et lycée dans les Alpes-
Maritimes.
Bassoniste, elle est diplômée de la Principauté
de Monaco ainsi que du CNSR de Paris et se
produit en musique de chambre.
Ses principaux champs de recherche se portent sur les
corrélations entre l’art musical et l’art plastique.
ISBN : 978-2-343-02023-5
20 € Univers musical
Raphaëlle Doublier
Les Aventures de Mercure, 1924









Les Aventures de Mercure, 1924


Univers Musical
Collection dirigée par Anne-Marie Green

La collection Univers Musical est créée pour donner la parole à tous
ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse
concernant le domaine musical.
Son ambition est de proposer un panorama de la recherche actuelle et
de promouvoir une ouverture musicologique nécessaire pour maintenir
en éveil la réflexion sur l’ensemble des faits musicaux contemporains
ou historiquement marqués.


Déjà parus

Roland GUILLON, Jazz et créativité. Au fil des sessions, 2014.
Johanna COPANS, Le paysage des chansons de Renaud, 2014.
Paul-Marie GRINEVALD, Guillaume-André Villoteau (1759-1839).
Ethnomusicographe de l’Egypte, 2014.
Liliana-Isabela APOSTU, La violonistique populaire roumaine dans
les œuvres de Béla Bartok et de Georges Enescu, 2014.
Antoine JANOT, Le cinéma est-il devenu muet ?, 2014.
Philippe GODEFROID, Wagner et le juif errant : une hontologie.
Qu’est-ce qui est allemand ? — donner la mort, 2014.
Angéline YÉGNAN-TOURÉ G., Le Gbofé d’Afounkaha. Une forme
d’expression musicale de Côte d’Ivoire, 2013.
Claudie RICAUD, Francis Thomé, compositeur créole, 2013.
Dominique ARBEY, Francis Poulenc et la musique populaire,
2012
Leiling CHANG, Dialogues, temps musical, temps social, 2012.
Françoise ROY-GERBOUD, Le piano des Lumières, Le Grand
Œuvre de Louis-Bertrand Castel, 2012.
Jaros ław KAPU ŚCI ŃSKI, François ROSE, Le temps et le timbre
dans la musique de Gagaku, 2012.
Christophe BAILLAT, Vera Moore, pianiste, de Dunedin à
Jouy-en-Josas, 2012.
Ladan Taghian EFTEKHARI, Bomtempo (1775-1842). Un
compositeur au sein de la mouvance romantique, 2012.
Joachim E. GOMA-THETHET, François Roger BYHAMOT,
Jean Serge Essous. Clarinettiste, saxophoniste et chanteur
congolais (1935-2009), 2012.
Raphaëlle DOUBLIER
Les Aventures de Mercure, 1924
Ballet sous forme de
« Poses plastiques en trois tableaux »
Pablo Picasso, Eric Satie, Léonide Massine




































Pour les œuvres de Picasso à l’intérieur de l’ouvrage :
© Succession Picasso 2014







© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-02023-5
EAN : 9782343020235
A ma mère,
« Il en est de l'histoire de l'art comme de ces régions du ciel
où se dessine la figure magique des étoiles. S'y fixent à
jamais les formes éternelles des constellations les plus
1remarquables . »
1 MOUSSEIGNE, (Alain), directeur du Musée des Abattoirs de Toulouse
jusqu'à sa retraite en 2012, Chevalier de la Légion d’honneur en 2011.
Gonzâlez/Picasso dialogue, Collections du Centre Georges Pompidou, Musée
national d'art moderne. Ensemble conventuel des Jacobins, Toulouse 1er juin-
20 septembre 1999. Préface pour un dialogue, p.3. Remerciements
Je remercie Madame Ornella VOLTA, Directrice de la
Fondation Erik Satie de m’avoir apporté une aide précieuse
dans l’élaboration de cet ouvrage par l’accès aux archives
Erik Satie 56 rue des tournelles 75003 Paris.
Je remercie Monsieur Frédéric CABY, fils de Robert Caby
d’avoir donné son accord pour la publication des photos
d’Erik Satie à titre gratuit. Introduction
Cet ouvrage porte sur le ballet Mercure qui fut représenté au
théâtre de la Cigale situé rue de la Huchette à Paris, en juin 1924 ;
jamais cette œuvre ne fut reprise par la suite. C’était exactement
le 15 juin 1924, dans le cadre des Soirées de Paris, une
commande du comte Etienne de Beaumont.
Ce ballet, dédié à la comtesse Etienne de Beaumont, est
composé de trois « poses plastiques », qui correspondent aux
trois parties structurant l’œuvre. Le livret est inspiré de la
mythologie classique romaine. Le personnage principal est le
dieu Mercure, autour duquel la trame du livret fut construite.
Mercure est le fruit d’une collaboration entre trois grands
2artistes : Pablo Picasso qui créa les décors et les costumes, Erik
3 4Satie qui composa la musique et Léonide Massine qui imagina
la chorégraphie et interpréta le rôle de Mercure ; l’orchestre était
5 6dirigé par Roger Désormière et à l’éclairage, Loïe Fuller .
Nous allons nous attacher à mettre en relation les trois arts
présents : la danse, la peinture et la musique. Nous essayerons
également de mettre en exergue comment ces trois créateurs
n’ont pas tenu compte des conventions classiques.
2 PICASSO, Pablo, (1881-1973), peintre, dessinateur, sculpteur espagnol ayant
vécu principalement en France.
3 SATIE, Erik, (1866-1925), compositeur et pianiste français.
4 MASSINE, Léonide, Leonid Fedorovitch Myassin, (1896-1979), danseur et
chorégraphe américain d’origine russe. De 1915 à 1921, principal chorégraphe
des Ballets Russes de Serge De Diaghilev. A la mort de celui-ci, Massine
s’implique au sein des Ballets Russes à Monte-Carlo.
5 DESORMIERE, Roger, (1898-1963), chef d’orchestre et compositeur
français.
6 FULLER, Loïe, (1862-1928), danseuse américaine installée à Paris, célèbre
pour sa danse innovatrice dont l’utilisation de tournoiements de grands voiles.
En plus de son génie de danseuse, elle repense et révolutionne l’art de la scène
par l’éclairage électrique et son imagination créatrice.
9 Dans un premier temps nous nous efforcerons de mieux
connaître le commanditaire et les raisons pour lesquelles il a
organisé de tels spectacles. Puis nous examinerons l’organisation
de la représentation, avant de passer à l’étude proprement dite du
livret, de la chorégraphie, des tableaux plastiques et de la
musique.
Trois grandes questions nous guideront : Picasso a-t-il adhéré au
mouvement surréaliste naissant en 1924 et en a-t-il imprégné
cette œuvre ? Peut-on trouver dans Mercure une introduction à la
musique de style music-hall par Erik Satie au sein d’un ballet
habituellement très classique à cette époque ? Quels sont les
éléments novateurs dans cette œuvre ?








10
Première partie. LIEU, CHOIX, LIVRET ET CHORÉGRAPHIE
Chapitre premier. Les Soirées de Paris
I. Le comte de Beaumont
II. Les Soirées de Paris
III. Le théâtre de la Cigale
IV. Les tarifs des Soirées de Paris
Chapitre II. La distribution
I. Le choix des danseurs
II. Distribution
III. Le chef d’orchestre
IV. Le peintre
V. Le compositeur
Chapitre III. Le livret
I. La mythologie
II. La genèse de Mercure
III. L’argument
IV. Recherche sur la véracité de l’histoire
Chapitre IV. La chorégraphie
I. Naissance et évolution
II. Critiques et documentsChapitre premier. Les Soirées de Paris
I – Le comte Etienne de Beaumont
Le comte Etienne de Beaumont faisait partie d’une grande
famille de la noblesse française, issue de l’ancienne chevalerie
du Duché de Touraine, citée pour la première fois en 1191.
Constituée uniquement de catholiques qui demeuraient dans la
capitale française. La famille résidait dans son hôtel particulier
esitué rue Duroc dans le VII arrondissement, appelé « l’hôtel de
Beaumont ». En 1924, lors de la création des Soirées de Paris, le
comte Etienne de Beaumont y habitait toujours avec sa femme.
Le comte Etienne de Beaumont épousa Edith Marie Elisabeth
de Taisne de Raymoval, le 27 avril 1907 à Paris : la fortune de
cette dernière consolida fortement celle du comte, ce qui leur
permit de recevoir beaucoup et d’assister aux spectacles les plus
modernes créés à Paris.
Le comte fut présent, en mai 1917, à la première du ballet
7Parade exécuté par les Ballets Russes , créé avec la collaboration
8de Jean Cocteau pour le livret, Pablo Picasso pour les costumes
et les décors, Léonide Massine pour la chorégraphie et Erik Satie
pour la musique. Particulièrement en 1917 comme en 1920, le
comte fréquentait beaucoup de peintres, lors de ses sorties
comme à son domicile lorsqu’il donnait des réceptions ou
nombre de personnalités parmi lesquelles on remarquait Jean
Cocteau, Darius Milhaud, Jean-Victor Hugo. Il allait au cirque
Médrano à Montmartre où se produisaient les frères clowns
Fratellini. Le comte allait aussi au bar cabaret le « Bœuf sur le
9 èmetoit » dans le VIII arrondissement, on y saluait les plus grands
7 Les Ballets Russes, compagnie de ballet créée en 1907 par Serge De Diaghilev
qui deviendra par la suite une troupe indépendante.
8 COCTEAU, Jean, (1889-1963), poète français, dessinateur, dramaturge,
cinéaste. Elu à l’Académie française en 1955.
9 Le Bœuf sur le Toit est un cabaret Parisien, inauguré le 10 janvier 1922.
13 artistes présents à Paris, il fut le lieu de rendez-vous notamment
du groupe des Six dont Erik Satie, entre les deux-guerres. Les Six
fréquentaient également le cirque Médrano et la foire de
Montmartre : « le caractère de leurs œuvres découle de leur
10collaboration féconde et de cette esthétique de music-hall. »
Grâce à ses connaissances, sa vie mondaine et sa présence aux
festivités contemporaines ou autres spectacles, le comte de
Beaumont apparaissait comme un passionné d’art moderne, de
théâtre et de danse. Sa passion l’amena à organiser un véritable
mécénat de spectacles en 1924 sous le nom de « Soirées de
Paris ». Il était l’une des figures les plus marquantes du Tout-
Paris artistique et mondain des années 1920. Par sa fortune, ses
origines nobles, son caractère ainsi que son amour pour l’art
moderne, il avait le privilège de tenir l’un des salons les plus
brillants de Paris où se rencontrait et se concertait toute l’élite
sociale et culturelle de l’époque. Certes doué d’une attirance
certaine pour l’art, il s’intéressait également aux artistes. Afin de
converser sur leurs œuvres, il les rencontrait et les accueillait
dans son salon.
Lors de la création des Soirées de Paris, la grande différence
entre Diaghilev et le comte Etienne de Beaumont se nota
clairement. En tant que directeur de la compagnie des Ballets
Russes, Serge De Diaghilev choisissait le plus petit élément de
décoration, donnait son opinion sur tout et décidait en dernier
lieu : il était coordonnateur et décisionnaire. Le comte, au
contraire, était également chargé de cette tâche de directeur, mais
laissait une entière liberté d’action aux créateurs de ses
spectacles. Ainsi pour le ballet Mercure toute liberté de création
fut donnée à Pablo Picasso, à Léonide Massine et à Erik Satie.


10 ARFOUILLOUX Sébastien, Que la nuit tombe sur l’orchestre Surréalisme
et musique, Les chemins de la musique, Fayard, 2009, p. 73.
14
II - Les Soirées de Paris
Les Soirées de Paris ne rapportèrent aucun bénéfice ; en
effet, elles n’étaient pas conçues pour des raisons commerciales
mais afin que les dividendes soient versés intégralement à des
œuvres charitables : à l’œuvre d’Assistance aux Veuves de
Guerre et au Comité de Secours aux Réfugiés Russes.
L’intérêt artistique des Soirées de Paris, est dû en partie aux
ressemblances et aux dissemblances avec les autres
programmations contemporaines. Ce type de spectacle était
inédit, pas toujours dans ses composantes, mais dans ses
conjonctions et ses juxtapositions.
Ballets, numéros proches du music-hall et pièces de théâtre,
constituaient la majorité des représentations. Cet assemblage
apportait aussi une certaine nouveauté car ces trois types
différents étaient juxtaposés dans une seule représentation, ce
que n’avaient pas encore réalisé les autres compagnies.
Les Soirées de Paris ont duré du 17 mai au 29 juin 1924.
Pendant un mois et demi, on put assister à un ensemble de
spectacles, tous différents les uns des autres, mais présentés
chacun comme un ensemble, réunissant plusieurs œuvres alliant
un travail de collaboration entre un peintre, un compositeur, un
chorégraphe ou un metteur en scène.
III – Le théâtre de la Cigale
Le théâtre de la Cigale à Montmartre – Paris - est le lieu choisi
par le comte Etienne de Beaumont pour les représentations des
spectacles des Soirées de Paris.
15 11Les origines du théâtre se situent dès 1887, la Boule Noire ,
le bal montmartrois se transforme en une modeste salle de café-
concert. Cette salle prend le nom de Cigale et propose environ
mille places, un jardin d’été et un café.
La « nouvelle » Cigale est inaugurée une seconde fois le 31
octobre 1884, elle subit des travaux de rénovation dans le but
d’en faire un véritable théâtre : la scène devînt double, la salle
plus confortable, le plafond fut décoré par Adolphe Léon
12Willette et la façade s’orna de pierres de taille.
En 1905, la salle et les dépendances furent agrandies,
embellies et la façade refaite sous la direction de l’architecte du
13Casino de Vichy, Lucien Woog .
Ce théâtre, désormais se plaçait au tout premier rang des
établissements de Paris dans le domaine de la chanson. Il
inaugura la période la plus prospère de son histoire. On y vit et
applaudit toutes les vedettes du café-concert ainsi que celles du
music-hall.

14Mais le nouveau directeur - Raphaël Flateau - succéda à son
père à partir de 1919 et prit des sous-locataires. C’est alors qu’en
1920, un de ses sous-directeurs provisoires tente d’introduire le
vaudeville au Théâtre de la Cigale ; cette tentative entraîna
immédiatement de mauvaises recettes. La sous-location confiée
peu après à Max Viterbo fut aussi un échec. Cet ancien
journaliste, auteur, secrétaire général, administrateur de théâtre,

11 La Boule Noire, goguette fondée en 1822 dont le portique servit d’entrée à la
Cigale. A été fermée en janvier 1933, après avoir été transformée en diverses
salles de spectacle plus petites dont une salle de cinéma. Ouverte à nouveau
depuis le 8 décembre 1981 en tant que salle de spectacle.
12 WILLETTE, Adolphe Léon, (1857-1926), peintre, illustrateur et caricaturiste
français.
13 WOOG, Lucien, (1867-1937), architecte parisien.
14 e FLATEAU, Raphaël, administrateur français du début du XX siècle.
16
qui changeait souvent de métier n’était pas encore prêt à assumer
cette lourde responsabilité de directeur à la Cigale.
A partir de ce moment, la qualité des revues baissa et les
spectacles tombèrent dans un réalisme de mauvais aloi. Devant
la chute des recettes et le risque quasi définitif de la faillite du
théâtre, le propriétaire Raphaël Flateau, intenta, en 1924, un
procès d’expulsion contre Max Viterbo, dont les compétences
laissaient vraiment à désirer. Une entente fut signée le 11 février
1924 entre Max Viterbo et le comte de Beaumont, ce dernier
directeur administratif du théâtre de la Cigale deviendrait gérant
de l’association en tant que participant exploitant du théâtre.
Dans ce contrat était aussi spécifié, que le comte verrait la
totalité des recettes versées à son nom sans aucun contrôle de la
part de Max Viterbo, il serait reconnu comme un imprésario pur
et simple dans ses rapports entre lui et la direction de la Cigale.
Le comte deviendrait seul responsable de tous les contrats qu’il
désirerait signer.
Déniant toute responsabilité sur les spectacles qui y seraient
montés, Max Viterbo mit les locaux à l’entière disposition du
comte et lui donna également tous les pouvoirs au sein du théâtre
pour la Saison. Contre la somme de 200 000 francs (somme
15forfaitaire) , des travaux furent entrepris pour cette nouvelle
location, afin d’attirer l’attention du public sur ce théâtre alors en
déclin, but qui fut d’ailleurs atteint.
IV – Les tarifs des Soirées de Paris du comte de Beaumont
Ces tarifs sont tirés d’un des programmes distribués lors des
spectacles donnés entre le 17 mai 1924 et le 30 juin 1924, situé
en annexe n°1 (p. 170). La totalité des bénéfices des soirées était
donc versée à l’association pour l’Assistance aux Veuves de
15 L’équivalent en francs en 1996 : 2 000 francs, soit 300 euros.
17 Guerre et au comité de secours aux Réfugiés Russes, selon les
vœux du comte de Beaumont lui-même. Le prix des places était :
A l’orchestre : de 300 francs impôts compris
200 francs impôts compris
50 francs impôts compris
à 40 francs impôts compris
Au balcon: de 150 francs impôts compris
30 francs impôts compris
20 francs impôts compris
à 15 francs impôts compris.
A la galerie : de 10 francs impôts compris.
Les représentations se faisaient le samedi soir. Les dates des
soirées étaient le 17 et 24 mai, puis les 7, 14, 21 et 28 juin 1924.
On avait prévu différents abonnements pour les 6 samedis de
représentation dont les tarifs s’étageaient entre 300 et 5 000
francs suivant la place désirée. D’autres formules allaient de
24 000 francs, 600 francs à 360 francs.
L’abonnement ne comprenait pas le samedi 31 mai 1924, ce
samedi soir là, fut considéré comme une soirée sous forme de
Bons de Charité.

18
Chapitre II. La distribution
I – Choix des danseurs
16Pour le ballet Mercure Léonide Massine fut embauché
comme metteur en scène et danseur. Il joua le rôle principal de
Mercure et fit toute la mise en scène, correspondant avec Erik
Satie pour réaliser un travail très régulier avec la musique ainsi
qu’avec le décorateur Pablo Picasso.
Léonide Massine grand danseur américain d’origine russe, fut
èmeégalement un excellent chorégraphe du début du XX siècle.
Engagé en 1914 par la troupe des Ballets Russes de Diaghilev, il
participa en tant que danseur aux spectacles le Carnaval et Les
conte Russes en 1915. Il créa en 1916 le rôle de Battista dans les
Femmes de bonne humeur. En 1918, à la saison de Londres au
Poliseum, Léonide Massine se distingua nettement dans la troupe
où l’on remarqua ses talents.
Il dansa en 1919 dans La boutique fantasque et en 1921 réalisa
17le « pas de deux » de l’Oiseau bleu, avec Lydia Lopokhova . Ce
fut un grand succès. Léonide Massine participa également en tant
que chorégraphe pour les Ballets Russes dans divers spectacles,
ce qui explique notamment qu’il était proche de Serge de
Diaghilev et de Lydia Lopokhova.
Le comte Etienne de Beaumont embaucha certes l’un des
meilleurs chorégraphes Léonide Massine mais aussi les meilleurs
danseurs de l’époque. Il s’entourait d’étoiles pour réaliser des
spectacles magnifiques. C’est sûrement grâce aux talents et à la
16 MASSINE, Léonide, (1896-1979), danseur et chorégraphe d’origine russe,
né à Moscou. Principal chorégraphe des Ballets Russes de Serge de Diaghilev
et grande étoile masculine de la compagnie après le départ de Vaslav Nijinski.
17 LOPOKHOVA, Lydia, (1892-1981), grande danseuse étoile russe du début
edu XX siècle. Lorsqu’elle quitte la Russie en 1910, elle rejoindra d’abord les
Ballets Russes de Serge De Diaghilev avant de travailler avec d’autres troupes.
19